Jean-Paul Huet, officier de gendarmerie et historien, est l’auteur de nombreuses notices biographiques consacrés à des officiers français.

Il est assez surprenant de ne pas découvrir, dans la liste des huit maréchaux de la première guerre mondiale, le nom de l’un des plus grands chefs militaires de ce conflit, Edouard de Castelnau (1851-1944). Il est difficile de ne pas voir dans cette non élévation au maréchalat un oubli volontaire dû en grande partie à la personnalité et aux opinions de ce personnage, dont la grande foi catholique et l’engagement politique ont fortement dérangé une certaine France de l’entre-deux-guerres.

Aujourd’hui encore, certains milieux entretiennent la vindicte. Nous avons encore pu le vérifier en juillet 2012, à l’occasion du baptême de la promotion 2011-2014 de l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr, qui prenait ne nom de « promotion de Castelnau « . Certaines associations, des politiciens et une certaine presse se sont alors offusqués que l’on puisse donner un tel nom à une promotion d’officiers jugé trop « droitier », cléricaliste traditionaliste, anti-franc-maçon et qui avait apporté son soutien au général Franco lors de la guerre d’Espagne.

Peu importe le grand militaire qu’il fut. Peu importe sa longue carrière dans le métier des armes. Peu importe que l’homme a donné trois fils à la France pendant la Grande Guerre. Peu importe qu’il ait été un combattant actif des guerres de 1870 et 1914. Pour certains ayatollahs de la pensée unique, le général de Castelnau est avant tout le « capucin botté ».

Ce livre vient utilement sortir le général de Castelnau de l’ombre et rappelle à nos contemporains qu’il demeure une figure les plus singulières et majeures de la Grande Guerre. Il n’est inutile de se souvenir qu’il fut le seul des commandants d’armée d’août 1914 à diriger un groupe d’armées le 11 novembre 1918. Cet enfant du Midi, né sous le Second Empire et mort presque centenaire pendant la seconde guerre mondiale, a consacré sa vie à la France. « Le vieux gentilhomme », comme l’appelait respectueusement le général Mangin, aura connu cinq régimes différents, trois guerres franco-allemandes et vécu activement les nombreux bouleversements de la première moitié du XXe siècle. Considéré comme « le sauveur de Nancy », après avoir commandé en Artois, il fut appelé au GQG auprès de Joffre où il joua un rôle prépondérant dans la réaction à l’attaque allemande sur Verdun. Après la Grande Guerre, il s’engagea dans un nouveau combat, politique, social et confessionnel, avec la Fédération Nationale Catholique.

Un excellent livre à conseiller.

Edouard de Castelnau, Jean-Paul Huet, éditions Anovi, 120 pages, 7,50 euros

A commander en ligne sur le site de l’éditeur

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4 commentaires

  1. Boutté says:

    Cet oubli volontaire et la panthéonisation de J.Zay, c’est toute la République honteuse !

  2. raslebol says:

    C’est bien de rappeler l’héroïsme de nos militaires français dont quelques uns sortirent de l’anonymat de la troupe… et qui furent des éléments clefs lors de la première guerre mondiale !!!!
    Vous pouvez en outre constater que seuls sont imposés à la « vénération » du peuple les membres de la franc-maqueroserie !!!!! Les autres ont droit à l’oubli, à la destruction de leur image et surtout à aucun rappel dans l’Histoire !!! Voire même au mépris voulu par la secte !!!!

    Quand le franc-maçon Fabius rend hommage au général criminel Giap, c’est une insulte à la France, aux soldats qui furent martyrisés dans des camps par l’individu, mais il est vrai que en dehors d’une certaine communauté, aucun autre n’a souffert !!!!!!

    http://www.soldatsdefrance.fr/Reponse-a-l-hommage-de-Laurent-Fabius-au-general-GIAP-mise-a-jour-du-20-10-2013_a1006.html

  3. Un tel homme aurait mérité un livre quatre fois plus long, d’autant plus qu’il est mort à 93 ans.

    • REYNIER Marius says:

      Il existe un livre plus long sur Castelnau; il a été écrit par le général Gras : Castelnau ou l’art de commander (1851-1944) paru chez Denoël en 1990. C’est un livre de 400 pages.
      Le général Gras a commandé l’opération aéroportée sur Kolwezi en 1978.

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