photo Elysée.fr
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Les otages sont toujours un sujet délicat pour les gouvernements à l’heure actuelle. Un rapport de force se crée entre l’opinion publique et les ravisseurs. L’Etat n’a pas les coudées franches. Mais autant le sujet est délicat en cas de prise d’otages autant il peut devenir une aubaine en cas de libération…

Difficile de dire si la dernière libération d’otages du Niger va sauver le soldat Hollande mais la manière dont cela s’est déroulé, laisse rêveur… Le Président de la République a réussi à se libérer pour être présent à l’arrivée des otages sur le sol français. Mieux, ils étaient deux ministres à l’accompagner : Laurent Fabius et Jean-Yves Le Drian. On ne les a jamais vus quand des cercueils de soldats français, tués au Mali, revenaient…et pourtant ceux-ci sont morts à cause des décisions qu’ils ont prises. On n’a rien eû non plus pour le retour du cercueil du capitaine Rebout qui faisait partie du commando chargé de délivrer l’otage Denis Allex, ex-agent des services secrets . Hollande était bien à ses obsèques mais en toute discrétion. L’Elysée n’avait même pas communiqué à ce sujet. La différence, dans ce cas précis, c’est que la mort s’un soldat-commando lors d’une opération en territoire ennemie est considérée comme un échec donc l’Etat communique le moins possible vu que ce n’est pas très glorieux.  Même s’il est resté assez discret devant les caméras, Hollande s’est montré et c’était bien le but comme si toute la gloire de la libération lui revenait. On le voit s’entretenir avec les proches tandis que Fabius en étreint un autre. L’image toujours l’image…

Ce n’est pas pour rien non plus que les autres partis ont appelé à cesser cette médiatisation. Ils sont impuissants puisque tout se joue dans les mains de l’Etat même s’il y a fort à parier que le gouvernement précédent a travaillé sur le dossier. C’est alors qu’a fait surface la question de la rançon qui se serait élevée à 20 millions d’euros. L’Etat assure n’avoir rien payé alors que d’autres sources évoquent l’hypothèse des employeurs Areva et Vinci. Selon une autre hypothèse, Iyad ag Ghaly, figure tutélaire des Iforas et ancien chef d’Ansar Dine, un groupe lié à al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), se serait vu accorder l’impunité en échange des prisonniers. Ce n’est pas anodin si toutes ces infos sortent et cela montre bien tous les enjeux médiatiques d’une libération d’otages. Les autres partis d’opposition tentent de se servir de ces faits pour les retourner contre le gouvernement.  Chacun essaye à sa manière d’en retirer un bénéfice pour son image.

A partir du moment où l’otage français est fait prisonnier, il ne s’appartient plus. Pour ses ravisseurs, il est une monnaie d’échange et pour l’Etat il devient un véritable enjeu. S’il meurt en captivité, on n’entendra plus parler de lui mais s’il vient à être libéré, il sera sous le feu des projecteurs, les partis politiques cherchant à en tirer profit. Il est obligé d’en passer par là quoiqu’il puisse en penser. Le seul choix qu’il peut faire, c’est de s’exprimer oui ou non dans la presse. Il est devenu un objet de médiatisation et d’enjeu politique.

 

 

 

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