La Porte Latine, site du district de France de la Fraternité Saint Pie X, a diffusé un texte d’une grande importance, concernant le jubilé de la miséricorde. Il rejoint en tous points celui sur le même sujet de monsieur l’abbé de la Rocque, sur l’impossibilité des catholiques et de tous ceux qui refusent le nouvel ordre mondial de s’associer ou de participer à un tel jubilé. 

I – 1965-2015 : le sens d’un Jubilé

1. Depuis le 8 décembre dernier, le Jubilé extraordinaire publié par le Pape François suit son cours. Le successeur de saint Pierre a choisi cette date d’ouverture « pour la signification qu’elle revêt dans l’histoire récente de l’Eglise » (1). L’intention avérée du Souverain Pontife est en effet d’ouvrir la Porte Sainte « pour le cinquantième anniversaire de la conclusion du Concile œcuménique Vatican II ». Ceci est désormais chose faite ; et ceci explique le sens profond de la démarche : dans la ligne du dernier concile, cette Année Jubilaire, vécue dans la miséricorde, a pour but de repousser « toute forme de discrimination » (2). François s’en est d’ailleurs clairement expliqué (3), en faisant explicitement référence à ses prédécesseurs. Lors de l’ouverture du concile Vatican II, Jean XXIII a pris soin d’avertir les fidèles catholiques que « l’Epouse du Christ préfère recourir au remède de la miséricorde, plutôt que de brandir les armes de la sévérité ». A ces propos tenus par le Pape, firent écho ceux de son successeur Paul VI, lors de la clôture du même concile : « La vieille histoire du bon Samaritain a été le modèle et la règle de la spiritualité du Concile ». Dans l’Evangile, cette histoire est une parabole, qui indique de manière imagée ce qu’est la miséricorde. Cinquante ans plus tard, le Pape François ne fait donc que persévérer, avec tout l’éclat et toute la publicité médiatique que comporte l’initiative d’un Jubilé, dans la nouvelle optique adoptée par Jean XXIII et Paul VI. « Le premier devoir de l’Église », a-t-il répété tout récemment (4), « n’est pas celui de distribuer des condamnations ou des anathèmes mais il est celui de proclamer la miséricorde de Dieu, d’appeler à la conversion et de conduire tous les hommes au salut du Seigneur ».

2. Quelle miséricorde ? Quelle conversion ? Quel salut ? Et donc finalement, quelle indulgence ? Ce sont les questions qui se posent de plus en plus, à la conscience des catholiques, depuis cinquante ans. Et l’ouverture du récent Jubilé en souligne toute l’urgence.

II – La vraie miséricorde (5)

3. La miséricorde est une vertu, distincte de toute autre, car ayant son objet et son motif propres. L’objet de la miséricorde consiste à soulager la misère d’autrui. Le motif de la miséricorde est le fait de considérer cette misère d’autrui comme la sienne.

L’objet de la miséricorde.

4. La misère est un mal, et dans l’ordre des choses humaines, le mal se divise adéquatement entre le péché et la peine. La différence capitale entre ces deux sortes de maux est que le péché est commis, alors que la peine est subie. Tout mal involontairement subi (6) est en effet une peine, puisque tout mal est précisément subi en conséquence du péché, originel ou personnel, dont il est le juste châtiment providentiel. Tout mal volontairement commis est un péché, puisque tout mal est précisément commis à l’encontre de la loi divine éternelle. A considérer les choses dans toute leur précision, on comprend alors que le péché et la peine s’opposent : un même mal ne peut pas être à la fois l’un et l’autre sous le même rapport, parce qu’il ne peut être à la fois sous le même rapport commis et subi. En restant dans cette ligne de précision, nous dirons que le péché, parce qu’il est un mal commis volontairement, et dans la mesure précise où il l’est, appelle de soi la justice et donc le châtiment ou la peine ; la peine, au contraire, parce qu’elle est un mal que l’on subit, à l’encontre de sa propre volonté, peut susciter la miséricorde, dans la mesure où le péché qui l’a méritée devient de la part du pécheur objet de regret efficace, c’est à dire de pénitence.

5. La misère, objet de la miséricorde, est précisément le mal subi d’une peine. Il n’y a donc pas à distinguer, du point de vue de la miséricorde, entre le pécheur (qui mériterait la miséricorde) et le péché (qui serait à réprouver), par exemple entre l’homosexuel et l’homosexualité, ou l’adultère et … l’adultère !  En tant que tel, le pécheur se définit comme celui qui commet volontairement le péché, l’homosexuel comme celui qui commet volontairement l’acte contre nature, l’adultère comme celui qui commet volontairement l’injustice d’une indifélité à l’égard de son conjoint. Le pécheur en tant qu’il pèche volontairement mérite la même réprobation que son péché et c’est pourquoi il ne mérite aucune miséricorde. La distinction est possible à un autre niveau, puisque des aspects différents peuvent se rencontrer dans les mêmes choses. Un péché, qui est forcément volontaire, peut dépendre en même temps que du consentement libre, de bien des facteurs qui y ont poussé et qui sont faiblesse, infirmité : par là s’introduit de l’involontaire qui diminue le péché ; par ce côté, il cesse d’être un mal commis pour devenir un mal subi, et donc une misère, et il appelle plutôt l’excuse et le pardon, la miséricorde. Par conséquent, s’il y a une distinction à faire, elle a lieu entre le péché et la misère, entre le pécheur et le misérable, entre l’homosexualité (ou l’homosexuel) et l’infirmité d’une concupiscence contre nature, entre l’adultère et l’infirmité d’une concupiscence malheureusement trop commune. Par accident, le pécheur (et non son péché) peut être objet de miséricorde, non pas dans la mesure où il commet volontairement une action mauvaise, mais en tant qu’il subit involontairement le poids d’une concupiscence mauvaise, qui le pousse malgré lui à contredire les injonctions de la loi divine. Voilà en quel sens il est vrai de dire que nous devons plutôt plaindre le pécheur et le secourir que nous indigner et le condamner. C’est que nous le prenons ici formellement par le côté où il est misère, par le côté où il nous parait avoir des excuses ; nous l’expliquons par tout ce qui a pu s’introduire en lui d’involontaire. Et nous le prenons aussi par le côté où, éventuellement, il déteste l’action mauvaise qu’il a commise et cherche à la réparer. A tous ces points de vue, mais à ces points de vue seulement, la miséricorde peut viser à soulager la misère du pécheur.

Le motif de la miséricorde.

6. Le motif de la miséricorde est toujours le fait de considérer la misère d’autrui comme la sienne propre. Cela est facile à comprendre, si l’on se souvient que la miséricorde est fondamentalement une tristesse, et que l’on ne saurait « avoir mal au cœur » devant la misère d’autrui, à moins qu’elle ne nous touche. Et la misère nous touche, parce que nous la partageons, c’est à dire lorsque nous la faisons nôtre. Toute la question est alors de savoir pourquoi nous faisons nôtre cette misère d’autrui.

7. Il existe une certaine miséricorde naturelle, humanitaire ou philanthropique, en vertu de laquelle tout homme aime naturellement son semblable et partage donc sa misère, qui est celle du genre humain en tant que tel. Cette miséricorde repose en définitive sur un lien objectif et réel (c’est à dire qui ne dépend ni de notre connaissance ni de notre affection, sensible ou volontaire) et qui motive une tendance quasiment spontanée de la nature humaine. On dit précisément de ceux qui la contredisent qu’ils sont « dénaturés ». Cette tendance pousse tout homme normalement constitué à prêter son assistance à toute personne en danger, à tout personne subissant un mal, et le refus de cette assistance constitue même dans certains cas un délit, sanctionné par la loi humaine positive, explicitant en l’occurrence le droit naturel. Mais pour être naturelle et radicalement inviscérée en tout homme, cette miséricorde fait abstraction de la connaissance des racines profondes du mal. Le mal subi, qu’est la misère, ne lui apparaît pas de prime abord comme la conséquence du mal commis, qu’est le péché. Et c’est justement faute de connaître le rapport qui existe entre les deux que cette tendance naturelle à l’homme court toujours le risque de se méprendre.

8. La miséricorde surnaturelle va beaucoup plus loin ; elle suppose la charité. Le motif pour lequel nous voulons ici soulager la misère est en effet l’amitié qui nous rattache à Dieu, selon la grâce. Pour l’amour de Dieu, elle veut soulager tous ceux que peut atteindre la misère, misère spirituelle et corporelle à la fois. Et elle voit dans cette misère, qui atteint le prochain, la conséquence du péché, elle voit dans le mal subi la résultante du mal commis. Et elle voit donc aussi la juste mesure selon laquelle il convient de procéder pour soulager la peine encourue : c’est la mesure selon laquelle le péché qui justifie l’infliction de cette peine cesse d’être voulu par celui qui l’a commis, dans la mesure où le pécheur déteste son péché, dans la mesure aussi où le pécheur a des circonstances atténuantes. Ou du moins dans la mesure où l’exercice de la miséricorde, qui entend diminuer ou même suprimer le mal d’une peine, ne contredit pas les exigences de la justice, qui entend neutraliser le mal d’un péché. Et toute la question est justement là …

III – La vraie miséricorde et la justice (7)

9. La justice est la volonté constante et perpétuelle de rendre à chacun ce qui lui est dû. Elle a donc pour but de régler nos rapports avec autrui. Et elle peut le faire de deux manières : soit avec autrui considéré individuellement, soit avec autrui considéré comme membre d’une société. Il y a donc deux formes de justice : la justice particulière et la justice générale ou légale. La justice particulière rend ce qui lui est dû à un individu pris en tant qu’individu. Elle peut le faire en rendant à cet individu ce qui lui est dû soit de la part d’un autre individu (c’est alors la justice commutative) soit de la part de la société (c’est alors la justice distributive). La justice générale ou légale rend au bien commun de la société ce qui lui est dû par chacun de ses membres. Car le bien de chaque vertu, de celles qui ordonnent l’homme envers soi-même, ou de celles qui l’ordonnent envers d’autres individus, doit être rapporté au bien commun auquel nous ordonne cette justice. De cette manière, les actes de toutes les vertus peuvent relever de la justice en ce que celle-ci ordonne l’homme au bien commun. Et en ce sens la justice est une vertu générale. Et parce que c’est le rôle de la loi de nous ordonner au bien commun, cette justice dite générale est appelée justice légale : car, par elle, l’homme s’accorde avec la loi qui ordonne les actes de toutes les vertus au bien commun.

10. La justice distributive implique le pouvoir de punir par des châtiments, afin de préserver l’ordre social. En effet, la société rend (en tant que telle et par l’intermédiaire de l’autorité) ce qui lui est dû à l’individu fauteur de désordre. Or, ce qui est dû de la part de la société à un fauteur de désordre est précisément la peine, ou le châtiment, qui rétablit l’ordre. Parmi ces châtiments figure en bonne place la discrimination, c’est à dire le fait de ne pas jouir de la même liberté d’action publique que les autres membres de la société. Comme tout châtiment, la discrimination n’est pas un mal mais un bien, du point de vue précis du bien commun, dont elle préserve l’ordre. C’est à dire qu’elle est un bien pour tous, car elle est le moyen requis pour préserver efficacement le bien commun de la vertu contre le mauvais exemple du vice. Elle est aussi en quelque manière un mal, (le mal de peine dont nous avons parlé) pour celui qui la subit. Ce mal involontairement subi par le discriminé (et par lui seul) est sa misère, dont la miséricorde pourra s’occuper pour y remédier. Mais ce n’est pas le mal de faute, le péché volontairement commis par l’autorité qui inflige la peine et impose la discrimination (comme le serait un prétendu manque de charité ou de miséricorde). Et ce n’est pas non plus le mal de peine involontairement subi par la société, c’est au contraire son bien, car c’est œuvre de justice. Il y a donc une différence formelle, au sein de la même réalité : ce qui est un bien du point de vue du bien commun (et en tant que bien, objet de la justice particulière, distributive) est mal de peine du point de vue du bien particulier (et en tant que mal de peine, objet de la miséricorde). Il appartient à la justice générale (ou légale) d’harmoniser les deux. Ce qui veut dire qu’il y a une dépendance de la miséricorde et de la justice particulière à l’égard de la justice générale. Celle-ci ordonne entre elles la justice particulière et la miséricorde et le principe de cet ordre est le bien commun. C’est en se plaçant à ce point de vue supérieur du bien commun que l’on ordonne comme il faut la miséricorde et la justice, au sein d’une même société. Ce qui signifie que dans la sainte Eglise comme dans la société civile les exigences du bien commun resteront toujours la règle et la mesure de la miséricorde. Et n’ayons garde d’oublier que le bien commun par excellence, mesure de tout autre, est le bien divin, Dieu lui-même, en qui justice et miséricorde s’identifient sans se confondre.

IV – La fausse miséricorde du Concile et de François.

11. Depuis le concile Vatican II, nous dit Jean XXIII, « l’Epouse du Christ estime que plutôt que de condamner elle répond mieux aux besoins de notre époque en mettant davantage en valeur les richesses de sa doctrine ». Plus exactement, nous dit encore Paul VI, « des erreurs ont été dénoncées. Oui, parce que c’est l’exigence de la charité comme de la vérité mais, à l’adresse des personnes, il n’y eut que rappel, respect et amour ». L’erreur et le mal sont dénoncées comme tels, mais les personnes sont considérées comme si elles étaient hors de leur atteinte. Ou du moins comme si la considération de la vérité et de la bonté qui se trouvent en elles devait primer sur la part d’erreur et de mal. Paul VI évoque même un « courant d’affection et d’admiration » vis-à-vis de ces personnes. Il y a donc une inversion de rapport : jusqu’ici les exigences de la justice l’emportaient au for externe public sur celles de la miséricorde, car la gravité du péché l’emportait sur celle de la peine, et donc la nécessité d’imposer des discriminations pour préserver la société du péché commis par les personnes l’emportait sur le souci de faire miséricorde aux personnes membres de la société. Désormais, le souci de reconnaître et de promouvoir le bien des personnes l’emporte sur le souci de protéger le bien commun de la société. Ou plutôt, le bien commun de la société est confondu avec la somme des biens particuliers des personnes membres de la société. Le concile a voulu entériner les acquis de la pensée moderne et positionner pour cela l’Eglise au sein d’une société personnaliste et pluraliste.

12. Le propos du Pape François rejoint donc ici parfaitement celui du concile Vatican II : « Que cette Année Jubilaire, vécue dans la miséricorde, […] repousse toute forme de discrimination ». Le concile n’avait-il pas dit en effet : « Toute forme de discrimination touchant les droits fondamentaux de la personne, qu’elle soit sociale ou culturelle, qu’elle soit fondée sur le sexe, la race, la couleur de la peau, la condition sociale, la langue ou la religion, doit être dépassée et éliminée, comme contraire au dessein de Dieu » (8)  ; « L’Église réprouve donc, en tant que contraire à l’esprit du Christ, toute discrimination ou vexation dont sont victimes des hommes en raison de leur race, de leur couleur, de leur condition ou de leur religion » (9) ; « Le pouvoir civil doit veiller à ce que l’égalité juridique des citoyens, qui relève elle-même du bien commun de la société, ne soit jamais lésée, de manière ouverte ou occulte, pour des motifs religieux, et qu’entre eux aucune discrimination ne soit faite » (10). La déclaration sur la liberté religieuse pose la non-discrimination en principe. Ce principe se justifie lui-même par la prééminence du bien particulier sur le bien commun. Et par le fait même, Dignitatis humanae érige la miséricorde (qui a pour objet de remédier à la peine, en tant qu’elle constitue le mal d’un particulier) au dessus de la justice (qui a pour objet l’infliction de la peine, en tant qu’elle constitue le bien de tous).

13. Il devrait pourtant être évident (et ce le fut jusqu’ici pendant vingt siècles) que le pouvoir de la société civile comme le pouvoir ecclésiastique ont l’un et l’autre le devoir d’imposer des discrimination à l’encontre de ceux dont les péchés menacent l’ordre public, ne serait-ce que parce qu’ils représentent un scandale, c’est à dire une occasion de péché. Discrimination qui doit s’imposer en raison de la condition sociale ou religieuse des fauteurs de trouble. Condition religieuse s’il s’agit d’un culte public contraire à la vraie religion. Condition sociale s’il s’agit d’un comportement contraire à la loi divine naturelle (union matrimoniale illégitime ; unions homosexuelles). Le concile réprouve à l’inverse toute forme de discrimination : le bien absolument requis pour préserver l’ordre social est éliminé, sous prétexte qu’il représente le mal tout relatif d’une peine (donc une misère) pour les personnes. Et cette élimination se fait au nom du « primat de la miséricorde » (11). Mais du fait même qu’elle met le bien particulier au dessus du bien commun, celle-ci est redéfinie dans un sens personnaliste, étranger à la doctrine traditionnelle de l’Eglise.

14. Plus exactement, il s’agit d’une miséricorde humanitaire ou philanthropique, devenue incapable de saisir le lien qui rattache le mal du péché au mal de la peine. C’est parce que la peine est méritée par le péché qu’elle devient un bien : le bien commun d’une justice commune à toute la société et à toute l’Eglise. Faute de saisir ce lien, l’on ne verra plus dans la discrimination qu’un mal : le mal commun d’une injustice commune à tous les individus, à toute l’humanité. Il est clair que le dogme catholique « Hors de l’Eglise point de salut » exprime une discrimination et passe par la condamnation des « autres traditions religieuses ». La nouvelle conception héritée de Vatican II postule que « la valeur de la miséricorde dépasse les frontières de l’Eglise » (12) et conduit très logiquement (quoiqu’implicitement) le Pape François à voir dans l’enseignement de ses prédécesseurs une injustice, contraire à la miséricorde : « Que cette Année Jubilaire, vécue dans la miséricorde, favorise la rencontre avec ces religions et les autres nobles traditions religieuses. Qu’elle nous rende plus ouverts au dialogue pour mieux nous connaître et nous comprendre. Qu’elle chasse toute forme de fermeture et de mépris. Qu’elle repousse toute forme de violence et de discrimination » (13).

V – Quelle indulgence ?

15. L’aveuglement qui frappe ainsi depuis cinquante ans les hommes d’Eglise, et jusqu’au premier d’entre eux, représente une grande misère. Mais nul doute que celle-ci constitue la juste peine méritée par le grand péché commis lors du Concile : car, ne l’oublions pas, le libéralisme est un péché. Et c’est justement ce péché du libéralisme qui se trouve au principe et au fondement de tout le Concile. Jean XXIII nous l’a dit et répété : « l’Epouse du Christ estime que plutôt que de condamner elle répond mieux aux besoins de notre époque en mettant davantage en valeur les richesses de sa doctrine ». Or, cela est exactement la reprise de l’erreur du libéralisme, condamnée par le pape Grégoire XVI, dans l’Encyclique Mirari vos : « Il est », disait-il, « des hommes emportés par un tel excès d’impudence, qu’ils ne craignent pas de soutenir opiniâtrement que le déluge d’erreurs qui découle de l’absence de condamnations est assez abondamment compensé par la publication de quelque livre imprimé pour défendre, au milieu de cet amas d’iniquités, la vérité et la religion » (14). La fausse miséricorde de François est la fille de la fausse liberté de Jean XXIII et de Paul VI. Le Concile a accouché d’un monstre, et ce monstre est le châtiment de son péché, la punition de ce mariage adultère entre les hommes d’Eglise et la Révolution. Cette punition est la grande misère d’aujourd’hui. L’année qui a été placée sous le signe de la miséricorde a été en réalité placée sous le signe d’un châtiment et c’est pourquoi elle est bien misérable. Non pas sainte mais misérable.

16. Nul doute que le Saint Père conserve, en tant que tel, c’est à dire en tant qu’il agit comme le véritable successeur de Pierre, le pouvoir de dispenser des indulgences et que ce pouvoir demeure ce qu’il est, indépendamment de toutes les circonstances où il s’exerce. Et la Fraternité Saint Pie X, à la suite de son vénéré fondateur, a toujours eu soin d’opérer cette distinction entre le pouvoir du Pape et son exercice : « Nous ne récusons pas l’autorité du pape, mais ce qu’il fait » (15). L’indulgence d’un Jubilé est la remise d’une peine. Sans doute. Mais il s’agit de la peine temporelle que Dieu inflige au pécheur repentant, afin qu’il puisse faire pénitence, et coopérer à son propre rachat, dans la dépendance du mérite du Christ. Autres sont les peines temporelles, autres sont les « discriminations » que l’autorité humaine a la charge d’infliger, afin de préserver la société contre la contagion du mauvais exemple.

17. Et qu’est-ce justement qu’une « peine » pour le Pape François ? « Le Jubilé », nous dit-il (16), « amène la réflexion sur l’indulgence ». Réflexion vaine car impuissante, depuis que le dernier Concile a falsifié les définitions précises de la théologie traditionnelle : à la différence des précédentes, cette Année jubilaire voit l’obscurcissement de la notion même d’indulgence, car la falsification porte précisément sur la notion même de miséricorde, qui est l’un des principes fondamentaux sur lesquels doit reposer la notion catholique d’indulgence.

18. La grande espérance des catholiques passera toujours par la pénitence : un mot qui n’apparaît jamais, pas une seule foi, d’un bout à l’autre de la Bulle d’indiction de ce Jubilé. Nous voulons pourtant demeurer dans cette espérance, et c’est pourquoi, une fois de plus, hélas, « nous ne récusons pas l’autorité du pape, mais ce qu’il fait ». Nous récusons cette notion faussée, libérale et moderniste, de la miséricorde. Nous récusons cet obscurcissement de la notion même d’indulgence. Nous récusons tout ce qui, à travers l’initiative de ce Jubilé décidément extraordinaire, peut faire référence au poison mortel du libéralisme, introduit dans la sainte Eglise par le dernier Concile, depuis cinquante ans. Et nous adhérons de tout cœur à la vraie doctrine traditionnelle, nous professons l’exacte notion de la vraie miséricorde, qui est au fondement de toutes les indulgences pontificales, en union avec tous les saints de l’Eglise catholique, en union avec tous les saints Papes qui nous ont transmis le vrai trésor de la vraie foi, gage du salut éternel de nos âmes.

Abbé Jean-Michel Gleize, prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, Professeur au séminaire Saint-Pie X d’Ecône

Source : La Porte Latine – 11 janvier 2016

Notes

(1) Misericordiae Vultus, n° 4
(2) MV, n° 23
(3) MV, n° 4.
(4) François, « Discours de clôture pour le Synode extraordinaire sur la famille », le samedi 24 octobre 2015.
(5) Saint Thomas d’Aquin, Somme théologique, 2a2ae, question 30 ; Jacques Ramirez, De caritate, t. II, n° 922-988 ; Michel-Marie Labourdette, « Cours de théologie morale », ad locum.
(6) Le mal physique du corps, comme la mort, les coups et les blessures, la maladie, la vieillesse, la pauvreté ; le mal spirituel de l’âme comme la solitude ou le peu d’amis, la séparation d’avec sa famille, le déshonneur, la faiblesse d’esprit ; le mal de la concupiscence et celui de la tentation, qui poussent l’un comme l’autre au péché.
(7) Saint Thomas d’Aquin, Somme théologique, questions 58 et 61.
(8) Gaudium et spes, § 29, n° 2.
(9) Nostra aetate, n° 5.
(10) Dignitatis humanae, n°6.
(11) MV, n° 20.
(12) MV, n° 23.
(13) MV, n° 23.
(14) Grégoire XVI, Encyclique Mirari vos du 15 août 1832.
(15) Mgr Lefebvre, Fideliter n° 66, p. 28.
(16) MV, n° 22.

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15 commentaires

  1. Le Pape est le vicaire de Jésus-Christ, par l’Année Sainte de la Miséricorde, il propose à chacun de demander la Miséricorde
    du Seigneur.

    Et en demandant la grâce de la Miséricorde du Seigneur, chacun le fera avec ce qu’il est, pécheur, puisque nul ne peut se dire sans péché, et dans cet échange personnel et secret avec Dieu se feront des miracles de conversion.

    Dieu attend le retour de chacun vers lui, chacun lui demandant Sa Miséricorde, quoi de plus beau ?

    Il ne faut détourner personne de cette possibilité de
    demander à Dieu Sa Miséricorde !

    Il faut bien tenir compte de ceci :
    Le Jubilé de la miséricorde s’est ouvert le 8 décembre 2015 en la solennité de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie. Le Pape François a ouvert la porte sainte en la Basilique St-Pierre de Rome.

    Le 13 décembre 2015, le 3e Dimanche de l’Avent, une porte sainte a été ouverte dans toutes les cathédrales du monde.
    Le Jubilé de la miséricorde s’achèvera le 20 novembre 2016 en la solennité du Christ, Roi de l’Univers.

    La Vierge Marie, Immaculée Conception, accompagne
    chacun vers la Miséricorde du Seigneur Jésus,
    Christ Roi de l’ Univers.

    Que chacun entende cet appel !

    Et pour le problème des erreurs du Concile Vatican 2,
    il y a un autre moyen pour les faire rectifier !

  2. Dieu seul a le pouvoir de sonder les coeurs et de faire miséricorde.

    Exode (33, 19) :
    « L’Eternel répondit : Je ferai passer devant toi toute ma bonté, et je proclamerai devant toi le nom de Yahweh ; je fais grâce à qui je fais grâce, et miséricorde à qui je fais miséricorde. »

    Michée (7,18) :
    « Quel Dieu est semblable à toi, Qui pardonnes l’iniquité, qui oublies les péchés du reste de ton héritage ? Il ne garde pas sa colère pour toujours, car il prend plaisir à la miséricorde. »

    Rom (IX, 14 à 16) :
    « Que dirons-nous donc ? Y a-t-il en Dieu de l’injustice ? Loin de là! Car il dit à Moïse: Je ferai miséricorde à qui je fais miséricorde, et j’aurai compassion de qui j’ai compassion. Ainsi donc, cela ne dépend ni de celui qui veut, ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde. »

    C’est encore le temps de la miséricorde avant celui de la justice…
    Le pape a raison de le rappeler, car après il sera trop tard, car ça n’ira guère en s’arrangeant…

  3. Peut on m’expliquer le besoin immanent de la Fsspx de critiquer à longueur de journée les propos et les actions du Pape? Sans toutes ces diatribes, a-t-elle peur de ne plus exister ?
    Ne peut elle pas tout simplement s’unir à ce Jubilé de la miséricorde sans opposer toutes une batteries d’arguments sans queue ni tête? Réjouissons nous de cette appel à tremper notre âme dans le pardon. Et plutôt que de prêcher sans cesse de tels propos, prêchez plutôt sur le sacrément de pénitence et unissez vous pour une fois à une action de l’Eglise.
    En tant que fidèle de la Fsspx et jeune de 27 ans, je suis désolé de voir ce permanent exercice auquel se livre la Fsspx qui ne pousse qu’à se méfier de l’Eglise plutôt que de l’aimer.

    • Xavier Celtillos says:

      Où avez-vous vu une diatribe ?
      Il s’agit d’une étude argumentée, si vous n’êtes pas d’accord il suffit de démonter les arguments, ce que vous ne faites pas.
      Vous déplorez ce que vous appelez des « critiques à longueur de journée ». Ce que je déplore pour ma part, c’est la destruction de l’Eglise à longueur de journée par une théologie empoisonnée. Tant que le feu brûle on envoie de l’eau : que penserait-on de celui qui dit : « il y en a assez de ces pompiers qui balancent de l’eau à longueur de journée ! »

      • Monsieur,
        Au-delà de cette étude brillante sur la Miséricorde, et mon propos n’est pas d’apporter une critique sur cet éclairage intéressant, je déplore pour ma part que la FSSPX sape avec insistance les nombreuses initiatives de Rome qui ont pour but de faire vivre les catholiques en union avec l’Eglise et de les sanctifier. Or le but du Jubilé de la Miséricorde est de pousser les catholiques à bénéficier des grâces du sacrement de la confession ce qui n’est pas mauvais en soi. Certes cela doit s’accompagner d’un enseignement sur le péché. Qui peut prétendre de ne pas avoir besoin de se confesser ?
        Aussi, oui je suis un peu interloqué lorsque j’entends Monsieur l’Abbé de La Rocque (cf. un article de MPI), qui dénonce, à l’occasion d’un sermon, la teneur de ce Jubilé. Pour lui, ce ne serait que l’anniversaire du Concile Vatican II et une tactique politicienne menée par le Vatican pour mettre la FSSPX en porte à faux avec ses principes et ses positions théologiques. Tout est possible. Cependant, ce sermon ne se conclut malheureusement pas par une invitation pressante à prier pour l’Eglise ou un simple rappel que la FSSPX est attachée à l’Eglise ; chose que Monseigneur Lefebvre rappelait très régulièrement dans ses exhortations.
        A mon sens, il est dangereux de montrer si souvent, et surtout à ce genre d’occasion, une désolidarisation de la FSSPX au mouvement de l’Eglise. En effet, un auditoire peu averti peut être conforté dans ses pensées méfiantes vis-à-vis de l’Eglise et se retrouver très rapidement sur la pente savonneuse du sédevacantisme. Chose que nul ne veut. La FSSPX s’exerce à un numéro de filambule où d’un côté se trouve l’Eglise fondée par NSJC et de l’autre un peuple de fidèles ayant cédé à la tentation du sédevacantisme.
        Aussi, cessons de taper sur les doigts de l’Eglise dès que la main se présente. Contentons-nous de faire la part des choses avec humilité et profitons plutôt de ce Jubilé de la Miséricorde, proposé par le Saint Père, pour nous ressourcer dans le sacrement de la confession, tout en n’omettant pas de prier pour l’Eglise et son chef, institué par NSJC, et de rappeler dès que cela est possible notre attachement à notre Sainte Mère l’Eglise.
        Bien loin de moi l’idée, de vouloir faire la peau de la FSSPX dans ce commentaire. Je suis très attaché à ses enseignements et estime qu’ils sont dans le droit chemin. Cependant, je souhaitais faire part de mon désaccord sur ce point-là.

        • « de l’autre un peuple de fidèles ayant cédé à la tentation du sédévacantisme. »

          oui, il faut le déplorer. Mais la faute à qui ?
          Pardonnez-moi d’en parler, mais il me semble que cela va dans le sens de votre commentaire, pins, j’ai eu la mauvaise surprise de lire, sur le site « France Fidèle », que des prêtres de la FSSPX, ayant des idées sédévacantistes, avaient eu l’autorisation de Mgr Fellay de ne pas mentionner le nom du pape dans la célébration de leurs messes… ce qui en font des messes schismatiques.
          Inutile de vous dire qu’une telle affirmation est très grave (pour ce site et pour la FSSPX). Et qu’elle mérite un éclaircissement, car ce sont les fidèles qui sont alors trahis par les prêtres en qui ils avaient mis leur confiance.
          Dans le cas où cela serait vrai, on comprendrait parfaitement pourquoi la FSSPX se désolidarise toujours des faits et gestes de l’Eglise et qu’un abbé de La Roque ait fait un tel sermon sur le Jubilé de la Miséricorde décrété par le pape.

          • Monsieur,
            Je me permettrai de corriger l’interprétation que vous faites de mes propos. Je ne pense absolument pas que Monseigneur Fellay soit capable de faire une chose pareille. Il est très attaché à l’Eglise et au Saint Père. Il serait contradictoire d’être attaché à la Messe de toujours et d’omettre volontairement le nom du Pape au début du Canon.
            Je me penchais simplement sur les propos qui sont tenus en chair ou dans les divers edito français.

            • J’ai pris note.
              L’information que j’ai lue, sur un site traditionnel, venait de prêtres attachés eux aussi à l’Eglise.
              Que la vérité éclate.

  4. Patricia says:

    Merci pour ce bon article.
    Je me posais de nombreuses question sur ce qu’est, en vérité, La Miséricorde… me voilà bien servie!
    Je suis une personne pragmatique et j’ai besoin de bons points de repères pour mener à bien, si je puis dire, sur La Terre : Le salut de mon âme.
    Donc, merci aux gens de La Tradition de me permettre d’y voir plus clair… par le fait, votre fidélité à La Tradition a pour ce qui me concerne, un vrai sens bien concret, au-delà de tous les faux procès que beaucoup vous font.
    Quand on n’a pas eu une réelle transmission familiale, c’est un cadeau du Bon-Dieu que de vous avoir en référence, si je puis m’exprimer ainsi!
    Le Bon-Dieu nous a doté d’une capacité d’intelligence de la Vie… qui n’est pas en option. Ce qui veut dire que ce que vous dites ne vient pas en contradiction avec ma raison et ma foi personnelle.
    Bonne année 2016 et merci à vous d’exister. Tout simplement.

    • michelb says:

      « ne vient pas en contradiction avec ma raison et ma foi personnelle »

      voilà qui est bien dit! rejet de la mauvaise foi, bon sens, réflexion, liberté, discernement

      Dieu est un part dans chaque coeur! il nous a tout donné, mais « aide-toi et le ciel t’aidera » parce que nous sommes libres.

      • Patricia says:

        Merci de votre réponse.
        Vous savez, c’est le constat de toute une vie de recherche de la vérité et ce malgré de nombreux « obstacles. »
        Le manque de discernement et de connaissance m’a causé d’énormes problèmes dans ma vie personnelle. J’avais tendance à tout justifier : à toujours essayer de comprendre et d’excuser le comportement désordonné des autres.. et ceci à mes dépends et au dépend de ma propre existence. Maintenant, je suis veuve à 65 ans avec peu de moyens… de fait, je n’ai pas voulu rentrer dans le ressentiment et l’aigreur ni en rejeter la faute sur le monde entier. Donc, j’ai voulu creuser et approfondir ma perception du réel et aussi ma foi ou confiance en Dieu, malgré tout.
        Et dans mes recherches j’en arrive à La Tradition et ses bienfaits… c’est concret et comme je le dis pragmatique. Heureusement car là j’ai des réponses qui tiennent la route et me sont indispensables pour mieux me comprendre et comprendre « ce qui est » autour de moi.

        • michelb says:

          oui, j’ai 60 ans bientôt et effectivement, je me retrouve dans ce que vous décrivez qu’une certaine naïveté, un bon coeur m’ont souvent desservis dans les relations aux autres.

          D’un autre côté que de connaissances nouvelles! J’ai appris vers 50 ans ce qu’est la mauvaise foi. J’ai donc mieux compris l’expression très ironique de Jean Yanne « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » (comme le gouvernement de Valls si on transpose).

          Jean-Marie Le Pen dit « un bienfait n’est jamais pardonné » (et combien c’est vrai!)

          Malheureusement l’homme demeure un animal et ne gravit pas les échelons de Maslow en se surpassant. il ne fait que « bouffer » et « se barricader ». Ce n’est pas de cette manière que l’humanité peut naître. Plus tôt, le Christ avait expliqué comment et que chacun était libre de satisfaire ce comment?

          « Va et ne pêche plus. » n’est-il pas un summum de l’amour et de la liberté?

          Le bonheur ne nécessite pas beaucoup de moyens. Dieu est toujours dans le coeur, même dans celui du démon, il ne faut pas le bloquer.

          L’esprit dont nous disposons est à surpasser constamment si nous voulons vivre réellement.

          Les sans-esprit voudront toujours convertir au matérialisme ce qui n’est pas l’humanité, loin s’en faut. Dieu nous a fait à son image (immatérielle), il est notre route. « Je suis le chemin ».

          Le matériel gêne de penser à l’esprit. Platon disait « Le corps est le tombeau de l’esprit », c’est vrai mais aussi un peu réducteur.

          Bien à vous

          • « Dieu est toujours dans le coeur, même dans celui du démon »

            NON.
            Je ne cherche pas la polémique, mais la vérité. Or, ceci est faux, michelb. Le démon n’a pas de coeur, ne l’oubliez jamais! (c’est un ange, et non un homme)
            Il faut vraiment rectifier votre phrase par : « Dieu est toujours dans le coeur, même dans celui du pécheur »

            Bonne route!

  5. je suis un peu perplexe avec le : II – La vraie miséricorde.

    Je suis complètement d’accord que la miséricorde surnaturelle, implique -tout comme la charité- vérité et justice, donc dans le cas du péché regret et pénitence..

    Mais même si la miséricorde s’applique évidemment au cas où le pécheur regrette son péché. Il me semble que la miséricorde englobe aussi le fait d’appeler, d’inviter le pécheur non encore repenti à la conversion, au regret, à la pénitence ( « vous ne dédaigné pas un coeur brisé et meurtri »).
    – Ce paragraphe (II) me semble exclure cette dimension de la miséricorde, qui n’est pourtant pas contraire à la justice.
    – De plus, il semble aussi dire que tout pécheur serait conscient de la peine, misère due à son péché… malheureusement, cette peine, misère est à éveillée.. chez nos contemporains.

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