A l’occasion de la fête de Saint-Louis, le 25 août 2016, Mgr le duc d’Anjou, Louis de Bourbon, s’est adressé aux Français dans une longue déclaration écrite, dans laquelle il traite de la grave crise civilisationnelle, politique, morale et identitaire que traverse notre pays. 

« Mes chers compatriotes,

La date du 25 août, fête de la Saint-Louis, mon aïeul et mon saint patron et aussi le modèle largement reconnu de la sagesse en politique, m’offre l’occasion de m’exprimer. Je n’ai pas voulu le faire au moment où les dramatiques évènements de l’été se sont produits car ma voix aurait peu apporté à ce qui fut dit alors. La compassion devant les victimes s’imposait et continue à s’imposer car les conséquences de ces attaques barbares sont loin d’être terminées ; les encouragements aux forces de sécurité et de secours ou aux équipes de soins s’imposaient elles-aussi et s’imposent encore devant l’ampleur du mal. Mais au-delà ? Que pouvait-on dire devant l’horreur des actes commis ? Les assassinats aussi monstrueux que lâches, d’êtres innocents, n’ont jamais aucune justification et les commettre au nom d’une religion encore moins. Fanatisme et politique n’ont jamais fait bon ménage. L’histoire nous le rappelle.

Or c’est justement au nom de l’histoire, mais sans nostalgie et dans un souci d’avenir meilleur,  que je peux apporter quelque chose, au moment où la France, mon pays, subit une grave crise. Il me semble que les seuls remèdes politiques habituels ne suffiront pas à conjurer les dégâts et la profondeur du mal. Vu avec le recul des siècles et surtout l’expérience que cela donne, le mal qui atteint la France me parait double. Il y a d’abord une guerre de civilisation, déclarée par un ennemi plus ou moins visible et insidieux, et que désormais les gouvernants semblent enfin  désigner par son nom mais,  surtout,  une très profonde et grave crise morale ou d’identité, sorte de cancer de l’intérieur qui nous affaiblit tout autant, peut-être même davantage,  que l’ ennemi désigné. 

De la guerre qui est menée à la France, à l’Europe, à la Chrétienté, que dire ? Accepter de mettre un nom sur les choses et donc les qualifier est déjà le meilleur moyen pour combattre. L’ennemi identifié, Il s’agit de concevoir et de mettre en œuvre une politique étrangère et une politique intérieure qui répondent aux intérêts de la France et de l’Europe chrétienne dont nous sommes solidaires. Il s’agit ensuite d’avoir une stratégie et une tactique. Je ne doute pas que l’une et l’autre soient à la portée de nos gouvernants quels qu’ils fussent, s’ils acceptent de se remettre en cause, de se donner les moyens de la lutte et de faire confiance aux spécialistes. Faire parler la raison plus que le sentiment et l’idéologie. La France a toujours su mener les combats, ses forces armées sont reconnues par tous et partout, et le pays entier trouvera l’énergie nécessaire pour les soutenir. Déjà, force est de constater que de saines réactions ont commencé à apparaître.

La crise morale est plus grave. Les causes internes sont toujours plus complexes à combattre que les ennemis déclarés. Elles le sont notamment parce que elles ont souvent des origines plus profondes, plus lointaines. Mais l’histoire dont par ma naissance je suis en quelque sorte le représentant comme héritier et successeur des souverains qui, patiemment, siècle après siècle, ont façonné la France, l’histoire montre que les crises de conscience ne sont pas insurmontables. C’est même souvent de l’épreuve et de la rupture avec des habitudes passées qui endorment plus qu’elles ne font progresser, que la France s’est constituée. Dès l’origine ! Epreuves et rupture, avec Clovis qui fait passer la Gaule du rang de province romaine à celui de royaume libre et autonome ; épreuves et rupture avec la renaissance carolingienne ; puis avec le renouveau de la souveraineté au XIIIe siècle, celui de Bouvines et de Saint Louis ; et je continue avec  le renouveau d’après la guerre de Cent ans qui avait pourtant laissé la France exsangue et quasi à la merci d’une dynastie étrangère. Que dire de la Renaissance qui a suivi le désastre de Pavie, de celle d’après les Guerres de Religion ou encore du sursaut admirable de tout le pays dans les premières années du XVIIIe siècle alors que Louis XIV devait faire face à une Europe une nouvelle fois coalisée. Oui, il y a un  ressort très français qui veut que notre pays même malmené, même quasiment abattu, ne capitule pas.

Ces sursauts proviennent de la nature très particulière de la France. Ce n’est pas un état comme les autres. Le pouvoir ne s’y confond pas avec la force. La France a toujours reposé sur ses familles, sur des communautés d’intérêt, sur un état de droit mis en place alors que l’Europe connaissait encore régime féodal et droit du plus fort. Si la France présente cette spécificité cela lui vient de ses origines. Clovis, ne fut pas seulement le premier des rois, mais ce fut surtout le premier des rois chrétiens. Ainsi dès l’aube de la civilisation française il y avait, venant couronner au sens propre comme figuré le pouvoir, une transcendance. Politique et mystique allaient de pair. Jamais le roi ne fut un monarque tout puissant. La royauté française a toujours été vécue comme un service, imposant des devoirs garantis par Dieu. Au-dessus du roi il y avait toujours la nécessité de conserver les préceptes de l’évangile qui sont aussi ceux du droit naturel : respect de la personne humaine, respect de la famille. La France a mérité le titre de « Fille aînée de l’Eglise », parce que plus que toute autre nation, elle a su mettre ses devoirs avant ses droits. Elle a  puisé dans la religion une éthique qui donnait à la politique une autre dimension. Ainsi, elle devint un modèle.

Certes cela a pris des contours bien différents selon les âges, mais le principe a toujours subsisté ; certes il y a eu parfois de mauvaises politiques mais justement reconnues comme telles.  Mais l’histoire nous enseigne aussi qu’il y a des limites à ne pas franchir, des principes non négociables : la souveraineté de l’état, le primat du bien commun contre les intérêts particuliers, les libertés notamment collectives pour garantir les particularismes hérités de l’histoire des lieux, etc.

L’histoire nous apprend aussi et surtout qu’un peuple est grand quand il a des motifs de partager une vision commune de sa destinée c’est-à-dire de son avenir ; de donner de lui-même pour des causes qui le dépassent mais qui le font entrer dans l’histoire. Tel est bien ce qui a produit les grands artistes, les grands savants, les grands capitaines et les conquérants ; les gloires nationales que nos livres, nos mémoires, nos chansons exaltaient. Durant longtemps,   de l’épopée des grognards de l’Empire au « debout les morts ! » de la Guerre de 14-18, les régimes nouveaux ont continué à évoquer ce récit national. La mystique de la Patrie avait su remplacer l’amour pour le Roi et la Couronne. Mais qu’en est-il actuellement ? Quelle « mystique » est-elle offerte aux jeunes depuis deux ou trois générations ? Celle du consumérisme et du  matérialisme; celle de la culture de la mort ; celle du jeu et du moindre effort, celle de la toute-puissance de l’argent. Depuis des décennies ont été élevés au rang de nouvelles valeurs l’individualisme, l’abandon de la notion de service et de sacrifice, le relativisme, l’immanence et, comble, la négation des épisodes glorieux de notre histoire dont il faudrait s’excuser ! Tout cela a détruit peu à peu les fondements de la société qui n’a plus su intégrer ceux qui frappaient à sa porte et qui, surtout, a ôté tout souhait et désir de s’intégrer à la France devenue plus un contre-modèle qu’un modèle.

Il me semble que la cause première de ce triste état des lieux est avant tout l’abandon des repères notamment religieux par notre pays c’est-à-dire ces limites sans lesquelles les libertés ne sont plus que des licences dangereuses tant pour l’homme que pour la société. Ainsi, en un peu plus de deux siècles a été porté profondément atteinte à notre identité, française et chrétienne. Les repères perdus, l’avenir est difficile à construire ! Aussi, nourrie de bonnes intentions comme le prétendent ses partisans, la laïcité républicaine n’en est pas moins un leurre. Elle nous coupe en réalité de nos racines séculaires et le vide idéologique laisse la place à toutes les idéologies mortifères.

Les jeunes ont besoin de grandeur,  besoin d’espérance. Une société qui désespère et désenchante sa jeunesse n’a plus sa place. Il faut revenir de cet esprit d’abandon. Il faut retrouver enthousiasme, désir de se dépasser et, surtout, volonté. Retrouver la ferveur de Bouvines et de Patay, celle que montrent les champions sportifs prenant exemple sur les saints ou les militaires. Offrir des perspectives qui présentent leur part de gratuité et de grandeur. Ces occasions ne manquent pourtant pas aujourd’hui où les combats à mener sont nombreux : ceux pour redonner à la vie humaine sa place avec ses multiples facettes depuis l’éthique oubliée dans les états riches jusqu’aux problèmes de malnutrition dans les pays pauvres ; ceux pour rendre notre planète plus durable après qu’elle a été souvent saccagée par l’inconscience de plusieurs générations ; ceux pour faire accéder le plus grand nombre à l’instruction sans laquelle il n’y a pas d’échanges possibles entre les hommes. Savoir se parler et pouvoir  se comprendre !

Redonner le goût du bien commun et se souvenir que la France est d’abord une communauté forte de son identité façonnée par ses racines gréco-latines et chrétiennes.

Heureusement, bon nombre de jeunes l’ont retrouvé d’eux-mêmes dépassant les faux maîtres qui les trompaient plus qu’ils ne les formaient. Depuis plusieurs années on les voit veiller sur leur pays ; retrouver les fondamentaux de la philosophie notamment politique, renouer avec les valeurs du don, de la gratuité sans lesquelles il n’y pas de bien commun possible. On les voit surtout retrouver le sens de la famille et de la vie sur lequel ils assoient leurs perspectives d’avenir. Le monde appartient aux jeunes et à ceux qui donnent du sens à leur vie. L’histoire de France nous l’enseigne.

J’ai voulu le rappeler car, en invoquant l’aide de Saint-Louis, mon aïeul, mais aussi celle de tous les saints et saintes de France, si nombreux, et en n’oubliant pas le dernier d’entre eux, le père Hamel, mort en martyr pour sa Foi, je crois plus que jamais en mon pays et en son avenir.

Louis de Bourbon, duc d’Anjou »

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22 commentaires

  1. Onclin says:

    Je suis monarchiste « Ancien Régime », non pour une monarchie parlementaire. Mais je pense que la « démocratie » interdit le parti « Royaliste » par défaut. Donc si Mgr le duc d’Anjou, Louis de Bourbon fait ce parti, il commencera ou a fini Louis XVI roi de France et de Navarre en prison. Et qui sait sur la guillotine aussi, car le mondialisme ne tolère aucune volonté royaliste type monarchie « Ancien Régime » c’est-à-dire l’âme de la vraie nation française.

  2. Jacques martin says:

    Vive le Roi !
    Ces paroles sont l’expression d’une renaissance royale et catholique , principes fondateurs de la France !
    Portant hauts et forts nos couleurs !

  3. " Pour le coup " says:

    Je suis pour ma part monarchiste providentialiste , donc exit le candidat Bourbon …

  4. pamino says:

    Elizabeth II est une bonne reine, mais les monarques modernes du Royaume-Uni sont impensables sans Charles Ier. Je ne sais pas si l’exécution de Louis XVI a eu le même effet sur Mgr d’Anjou.

    • Onclin says:

      Elizabeth II n’a rien à dire c’est une monarchie parlementaire l’Angleterre (comme la Belgique), ou démocratie totalitaire déguisée. Elizabeth II est une bonne reine tant qu’elle ferme sa bouche et qu’elle l’ouvre aux ordres de la dictature qu’est la démocratie parlementaire. Moi je pense que le peuple français (le vrai) le gaulois donc (comme moi) est seul capable de ranimer la vie de ce qu’on définit comme patrie véritable. Mais il sera taxé d’extrême droite par défaut, car toute idée nationaliste est taxée d’extrême droite. Hitler et son « NSDAP » soit « parti national-socialiste des travailleurs allemands » était bien un parti véritablement socialiste, mais comme il se revendiquait nationaliste il fut taxé d’extrêmes droites. Benito Mussolini membre du parti socialiste italien, il est exclu pour visée nationaliste et il fonde le PNF (parti national fasciste) or le fascisme est associé au populisme (ou intérêts du « peuple ») au nationalisme au nom d’un idéal suprême qu’est la nation, ainsi lui aussi est taxé d’extrême droite comme le nationaliste Hitler. Gustave Hervé était un socialiste dit le « sans patrie » et antimilitariste, au moment de son basculement vers le nationalisme il fut taxé de fasciste et d’extrême droite. Comme quoi le mondialisme était à l’oeuvre surtout « à » ou « après » la Seconde Guerre mondiale. En résumé pour le mondialisme : est taxé d’extrême droite tout ce qui est à revendication 100 % nationaliste quelque soit la couleur du parti qui la revendique. Donc l’extrême droite pour le mondialiste est confondue avec la nation perçue comme identité en elle même. Le seul parti capable de remplir les objectifs du mondialisme est le parti socialiste dit sans patrie. La démocratie est l’idéologie qui ne peut survivre que dans le socialisme et vice et versa, la république est le ciment entre les deux. Sans un de ces trois éléments, le mondialisme s’effondre. La royauté détruira le mondialisme tout simplement et sans effort.

    • " Pour le coup " says:

      Pamino , êtes-vous bien au clair …?

  5. Marie says:

    « Depuis des décennies ont été élevés au rang de nouvelles valeurs l’individualisme, l’abandon de la notion de service et de sacrifice, le relativisme, l’immanence et, comble, la négation des épisodes glorieux de notre histoire dont il faudrait s’excuser ! Tout cela a détruit peu à peu les fondements de la société qui n’a plus su intégrer ceux qui frappaient à sa porte et qui, surtout, a ôté tout souhait et désir de s’intégrer à la France devenue plus un contre-modèle qu’un modèle.

    Il me semble que la cause première de ce triste état des lieux est avant tout l’abandon des repères notamment religieux par notre pays c’est-à-dire ces limites sans lesquelles les libertés ne sont plus que des licences dangereuses tant pour l’homme que pour la société. Ainsi, en un peu plus de deux siècles a été porté profondément atteinte à notre identité, française et chrétienne. Les repères perdus, l’avenir est difficile à construire ! Aussi, nourrie de bonnes intentions comme le prétendent ses partisans, la laïcité républicaine n’en est pas moins un leurre. Elle nous coupe en réalité de nos racines séculaires et le vide idéologique laisse la place à toutes les idéologies mortifères.

    Les jeunes ont besoin de grandeur, besoin d’espérance. Une société qui désespère et désenchante sa jeunesse n’a plus sa place. Il faut revenir de cet esprit d’abandon. Il faut retrouver enthousiasme, désir de se dépasser et, surtout, volonté. (…)

    Redonner le goût du bien commun et se souvenir que la France est d’abord une communauté forte de son identité façonnée par ses racines gréco-latines et chrétiennes. »

    la France est d’abord une communauté forte de son identité façonnée par ses racines gréco-latines et chrétiennes. »

    Très bien analysé. On aimerait que le prince intervienne plus souvent. Oui « la France est d’abord une communauté forte de son identité façonnée par ses racines gréco-latines et chrétiennes. » Mais celtes aussi!

  6. Depuis quelques années les musulmans salafistes font une guerre d’usure pour provoquer notre démocratie en imposant insidieusement leur religion dans la vie courante publique. Nos hauts responsables vivent dans le déni et négligent notre pays, ils ont épousé l’islamo mondialisme, nouvelle royauté mondiale esclavagiste.

  7. Bientot, la fin de la republique dans la guerre civile et viendras le ROY DE FRANCE HENRI DE LA CROIX pour sauver LA FRANCE.

    • claude says:

      J’aimerais être visionnaire comme vous!

    • lapoussièresousletapis says:

      Henri, né à la « Source de St Pierre » et sur la « terre de France » ( bien qu’exilé » —-> 2 mystères ) — Oui, c’est bien lui notre Roi à venir, + le seul légitime.

  8. La calotte says:

    Me demande toujours si je dois me gausser ou m’attrister de ces discours de rentiers…

  9. il y a déjà fort longtemps des médiums réputés ont annoncé la venue d’un roi qui sauvera la France mais malheureusement pour nous pas avant 2020/2023 ! peut-être Mgr d’Anjou ! pourquoi pas cela ne peut pas être pire qu’actuellement où on voudrait livrer la France pieds et poings liés à l’islam, et bien c’est non et hollande et toute sa clique ainsi que tous les autre : dehors !

  10. °Korda says:

    Effectivement l’islam dehors, c’est à dire fermeture des mosquées et dissolution des associations musulmane car la théocratie musulmane se réfère aux versets du Coran qui commande de verser le sang des incrédules ,c’est à dire les juifs et les chrétiens.
    Comme ceci est parfaitement inconciliable avec notre code pénal, le prosélytisme de l’islam est illicite en droit sur le territoire français, d’où fermeture des mosquées qui sont des bâtiments cultuels dédiés à la propagation d’une doctrine qui commande le crime contre l’humanité autre que celle musulmane.
    Il faudra un jour ou l’autre porter plainte contre les associations musulmanes en tête de moquées pour apologie du crime, provocation à la haine, incitation à la guerre.
    Que Dieu nous aide dans cette action de sauvegarde de la civilistion judéo-chrétienne.
    Amen

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