Les banques ont-elles récupéré après la crise de 2008 ? Dix ans après la crise du 15 septembre qui a provoqué la faillite de la fameuse banque d’affaire Lehman Brothers (celle-là même qui finança les régimes communistes, solidarité ethnique oblige), qui était alors la 4e des Etats-Unis, où en est-on ? La crise avait laissé dans les mémoires l’image forte des employés de Lehman quittant le siège de New York avec leurs cartons, et ils ne furent pas les seuls : 600.000 emplois supprimés dans le secteur bancaire depuis 2008. Elle fut également la toile de fond d’un film très curieux, Assaut à Wall Street, bien meilleur qu’on pourrait le croire au premier abord…

Comme le montre le graphique du statisticien Tristan Gaudiaut publié sur le site Statistia le 11 septembre, basé sur les dernières données disponibles, les banques européennes ne semblent pas encore tout à fait s’être remises du choc. Ainsi, selon les données du Conseil de stabilité financière, le total des actifs financiers des banques de la zone euro s’élevaient à 26,818 milliards d’euros en 2016, toujours très en dessous de leur valeur en 2008 (près de 36,3 milliards d’euros), sur la base d’un taux de change de 0,859 € pour 1 $.

Selon le rapport 2017 du Global Shadow Banking Monitoring publié par le Financial Stability Board, ce sont les banques espagnoles, 5e rang européen en 2008, qui ont souffert le plus, ayant perdu près de 40 % de leur encaissement, passant de 3.721 milliards d’euros en 2008 à 2.282 milliards, soit une perte sèche de 38,7 %.

A peine moins impactées, les banques allemandes, les secondes d’Europe en 2008, passent de 11.819 milliards en 2008 à 7.339, soit un niveau de 62,1 % seulement, à tel point qu’elles sont quasiment rejointes par les banques françaises. Le maillon faible de l’économie allemande est son secteur bancaire, indigne de la 4e puissance économique mondiale. Secteur bancaire qui avait déjà provoqué l’effondrement de l’économie allemande en 1930, avec le résultat que l’on sait…

Juste en-dessous, les banques britanniques, les plus capitalisées d’Europe, ont également souffert des conséquences de la crise : avec 12.130 milliards d’avoirs, elles ne sont qu’à 62,5 % de leur niveau de 2008 (19.417).

Moins touchées, malgré des dégâts considérables dans certaines d’entre-elles – on a frôlé la banqueroute générale en janvier 2016 –  les banques italiennes sont remontée à 82,3 % de leur niveau de 2008, tombant « seulement » de 3.789 milliards à 3.119. Comme en 1929 où elle fut protégée par ses retards économiques, c’est la France qui tire le mieux son épingle du jeu. Réputée éternelle perdante, la France a été en quelque sorte le Jean-Claude Dusse des Bronzés font du ski : « Vous êtes tous d’accord pour dire que Jean-Claude est nul ! Ben c’est le moins mauvais d’entre vous… » Et effectivement, la France a été la moins impactée par la crise, maintenant sa 3e place, rattrapant son retard avec l’Allemagne, larguant l’Italie, et perdant moins de 15 %. Elle est à 85,6 % de son niveau de 2008, étant passée de 8.233 milliards à 7.127.

Les 15 premières banques d’Europe totalisent des actifs de 17.081,72 milliards d’euros. Les 5 pays mentionnés ci-dessus se taillent la part du lion.

France, 7054,58 milliards d’euros et 5 banques : BNP-Paribas (2e avec 1963,34 MM €), Crédit Agricole (3e avec 1763,17 MM €), Société Générale (7e avec 1275,13 MM €), BPCE (8e avec 1259,42 MM €) et Crédit Mutuel (14e avec 793,52 MM €).

– Royaume-Uni 5120,64 milliards d’euros et 4 banques : HSBC (1re avec 2100,13 MM €), Barclays (6e avec 1275,62 MM €), Lloyds (9e avec 914,14 MM €) et Royal Bank of Scotland (12e avec 830,75 MM €).

Italie 1631,79 milliards d’euros et 2 banques : UniCredit (11e avec 830,78 MM €) et Intesa Sanpaolo (13e avec 801,01 MM €).

Allemagne, 1470,38 milliards d’euros et 1 banque : Deutsche Bank (4e avec 1470,38 MM €).

Espagne, 1446,15 milliards d’euros et 1 banque : Banco Santander (5e avec 1446,15 MM €).

Pays-Bas, 846,22 milliards d’euros et 1 banque : ING (10e avec 846,22 MM €).

Suisse, 782,45 milliards d’euros et 1 banque : UBS (15e avec 782,45 MM €).

Hristo XIEP

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