pretre_elevation« Le problème est présent dans mon agenda » avait déclaré le pape François le 10 février 2015 à 5 prêtres qui ont abandonné leur sacerdoce pour se marier et venus le rencontrer à Sainte-Marthe.

Il se dit à Rome, un vaticaniste comme Sandro Magister le soutient, que le prochain synode débattra de la question des prêtres mariés et « le manque de ministres ordonnés » qui pourrait être compensé par la possibilité donnée à des hommes mariés d’accéder à la prêtrise, selon le défunt très progressiste cardinal Carlo Maria Martini,  pour qui l’actuel Souverain Pontife eut et conserve de l’admiration. 

Le prochain voyage de François au Mexique a relancé le débat : dans la région du Chiapas, les ordinations de diacres indigènes se sont multipliées entre 1959 et 2000, pour atteindre des centaines, sous l’épiscopat de  Samuel Ruiz Garcia connu pour sa défense de la théologie de la Libération et ses idées proches de la doctrine sociale marxiste. Ces ordinations diaconales furent suspendues par Rome en 2000 et il fut demandé aux diacres mariés de déclarer publiquement que leur parcours sacerdotal s’arrêterait là. Cette interdiction fut révoquée par le pape François après son élection en mai 2014 : les ordinations diaconales d’hommes mariés ont donc repris depuis. Elles constituent un soutien fort donné à ceux qui militent pour la fin du célibat sacerdotal.

En mai 2014, le pape François avait par ailleurs soutenu l’idée que le célibat sacerdotal n’est « pas un dogme de foi » mais « une règle de vie, un don pour l’Église. » Traduisez : ce n’est qu’une règle disciplinaire. Or la discipline peut toujours être assouplie, améliorée, changée en fonction des circonstances, etc. De telles paroles peuvent donc être elles-aussi considérées un signal émis dans la direction des partisans des prêtres mariés. Car en effet s’il est vrai que le célibat sacerdotal relève de la discipline, sa justification trouve sa racine dans la tradition la plus ancienne et s’appuie sur un socle doctrinal solide. Si une règle est réformable, celle qui dure depuis deux millénaires et qui fut défendue comme une prunelle doit être traitée avec beaucoup d’égard et d’attention, ce qui ne semble plus devoir être la cas.

Et dernièrement un évêque allemand, Hans-Jochten, évêque d’Hambourg, lors d’un talk-show télévisé « Nachtcafe » a révélé que le pape, lors de la visite ad limina des évêques allemands le 20 novembre dernier n’avait pas témoigné de désaccord à la suggestion d’avoir recours à des prêtres mariés là où le manque de prêtres est crucial.  

C’est dans ce contexte révolutionnaire, qui semble avoir pour chef ou tout du moins pour compagnon de route le pape lui-même, qu’un colloque, en défense du célibat sacerdotal, est organisé sur le thème « Le célibat sacerdotal, un chemin de liberté » à la prestigieuse Université Pontificale Grégorienne de Rome du 4 au 6 février 2016.

Le but premier des différents intervenants, parmi lesquels les cardinaux conservateurs Ouellet et Parolin, est de rappeler que pour l’Église catholique de rite latin, le célibat sacerdotal n’est pas une exigence récente et encore moins une simple discipline ecclésiastique mais qu’il trouve ses fondements dans le Christ lui-même et dans le Nouveau Testament. Il est « le chemin de la liberté ». Souhaitons que leurs voix soient entendues mondialement.

Le célibat sacerdotal fut souvent remis en question lors des périodes de décadence. La plus grave des crises sur le sujet eut lieu entre le 14e et  le15e siècle : la réponse du célèbre Concile de Trente fut de rappeler « la loi du célibat, l’invalidité du mariage contracté par les clercs et [il] se préoccupa d’une meilleure formation des prêtres, qui de fait, facilitera la restauration de la discipline. » ( Abbé Thierry Legrand)

Depuis que le modernisme s’est infiltré insidieusement et durablement après la Révolution française et à partir du XIXe siècle dans l’Église catholique, pour finir par être victorieux au concile Vatican II, ce célibat sacré des membres du clergé subit des attaques incessantes. Déjà en son temps Pie IX combattait pour lui : « Vous connaissez les autres monstruosités de fraudes et d’erreurs par lesquelles les enfants de ce siècle s’efforcent chaque jour de combattre avec acharnement la religion catholique et la divine autorité de l’Église, ses lois non moins vénérables […] C’est à ce [même] but encore que tend cette honteuse conjuration qui s’est formée nouvellement contre le célibat sacré des membres du clergé, conspiration qui compte, ô douleur ! Parmi ses fauteurs quelques membres de l’ordre ecclésiastique, lesquels, oubliant misérablement leur propre dignité, se laissent vaincre et séduire par les honteuses illusions et les funestes attraits de la volupté. »  Qui Pluribus du 9 novembre 1846

Dans son encyclique Pascendi, le grand pape saint Pie X s’en prend aux modernistes au sein de l’Église catholique qui ont pour maître des protestants, pourfendeurs s’il en est du célibat sacerdotal :  « En morale, au clergé ils demandent de revenir à l’humilité et à la pauvreté antiques, et, quant à ses idées et son action, de les régler sur leurs principes. Il en est enfin qui, faisant écho à leurs maîtres protestants, désirent la suppression du célibat ecclésiastique. Que reste-t-il donc sur quoi, et par application de leurs principes, ils ne demandent réforme ? » 

Au pape actuel qui ne fait pas entendre la voix de la Morale catholique,  à ces ecclésiastiques qui  aspirent à vivre comme des hommes du monde, à ces révolutionnaires qui travaillent avidement à changer  définitivement l’Église catholique en une énième secte protestante à l’aura universelle, les belles paroles de Saint Paul en l’honneur de la chasteté et du célibat sacerdotal sont là depuis 2000 ans pour recentrer toutes choses dans le Christ :

« Or, je voudrais que vous fussiez sans inquiétude. Celui qui n’est pas marié s’inquiète des choses du Seigneur, des moyens de plaire au Seigneur;

et celui qui est marié s’inquiète des choses du monde, des moyens de plaire à sa femme.

Il y a de même une différence entre la femme et la vierge: celle qui n’est pas mariée s’inquiète des choses du Seigneur, afin d’être sainte de corps et d’esprit; et celle qui est mariée s’inquiète des choses du monde, des moyens de plaire à son mari.

Je dis cela dans votre intérêt; ce n’est pas pour vous prendre au piège, c’est pour vous porter à ce qui est bienséant et propre à vous attacher au Seigneur sans distraction.. »(1 Corinthiens 7, 32-35)

Francesca de Villasmundo

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4 commentaires

  1. Lorsqu’un homme marié arrive à l’âge de la retraite,ou retraite anticipée,qu’il n’est plus en charge d’enfants,si cet homme a vécu sérieusement son mariage et ses responsabilités familiales,professionnelles et religieuses pour quelles raisons lui refuser l’accès au sacerdoce?
    Bien entendu comme chez nos frères orientaux ces hommes ne pourraient devenir évêque,un évêque est lié à une Eglise particulière comme un époux à son épouse,en tout cas cela devrait en être ainsi.
    De même cet homme devrait avoir reçu une formation théologique et spirituelle sérieuse.Peut-être des diacres permanents mais pas forcément car il ne faudrait pas que ces hommes ne soient déjà trop cléricalisés dans le mauvais sens du terme,combien de permanents laïcs se comportent-ils déjà comme des prêtres ou des évêques!
    Dans un grand nombre de régions un prêtre marié pourrait très bien rendre de très grands service dans une paroisse,déjà l’administration des sacrements,la messe,l’onction des malades,j’émets toutefois une réserve sur la confession.
    Cependant que le ministère d’un prêtre marié se limite à une présence ,un service et de ce fait que les postes à responsabilités ou honorifiques ne lui reviennent pas.
    Pas de chanoine flanqué de Madame!
    Cela aiderait également les jeunes prêtres ou futurs prêtres à approfondir le sens de leur célibat,une redécouverte également de la vocation religieuse.
    Saint Paul nous enseigne comment choisir les presbytes,mari d’une seule femme,bon père,homme honnête etc…

  2. Boutté says:

    Jésus n’a pas élevé au rang de dogme le célibat des disciples qu’il envoya de par le monde porter la Bonne Nouvelle mais il est évident que leur cahier des charges les rendaient SDF et non mariables .De même il arracha aux leurs les Douze dont certains étant mariés abandonnèrent la famille comme de quelconques Rousseau . Ceci nous paraît immoral . Le problème est de savoir si l’on peut servir deux maîtres sérieusement .

    • Votre accusation sur les Apôtres est grave, comme quoi ils auraient abandonné leur Famille. Les Evangiles nous présentent plutôt le contraire, Saint Pierre revenant chez lui, et Notre-Seigneur Jésus-Christ guérissant sa belle-mère. Il n’avait donc pas brisé ses liens.

      De plus, le Mariage fut voulu par Dieu à l’aube du monde. Ceux qui opposent et déconsidèrent le Mariage par rapport au Salut font une terrible erreur. L’on peut être marié et accomplir sa mission apostolique, même si c’est difficile. Que font les militaires mariés lorsqu’ils partent en mission.
      Un bon Mari se soucie de Dieu plus que tout, et il dirige sa Famille en conséquence. Rien de cela ne l’éloigne du service du Seigneur, au contraire, il sert fidèlement le même Maître.

      Après, il est compréhensible qu’un Saint Paul qui a tant voyagé, veuille se consacrer uniquement à son apostolat. Mais comme il le rappelle lui-même (en prenant exemple des autres Apôtres), c’est par choix et par inspiration qu’il mena cette vie. Si cela convient à certains, tant mieux, tout est pour la gloire de Dieu ! Il semble pourtant, à tout point de vue, que d’en faire une règle imposée à tous les Prêtres soit une erreur.

  3. Je vis actuellement dans la condition personnelle et familiale décrite dans le premier paragraphe de Karr (6 fev 2016, 1h 4).
    Je pourrais signer tout son texte. La seule réserve que j’émets s’oppose à la sienne concernant la confession. Trois devoirs pourraient être confiés à l' »Ancien » -vir probatus- que je suis; ils sont particulièrement importants: l’Annonce de l’ Evangile, (la « Bonne Nouvelle » du bonheur proposé par Jésus Christ dont toute personne a soif, trop souvent sans savoir ce qui pourrait l’apaiser), la réconciliation (ou confession) et la présidence de l’eucharistie. A ces fonctions sacramentelles, il faut ajouter: les funérailles (préparation et célébration avec d’autres laïcs), l’animation (ou la participation active mais non pesante pour les autres membres)de groupes bibliques, les visites aux malades et personnes âgées, surtout celles qui sont seules, handicapées…. C’est mon témoignage.

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