Papa Francesco con i vescovi dei Focolari
Papa Francesco con i vescovi dei Focolari

Mouvement ecclésial reconnu par Rome, les Focolari (le foyer de la cheminée) est de toutes les initiatives œcuméniques mais aussi mondialistes. 

En son sein on y trouve des individus de toutes confessions religieuses et même des athées. Proches des charismatiques, actifs dans la recherche d’union avec toutes les religions en général, amis des  officines onusiennes et mondialistes, organisateurs en 1993 du Centenaire du Parlement des Religions du monde à Amsterdam, participant actif à la sixième Conférence mondiale des Religions qui se tint au Vatican et à Riva del Garda en 1994, les Focolari font partie de cette mouvance conciliaire qui œuvre ouvertement pour un syncrétisme religieux. « Il s’agit de parvenir à l’unité entre les religions existantes par la tolérance mutuelle, en surmontant et en préservant les particularismes de chaque tradition et en respectant ses propres formes historiques. » explique le docteur  Regina Hinrichs, spécialiste de ce mouvement, dans un article paru dans le Sel de la Terre n° 25 en 1998.

L’unité spirituelle de l’humanité, moyen selon eux de parvenir à la paix dans le monde. Leur pastorale mais aussi leur spiritualité consistent à travailler « pour une unité toujours plus profonde dans l’Église catholique,  à contribuer au rétablissement de l’unité avec les membres des autres confessions chrétiennes,  à établir l’union en Dieu, la plus profonde possible entre les croyants des diverses religions, à dialoguer avec les personnes de convictions non religieuses en œuvrant avec elles dans des buts communs (paix, écologie, œuvres sociales…). »

Ils furent aussi les premiers à revendiquer la sanctification immédiate de Jean-Paul II avec le slogan « Santo subito » exhibée place Saint-Pierre lors des funérailles du pape polonais. « Les Focolari massés place Saint-Pierre, au cœur de la foule immense qui s’était réunie pour ses funérailles, exprimaient le sentiment du grand nombre en affichant sur leurs banderoles leur revendication »  rappelle Michel de Jaeghere dans son éditorial du Figaro Hors-série n° 61 de 2011sur Jean-Paul II, grand ami et protecteur des Focolari. Cette amitié et cette protection en disent long, à elles seules, sur la mentalité mondialiste et œcuménique de Karol Wojtyła .

Les Focolari ont tout pour plaire également au pape François. Ils communient à la même source idéologique d’unité dans la diversité.

60 évêques, ami des Focolari, dont le très progressiste cardinal Lorenzo Baldisseri, différents membres du mouvement dont le président, Maria Voce, et le co-président, Jesus Moran, se sont réunis pour un colloque du 22 au 26 février 2016 à Castel Gandolfo dans la fameuse salle d’audience dont Jean-Paul II leur a réservé l’usage exclusif. Faisant preuve de la même empathie envers eux que ses prédécesseurs polonais et allemand, l’actuel occupant de la Chaire de Pierre, lors de l’audience générale du mercredi 24, les a exhorté « à tenir toujours vivant dans le ministère apostolique le charisme de l’unité, en communion avec le successeur de Pierre. »

Le thème de cette rencontre est tiré de la pensée de Bergoglio esquissée lors de la célébration du 50e anniversaire de la création du Synode des évêques : « Une Église synodale est une Église de l’écoute, dans la prise de conscience qu’écouter « c’est plus que sentir ». C’est une écoute réciproque dans laquelle chacun a quelque chose à apprendre. » Le titre de la rencontre est donc « Église qui génère l’unité »« Sur le fond des nombreuses tensions de notre époque et de la croissante désagrégation, le peuple de Dieu est appelé aujourd’hui à contribuer à régénérer, de manière vitale, le tissu des rapports à tous les niveaux et dans toutes les milieux » lit-on dans un communiqué diffusé par les Focolari au sujet de ces journées d’études. 

Construire des ponts et non des murs, à travers l’œcuménisme, le dialogue inter-religieux, avec des personnes de convictions non religieuses, et le dialogue multiforme avec la culture, tel est le but que se proposent d’atteindre ces évêques venus des 4 continents et à l’écoute de la pensée bergoglienne.

Ce genre de colloque n’est pas anodin ni à mésestimer. Encouragés par les différents papes conciliaires jusqu’à l’actuel, les Focolari reflètent la pastorale et la théologie assumées pleinement par l’Église conciliaire, son progressisme toujours vivant et vivace, même si des retours à la sensibilité liturgique traditionnelle en son sein pourraient faire croire le contraire. La révolution conciliaire continue d’avancer sous différents masques. Envers et contre-tout.

Cela fait 50 ans depuis le concile Vatican II qu’on bassine les fidèles catholiques avec l’œcuménisme, le dialogue inter-religieux, la diversité dans l’unité, pour favoriser une paix mondiale et une fraternité humanitariste et droit-de-l’hommiste entre les peuples. Paix et fraternité qui sont, chaque jour davantage, les grands absents de ces lendemains qui chantent.  L’échec patent de ces nouvelles théologies, philosophie et pastorale qui s’éloignent de plus en plus de la saine doctrine catholique ne dessille pourtant pas l’esprit obscurci de ces ecclésiastiques imbus de modernisme et de libéralisme, de laïcisme et de relativisme, et agents, inconscients ou non, du mondialisme.

Bien au contraire, plus le monde s’enfonce dans la haine et la violence, les guerres et le désenchantement, l’abjection des mœurs et la décadence de l’intelligence, et plus ces évêques conciliaires s’obstinent dans ce chemin illusoire du syncrétisme religieux, voie nécessaire à l’édification de la religion mondiale désirée par les temples sectaires.

Voie qui nécessite cependant de mettre Jésus-Christ en tant qu’unique Voie, unique Vie et unique Vérité, tout simplement à la porte. La paix avec.

Francesca de Villasmundo

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16 commentaires

  1. L’Eglise récolte après Vatican II, ce qu’elle avait mérité avant Vatican II. Fiat ! Deo gratias !

  2. Saint Jean 12,40: « Il leur a aveuglé les yeux et endurci le cœur, afin qu’ils ne voient pas de leurs yeux, ne comprennent pas avec leur cœur et ne se convertissent pas. Et je les eusse guéris! »
    C’est l’apostasie générale, qu’ils soient anathèmes!

  3. Guy de la Croix says:

    Oui , je peux confirmer personnellement ce qui est écrit ci dessus par Francesca de Villasmundo,
    Je suis belge ingénieur et j’ai séjourné régulièrement en Ombrie en mission en Italie en 1994 et j’ai été invité à plusieurs reprises par une fraternité des Focolari de Terni et assisté à leurs élucubrations naturalo- évangéliques charismatiques … bien gentilles mais bien loin de l’enseignement pérenne de la Ste Eglise Catholique traditionnelle …

  4. Raiford says:

    Matthieu 24:35 « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point » disait le Christ.

    Cette parole réduit à néant toute légitimité, pour vouloir moderniser l’enseignement de l’Église.

    Les tentatives de modernisation de la doctrine catholique mènent à l’apostasie.

    Mais cette apostasie est en fait l’objectif caché des sous-marins qui se sont introduit dans l’Église pour promouvoir un syncrétisme religieux mondialiste

  5. David Corbusier says:

    La secte conciliaire a tout saccagé sur son passage. Et les gens de la Fraternité qui osent encore déclarer Bergoglio pape. Et la bulle de Paul IV et Romano pontifice de St-Robert Bellarmin vous en faites quoi?
    Si Lefebvre avait autre chose que tergiverser reconnaissant et condamnant à la fois les papes conciliaires, peut-être que le sédévacantisme(seule voie qui respecte la Doctrine Catholique) aurait pris davantage d’ampleur.

    • « le sédévacantisme(seule voie qui respecte la Doctrine Catholique) »

      C’est faux. Les sédévacantistes sont des schismatiques.

  6. David Corbusier says:

    Vous parlez souvent et pour rien dire ma chère Efgy. Montrez-nous ici en quoi les sédévacantistes sont schismatiques svp?

  7. David Corbusier says:

    Et revoici les textes sur lesquels nous nous appuyons pour déclarer tout lefebvriste ou membre de la Fraternité schismatique et hérétique.

    En premier lieu, le texte magnifique et transparent de St-Robert Bellarmin (De Romano Pontifice):

    « De Romano Pontifice » de Saint Robert Bellarmin avec commentaires

    “Saint Robert Bellarmin, De Romano Pontifice, livre II, chap. 30 a écrit:
    La quatrième opinion est celle de Cajetan, selon laquelle le Pape manifestement hérétique n’est pas déposé ipso facto, mais peut et doit être déposé par l’Eglise. À mon avis, cette opinion ne peut se défendre. Puisqu’à prime abord, il est prouvé, avec arguments d’autorité et de raison, que l’hérétique manifeste est déposé ipso facto. L’argument d’autorité est tiré de Saint Paul (Tite, c. 3), lequel ordonne que soit évité l’hérétique après deux avertissements, c’est-à-dire après qu’il se soit manifesté obstiné, et donc avant toute excommunication ou sentence juridique (1). Et c’est ce que Saint Jérôme écrit, en ajoutant que tous les autres pécheurs sont exclus de l’Eglise par sentence d’excommunication, tandis que l’hérétique, de par son son propre mouvement, s’exile de lui-même et se sépare de lui-même du Corps du Christ (2). Maintenant, un Pape demeurant Pape ne peut être évité, alors comment donc serions-nous tenus d’éviter notre propre tête ? Comment pourrions-nous nous séparer nous-mêmes d’un membre qui nous est uni ?

    (1) [A]vant toute excommunication ou sentence juridique, c’est-à-dire que l’excommunication et la sentence juridique, étant tantôt latae sententiae ou ferendae sententiae, relèvent du droit ecclésiastique, ainsi, avant même que soit prononcée ou infligée toute sentence proprement ecclésiastique, celui qui ne croit pas est déjà jugé selon la loi divine, et par là, sa condamnation est toute prononcée.
    “R.P. Libermann, Commentaire sur l’evangile selon Saint Jean, p.101 a écrit:
    Tandis que ceux qui ne croient pas sont déjà jugés, parce qu’ils ne croient pas au nom du Fils unique de Dieu. Il faut observer ces mots : Jam judicatus est. Ils sont chargés de péchés, qui renferment la matière de leur jugement et d’une ample condamnation. […] Et par là même leur condamnation est toute prononcée …

    (2) Ne s’agit-il pas ici de ce en quoi consiste le canon 188,° 4, lequel n’étant pas une peine ecclésiastique (puisque ne figurant pas au livre V [des Peines] du code de droit canonique) est assimilé à la renonciation tacite, laquelle est la conséquence d’un fait, c’est-à-dire l’exile et la séparation de l’hérétique de son propre mouvement, qui implique la démission !?

    “Chanoine Bargilliat, Droits et Devoirs des curés, p.30 a écrit:
    La renonciation tacite (c. 188) est la conséquence d’un fait qui implique la démission; et c’est le Droit lui-même qui intervient pour l’imposer et l’accepter.

    “Saint Robert Bellarmin, De Romano Pontifice, livre II, chap. 30 a écrit:
    Ce principe est des plus certains. Le non-chrétien ne peut, en aucune manière, être Pape, tel que Cajetan l’admet lui-même (lib. c. 26). La raison en est qu’un individu ne peut être la tête de ce qu’il n’est pas membre; alors celui qui n’est pas chrétien n’est pas membre de l’Eglise, et un hérétique manifeste n’est pas un chrétien, tel que clairement enseigné par Saint Cyprien (lib. 4, epist. 2), Saint Athanase (Scr. 2 cont. Arian.) Saint Augustin (lib. de great. Christ. cap. 20), Saint Jérôme (contra Lucifer) et autres; conséquemment, l’hérétique manifeste ne peut être Pape.

    “Saint Robert Bellarmin, De Romano Pontifice, livre II, chap. 30 a écrit:À cela, Cajetan répond (in Apol. pro tract. praedicto cap. 25 et in ipso tract. cap. 22) que l’hérétique n’est pas chrétien « simpliciter », mais chrétien « secundum quid ». Puisque, étant admis que deux choses constituent le chrétien – la foi et le caractère [batpême] – l’hérétique, ayant perdu la foi, demeure d’une certaine manière uni à l’Eglise et est sujet capable de juridiction; conséquemment, il est Pape, mais on doit le lui retiré [le Souverain pontificat] , puisqu’il est disposé, avec disposition ultime, à cesser d’être Pape : tout comme l’homme qui n’est pas encore mort bien qu’étant « in extremis » [sur le point de mourrir].
    Encore une fois : d’abord, si l’hérétique demeure, « in actu » uni à l’Eglise en vertu du caractère [baptême], il ne pourrait se voir capable d’être coupé ou séparé de l’Eglise « in actu », puisque le caractère [baptême] est indélébile. Mais il n’y a personne qui puisse nier qu’un quelconque individu puisse être séparé « in actu » de l’Eglise. Conséquemment, le caractère [le baptême] ne fait pas de l’hérétique un être « in actu » dans l’Eglise, mais est seulement un signe qu’il fut dans l’Eglise et qu’il doit y retourner. Analogiquement, quand une brebie perdue se promène dans les montagnes, la marque qui lui est imprégnée ne la fait pas être dans l’étable, mais elle indique seulement de quelle étable elle s’est égaré, et à quelle étable elle doit y être ramené. Cette vérité se confirme avec Saint Thomas, lequel affirme (Summ. Theol. III, q. 8, 3) que ceux qui n’ont pas la foi ne sont pas unis « in actu » au Christ, mais seulement potentiellement – et Saint Thomas se réfère ici à l’union intérieure, et non à l’union extérieure laquelle est produite par la confession de la foi et les signes visibles. Conséquemment, tout comme le caractère est quelque chose d’intérieur, et non extérieur, selon Saint Thomas le caractère [baptême] seul n’unit pas un homme, « in actu », au Christ (1).

    (1) Ce qui explique pourquoi le canon 188, ° 4, n’étant pas une peine puisque ne figurant pas au livre V « des Peines » du code de droit canonique, n’utilise pas les termes « dévie notoirement » (malheureusement pour Sanborn) au lieu de « dévie publiquement », puisque ceux-là feraient référence à l’intention (connue publiquement) au for interne d’enfreindre la loi, c’est-à-dire à la mauvaise foi, et donc que celui qui se maintiendrait extérieurement acatholique – tout en étant de bonne foi au for interne ou en faisant en sorte qu’il soit impossible de connaître ses dispositions internes – pourrait tenir un office dans l’Eglise et exercer ainsi une juridiction au for externe bien qu’il ne profèsse pas extérieurement la foi catholique (c’est exactement la conception FSSPX de l’Eglise). De cette manière, l’unité de foi dans l’Église ainsi que sa visibilité seraient réduite à néant puisque l’Eglise serait composée de membres adhérant extérieurement à diverses doctrines contradictoires. À l’inverse, les termes « dévie publiquement » désigne celui qui extérieurement et publiquement ne professe plus le catholicisme indépendamment des dispositions internes (dont lesquelles seul Dieu est juge).
    “Chanoine Cyrille Labrecque, Consultations Théologiques, p.492 a écrit:
    … l’hérétique ou le schismatique, fût-il de la meilleure foi du monde, n’appartient pas à l’Église; donc, extérieurement et publiquement, l’Eglise ne saurait le traiter comme un de ses enfants, ne saurait rien lui octroyer du patrimoine familial; donc elle ne saurait lui accorder la participation aux choses saintes confiés à sa gestion par le Christ.
    “Saint Robert Bellarmin, De Romano Pontifice, livre II, chap. 30 a écrit
    :De plus, contre l’argument de Cajetan, soit la foi est une disposition nécessaire « simpliciter » à l’individu pour être Pape, ou elle est seulement nécessaire pour être un bon Pape. Dans la première hypothèse, dans le cas où cette disposition serait éliminée par la disposition contraire, laquelle est l’hérésie, le Pape cesse immédiatement d’être pape : puisque la forme ne peut se maintenir sans les dispositions nécessaires. Dans la seconde hypothèse, le Pape ne pourrait être déposé pour hérésie, puisqu’autrement il devrait être déposé pour ignorance, immoralité et autres causes similaires qui empêchent la connaissance, la moralité, et toutes autres dispositions nécessaires pour qu’il soit un bon Pape (ad bene esse papae). De plus, à cela, Cajetan reconnaît (tract. praed., ca. 26) que le Pape ne peut être déposé pour le manque de dispositions nécessaires, non « simpliciter », mais seulement « ad bene esse » (1).

    (1) Voilà une réponse admirable aux arguments de ceux qui nous rétorquent que les soi-disants Pontifes Romains luxurieux, corrompus (etc) méritent bien davantage d’être considérés comme faux pape plutôt que les Montini, Wojtyla , et Ratzinger puisqu’ils renvoient au même niveau le manque de dispositions ad bene esse, qui n’engendre pas la perte du Souverain Pontificat, et le manque de dispositions simpliciter, lesquelles en revanche sont nécessaires pour être Pape.
    “Saint Robert Bellarmin, De Romano Pontifice, livre II, chap. 30 a écrit:
    À cela, Cajetan répond que la foi est une disposition nécessaire « simpliciter », mais partiellement, et non totalement; et que, conséquemment, même si sa foi disparaîtrait, il continuerait d’être Pape, en raison de l’autre partie de la disposition, le caractère [baptême], lequel persiste toujours.

    Encore une fois, cet argument : soit la totale disposition, constituée par le caractère [baptême] et la foi, est nécessaire « simpliciter », ou elle n’est pas, alors la disposition partielle serait suffisante. Dans la première hypothèse, la foi disparue, la disposition « simpliciter » nécessaire n’est plus, puisque la disposition « simpliciter » nécessaire était la totale, et la totale n’existe plus. Dans la seconde hypothèse, la foi est seulement nécessaire « ad bene esse », et conséquemment son absence ne justifie pas la déposition du Pape. De plus, ce qui se retrouve dans la disposition ultime à la mort, cesse immédiatement d’exister après la mort, sans l’intervention d’aucune autre force extérieure, conséquemment, de la même évidence, le Pape hérétique cesse également d’être Pape par lui-même, sans aucune déposition (1).

    Le terme déposition est à prendre parfois en son sens propre, et parfois, ailleurs, en son sens impropre. Canoniquement parlant, c’est-à-dire au sens propre, la déposition signifie une peine ecclésiastique ferendae sententiae, c’est-à-dire une sentence portée devant le juge, et, de plus, cette sentence est réservée à un tribunal de cinq juges. Or, comme le Pontife Romain n’est jugé par personne (can. 1556), il devient évident que nul ne peut le déposé au sens strict du terme. Auparavant, selon le Dict. de Droit Canonique, la déposition était synonyme de perte d’office, ailleurs, elle était synonyme de dégradation. Ainsi, quand les anciens auteurs disent que le Pontife Romain hérétique est déposé ipso facto, il s’agit bien évidemment en son sens impropre, c’est-à-dire en tant que perte d’office ipso facto, et non dans le sens strict. lorsque certains auteurs disent (tel que le R.P. Augustine dans son commentaire du code de droit canonique) que le Pontife Romain ne peut être déposé, il s’agit de déposition au sens strict. Il faut bien sûr avoir à l’esprit cette distinction fondamentale afin de ne pas s’y perdre lorsqu’on entend parfois un auteur affirmer que le Pape hérétique cesse d’être Pape ipso facto et un peu plus loin le même auteur d’affirmer que le Pape ne peut être déposé.

    Voici d’ailleurs les explications de Naz à ce sujet :
    “R. Naz, Dict. de Droit Canonique, t. IV, col. 1159 a écrit:
    Résumons en guise de conclusion, l’explication que les meilleurs théologiens et canonistes ont donnée à cette difficulté (Bellarmin, De Romano Pontifice, l. II, c.30; Bouix, De papa, t. II, Paris, 1869, p. 653; Wernz-Vidal, Jus Decretalium, l. VI, Jus poenale ecclesiae catholicae, Prati, 1913, p. 129). Il ne peut être question de jugement et de déposition d’un pape dans le sens propre et strict des mots. Le vicaire de Jésus-Christ n’est soumis à aucune juridiction humaine. Son juge direct et immédiat est Dieu seul. Si donc d’anciens textes conciliaires ou doctrinaux semblent admettre que le pape puisse être déposé, ils sont sujets à distinction et rectification. Dans l’hypothèse, invraisemblable d’ailleurs, où le pape tomberait dans l’hérésie publique et formelle, IL NE SERAIT PAS PRIVÉ DE SA CHARGE PAR UN JUGEMENT DES HOMMES, MAIS PAR SON PROPRE FAIT, PUISQUE L’ADHÉSION FORMELLE À UNE HÉRÉSIE L’EXCLUERAIT DU SEIN DE L’ÉGLISE.
    “Saint Robert Bellarmin, De Romano Pontifice, livre II, chap. 30 a écrit:
    Finalement, les Saints Pères enseignent unanimement que non seulement les hérétiques sont hors de l’Eglise, mais qu’ils sont également dépossédés ipso facto de toute juridiction et dignité ecclésiastique. Saint Cyprien (lib. 2, epist. 6) affirme : « Nous affirmons qu’absolument aucun hérétique ou schismatique n’a un quelconque pouvoir ou droit »; et il enseigne également (lib. 2, epist. 1) que les hérétiques qui retournent à l’Eglise doivent être reçus en tant que laïcs, même s’ils ont été auparavant prêtres ou évêques dans l’Eglise (1). Saint Optat (lib. 1 cont. Parmen.) enseigne que les hérétiques et schismatiques ne peuvent avoir les clés du Royaume du Paradis, ni lier ou délier. Saint ambroise (lib. 1 de poenit., ca. 2), Saint Augustin (in Enchir., cap. 65), Saint Jérôme (lib. cont. Lucifer) enseigne de même.

    (1) Ne voyons-nous pas ici en substance les § 5 et 6 de la Bulle « Cum ex Apostolatus Officio » !? En effet, que décrète la dite Bulle si ce n’est que le clerc retournant à l’Eglise, ayant donc autrefois dévié de la foi, ne peut accéder validement aux offices ecclésiastiques et autres dignités !? La raison en est que l’hérétique, selon Saint Cyprien, était atteint d’une infamie de droit, laquelle est perpétuelle par nature et ne cesse pas même après la résipiscence du coupable (c’est-à-dire pas même après que l’hérétique revienne à la foi), mais uniquement après que le coupable soit relevé de son infamie par dispense du Saint-Siège, l’hérétique, donc, était atteint d’une infamie de droit qui l’empêchait d’obtenir validement un office dans l’Eglise. Ainsi, même après avoir abjuré ses anciennes fausses croyances, le clerc hérétique qui revenait à l’Église ne pouvait obtenir validement un office ou exercer une fonction sacrée en raison de l’infamie – de nature perpétuelle – dont il était atteint (à moins d’une dispense du Saint-Siège).
    “Paul IV, Cum ex Apostolatus Officio, §6 a écrit:

    De plus, si jamais un jour il apparaissait qu’un Evêque, faisant même fonction d’Archevêque, de Patriarche ou de Primat; qu’un Cardinal de l’Eglise Romaine, même Légat; qu’un Souverain Pontife lui-même, avant sa promotion et élévation au Cardinalat ou au Souverain Pontificat, déviant de la foi Catholique est tombé en quelque hérésie, sa promotion ou élévation, même si elle a eu lieu dans la concorde et avec l’assentiment unanime de tous les Cardinaux, est nulle, sans valeur, non avenue. Son entrée en charge, consécration, gouvernement, administration, tout devra être tenu pour illégitime.

    Nous voyons également cette ancienne législation incorporée en partie dans le code de droit canonique de 1917.

    Le can. 2314, § 1,°3, par exemple, stipule que ceux qui donnent leur nom à une secte non catholique ou y ont publiquement adhéré sont infâmes [de droit] par le fait même. Le can. 2294, §1, quant à lui, stipule que l’infame de droit est inhabile à obtenir les bénéfices, offices, dignités (etc) dans l’Eglise. Le can. 2295 stipule que l’infamie de droit ne cesse que par dispense du Saint-Siège. De cette façon, celui qui se fait inscrire dans une secte acatholique ou qui y adhère publiquement est atteint par l’infamie de droit ipso facto (can. 2314, §1, °3) et ne peut obtenir validement un office dans l’Eglise (can. 2294, §1) tant et aussi longtemps qu’il n’aura pas reçu une dispense du Saint-Siège (can. 2295).
    “Naz, Traité de Droit Canonique, t.IV, p.686 a écrit:

    L’inhabilité à certains actes les rends invalides. L’infâme de droit ne peut donc obtenir validement un office ecclésiastique, être validement parrain, etc.

    Et la preuve que ces canons tirent leur substance de cette législation ancienne évoquée par Saint-Robert Bellarmin et la Bulle de Paul IV est que les Fontes de tous ces canons ci-dessus renvoient à la dite Bulle.
    “Saint Robert Bellarmin, De Romano Pontifice, livre II, chap. 30 a écrit:
    Le Pape Saint Célestin I (epist. ad jo. Antioch., laquelle apparaît dans Conc. Ephes., tom. I, cap.19) écrit : « Il est évident qu’il [l’excommunié par Nestorius] reste, et est resté, en communion avec nous, et que nous ne considérons nullement destitués tous ceux qui ont été excommuniés ou privés de leur charge, soit épiscopale ou cléricale, par l’évêque Nestorius ou par les autres qui l’ont suivi, après qu’il ait commencé à prêcher l’hérésie. Puisque celui s’étant de lui-même déjà montré comme méritant d’être excommunié, ne peut excommunier qui que ce soit de par sa propre sentence. »

    “Saint Robert Bellarmin, De Romano Pontifice, livre II, chap. 30 a écrit:
    Également, dans une lettre adressée au clergé de Constantinople, le Pape Saint Célestin I affirme : « L’autorité du Siège Apostolique a déterminé que les évêques, clercs ou simples chrétiens qui ont été déposés ou excommuniés par Nestorius et ses disciples, après que celui-là ait commencé à prêcher l’hérésie, ne doivent pas être considérés déposés ou excommuniés. Puisque celui qui dévie de la foi avec de telles prédications, ne peut déposer ou renvoyer qui que ce soit.

    Saint Nicolas I (epist. ad Michael) répète et confirme la même chose. Finalement, Saint Thomas enseigne également (S. Theol., II-II, q. 39, a. 3) que les schismatiques perdent immédiatement toute juridiction, et donc que tout ce qu’ils essaient de faire en ce qui concerne la juridiction est nul.

    Il n’y a aucun fondement pour ce que quelques-uns répondent à cela : que ces Pères se sont basés sur une loi ancienne, et qu’aujourd’hui, par décret du Concile de Constance, seuls ceux qui ont été nommément excommuniés ou qui assaillent des clercs perdent leurs juridiction. Je dis que cet argument n’a aucune valeur, puisque ces Pères, en affirmant que les hérétiques perdent toute juridiction, ne citèrent aucune loi humaine, laquelle, en outre, n’existait probablement pas par rapport à la question, mais argumentèrent en se fondant sur la nature même de l’hérésie. Le Concile de Constance ne traite que des excommuniés, c’est-à-dire, ceux qui ont perdu leur juridiction par sentence de l’Eglise, tandis que les hérétiques, avant même qu’ils soient excommuniés, sont hors de l’Eglise et privés de toute juridiction (1). Puisqu’ils sont déjà condamnés par leur propre sentence, tel que l’Apôtre l’enseigne (Tit. 3:10-11), c’est-à-dire, qu’ils ont été coupés du corps de l’Eglise sans excommunication, tel que Saint Jérôme l’affirme.

    (1) Nous voyons ici que l’excommunication proprement dite est une peine de droit purement ecclésiastique. Avant même que l’hérétique puisse encourir l’excommunication, il se coupe lui-même du corps de l’Eglise et perd ipso facto toute juridiction (du moins pour le for externe). Voilà qui met en lumière le canon 2264, lequel stipule que l’acte de juridiction posé par l’excommunié non déclaré comme tel est valide et licite si demandé par les fidèles selon la teneur du canon 2261, §2.
    “Can. 2264

    Tout acte de juridiction, tant du for interne que du for externe, posé par un excommunié est illicite; s’il y a eu une sentence condamnatoire ou déclaratoire, l’acte est même invalide, sauf ce qui est prescrit au Can. 2261 § 3; toutefois avant le prononcé de la sentence, ils sont valides et même licites, s’ils ont été sollicités par les fidèles selon la teneur du Can. 2261 § 2.

    L’hérétique perd toute juridiction de par la loi divine avant même d’avoir encouru l’excommunication portée par le droit ecclésiastique. Un hérétique, donc, avant même d’être déclaré excommunié, et avant même d’avoir encouru l’excommunication, ne peut poser un acte de juridiction (surtout au for externe). Conséquemment, le canon 2264 ne peut s’appliquer aux hérétiques non encore déclarés excommuniés.
    “Saint Robert Bellarmin, De Romano Pontifice, livre II, chap. 30 a écrit:
    À part cela, la seconde affirmation de Cajetan, voulant que le Pape hérétique puisse vraiment et autoritairement être déposé par l’Eglise, n’est pas moins fausse que la première. Puisque si l’Eglise dépose le Pape contre son gré, elle est certainement au-dessus du Pape; pourtant, Cajetan lui-même, dans le même traité, soutient le contraire. Cajetan répond que l’Eglise, en déposant le Pape, n’a pas autorité sur le Pape, mais sur le lien qui unit la personne au Pontificat. De la même manière que l’Eglise, en unissant le Pontificat à telle personne, n’est pas, pour cette raison, au-dessus du Pape, donc, également, l’Eglise peut séparer le Pontificat de telle personne dans le cas d’hérésie, sans pour autant qu’elle se prétende au-dessus du Pape.

    Mais, contrairement à cela, il doit être observé en premier lieu que, du fait que le Pape dépose les évêques, il est déduit que le Pape est au-dessus de tous les évêques, bien que le Pape, en déposant les évêques, ne détruit pas la juridiction épiscopale, mais la sépare seulement de la personne. En second lieu, déposer qui que ce soit du Pontificat contre le gré de celui qui est déposé, est sans aucun doute le punir; pourtant, punir est le propre du supérieur ou du juge (1). En troisième lieu, suivant Cajetan et autres Thomistes, le tout et les parties considérées comme un tout sont en réalité la même chose, celui qui a autorité sur les parties considérées comme un tout, étant capable de les séparer l’une de l’autre, aurait également autorité sur le tout constitué par ces parties.

    (1) Voilà une raison de plus pour affirmer que la renonciation tacite prévue au canon 188, °4, pour les clercs ayant dévié de la foi catholique, vise tous les offices ecclésiastiques y compris le Souverain Pontificat. En effet, n’étant pas une peine, c’est-à-dire qu’il ne s’agit pas d’une privation de l’office, tel que le Père Augustine l’affirme également, mais uniquement la conséquence intrinsèque du fait que le clerc dévie de la foi. Voilà encore pourquoi il est futile d’y opposer les canons 1556 et 2227.
    “Saint Robert Bellarmin, De Romano Pontifice, livre II, chap. 30 a écrit:
    L’exemple des électeurs, donné par Cajetan, qui ont le pouvoir de désigner une certaine personne pour le Pontificat, sans avoir le pouvoir sur le Pape, est également dépourvu de toute valeur. Puisque lorsqu’une chose est créée, l’acte est exercé sur la matière de la chose future, et non sur le composé, lequel n’existe pas encore, mais lorsqu’une chose est détruite, l’acte est exercé sur le composé, ce qui devient évident en considérant la nature des choses. En conséquence, en créant le Pontife, les Cardinaux n’exercent pas leur autorité sur le Pontife, puisqu’il n’existe pas encore, mais sur la matière, c’est-à-dire, sur la personne qui est disposée par l’élection à recevoir de Dieu la forme du Pontificat. Mais, s’ils déposent le Pontife, ils exerceraient nécessairement une autorité sur le composé, c’est-à-dire, sur la personne investie du pouvoir pontifical, en d’autres mots, sur le Pontife. Conséquemment, l’opinion qui est vraie est la cinquième, selon laquelle le Pape manifestement hérétique cesse de lui-même d’être Pape et la tête, de la même manière qu’il cesse d’être un chrétien et un membre du corps de l’Eglise; et pour cette raison, il pourrait être jugé et punit par l’Eglise (1). C’est la sentence de tous les anciens Pères, qui enseignent que les hérétiques manifestes perdent immédiatement toute juridiction, et c’est explicitement celle de Saint Cyprien (lib. 4, epist. 2), lequel disait comme suit à propos de Novatien, qui était Pape [anti-pape] pendant le schisme qui a surgi sous le Pontificat de Saint Cornélius : « Il n’aurait pas pu garder l’épiscopat, et, s’il avait été fait évêque avant, il s’est de lui-même séparé du corps de ceux qui étaient, comme lui, évêques, et de l’unité de l’Eglise. »

    (1) Petite précision ici pour les esprits tordus. Saint Robert affirme que le Pape manifestement hérétique cesse de lui-même d’être Pape et que par conséquent il pourrait être jugé et punit par l’Eglise, il ne s’agit donc pas de juger un PAPE, mais un individu ayant été Pape, et qui ne l’est plus à présent, un individu qui n’est plus la tête, qui est hors de l’Eglise, et qui n’a plus de droit en l’Eglise. En conséquence de quoi, l’Eglise peut le juger et le punir.

    “Saint Robert Bellarmin, De Romano Pontifice, livre II, chap. 30 a écrit:
    Selon ce qu’affirme Saint Cyprien dans ce passage, même si Novatien aurait été vrai et légitime Pape, il aurait automatiquement tombé du Pontificat en se séparant de lui-même de l’Eglise.

    C’est l’opinion des grands docteurs les plus récents, tel que Jean Driedo (lib. 4 de Script. et dogmat. Eccles., cap. 2, par. 2, sent. 2), lequel enseigne que seuls se séparent de l’Eglise ceux qui sont expulsés, comme les excommuniés, et ceux qui la quittent d’eux-mêmes ou qui s’y opposent en tant qu’hérétiques ou schismatiques. Et dans sa septième affirmation, il maintient qu’absolument aucun pouvoir spirituel sur ceux qui sont dans l’Eglise ne demeure en ceux qui la quittent. Melchior Cano affirme la même chose (lib. 4 de loc., cap. 2) lorsqu’il enseigne que les hérétiques ne sont ni membres et qu’ils ne font ni partie de l’Eglise, et qu’il ne peut pas même être imaginé que quelqu’un puisse y être la tête et le Pape, sans y être membre, ni en faire partie (cap. ult. ad argument. 12). Et il enseigne en premier lieu, avec des mots simples, que les hérétiques occultes sont toujours de l’Eglise, qu’ils en sont membres et qu’ils en font partie, et que conséquemment le Pape qui est occultement hérétique demeure toujours Pape (1). Cela est également l’opinion des autres auteurs que nous avons cité dans l’ouvrage De Ecclesia.

    Cet argument se fonde sur ce que l’hérétique manifeste n’est d’aucune manière membre de l’Eglise, c’est-à-dire, ni spirituellement, ni corporellement, ce qui signifie qu’il n’y est pas membre ni par union interne, ni par union externe. Puisque même les mauvais catholiques y sont unis et membres, spirituellement par la foi, corporellement par la confession de la foi et par la participation aux sacrements visibles; les hérétiques occultes y sont unis et membres seulement par union externe; et, au contraire, les bons catéchumènes appartiennent à l’Eglise seulement par union interne, non par union externe; mais les hérétiques manifeste n’y sont reliés en aucune manière, tel que nous l’avons déjà prouvé.

    (1) Nous voyons ici encore être confirmée la règle du canon 188, °4, laquelle stipule que l’hérétique, schismatique, ou apostat public perd ipso facto tout office dans l’Eglise.
    Cardinal Mazella, De Religione et Ecclesia, p.468 a écrit:
    Il est certain que les hérétiques publics ne sont pas membres de l’Eglise.

    Tandis que l’hérétique occulte, c’est-à-dire l’hérétique qui se maintient encore publiquement catholique, est ipso facto excommunié et privé (privation = punition) de tout office, après monitions inefficaces, par voie de sentence judiciaire (ferendae sententiae). Par contre, selon le canon 2314, §1, 3°, l’hérétique occulte qui se fait inscrire dans une secte acatholique est visé par le canon 188, °4.

    source forum Te Deum

  8. David Corbusier says:

    Pour terminer voici le texte de Paul IV:

    CONSTITUTION APOSTOLIQUE « CUM EX APOSTOLATUS » de PAUL IV

    « La charge apostolique, à Nous confiée par Dieu, malgré notre indignité, nous impose le soin général du troupeau du Seigneur. Pour le garder dans la foi et le conduire dans la voie du salut, nous devons en berger attentif, veiller sans cesse et pourvoir soigneusement à écarter de la bergerie du Seigneur ceux qui, à notre époque, livrés aux péchés, confiant en leurs propres lumières, s’insurgent avec une rare perversité contre la règle de la vraie foi et faussant la compréhension des Saintes Écritures par des arguties subtiles et vaines, méditent de déchirer l’unité de l’Église Catholique et la tunique sans couture du Seigneur; s’ils dédaignent d’être des disciples de la vérité, ils ne doivent pas continuer à enseigner l’erreur.
    I) Devant la situation actuelle si grave et si dangereuse, il ne faut pas qu’on puisse reprocher au Pontife Romain de dévier de la foi; il est sur la terre le vicaire de Dieu et de Notre Seigneur Jésus-Christ, il a la plénitude de l’autorité sur les nations et sur les royaumes, il est le juge universel et n’a à être jugé par personne ici-bas,
    D’ailleurs plus le danger est grand, plus la vigilance doit être entière et attentive pour que les faux prophètes, ou même d’autres hommes, revêtus d’une juridiction séculière, ne puissent prendre lamentablement dans leurs filets les âmes simples et entraîner avec eux à la perdition et à la ruine de la damnation les peuples innombrables confiés à leur soin et à leur direction, au spirituel comme au temporel; et aussi pour que nous ne soyons jamais témoins dans le lieu saint de l’abomination de la désolation annoncée par le prophète Daniel, alors que nous désirons de tout notre pouvoir avec l’aide de Dieu, selon notre charge pastorale, capturer les renards qui s’ingénient à saccager la vigne du Seigneur et écarter les loups des bergeries, afin de ne pas ressembler à des chiens muets incapables d’aboyer, ni Nous perdre avec les mauvais agriculteurs, ni être comparé à un mercenaire.
    II) Après mûre délibération à ce sujet avec nos vénérables frères les Cardinaux de la Sainte Église Romaine, sur leur conseil et avec leur assentiment unanime, de par notre autorité apostolique, Nous approuvons et renouvelons toutes et chacune des sentences, censures et peines d’excommunication, suspense, interdit et privation qu’ont promulguées et portées, de quelque façon que ce soit, contre les hérétiques et les schismatiques, tous les Pontifes romains, nos Prédécesseurs – ou tenus pour tels – jusque par leurs lettres extravagantes ou les Saints Pères, ou les Saints Canons, Constitutions et Ordonnances apostoliques. Et nous voulons qu’elles soient observées à perpétuité et remises en pleine vigueur si besoin en est, et qu’elles demeurent.
    Elles s’appliquent à tous ceux qui, jusqu’ici, auront été pris sur le fait, auront avoué ou auront été convaincus d’avoir dévié de la foi catholique ou d’être tombés en quelque hérésie ou d’avoir encouru le schisme ou de l’avoir suscité ou commis. Elles s’appliquent encore (mais Dieu veuille l’empêcher dans sa clémence et dans sa bonté envers nous) à ceux qui, à l’avenir, dévieront soit en tombant dans l’hérésie ou en encourant le schisme, soit en les suscitant ou en les commettant, qu’on les prenne sur le fait, qu’ils avouent, ou qu’on les en convainque.
    QUELQUES SOIENT LEUR RANG, LEUR ÉTAT, ORDRE, CONDITION ET DIGNITÉ. EN VERTU DE CETTE CONSTITUTION NÔTRE, VALIDE A PERPÉTUITÉ, PAR HAINE D’UN SI GRAND CRIME, LE PLUS GRAVE ET PERNICIEUX POSSIBLE DANS L’ÉGLISE DE DIEU, DANS LA PLÉNITUDE DE NOTRE POUVOIR APOSTOLIQUE, NOUS DÉCIDONS, STATUONS, DÉCRÉTONS ET DÉFINISSONS…QUE SI JAMAIS IL ADVIENT QU’UN EVEQUE, MEME AYANT FONCTION D’ARCHEVEQUE, DE PATRIARCHE OU DE PRIMAT: QU’UN CARDINAL DE L’ÉGLISE ROMAINE, MEME LÉGAT, QU’UN SOUVERAIN PONTIFE MEME, AVANT LEUR PROMOTION OU LEUR ÉLÉVATION AU CARDINALAT OU AU SOUVERAIN PONTIFICAT, ONT DÉVIÉ DE LA FOI CATHOLIQUE OU SONT TOMBÉS DANS QUELQUE HÉRÉSIE, LA PROMOTION OU L’ÉLÉVATION, MEME SI CETTE DERNIERE A EU LIEU AVEC L’ASSENTIMENT UNANIME DE TOUS LES CARDINAUX, EST NULLE, NON AVENUE, SANS VALEUR, ET ON NE POURRA DIRE QU’ELLE EST DEVENUE VALIDE OU QU’ELLE DEVIENT VALIDE PARCE QUE L’INTÉRESSÉ ACCEPTE LA CHARGE, RECOIT LA CONSÉCRATION, ENSUITE ENTRE EN POSSESSION OU QUASI-POSSESSION DU GOUVERNEMENT ET DE L’ADMINISTRATION OU L’INTRONISATION DU PONTIFE ROMAIN LUI-MEME OU PAR L’ADORATION (HOMMAGE A GENOUX) DEVANT LUI ETRE RENDUE OU PAR LA PRESTATION D’OBÉISSANCE A LUI RENDUE PAR TOUS OU PAR QUELQUE LAPS DE TEMPS ÉCOULÉ POUR CES ACTES: ON NE POURRA LA TENIR POUR LÉGITIME EN AUCUNE DES PARTIES ET ELLE NE CONFERE NI PEUT ETRE CENSÉE CONFÉRER QUELQUE POUVOIR D’ADMINISTRATION OU SPIRITUEL OU TEMPOREL A DE TELS HOMMES PROMUS EVEQUES, ARCHEVEQUES, PATRIARCHES, OU PRIMAT ÉLEVÉ AU CARDINALAT OU AU SOUVERAIN PONTIFICAT TOUS LEURS DIT FAITS ET GESTES, LEUR ADMINISTRATION ET TOUT CE QUI EN DÉCOULE EST SANS VALEUR ET NE CONFERE AUCUNE AUTORITÉ, AUCUN DROIT A PERSONNE. CES HOMMES AINSI PROMUS ET ÉLEVÉS SERONT, PAR LE FAIT MEME, SANS QU’Il FAILLE QUELQUE DÉCLARATION ULTÉRIEURE, PRIVÉS DE TOUTE DIGNITÉ, PLACE, HONNEUR, TITRE, AUTORITÉ, FONCTION ET POUVOIR… »

    De notre charge apostolique, à Nous confiée par Dieu, nonobstant la faiblesse de nos mérites, découle pour Nous le souci constant du troupeau du Seigneur. En conséquence, pour le garder fidèlement et le diriger salutairement, tel un Berger vigilant, Nous devons veiller avec assiduité et pourvoir avec attention à ce que soient repoussés loin de la bergerie du Christ tous ceux qui, à notre époque, pécheurs invétérés, s’appuient sur leurs propres lumières, s’insurgent avec une insolence perverse contre l’enseignement de la foi orthodoxe, pervertissent par des inventions superstitieuses et factices l’intelligence des Saintes Ecritures, se démènent pour déchirer l’unité de l’Eglise et la tunique sans couture du Seigneur, à ce qu’ils ne puissent continuer l’enseignement de l’erreur , au mépris de l’état de disciples de la vérité.
    §1 – Nous considérons la situation actuelle assez grave et dangereuse pour que le Pontife Romain, Vicaire de Dieu et de Notre-Seigneur Jésus-Christ sur terre, revêtu de la plénitude du pouvoir sur les nations et les royaumes, juge de tous les hommes et ne pouvant être jugé par personne en ce monde, puisse toutefois être contredit s’il dévie de la foi. Et puisque là où le danger s’étend, là aussi il devient plus profond, il faut y veiller avec plus de diligence, de telle sorte que des pseudo-prophètes ou des hommes revêtus d’une juridiction séculière ne puissent prendre misérablement dans leurs lacets les âmes des gens simples, entraîner avec eux à la perdition et à la damnation des peuples innombrables commis à leur soin et leur autorité, soit sprituelle, soit temporelle. Et, pour que Nous puissions ne jamais voir dans le Lieu-Saint l’abomination de la désolation prédite par le prophète Daniel, Nous voulons, autant que Nous le pourrons avec l’aide de Dieu et selon notre charge Pastorale, capturer les renards occupés à saccager la Vigne du Seigneur et écarter les loups des bergeries, afin de ne pas sembler être comme les chiens muets, impuissants à aboyer, pour ne pas Nous perdre avec les mauvais serviteurs et ne pas être assimilé à un mercenaire.
    §2 – Après mûre délibération à ce sujet avec nos vénérables frères les Cardinaux de la Sainte Eglise Romaine, sur leur conseil et avec leur assentiment unanime, de par notre autorité Apostolique, Nous approuvons et renouvelons toutes et chacune des sentences, censures et peines d’excommunication, interdit et privation et autres, quelles qu’elles soient, portées et promulguées par les Pontifes Romains, nos Prédécesseurs, ou tenues pour telles, soit par leurs lettres circulaires (extravagantes) mêmes, reçues par l’Eglise de Dieu dans les Saints Conciles, soit par décrets et statuts de nos Saints Pères (conciliaires), soit par les Saints Canons et Constitutions et Ordonnances Apostoliques portés et promulgués, de quelque façon que ce soit, contre les hérétiques et les schismatiques. Nous voulons et Nous décrétons qu’elles soient portés et promulgués, de quelque façon que ce soit, contre les hérétiques et les schismatiques, observées perpétuellement; si peut-être elles ne le sont pas, qu’elles soient rétablies en pleine observance et doivent le rester.
    En outre, quiconque serait arrêté, avouant ou convaincu d’avoir dévié de la foi catholique, être tombé en quelque hérésie ou schisme, l’avoir suscité ou y avoir adhéré, ou encore (que Dieu, dans sa clémence et sa bonté envers tous les hommes, daigne l’empêcher!) si quelqu’un devait à l’avenir dévier et tomber dans l’hérésie ou le schisme, les susciter ou y adhérer, et qu’il soit pris sur le fait de cette déviation, incitation ou adhésion, qu’il l’avoue ou en soit convaincu, de quelque état, dignité, ordre, condition et prééminence qu’il soit, même Evêque, Archevêque, Patriarche, Primat, de dignité Ecclésiastique encore supèrieure, honoré du Cardinalat et, où que ce soit, investi de la charge de Légat du Siège Apostolique, perpétuelle ou temporaire, ou qu’il resplendisse d’une excellence et autorité séculières, Comte, Baron, Marquis, Duc, Roi, Empereur, qui que ce soit parmi eux, il encourra les sentences, censures, peines susdites, Nous le voulons et le décrétons.
    §3 – Considérant toutefois qu’il est bien de détourner du mal, par la crainte des peines, ceux qui ne s’en abstiennent pas pour l’amour de la vertu; que les Evêques, Archevêques, Patriarches, Primats, Cardinaux, Légats, Comtes, Barons, Marquis, Ducs, Rois et Empereurs, qui doivent guider les autres et leur servir d’exemples afin de les garder dans la foi Catholique, pèchent plus gravement que les autres s’ils viennent à prévariquer, puisque, non seulement ils se perdent eux-mêmes, mais de plus ils entraînent avec eux à la perdition et à l’abîme de la mort d’innombrables peuples confiés à leur soin et à leur autorité, ou leurs sujets de quelque autre façon, sur un semblable conseil et assentiment (des Cardinaux), en vertu de cette Constitution nôtre valide à perpétuité, par haine d’un si grand crime, le plus grave et pernicieux possible dans l’Eglise de Dieu, dans la plénitude de notre pouvoir Apostolique, Nous décidons, statuons, décrétons et définissons (ce qui suit):
    Les sentences, censures et peines susdites gardent toute leur force et leur efficacité, entraînant leurs effets. (En conséquence) tous et chacun des Evêques, Archevêques, Patriarches, Primats, Cardinaux, Légats, Contes, Barons, Marquis, Ducs, Rois et Empereurs qui, à ce jour, comme il est déclaré, ont dévié et sont tombés dans l’hérésie ou le schisme, ont été pris à les susciter ou bien à y adhérer, l’avouant ou en étant convaincus; de même, ceux qui, à l’avenir, dévieront et tomberont dans l’hérésie ou le schisme, qu’ils les suscitent ou bien y adhèrent, une fois pris qu’ils l’avouent ou en soient convaincus; (tous et chacun) puisque leur crime les rend plus inexcusables que tout le reste du monde, outre les sentences, censures et peines susdites, seront privés définitivement et de ce fait même, sans recours à quelque autre droit ou fait, de leurs Eglises Cathédrales, Métropolitaines, Patriarcales, Primatiales, de leur dignité Cardinalice, de toute charge de Légats, comme aussi de toute voix active et passive, de toute autorité, Monastères, bénéfices et fonctions Ecclésiastiques, (qu’ils soient) séculiers ou réguliers de tous ordres, qu’ils auraient obtenus par concessions et dispensations Apostoliques, comme titulaires, commendataires, administrateurs, ou de quelque autre manière, en lesquels ou sur lesquels ils jouiraient de quelque droit; (ils seront privés) également de tous les fruits, rentes et produits annuels à eux assignés et réservés; de même, les Comtes, Barons, Marquis, Ducs, Rois et Empereurs en seront privés radicalement, totalement, perpétuellement.
    Par ailleurs, (tous ces gens) seront considérés comme inhabilités et impropres à de telles fonctions, els des relaps et subversifs en tout et pour tout, comme s’ils avaient auparavant abjuré publiquement une telle hérésie; jamais, à aucun moment, ils ne pourront être restitués, replacés, réintégrés et réhabilités en leur précédent état, leurs Eglises Cathédrales, Métropolitaines, Patriarcales, Primatiales, leur dignité Cardinalice, ou quelque autre dignité majeure ou mineure, leur voix active ou pssive, leur autorité, leurs Monastères et bénéfices, leur Comtés, Baronies, Marquisats, Duchés, Royaumes et Empires; bien plus, ils seront livrés à la décision du pouvoir séculier pour subir leur juste punition, à moins qu’ils ne montrent les signes d’un vrai repentir et les fruits d’une pénitence convenable; ils seront alors, par bonté et clémence du Saint-Siège lui-même, relégués en quelque Monastère ou autre lieu Régulier, pour s’y livrer à une pénitence perpétuelle, nourris du pain de la douleur et abreuvés de l’eau de l’affliction.
    Ils seront considérés, traités et réputés comme tels (relaps et subversifs) par tout le monde, de quelque état, rang, ordre, condition et prééminence qu’on soit, et de quelque dignité, même Episcopale, Archiépiscopale, Patriarcale, Primatiale, ou autre haute dignité Ecclésiastique, même la dignité Cardinalice; ou encore, de quelque autorité séculière et excellence qu’on soit revêtu, Comte, Baron, Marquis, Duc, Roi ou Empereur: comme tels on doit les éviter et les priver de toute consolation humaine.
    §4 – Quiconque prétend posséder un droit de patronage ou de nomination de personne aptes à gouverner des Eglises Cathédrales, Métropolitaines, Patriarcales, Primatiales, ou des Monastères et autres bénéfices Ecclésiastiques devenus vacants de cette manière, (alors et) afin de ne pas les exposer aux inconvénients d’une longue vacance, après les avoir arrachés à l’esclavage des hérétiques, et afin de les confier à des personnes aptes à diriger fidèlement les peuples dans les voies de la justice, celui-là sera tenu de présenter les dites personnes aux Eglises, Monastères et autres bénéfices dans les limites du temps fixé par le droit canonique ou des contrats particuliers, ou statué en accord avec le Saint-Siège; de même, il sera tenu de Nous les présenter à Nous-même ou au Pontife Romain régnant à ce moment-là; ce laps de temps une fois écoulé, la pleine et libre disposition des Eglises, Monastères et bénéfices susdits en revient de plein droit à Nous et au Pontife Romain susdit.
    §5 – En outre, quiconque oserait, sciemment et de quelque manière que ce soit, accueillir, défendre, favoriser ou croire les coupables arrêtés sur aveux ou preuves d’hérésie, ou encore enseigner leurs erreurs, celui-là encourra, du fait même, une sentence d’excommunication. Il devient hors la loi: toute parole, acte perconnel, écrit, message, tout lui sera interdit; il perdra tout droit aux fonctions publiques ou privées, Conseils, Synodes, Concile général ou provincial, Conclave des Cardinaux, assemblée des fidèles, élections, témoignage (en justice). Il n’y sera donc point admis. Il sera, de plus, inapte à tester, à hériter, et personne ne pourra répondre pour lui en aucune affaire. S’il est juge, ses sentences n’auront aucune valeur et nulle cause ne pourra être soumise à son jugement; s’il est avocat, son patronage ne sera nullement accepté; s’il est notaire, ses actes n’auront aucune portée, aucune importance.
    Les clercs seront privés de toutes et chacune de leurs dignités, de leurs Eglises, même Cathédrales, Métropolitaines, Patriarcales et Primatiales, de leurs Monastères, bénéfices et fonctions Ecclésiastiques, même obtenus, comme il est dit, régulièrement.
    Eux-mêmes, comme les laïcs, bien que revêtus régulièrement des dignités susdites, seront privés, même en possession régulière, ipso facto, de tout Royaume, Duché, Domaine, Fief et autres biens temporels; leurs Royaumes, Duchés, Domaines, Fiefs et autres biens de cette sorte seront adjugés à l’Etat et deviendront sa possession; de droit, ils appartiendront au premier acquéreur, si celui-ci, avec une foi sincère, se trouve uni à la Sainte Eglise Romaine, sous notre obédience ou celle de nos successeurs, les Pontifes Romains canoniquement élus.
    §6 – De plus, si jamais un jour il apparaissait qu’un Evêque, faisant même fonction d’Archevêque, de Patriarche ou de Primat; qu’un Cardinal de l’Eglise Romaine, même Légat; qu’un Souverain Pontife lui-même, avant sa promotion et élévation au Cardinalat ou au Souverain Pontificat, déviant de la foi Catholique est tombé en quelque hérésie, sa promotion ou élévation, même si elle a eu lieu dans la concorde et avec l’assentiment unanime de tous les Cardinaux, est nulle, sans valeur, non avenue. Son entrée en charge, consécration, gouvernement, administration, tout devra être tenu pour illégitime.
    S’il s’agit du Souverain Pontife, on ne pourra prétendre que son intronisation, adoration (agenouillement devant lui), l’obéissance à lui jurée, le cours d’une durée quelle qu’elle soit (de son règne), que tout cela a convalidé ou peut convalider son Pontificat, celui-ci ne peut être tenu pour légitime jamais et en aucun de ses actes.
    De tels hommes, promus Evêques, Archevêques, Patriarches, Primats, Cardinaux ou Souverain Pontife, ne peuvent être censés avoir reçu ou pouvoir recevoir aucun droit d’administration, ni dans le domaine spirituel, ni dans le domaine temporel. Tous leurs dits, faits et gestes, leur administration et tous ses effets, tout est dénué de valeur et ne confère, par conséquent, aucune autorité, aucun droit à personne. Ces hommes ainsi promus seront donc, sans besoin d’aucune déclaration ultèrieure, privés de toute dignité, place, honneur, titre, autorité, fonction et pouvoir, même si tous et chacun de ces hommes (promus par le prétendu Pape) n’a dévié de la foi, tombant dans le schisme ou l’hérésie, qu’après son élection, soit en suscitant, soit en embrassant (ces erreurs).
    §7 – Quant aux personnes assujetties (au prétendu Pontife), aussi bien clercs séculiers et réguliers que laïcs, cardinaux y compris, qui auraient participé à l’élection du Pontife Romain déjà hors de la foi (Catholique), par hérésie ou schisme, ou qui y consentiraient de quelque autre manière, qui ici auraient promis obédience, qui se seraient agenouillés devant lui; de même, le personnel du Palais, les Prèfets, Capitaines et autres officiers de notre ville-Mère et de tous les Etats de l’Eglise; de même quiconque se lierait à de telles personnes par hommages, serment ou caution, au lieu de renoncer en tout temps à leur obéir et à les servir impunément, de les éviter comme des magiciens, des païens et des publicains et hérésiarques: toutes ces personnes assujetties, si elles prétendent néanmoins rester attachées, fidèles et obéissantes, aux futurs Evêques, Archevêques, Patriarches, Primats, Cardinaux et Pontife Romain canoniquement installés; si elles veulent continuer à exercer leur fonction et administration en vue de leur propre avancement, créant la confusion d’invoquer contre ceux-là l’intervention du bras séculier, sans pour autant saisir l’occasion de désavouer leur fidélité et leur obéissance à ceux-là, alors, toutes ces personnes seront soumises au châtiment des censures et des peines qui frappent les gens qui déchirent la tunique du Seigneur.
    [Bull. Rom., tome 4, I, pp. 354-357]

    Référence exacte: Codicis Juris Canonici Pontes
    Cura Emi. Petri Card. Gasparri editi

    Morae, Typis Polyglottis Vaticanis, MCXXXVI
    Volumen I, N°94, pp.163-66

    Paulus IV, Cum ex apostolatus, 15 febr. 1559

    Source Forum Te Deum

  9. David Corbusier says:

    J’ai bien hâte de lire vos commentaires chère Efgy ou tous ceux que les lefebvristes ou membres de la Fraternité voudront exprimer.

    • Efgy says:

      St Jean de Capistran :
      – « Il ne peut se faire que l’Eglise de Rome tombe dans l’erreur : Dieu ne saurait le permettre. Jamais elle ne sera soumise aux atteintes de l’hérésie; toujours elle demeurera ferme et immobile dans la foi. »
      « Non credo fieri posse Ecclesiam Romanam errare, quia Deus non permitteret. In futuro manebit sine ulla haereticorum insultatione, firma et immobilis, omni tempore, persistet. » (De auct. Papa, part III, 2è part.)
      – « Selon la promesse du Seigneur, l’Eglise Apostolique de Pierre reste exempte de toute séduction, pure de toute hérésie, dans la personne de ses Pontifes. » (De auct. Papa, part II, 2è part.)
      – « Le Pape est le reflet et l’image de la divinité; le Pape, c’est Dieu sur la terre. » (De auct. Papa, part 1, 2è part.)
      Ce ne sont que qqs extraits des oeuvres de st Jean de Capistran sur le Pape et sa souveraineté.
      « Il est de foi, et les oeuvres de Capistran l’affirment éloquemment, que le Chef de l’Eglise, comme tel, ne peut jamais en être séparé. Entre la tête et le corps de l’Eglise, il ne peut y avoir de séparation de communion, ni de désaccord de doctrine. (…) Supposer le contraire, ce serait nier l’accomplissement des promesses du christ et l’office de l’Esprit-Saint dans l’Eglise. » (Saint Jean de Capistran, chap V : Théologien et Docteur, par Louis de Kerval).
      Voilà donc en quoi les sédévacantistes sont schismatiques.

  10. David Corbusier says:

    Vous continuez à commenter les textes chère Efgy. Et mes questions, elles demeurent sans réponse de votre part

  11. David Corbusier says:

    Je ne conteste nullement les textes de St-Jean Capistran, ils sont on ne peut plus sûrs, mais les antipapes de la secte de « Vatican II » et leurs subordonnés ne sont ni des Papes ni l’Église de Rome. Ce qui Regarde les Papes et l’Église de Rome ne les concernent donc pas. Cette secte est essentiellement une bande de juifs et de francs-maçons déguisés en clergé catholique afin de vomir le plus grand nombre d’hérésies et de blasphèmes possibles (et tenter de faire disparaître les sacrements et le sacerdoce) tout en conduisant le plus grand nombre d’âmes possible vers la damnation, et qui prépare l’avènement du Nouvel Ordre Mondial tant religieux que politique.

    J’attends toujours de votre part chère Efgy des commentaires sur la bulle de Paul IV et le beau et éclairant texte de St-Robert Bellarmin «De Romano Pontifice».

  12. David Corbusier says:

    Et pour avoir encore plus d’éclaircissements, chère Efgy, voici pour vous:

    Notre-Dame de la Salette:

    «Rome perdra la foi et deviendra le siège de l’Antéchrist».

    EXORCISME CONTRE SATAN ET LES ANGES RÉVOLTÉS

    Publié par ordre de S. S. le Pape LÉON XIII (1)

    (Traduction complète de la version originale du rituel romain Desclée-Lefebvre de 1903. La partie supprimée dans les éditions postérieures est en caractères gras.)

    Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

    Supplique à saint Michel Archange

    Très glorieux Prince des armées célestes, saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat, contre les principautés et les puissances, contre les chefs de ce monde de ténèbres, contre les esprits de malice répandus dans les airs. (Eph. 6, 12). Venez en aide aux hommes que Dieu a faits à son image et à sa ressemblance, et rachetés à si haut prix de la tyrannie du démon. (Sag. 2-1, Cor. 6). Continuez aujourd’hui le combat du Seigneur avec toute l’armée des anges, tout comme autrefois vous avez lutté contre Lucifer, le Prince de l’orgueil, et ses anges apostats. Mais ceux-ci ne furent pas les plus forts, et leur place ne fut plus trouvée dans le ciel. Et il fut précipité, ce grand dragon, ce serpent ancien, qui est nommé le diable et Satan, qui séduit le monde entier; il fut précipité sur la terre, et ses anges furent précipités avec lui. (Apoc. XII, 8-9)

    Or, voici que cet antique ennemi homicide dès le commencement (Jn VIII, 44), s’est dressé avec véhémence, déguisé en ange de lumière (2 Cor. XI, 14) accompagné de toute la horde des esprits pervers, il parcourt la terre en tous sens, cherchant à y abolir le nom de Dieu et de son Christ, pour arracher, détruire et perdre dans la damnation éternelle, les âmes destinées à recevoir la couronne de gloire immortelle. Ce dragon maudit verse comme un flot immonde son poison d’iniquité dans les hommes dont l’esprit est dépravé et le cœur corrompu: son esprit de mensonge, d’impiété et de blasphème, souffle mortel de luxure, de toutes espèces de vices et d’iniquités.

    Et voici que des ennemis très rusés ont rempli d’amertumes l’Église, épouse de l’Agneau immaculé, l’ont abreuvé d’absinthe, ils ont jeté des mains impies sur tout ce qui est désirable en elle. Là où le siège du bienheureux Pierre et la Chaire de la vérité fut établie comme une lumière pour les nations, là ils ont posé le trône d’abomination de leur impiété; afin que, le pasteur une fois frappé, ils puissent disperser le troupeau. Soyez donc, Ô Prince invincible, toujours auprès du peuple de Dieu pour combattre les esprits mauvais, et faites-lui remporter la victoire.

    C’est vous que la sainte Église vénère comme son gardien et son protecteur; vous à qui le Seigneur a confié les âmes rachetées, pour les introduire dans la céleste félicité. Conjurez le Dieu de paix qu’Il écrase Satan sous nos pieds, afin de lui enlever tout pouvoir de retenir, encore les hommes captifs, et de nuire à l’Église. Présentez au Très-Haut nos prières, afin que, bien vite, descendent sur nous les miséricordes du Seigneur; saisissez vous-même l’antique serpent, qui n’est autre que le diable ou Satan, pour le précipiter enchaîné dans les abîmes, en sorte qu’il ne puisse plus jamais séduire les nations. (Apoc. 20).

    • Léon XIII a vu juste : déjà avant Vatican II, l’Eglise était infiltrée…

      Rome qui perd la foi, ce n’est pas l’Eglise, qui est une, sainte et apostolique, ni son Chef, qui a reçu les promesses du Christ.
      Ce qui est sûr, c’est que ND de Fatima a dit qu’un pape consacrera la Russie à son Coeur immaculé. Lequel ? Je ne le sais pas plus que vous.

  13. David Corbusier says:

    Chère Efgy, bien sûr que l’Église fut infiltrée avant Vatican II.
    Sans aller ici dans les détails, sachez que le cardinal Rampolla, haut dirigeant de l’OTO, secte luciférienne, était secrétaire d’État sous Léon XIII. Et sans l’intervention in extremis de Mgr Ernest Jouin auprès de l’Archiduc Ferdinand d’Autriche, qui détenait le dernier droit de veto , Rampolla était nommé Pape après la mort de Léon XIII. L’archiduc en payant le prix de sa vie en 1914, les maçons possèdent une bonne mémoire.
    Qu’à cela ne tienne, Rampolla avait fait beaucoup de disciples dans ses belles années au Vatican. Je vous les nomme, attachez bien votre tuque comme on dit chez nous: Benoit XV, Pie XI et un certain Pie XII.
    Les gestes et comportements douteux des Papes remontent même après la Révolution Française, quand un certain Pie VII, sacra empereur de la République française ou maçonne si vous préférez, un certain Napoléon Bonaparte. Ce dernier fit démissionner bon nombre d’Évêques français, avec le silence de Pie XII, et nomma à leur place ses propres évêques.
    Pour terminer, chère Efgy, les apparitions de Fatima sentent le souffre. Je pourrai élaborer éventuellement si vous le désirez.

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