« L’hospitalité eucharistique » favorisée par la Conférence épiscopale allemande pour les époux protestants des couples mixtes est la nouvelle pomme de discorde qui divise les évêques conciliaires. Et une nouvelle occasion pour El papa argentin de faire preuve, sur ce sujet, de son habituelle ambiguïté doctrinale, si flagrante déjà dans Amoris laetitia. Incontestablement, l’actuel pontife ouvre la voie depuis son arrivée au Vatican à la « communion pour tous », les divorcés remariés civilement, les invertis, et maintenant les protestants…

Son action pastorale a ses contributeurs et ses défenseurs : bien entendu, les médias mainstream anti-catholiques complaisants avec la révolution bergoglienne, mais surtout des personnalités ecclésiastiques bien en cour à Sainte-Marthe tel le cardinal Kasper, celui qui « fait de la théologie à genoux » selon François.

Kasper a donné, hier dimanche 13 mai 2018, sur cette question de l’intercommunion, un entretien au journal Vatican Insider, voix officieuse de la résidence marthienne. L’intérêt de la péroraison de ce sémillant cardinal apostat réside dans son approche conciliaire du problème. Il relie cette « hospitalité eucharistique » au concile Vatican II, particulièrement au décret sur l’œcuménisme, et à deux lettres de Jean-Paul II :

« le texte fondamental pour résoudre le problème, explique-t-il au quotidien vaticanesque, n’est pas le canon 844 § 3 du code de Droit canon, qui est un texte juridique, très discuté parmi les canonistes, mais le dernier paragraphe du numéro 8 du décret conciliaire Unitatis redintegratio, qui est un texte magistral, qui va repris et confirmé. Le texte du Concile fait trois affirmations. La première : “il n’est pas permis de considérer la communicatio in sacris comme un moyen à utiliser sans discernement pour restaurer l’unité des chrétiens.ˮ La seconde : “Deux principes règlent principalement cette communicatio : exprimer l’unité de l’Église ; faire participer aux moyens de grâce.ˮ La troisième : “Quant à la façon pratique d’agir, eu égard aux circonstances de temps, de lieux et de personnes, c’est l’autorité épiscopale locale qui doit prudemment donner des instructions.ˮ » 

Le prélat allemand souligne donc qu’il existe depuis Vatican II « une compétence de l’autorité locale pour le soi-disant “Einzelfall” (cas particulier). Mais la théorie de l’“Einzelfall” n’est pas une invention rusée », affirme-t-il, « mais est fondée sur le texte conciliaire (…) » Le texte de la Conférence des évêques d’outre-Rhin est donc selon lui « en substance acceptable » même s’il ne l’aurait pas fait reposé « sur le canon 844 § 3 très discuté par les canonistes et théologiquement dépassé par rapport à la discussion théologico-œcuménique ».

Il rappelle donc

« qu’entre-temps deux encycliques de Jean-Paul II, Ut unum sint (1995) et Ecclesia de Eucharistia (2003) ont formulé une position plus avancée qui peut être la norme interprétative du canon en pleine syntonie avec le concile Vatican II. Dans la première des deux encycliques du pape Wojtyla au numéro 46 nous lisons : c’est un motif de joie que les ministres catholiques puissent, en des cas particuliers déterminés, administrer les sacrements de l’Eucharistie, de la pénitence, de l’onction des malades à d’autres chrétiens qui ne sont pas en pleine communion avec l’Église catholique, mais qui désirent ardemment les recevoir, qui les demandent librement et qui partagent la foi que l’Église catholique confesse dans ces sacrements.Tandis que dans la seconde encyclique de ce même pontife au numéro 45 nous lisons : “S’il n’est en aucun cas légitime de concélébrer lorsqu’il n’y a pas pleine communion, il n’en va pas de même en ce qui concerne l’administration de l’Eucharistie, dans des circonstances spéciales, à des personnes appartenant à des Églises ou à des Communautés ecclésiales qui ne sont pas en pleine communion avec l’Église catholique. Dans ce cas en effet, l’objectif est de pourvoir à un sérieux besoin spirituel pour le salut éternel de ces personnes.”

« Les deux encycliques, précise Kasper, insiste beaucoup sur l’adhésion de la partie protestante à la doctrine catholique sur l’Eucharistie, c’est-à-dire partager la foi que l’Église catholique confessepour citer Jean-Paul II. Cela me semble très important parce que ces sacrements sont des sacrements de la foi. Pour un vrai luthérien, qui se base sur les écrits confessionnels, la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie est certaine. Le problème ce sont les protestants libéraux et les réformateurs (calvinistes). (…) Il est certain que l’on ne peut demander à un protestant tout ce qu’on demande à un catholique. Il suffit de croire : “Ceci est le Corps du Christ donné pour toi.” Sur ce point même Luther a beaucoup insisté. Les doctrines plus développées sur la transsubstantiation ou la consubstantiation, même un fidèle catholique “normal” ne les connaît pas… »

Avec le cardinal Kasper les choses ont au moins le mérite d’être claires et dîtes : catholiques conciliaires et luthériens traditionalistes c’est du pareil au même aujourd’hui ! Et cette uniformisation apostate entre les deux confessions chrétiennes, que l’on peut nommer également la protestantisation du monde catholique, est le fruit,- et c’est le cardinal affectionné du pape François qui le démontre pleinement-, du concile Vatican II et du pape Jean-Paul II…

La vérité sort parfois de la bouche des ennemis de la vérité et de l’Église catholique !

Francesca de Villasmundo

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