La guerre froide fait rage entre l’Est et l’Ouest au sujet de la très stratégique péninsule de Crimée, dont le nom évoque, à tout historien, une guerre sanglante et très meurtrière du milieu du 19e siècle sous l’empereur Napoléon III. « C’est une guerre lointaine », me direz-vous,  « qui n’intéresse que des historiens spécialistes et n’a rien à voir avec notre époque ». Et pourtant, celui qui comprend le passé explique le présent et maîtrise l’avenir !

La Crimée fut conquise par la Russie à la fin du 18e siècle, à l’issue d’une guerre (1768-1774) contre les Tatars, des vassaux de l’Empire Ottoman. Les quelques chrétiens Arméniens et Grecs Pontique n’y étaient qu’une très petite minorité de Dhimmis depuis la fin du 15e siècle.

Aussitôt la Crimée fut peuplée de chrétiens de la Grande Russie et de la Petite Russie (l’Ukraine), de nombreuses villes furent fondées telles que Sébastopol en 1783, Odessa, Simféropol et bien d’autres encore. La contrée prit alors le nom de Nouvelle-Russie.

Cette région devint bientôt la Côte d’Azur des personnalités de l’époque. Vers 1850, de nombreuses familles princières russes y bâtirent leurs résidences d’été. Yalta peut être comparé à notre Nice, une station balnéaire de luxe, très prisée.

Palais de Livadia à Yalta, résidence d’été des Romanov800px-Yalta_livadiapalace

L’expansion économique russe bat alors son plein. La Russie construit des voies ferrées, assainit les marais et fait de la Crimée une importante tête de pont pour sa marine marchande. La population tatars est soit expatriée, soit exterminée lors des quelques révoltes, soit assimilée.

Une telle prospérité ne peut manquer de faire des envieux et de provoquer l’inquiétude des puissances rivales. La Grande-Bretagne cherchait la meilleure occasion de mettre un coup d’arrêt à cette expansion. La Russie avait proposé à l’Angleterre de régler la succession de « l’homme malade de l’Europe », l’Empire Ottoman en plein déclin. Londres contrôlerait  l’Egypte et la Crète et la Russie prendrait les Dardanelles et le Bosphore. Mais la Grande-Bretagne repoussa l’offre par crainte que la Russie n’acquièrent trop d’influence en Méditerranée et en Orient. Le Tsar passa outre et s’empara de la Moldavie et Valachie (Roumanie).

C’est alors qu’il se produisit un évènement incroyable. Après sept siècles de rivalités et guerres incessantes, la France et l’Angleterre s’allièrent et déclarèrent ensemble la guerre à la Russie le 27 mars 1854, il y a exactement 160 ans. Le conflit se déroula principalement en Crimée, où l’influence et la forte présence russe dérangeaient déjà certaines puissances occidentales….

750 000 hommes périrent dans ce conflit marqué par la célèbre bataille de Sébastopol dont la prise signa la défaite de la Russie. Le siège dura 11 mois et fut très éprouvant, les maladies comme le choléra et le scorbut firent des ravages.

Il est à noter que Napoléon fit don des canons pris lors du siège de la ville pour construire la fameuse statue de Notre-Dame de France, haute de 22m, qui surplombe le Puy-en-Velay. Peut-être certains dirigeants actuels, va-t-en guerre tout feu tout flamme, ont-ils au tréfonds d’eux-même un semblable dessein qui motiverait et justifierait leur politique étrangère…

Notre-Dame de France au Puy-en Velay

images

Cependant, à la suite de cette guerre, la Crimée resta sous le contrôle de la Russie et demeura un « centre » de la vie du pays. Les Tsars aimaient séjourner dans leur palais de Livadia, Sébastopol devint un port militaire important. Mais la contrée russophone et russophile ne cessa pas d’être par la suite, et à maintes reprises, l’objet des convoitises des puissances européennes…

L’histoire explique mieux qu’aucun discours le lien naturel qui unit la Crimée à la Russie.

Ne vous en déplaise, messieurs les tacticiens de l’OTAN !

 

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Un commentaire

  1. Francisco says:

    Le tropisme des peuples est tétu, malgrè les décisions de les scinder,de découper les cartes au profit de certains . La guerre des Balkans de la fin du XX eme en est la preuve.
    Il paraît même qu’on parle de nouveau allemand à Kalininegrad, ex-Koenigsberg.

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