Le cardinal Walter Brandmüller, proche collaborateur de Benoît XVI, considéré un des meilleurs amis de l’ancien pontife, et un des signataires des dubia envoyés au pape François à propos d’Amoris Laetitia, répond, avec un brin d’ironie, aux questions du quotidien italien Il Giornale sur le thème du luthérianisme.

Dans cet entretien, il s’abstient cependant de faire une quelconque déclaration sur le silence du pape argentin aux questions soulevées ni sur la division doctrinale qui surgit actuellement au sein de l’Église conciliaire. S’il condamne le protestantisme, il ne cite en revanche jamais François quand il répond aux questions qui portent sur la réhabilitation du luthéranisme au Vatican, pourtant entreprise par la plus haute autorité romaine elle-même.

Son intention semble donc plutôt de retrouver, en condamnant la façon dont est conçu l’actuel dialogue religieux avec la foi protestante, une unité doctrinale au sein de l’Église conciliaire au sujet du protestantisme, qu’il s’agit de repousser, sans nommer les responsables de la division. Et pour retrouver cette unité il se fonde sur Vatican II… Ce même Vatican II sur lequel se fonde l’actuel dialogue inter-religieux et cette réhabilitation de Luther. La quadrature du cercle, en somme !

C’est Vatican II, la source ambiguë à laquelle s’abreuve ce rapprochement avec le protestantisme – que déplore le cardinal Brandmüller-, que le prélat allemand devrait rejeter pour retrouver enfin cette véritable union doctrinale à laquelle il aspire.

« Il Giornale : Cardinal Brandmüller, le débat sur Luther est en train d’agiter l’Église catholique. Y-a-il en acte une vraie réhabilitation de cette figure ?

Cardinal Brandmüller : Déjà après la commune expérience de la persécution de la part des nazis, les conflits confessionnels entre catholiques et protestants dans l’historiographie sur Luther ont diminué. Joseph Lortz ou Erwin (deux historiens de l’Église qui n’ont pas omis les différences et les affrontements doctrinaux, ndlr) furent les représentants d’une historiographie catholique objective, sereine, impartiale, sans, pour autant, sous-évaluer la dissension spirituelle.

Il Giornale : Mgr Galantino (secrétaire de la Conférence épiscopale italienne, ndlr) a été jusqu’à dire que la réforme luthérienne est « un événement de l’Esprit-Saint ». Ne serait-ce pas un peu beaucoup ?

Cardinal Brandmüller : En effet, dans un pays de culture catholique « Luther » ou la « Réforme » sont parfois perçus comme des phénomènes exotiques et donc, pour certains, fascinants. Cependant avant de s’extérioriser sur eux, il conviendrait d’étudier un peu plus que des journaux.

Il Giornale : Certains estiment que le choix de mettre une statue de Luther au Vatican ait été déplacé. Qu’en pensez-vous ?

Cardinal Brandmüller : Le désaccord entre les différentes formes de protestantisme, et il y en a beaucoup, et la foi catholique concerne les fondements. Déjà les concepts par exemple de foi, de sacrement, de grâce, d’Église dans la doctrine protestante ont un sens nettement opposé à celui de la foi catholique, mais ici ce n’est pas le lieu d’en parler.

Il Giornale : Quelles sont les lignes de démarcation doctrinale qui séparent encore catholicisme et protestantisme ? On parle aussi du risque d’une « messe œcuménique »…

Cardinal Brandmüller : On parle d’une « messe œcuménique » ? Volontiers, mieux aujourd’hui que demain. Mais avant de sonner les cloches, il serait nécessaire de clarifier ce qu’est la messe. Peut-être une cérémonie de rencontre fraternelle en mémoire de Jésus ou, plutôt la célébration du mystère du sacrifice eucharistique, comme l’enseigne finalement la Sacrosanctum Concilium de Vatican II.

Il Giornale : Certains ont défini les propositions rigides sur le thème en question comme les « marmonnements des traditionalistes »…

Cardinal Brandmüller : A propos des marmonnements des traditionalistes : suis-je un des leurs puisque je suis convaincu que la thèse de Pythagore est encore vraie ?

Il Giornale : Il semble, parfois, qu’une partie de l’Église ait assumé une attitude typiquement luthérienne : faire passer les questions politiques avant celles spirituelles. Est-ce une interprétation correcte ?

Cardinal Brandmüller : Vous touchez là un sujet sensible ! Quant on s‘occupe plus de politique en laissant de côté la réalité de Dieu, grâce et péché, d’autant plus on trahi l’Évangile. Au cours d’un entretien de plus de 20 minutes sur l’année 1517 et sur Luther un haut représentant du protestantisme allemand ne mentionna pas une seule fois Dieu ou Jésus. » (Traduction de Francesca de Villasmundo)

Francesca de Villasmundo

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5 commentaires

  1. Wolfiwolf says:

    Vatican II fut une hérésie absolue. L’ Eglise catholiques et la secte protestante sont irréconciliables et, ne doivent pas l’être. Que les protestants commencent par demander pardon aux catholiques, pour avoir massacré des centaines de milliers d’entre eux et, dont la St Barth ne fut qu’une conséquence. Comme le disait très justement Joseph de Maistre :  » le protestantisme, c’est le « rienisme »…
    https://philitt.fr/2015/06/09/joseph-de-maistre-contre-le-protestantisme/

    • Perso à cette époque je n’y étais pas, et je n’ai massacré personne, mais vous y êtes manifestement resté. Que la paix soit avec vous.
      Le Seigneur est venu me chercher il y a 46 ans pour me donner la main ; eh bien je la tiens encore ! Il m’apprend à être tolérant, patient envers les personnes et si je dénonce des aveuglements je me refuse à juger des personnes particulières. Avant d’être protestant, je m’efforce d’être plutôt disciple de …Jésus-Christ qui, comme vous le savez, est « toujours vivant pour sauver parfaitement ceux qui s’approchent de Dieu par Lui », épître aux Hebreux. C’est pourquoi, par grâce, je me garde de fréquenter une secte, ou de me laisser guider par ce mauvais esprit : je ne rejette pas les catholiques, je les considère comme des frères. Ils peuvent venir dans mon assemblée, ils seront bien reçu.
      Précision : un protestant n’est finalement qu’un catholique qui proteste de l’écart qui existe entre les pratiques qu’imposent laTradition romaine et le Texte inspiré que nous ont transmis les Apôtres de Christ, ou, autrement dit la Tradition qui existait au temps de l’Eglise des Actes.

    • @wolfiwolf: Une secte est toujours dirigée par une personne. Donc les témoins de Jéhovah, l’église de moon ét l’église Romaine. Jésus a bâti Son église sur le fondement de douze apôtres. Pierre n’avait pas plus d’autorité que Paul. Les protestants n’ont pas UN dirigeant, mais plusieurs « évêques ». D’ailleurs leur autorité ne dépend pas d’hommes mais de la Parole de Dieu. Tous les protestants ne se valent pas, mais il y a entre eux beaucoup de chrétiens ce que je ne sais pas dire des catholiques idolâtres des « saints », de Marie et comme nous avons vu de Johnny, appelé « la vie » dans une église catholique où étaient rassemblés des athés et des franc-maçons.
      Jésus est content !

      • @ A Wapi
        Sur votre phrase : « Pierre n’avait pas plus d’autorité que Paul. »

        Vous n’êtes pas dans la course !

        Pierre était « le plus ancien dans le grade le plus élevé ».

        Il avait été recruté le 1er,
        et Jésus lui avait TOUT DE SUITE dit
        qu’il était Shimon, « dit Céphas », c’-à-d. « Pierre ».

        A l’époque, tout le monde respectait la règle de l’ancienneté !

        Par Sagesse, chacun considérait
        que le jugement de celui qui avait vécu le plus longtemps,
        était le plus autorisé, car il avait la plus longue expérience …

        Les jeunes connaissaient leur inexpérience naturelle,
        et ne faisaient pas les malins, comme depuis mai 68.

        Pierre connaissait sa primauté, puisque, souvent,
        il « prenait » la parole,
        pour exprimer à Jésus le sentiment des Apôtres,
        et lui poser des questions, par exemple sur les paraboles … etc

        Même si Paul, d’abord conduit par l’Esprit,
        prêcha 3 ans sans connaître Pierre (Epitre aux Galates),
        (Paul, qui avait la réputation d’avoir persécuté l’Eglise,
        ne pouvait pas faire autrement sans « gêner » Pierre)
        il vint ensuite à Jérusalem,
        et s’entretint avec Pierre 15 jours durant.
        conscient de la nécessité de faire allégeance,
        afin qu’il n’y ait qu’UNE SEULE Eglise.

        Les 2 Apôtres convinrent alors,
        que Paul s’occuperait des Incirconcis (les « Gentils »)
        tandis que lui, Pierre, s’occuperait des Circoncis.

        Puis Paul revint à Jérusalem après 14 ans, pour
        faire la connaissance des « colonnes » : Jacques et Jean.
        Entre-temps fonctionnait, bien sûr, « le téléphone arabe ».

  2. Réponse de brademüller reproduite par un journaliste de « Il Giornale » :

    ‘Cardinal Brandmüller :
    On parle d’une « messe œcuménique » ?
    Volontiers, mieux aujourd’hui que demain’.

    Hein ??? … Quoi ???

    Ce pauvre cardinal … n’a donc pas son franc parler ?

    Il subit le conditionnement de l’hérésie françoisiste …
    et ne sait plus où il en est.

    Ou plutôt, il n’a jamais su où il en était,
    sinon, il s’opposerait
    à ce qu’il va falloir appeler « l’hérésie françoisiste » …

    On a donc laissé nommer des cardinaux incapables ou indignes

    Qui les a proposé à Jean Paul II et à Ratzinger ?

    Comment ont-ils pu échapper à la vigilance de 2 Papes,
    et tromper leur monde ?

    Jésus a dit :
    « Que votre oui soit oui ! que votre non soit non !
    « TOUT CE QU’ON Y AJOUTE VIENT DU DEMON. »

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