Werner_FaymannCe lundi 9 mai, Werner Faymann s’est démis de ses fonctions de président du Parti socialiste autrichien (SPÖ) et de chancelier fédéral. Il est ainsi la première victime parmi ceux qui ont été les initiateurs de l’invasion migratoire. Le 4 septembre 2015, il décidait avec Angela Merkel d’ouvrir les frontières, contre toute raison et en violation de la Loi fondamentale allemande et de la Constitution autrichienne, des lois allemandes et autrichiennes ainsi que des accords de Schengen. En réaction, les Autrichiens lui ont donné une raclée magistrale à l’élection présidentielle du 24 avril[1] : le SPÖ obtenait quelque 11 %, le FPÖ souverainiste et anti-immigrationniste emmené par Norbert Hofer récoltait plus de 36 % des voix. Lorsque Faymann se réorienta sur une ligne plus dure et que Vienne promit des contrôles sur le Brenner afin de défendre les Alpes des attaques des prétendus réfugiés, les antinationaux au sein de son propre camp ont disjoncté. Pendant son discours du 1er mai à Vienne, ils l’ont hué, insulté[2] et ont exigé son retrait. Sa démission renforce ainsi les chances de Hofer de sortir vainqueur du second tour de la présidentielle le 22 mai[3].

En attendant que son successeur à la tête du SPÖ soit nommé après la Pentecôte, c’est le maire de Vienne, Michael Häupl, qui en prend les rênes, un maire qui ne partage pas le changement de cap de la politique autrichienne sur ses frontières. Reinhold Mitterlehner, vice-chancelier et président des chrétiens-démocrates de l’ÖVP, assurera, quant à lui, l’intérim à la Chancellerie jusqu’à la nomination du prochain chancelier au congrès du SPÖ du 25 juin prochain.

Faymann a expliqué dans sa conférence de presse qu’il ne s’agit pas de « qui a la majorité dans le parti », mais de qui « est en mesure de faire face, en ces temps difficiles de grands défis » – entre autres la lutte contre le chômage, les conditions draconiennes qu’impose la concurrence internationale, le remboursement de la dette (84,5 % du PIB[4]), les questions touchant à la cohésion sociale et à la crise migratoire.

« A-t-on l’appui total, un soutien fort du parti ? À cela je dois répondre par non. J’ai perdu ce soutien. La majorité est trop faible ; néanmoins, je remercie tous mes compagnons de lutte qui se sont tenus à mes côtés ces derniers jours », a commenté Faymann. Il s’est dit « intimement convaincu » que « ce pays aura raison de ces défis et deviendra dans le futur un pays fort ». Il a souhaité  « bonne chance» au gouvernement et à son successeur. « Mais l’enjeu va bien au-delà, il s’agit de l’Autriche », a-t-il insisté.

Les grands du SPÖ feignent d’être surpris de la démission de Faymann

Les dirigeants du SPÖ se sont dits surpris du retrait de Faymann. Tout comme ceux des puissants syndicats autrichiens, tels Wolfgang Katzian, à la tête du FSG[5], et Erich Foglar, président de la tentaculaire Confédération des syndicats autrichiens (ÖGB)[6], qui tenaient conseil alors que Faymann annonçait sa démission devant les caméras !

Les événements autrichiens, un présage pour l’Allemagne ?

D’abord pour Sigmar Gabriel, ministre de l’Économie et de l’Énergie et vice-chancelier depuis 2013, qui a subi la même débâcle que Faymann lors des élections régionales de mars 2016. Des bruits ont couru il y a deux jours propagés par Helmut Marktwort de Focus, selon lesquels Gabriel s’apprêterait à démissionner, ce que l’intéressé s’est empressé de démentir[7]. Il pourrait être remplacé par Olaf Scholz, lequel ne veut pas s’opposer à l’AfD en ayant recours aux insultes proférées par les antifas.

Mais Olaf Scholz est loin du compte, car les jeunes encapuchonnés du mouvement antifa sont bien plus que de jeunes idéalistes de gauche s’opposant spontanément aux forces patriotiques et identitaires, comme les présentent de façon schématique et mensongère les médias du système. Un document interne secret[8], ne devant en aucun cas être divulgué, daté de juillet 2015, révèle qu’il s’agit d’un projet promu par des structures de l’appareil d’État, visant à organiser et à financer des cohortes d’activistes. Leur rôle est de déstabiliser la société en se mêlant ou en s’opposant aux manifestations des forces de changement. En semant le désordre, voire le chaos, lors de combats de rues, par des destructions de biens, par la menace et la violence exercées sur les personnes. Cette « jeunesse d’État » est là pour faire le sale travail. Surtout, les antifas ont pour consigne de déposer des preuves telles que des croix gammées sur le lieu de leur forfait – « incendier le plus possible de centres d’accueil de réfugiés » ; « attaquer nos propres installations » ; « arracher, dans les manifestations, des morceaux de vêtements aux fachos et les déposer sur le lieu du crime » ; « commettre le plus possible d’actes criminels qui seront mis à la charge des nazis » –, afin qu’il soit imputé aux « cochons de nazis ». L’on remarquera également qu’ils ne sont bizarrement jamais condamnés par la justice en dépit de l’illégalité de leurs actes, alors qu’un mot de trop sur Twitter ou sur Facebook suffit pour être voué aux gémonies, comme ce fut le cas du fondateur de Pegida, Lutz Bachmann, condamné le 3 mai dernier par le tribunal de Dresde à 9 600 d’euros d’amende pour incitation à la haine suite à un commentaire posté sur Facebook en 2014[9].

Quant à Merkel, la démission du chancelier d’Autriche l’a également mis sous pression. Avec Faymann, elle a perdu son dernier allié au sein de l’Union européenne. Dans sa propre maison gronde le lion bavarois. Mais ce serait une erreur de s’appuyer sur Seehofer. L’AfD doit accélérer le mouvement en se lançant dans une alliance étroite avec le FPÖ pour conquérir les sommets. Un sondage paru fin avril[10] relatif aux élections du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale du 4 septembre prochain place déjà l’AfD en troisième position avec 18 % des voix, tandis que la CDU en récolterait 24 % et le SPD s’effondrerait de 35,6 % à 22 %.

Strache : « La démission de Faymann ne résout pas le problème du SPÖ »

Pour le président du FPÖ Heinz-Christian Strache, « ce n’est pas une surprise ». « Cette démission ne règle pas le problème de fond du SPÖ, qui réside dans sa politique erronée qui ignore les gens et n’est pas centrée sur l’Autriche, a-t-il poursuivi. Et peu importe qui va succéder à Faymann, car une nouvelle décoration de la vitrine ne change rien à un assortiment de produits défectueux ! »[11]

Selon le FPÖ, règne dans le SPÖ un chaos total. Et il est peu probable qu’un parti qui agit de façon si chaotique soit en mesure de régler les problèmes de l’Autriche en temps de crise, a asséné Strache. C’est aussi ce que montre la solution de l’intérim par Michael Häupl, qui devra affronter le même problème. Häupl serait un adepte des portes grandes ouvertes et de l’alliance rouge-verte, tandis qu’en même temps le SPÖ veut repenser ses relations avec le FPÖ. Donc Häupl se trouve confronté au même dilemme que Faymann[12].

[1] http://www.medias-presse.info/premier-tour-de-la-presidentielle-en-autriche-un-succes-historique-pour-le-fpo/53432

[2] https://www.youtube.com/watch?v=aY85Yy5BRoc

[3] Lors de la manifestation populaire organisée à Linz le 1er mai par le FPÖ, Norbert Hofer et HC Strache ont tendu la main aux cadres et électeurs du SPÖ et les ont appelés à rejoindre les rangs du FPÖ, le vrai parti patriote qui a la volonté de mener une politique sociale. https://www.youtube.com/watch?v=CB9G4gx4-zU

[4] Chiffre 2014, http://www.statistiques-mondiales.com/autriche.htm

[5] Il est le syndicat le plus important au sein de l’ÖGB : https://de.wikipedia.org/wiki/Fraktion_Sozialdemokratischer_GewerkschafterInnen

[6] L’ÖGB, créée en 1945, rassemble 1,2 million d’adhérents sur une population active de quelque 4,1 millions[6]. Ce qui fait d’elle un puissant lobby économique et politique, un État dans l’État. C’est une organisation très centralisée, hiérarchisée, où la représentation des salariés n’a que peu de place. Elle englobe sept syndicats de branches, tels ceux des employés du secteur privé-journalistes, de la fonction publique, du bâtiment-bois, de la Poste, du secteur de la production. Elle est traditionnellement dominée par le FSG. L’ÖGB exerce un pouvoir économique considérable, elle possède sa propre banque, sa maison d’éditions et imprimerie, son agence de voyages, le Ruefa. Jusque dans les années 1980, la banque de l’ÖGB, la BAWAG, était la plus grande banque privée d’Autriche. Elle a perdu depuis du terrain, notamment à la suite du scandale qui a éclaboussé en 2006 son président, Fritz Verzetnitsch[6]. Elle est également un grand employeur. Les passerelles entre ses hauts dirigeants et le monde politique sont de règle[6]. Ses présidents sont le plus souvent recrutés parmi les hauts fonctionnaires et les politiques : Johann Böhm a été deuxième président du Conseil national (chambre basse du Parlement), Anton Benya, président de ce même Conseil. D’autres ont été catapultés à la tête de ministères, tels Franz Olah, propulsé à la tête du ministère de l’Intérieur, ou bien Rudolf Hundstorfer, promu ministre du Travail et des Affaires sociales en 2008. https://de.wikipedia.org/wiki/%C3%96sterreichischer_Gewerkschaftsbund

[7] https://www.contra-magazin.com/2016/05/geruecht-ueber-gabriel-ruecktritt-markwort-fuehlt-sich-von-quelle-benutzt/

[8] http://i0.wp.com/www.mzw-widerstand.com/wp-content/uploads/2015/08/interne-mitteilung-1.jpg

[9] http://www.focus.de/politik/deutschland/gericht-spricht-urteil-pegida-gruender-lutz-bachmann-wegen-volksverhetzung-verurteilt_id_5497268.html

[10] http://deutsche-wirtschafts-nachrichten.de/2016/04/29/umfrage-mecklenburg-vorpommern-afd-erreicht-18-prozent/

[11] www.fpoe-parlamentsklub.at

[12] http://www.fpoe.at/artikel/hc-strache-faymann-ruecktritt-loest-problem-der-spoe-nicht/

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