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Les socialistes ayant rendu exsangue le pays (comme en France), le gouvernement Rajoy (Parti Populaire) arrive au pouvoir en septembre 2011. Il avait mis à son programme l’abolition de l’avortement légal jusqu’à 14 semaines. Une loi fut donc préparée par l’ancien maire de Madrid, ministre de la Justice, Alberto Ruiz Gallardon. Mais le gouvernement tarda à la faire voter puis y renonça sans explications en septembre 2014. Gallardon démissionna et quitta la politique. Que s’était-il passé ? Le gouvernement se justifia en affirmant qu’il n’y avait pas de consensus sur cette question. Une des explications est que l’Ordre Mondial tient actuellement à bout de bras le pays sur le plan économique. Les lobbies financiers auraient menacé de retirer leur soutien.

Bien évidemment les électeurs du Parti Populaire se sentirent floués. Les mouvements pro-vie qui sont puissants commencèrent à faire des manifestations de rues. Le groupe HatzeOïr par exemple revendique quatre millions d’abonnés. Il lança donc une opération de boycott du PP lors des différentes élections locales.

Actuellement, comme en France, les deux grands partis PP et PS sont très discrédités, ainsi que la monarchie d’ailleurs. Ils ont toutes les chances d’être balayés lors des prochaines élections fin 2015. Podemos s’inspirant par son nom du Yes we can d’Obama, un nouveau parti issu des Indignés est en train de monter rapidement dans les sondages et arriverait en tête lors des prochaines élections. Il va bouleverser le jeu électoral.

Or le successeur de Ruiz Gallardon, Rafael Catala, a confirmé cette semaine dans une interview à la radio que le gouvernement a toujours l’intention de modifier les lois actuelles sur l’avortement ; mais à un degré bien moindre que dans le projet abandonné en septembre 2014. Catala a affirmé mardi avoir l’intention d’introduire une nouvelle loi par laquelle les jeunes femmes de moins de 18 ans auraient désormais besoin du consentement écrit de leurs parents pour avorter. Le ministre croit que cette modification peut être introduite avant le terme du mandat du gouvernement se terminant à la fin de 2015. Dans ce cas, le PP serait en mesure de tenir une promesse faite dans la période précédant la dernière élection du 20 Novembre 2011.

A priori la manœuvre semble habile si on s’en tient au vocabulaire seul. Elle est basée sur une seule idée ; à savoir que les gigantesques manifestations contre la loi d’avortement sous le socialiste Zapatero étaient liées à ce que les parents se voyaient dessaisis de leur autorité parentale. Une nouvelle loi leur aurait donné satisfaction. Cela suffira-t-il pour ramener les électeurs vers le PP de Rajoy ? Nous donnons notre impression qui n’est peut-être pas la bonne. Les Espagnols sont par tempérament des gens très fiers et n’aiment pas être pris pour des imbéciles. Ils ont horreur d’être humiliés. C’est le risque qu’a pris Rajoy en revenant sur sa parole. Maintenant il donne à une partie de son électorat un os à ronger. Voilà qui ne calmera probablement pas la colère des opposants à l’avortement.                                                       

Jean-Pierre Dickès

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Un commentaire

  1. Attribuer l’échec de ce projet grotesque au délire habituel d’ordre mondial prouve à quel point les contributeurs de MPI refusent de voir la réalité en face quand elle ne les arrange pas.

    L’explication est bien plus simple : ce projet était le fait d’un seul homme, le ministre de la justice Alberto Ruiz-Gallardon. Fils d’un haut-fonctionnaire franquiste et catholique ultra-conservateur, il a d’emblée manqué d’avoir l’unanimité, ou même la majorité dans son propre parti sur cette proposition de loi.
    Mathématiquement, ce projet n’obtenait qu’une minorité politique, et une majorité en opposition, même au sein du Parti Populaire (qui privilégia tout de même le silence à la franche opposition).

    Ensuite le caractère même d’un tel projet le condamnait par avance, au moins sur la méthode. Imposer une telle loi à toutes les femmes d’Espagne sans même les consulter, uniquement pour du clientélisme à destination des ultras, ce n’est pas le genre de scenario qui finit bien.

    Puis s’il faut parler des électeurs… en fait la question fut définitivement réglée lorsque les administrateurs du Parti Populaire firent les comptes, constatant qu’ils avaient perdu près de 2,5 millions de voix aux élections européennes… Les espagnols soutenant à 60% la législation sur l’avortement (36% pour les catholiques), une telle baisse était prévisible.

    Ajoutez à cela que le « Dossier Catalogne » pèse plus lourd que jamais dans la politique interne du royaume, et qu’il n’était donc pas le moment d’entériner les dissensions… vous comprenez mieux pourquoi tout a – heureusement – foiré.

    Et youpi donc.

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