Un cours multiplié par 4 en dix-sept jours… C’est le cas du lithium qui, du 5 au 22 avril 2016 a vu son cours passer de 3 cents à 12 cents le gramme, avant de se stabiliser actuellement aux alentours de 10 cents. Les cours avaient déjà doublés en deux mois en 2015, ce qui amena la réouverture de mines jugées non-rentables, notamment celle du Mont Cattlin en Australie, et avait augmenté de 20 % en 2014… Comme par hasard, il est surnommé « le nouveau carburant » par l’inévitable Goldman Sachs…   Jadis oligopole, le marché du lithium est aujourd’hui assailli par de nouvelles entreprises (ce que dans le jargon économique on appelle les juniors mining) avec plus  au moins de réussite. Moins que plus, car si le métal à flambé, les actions des compagnies l’exploitant ont quant à elles dévissées, perdant 38 % en 2015.

Troisième élément et première métal de la table de Mendeleïev, le lithium est un métal alcalin extrêmement stratégique, qui sert entre autres pour la fabrication des piles rechargeables et des batteries d’ordinateurs, mais également dans la fabrication de verre, la fission nucléaire, la santé, l’extraction du dioxyde de carbone dans les sous-marins… Mais l’avenir du lithium, c’est la voiture électrique (avec le graphite et le cobalt)… Sachant que les batteries de celles-ci sont en lithium, il suffirait que la demande de voitures électriques augmente de 2 % pour absorber la totalité de la production de ce métal, qui n’est pas spécialement rare (33e métal le plus répandu sur terre), mais qui n’assure que 345 ans uniquement de fabrication de piles et batteries. La France possède une mine non exploitée du côté de Treguennec et des prospections sont faites dans le nord de l’Auvergne.

En ce qui concerne l’approvisionnement mondial de lithium, tous les regards sont tournés vers la Bolivie. Celle-ci possède déjà la plus grande mine du monde, à Uyuni, près des fameuses mines d’argent de Potosi qui furent elles aussi les plus riches du monde. Le groupe Bolloré a essayé d’en prendre le contrôle, car si la Bolivie possède 54 % des réserves mondiales de lithium, cette mine en représente 33 % à elle seule. Le président d’extrême gauche Morales a décidé de nationaliser les mines boliviennes pour éviter que des étrangers en prennent le contrôle. Rappelons que les mines de nickel de Petsamo et les puits de pétrole de Bakou, officiellement « nationalisés » par l’URSS,  étaient tout de même sous la coupe des multinationales minières…  Evo Morales qui déclara dans son discours de Rio de Janeiro du 21 juin 2012 que l’économie verte n’était qu’une ruse colonialiste pour spolier les pays du tiers-monde. Autre pays plein d’avenir pour la production de lithium : l’Afghanistan.  En juin 2010, des gisements équivalents à ceux de la Bolivie et du Chili étaient découverts dans les provinces d’Herat, de Nimroz et de Ghazni. Comme par hasard deux pays suivis de très près par les Etats-Unis bien sur, la Chine évidemment et la Russie tant qu’à faire…

En 2013, l’Australie assurait 67,8 % de la production mondiale de lithium, devant le Chili (10 %), le Zimbabwe (8 %) et le Portugal (6 %). En 2015, les cartes ont été redistribuées, avec une Australie toujours en tête avec 41 %, un Chili à 36 %, une Argentine à 11 %, les quelques miettes restantes étant réparties entre la Chine, le Portugal, le Canada et le Zimbabwe. Mais toujours pas de Bolivie… Réserves surestimées ou incompétences du système d’Etat bolivien ? Pour être totalement objectif, rappelons que l’entreprise américaine qui voulait exploiter le lithium en Bolivie avait promis des versements de bénéfices… dans 40 ans. Les mineurs boliviens sont très jaloux de leurs acquis du secteur privé. Ils ont été jusqu’à abattre un ministre suite à la répression d’une grève par le régime Morales. La politique d’indigénisation porte en tout cas ses fruits : la Bolivie n’a obtenu que 0,6 % des investissements étrangers pour le continent latino-américain. On verra à l’usage si la Bolivie s’en sortira mieux que l’Albanie ou la Corée du Nord… On lui souhaite simplement de s’en sortir aussi bien que le Chili et la Malaisie.

Hristo XIEP

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2 commentaires

  1. « la Bolivie n’a obtenu que 0,6 % des investissements étrangers pour le continent latino-américain. »

    Le Président Morales a raison d’écarter ces vauriens. Les mineurs boliviens n’ont pas à suer sang et eau pour valoriser le capital de ces parasites d’actionnaires. Toutes les entreprises du monde devraient relever de la copropriété d’usage des moyens de production, comme le préconise Réseau Salariat, association d’éducation populaire. Les entreprises appartiennent alors à ceux qui y travaillent. Elles n’appartiennent ni à l’Etat, ni à ces voleurs d’investisseurs que vous chérissez, M. Xiep.

  2. 1 – Je suis totalement hostile aux actionnaires boursiers qui sont effectivement des parasites. Le capitalisme est mort depuis 1985 et nous sommes actuellement dans une forme de communisme d’état appelé le spéculatisme. Les grosses entreprises sont dirigées non plus par un patron mais par un dirigent nommé (un secrétaire général) et un groupe de gros actionnaires aussi puissants qu’inutiles (le poliburo). Ca se crashera aussi surement que l’URSS s’est crashée.
    2 – Les mineurs sont autogérés en Bolivie, chose que Morales ne tolère pas. Il veut que l’argent des mines aille non pas aux mineurs, mais à un autre parasite, l’Etat socialiste, d’où les tensions actuelles. Les mineurs ne veulent pas être spoliés de leurs droits.
    3 – Cela ne me gène pas, bien au contraire, que l’argent des ressources naturelles soient sous contrôle de l’Etat, le tout est de savoir si l’argent sera utilisé à fins utiles. Comme au Costa-Rica par exemple. Mais il est vrai que j’ai toujours préféré la Suisse à la Corée du Nord.

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