Ce mot a été inventé par feu Jacques Perret pour qualifier les faux bruits circulant dans les camps de concentration. On dirait de nos jours un hoax à propos d’Internet. De quoi s’agit-il ?

Le gouvernement a mis au point ce qu’il appelle « un projet éducatif et éthique républicaine ». Tous les parents mettant leurs enfants dans une école ou un collège publics sont désormais obligés de souscrire et de signer ce projet. Il s’agit de sensibiliser les enfants aux « valeurs républicaines » et à la « laïcité ». Le bouteillon était le suivant. Non seulement le comité national de l’enseignement catholique dit sous-contrat, avait donné son accord le 7 juillet dernier à ce texte lequel était d’ailleurs assimilé par ces sites à la « charte de la laïcité » de 2013. Or il s’agit d’items complètement différents et auxquels l’enseignement catholique ne s’est nullement soumis. Les articles de ces sites considéraient que l’enseignement sous-contrat se voyait privé de sa liberté de conscience, d’enseigner, de penser, d’exprimer ses convictions, de croire et d’agir en accord avec la foi. L’un d’entre eux se terminait par la phrase suivante «  finalement, l’école privée n’est plus qu’une école publique payante. »

Qu’en est-il exactement ? La charte de la laïcité votée dans la foulée de « l’esprit Charlie » professe que la laïcité est intégrante des valeurs de la république. Elle ne s’applique en aucun cas aux écoles dites libres. En revanche Najat Vallaud Belkacem a effectivement demandé aux établissements sous contrat de se mettre à l’alignement en imposant le « projet éducatif et éthique républicaine ». L’enseignement catholique a refusé catégoriquement. Toutefois il a fait un contre-feu en déclarant qu’il allait mettre au point son propre projet. De fait, le Secrétariat général de l’enseignement catholique a donné des instructions de base. Il y est rappelé notamment que « le projet fonde ses propositions éducatives sur la vision chrétienne de la personne humaine ». Le texte est composé de trois chapitres couvrant l’éducation, le règlement intérieur et la catéchèse.

Ayant une fille directrice d’un collège de 1500 élèves, j‘ai pu avoir ces renseignements. Elle a expliqué que la plupart des directeurs avaient ajouté des textes beaucoup plus forts en exprimant par exemple que la diffusion de la foi était prioritaire. Elle a ensuite exposé que cet état d’esprit était lié au réveil des catholiques à la suite des diverses manifestations contre le mariage homosexuel. La tendance générale étant au durcissement.

Jean-Pierre Dickès

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2 commentaires

  1. Petite mise au point à propos du susnommé « bouteillon »…

    Jacques Perret, dans son ouvrage intitulé « Le caporal épinglé » évoque ces rumeurs qui courent au Stalag (remarquons qu’un camp de prisonniers de guerre n’est pas
    un camp de concentration) et que d’aucun, ayant combattu dans les tranchées (depuis la Grande Guerre jusqu’à Diên-Biên-Phù, cela n’a jamais manqué) appelaient « radio gamelles ». En effet, les rumeurs passaient entre l’arrière et l’avant à l’occasion des corvées de ravitaillement dont la plus attendue était celle « de soupe et de pinard ».
    En fait, nos gamelles étaient fabriquées à proximité de Saint-Étienne, à Bouthéon. Et ce nom était gravé sur le fond des plats, bidons et gamelles utilisés pour les corvées alimentaires…
    D’où, par une vague analogie de prononciation, l’origine du bouteillon…

  2. jean-pierre Dickès says:

    Oui, vous avez raison. Si mes souvenirs sont bons – ces faits sont très anciens pour moi- effectivement Jacques Perret a été prisonnier. Toujours sous réserve , je pense qu’il a écrit son livre le Caporal Epinglé qui a été à l’origine d’un excellent film.

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