Les pays occidentaux, soumis au diktat américain, exercent une pression à tous les niveaux sur la Russie afin qu’elle cesse d’obstruer les volontés mondialistes. Et l’une des pressions consiste à spéculer sur la monnaie et de faire effondrer le rouble.

Car chez les incompétents, notamment européens, on part du principe qu’une monnaie doit forcément être forte, et que la dévaluation est nécessairement une catastrophe. C’est d’ailleurs l’argument systématiquement opposé à Marine le Pen lorsqu’elle dit vouloir sortir de l’euro pour dévaluer la monnaie et retrouver une compétitivité sur le commerce extérieur.

Or cette fois ci, c’est fait : le rouble est dévalué de 40%. On se trouve donc théoriquement devant le scénario catastrophe que nous promettent les économistes de bazar pour la France si jamais le FN accédait au pouvoir.

marine_le_pen_rouble

Qui plus est pour la Russie, celle-ci tire une grande part de ses recettes de la vente des hydrocarbures et notamment du gaz, et les cours de ces énergies ont chuté en même temps que le rouble subissait les attaques spéculatives. C’est donc dans une vraie tenaille que se trouve l’économie russe.

Pourtant, à Moscou, on ne s’affole pas, et avec raison. Car la Russie possède d’importants stocks d’or, qui, même si les monnaies n’ont plus comme référentiel le métal jaune, permet tout de même de donner du crédit à cette monnaie qui contrairement à d’autres, comme l’euro par exemple, n’existe pas qu’au travers des marchés financiers et de la spéculation.

La chute des hydrocarbures représentent par contre un véritable problème pour l’économie russe, mais à relativiser pour deux raisons :

  • Elle est aussi un problème majeur pour les autres pays producteurs, et notamment pour les sociétés pétrolières américaines qui détiennent la majorité des exploitations des champs d’hydrocarbures. Il y a fort à parier que cette spéculation à la baisse ne sera que très temporaire, les états et sociétés pétrolières occidentales ayant trop à y perdre.
  • Elle est une opportunité pour la Russie de relancer une industrie sur un mode plus diversifié et moins dépendant des hydrocarbures, opportunité d’autant plus importante que la dévaluation du rouble va rendre les produits russes plus attractifs à l’export.

C’est donc à terme l’effet inverse que celui escompté que vont provoquer les occidentaux : ces pressions sont en train de donner à Vladimir Poutine les armes et les outils nécessaires pour faire de la Russie une économie mondiale de toute première importance.

Les Etats-Unis creusent leur tombe économique. Quand à l’Europe, le trou est déjà prêt.

Marine le Pen aura tout loisir dans deux ans de montrer l’exemple russe qui prouvera que la dévaluation n’a pas mené à la catastrophe et qui justifiera donc la pertinence de son programme économique, chose d’autant plus facile, que la France n’aura pas ce problème de pression par les hydrocarbures : deux ans, c’est le temps que se donne Poutine, deux ans, ce seront aussi les élections présidentielles françaises, avec un FN aux portes du pouvoir.

Xavier Celtillos

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22 commentaires

  1. Je ne sais pas si l’on pourra décalquer exactement ce qui s’est produit en Russie (la France n’a pas le même contexte économique : Pas de ressources pétrolières, une dette énorme, des entreprises internationales, des réserves en or plus faibles) mais cela doit servir de référence sur les modes d’attaque contre l’économie pour s’y préparer (ne pas penser comme en 1940 que l’invasion de la Pologne ne pouvait pas se reproduire en France et ne rien préparer).
    Pour la force d’une monnaie, à long terme c’est la puissance de son économie qui en détermine le niveau, à court terme une forte dévaluation et des réserves d’or permettent de faire face : pour mémoire l’histoire du nouveau franc, tout le monde a retenu que le nouveau franc c’était 1/100° de l’ancien et personne n’a retenu que c’était la plus forte dévaluation de l’histoire économique de la France : -20% … vous pouvez vérifier; avec la stabilisation monétaire qui a suivi, la simplification des impôts, la TVA a remplacé tous les multiples impôts sur la consommation, cela a amené l’expansion de l’économie française des années 1960-1970, un exemple à suivre !

  2. Ce qu’il fallait démontrer

  3. de la Croix Guy says:

    C’est donc à terme l’effet inverse que celui escompté que vont provoquer les occidentaux : ces pressions sont en train de donner à Vladimir Poutine les armes et les outils nécessaires pour faire de la Russie une économie mondiale de toute première importance.

    Les Etats-Unis creusent leur tombe économique. Quand à l’Europe, le trou est déjà prêt.

    Voilà tout est dit ; le nouveau Tsar Poutine met échec et mat les lamentables européens vassalisés par les juifs franc-macs amerlocs envahis par Goldman Sachs et BHL le juif de service…qui se ridiculise de jour en jour…

  4. alsaco68 says:

    pourquoi essayer de prendre la Russie comme repaire, les russes sont peut être en difficulté, par contre, quand une décision est prise, tout le monde doit suivre, « liberté » ou pas, contrairement à chez nous, et puis, ne regardez surtout pas les russes de trop haut, ça risque de vous faire un drôle d’effet, car, eux, vont s’en sortir, alors que nous, on nous amène à l’abattoir et personne ne bronche, et puis, nous contrairement aux russes, nous avons un « président », puis nous avons l’ue qui y met son grain de sel, alors….aucune comparaison possible, et puis, si notre petit mou sans cap ne livre pas en temps, nous allons devoir payer une indemnité non négligeable aux russes, bon, très bon, pour notre déficit, à moins que le « président » nous dise que le grossissement de l’ardoise vient de là, hA hA hA allez triple A je peux, je ne suis pas tenu par les cabinets, ni par les us, ni par l’ue hhhheeeeuuuuuuu

  5. Pourquoi dire que la baisse du rouble peut se comparer au passage de l’euro au franc?
    Le rouble a perdu 40% de sa valeur, soit 2 à 4 fois plus qu’une éventuelle dévaluation du franc après l’abandon de l’euro.
    Par ailleurs, le rouble est la monnaie nationale russe, sur laquelle l’Etat russe peut agir pour gouverner; or l’euro n’est pas la monnaie nationale française et la France, qui a abandonné sa souveraineté monétaire, ne peut interagir dessus actuellement. Les situations ne sont pas du tout comparables.
    Mais de toutes façons, au vu des résultats catastrophiques de la monnaie unique imposée par les Euro-mondialistes et leurs laquais de l’UMPS, le retour au franc ne pourra qu’être bénéfique: au moins retrouverons nous le pouvoir régalien de battre monnaie et décider nous-mêmes de notre propre destin au lieu de nous en remettre aux banques mondialistes…

    • Xavier Celtillos says:

      Vous n’avez pas lu l’article : je ne compare pas le rouble à l’euro, mais simplement le franc potentiel en cas de sortie de l’euro au rouble. Car la pression que subit le rouble, une pression spéculative, sera la même que feront peser les mondialistes sur le franc en cas de sortie de l’euro.

      Or justement, il va être intéressant de voir qu’une monnaie peut se dévaluer, comme le prévoie Marine Le Pen, sans que ce soit la catastrophe annoncée par les europhiles.

      Même si deux situations économiques ne sont jamais comparables, le parallèle peut être intéressant.

      • Laissez tomber Xavier.
        Au FN c’est toujours comme cela: on a les réponses miracles même si on ne connaît rien à la question. Et c’est encore plus flagrant pour l’économie. Un domaine où les cadres historiques étaient pour beaucoup largués, et où les recrutements externes, enarques ou autres peuvent raconter ce qui leur plaît. Point commun entre anciens et nouveaux: de beaux parleurs, mais le plus souvent sans connaissance sérieuse et pratique de l’économie de marché.

        Cela donne ce verbiage technocratique hilarant tiré du programme officiel du front:

        « En terme macro-économique, si l’on fait une analyse prospective globale de la cinématique de cette hémorragie budgétaire permanente, on peut anticiper (sur la courbe rose page 3) que leur déficit zéro devrait être atteint en 2025 au mieux et que parallèlement leur dette (sur la courbe bleu page 4) va par l’effet d’anatocisme des intérêts (c’est l’inertie des besoins d’emprunt ou communément l’effet « boule de neige »), continuer à s’accroitre dangereusement jusqu’à son niveau d’étiage de 3121 Milliards d’€ soit 1400 Milliards d’€ courants de dette supplémentaire sur la période 2012-2025. »

        Ici, votre interlocuteur connaît déjà le comportement des marchés de change après une sortie hypothétique sortie de l’Euro! Mais après tout, peut-être que le FN, non content de battre monnaie, voudra-t-il aussi imposer un taux de change officiel au franc, dans la glorieuse lignée de Cuba et d’autres brillantes économies?

        Ca aurait fière allure aux côtés de la national-soviétisation de tout ce qui fait un pas de travers dans le secteur marchand, et des frontières à l’albanaise…

        • José-Marie Montagne says:

          @JPA: C’est Monod qui a écrit le programme économique du FN, avec Murer et Sultzer. Dire comme vous le faites que ces gens là sont « de beaux parleurs, mais le plus souvent sans connaissance sérieuse et pratique de l’économie de marché » me semble exagéré.

        • José-Marie Montagne says:

          @JPA: « Ici, votre interlocuteur connaît déjà le comportement des marchés de change après une sortie hypothétique sortie de l’Euro! Mais après tout, peut-être que le FN, non content de battre monnaie, voudra-t-il aussi imposer un taux de change officiel au franc, dans la glorieuse lignée de Cuba et d’autres brillantes économies?

          Ca aurait fière allure aux côtés de la national-soviétisation de tout ce qui fait un pas de travers dans le secteur marchand, et des frontières à l’albanaise… »
          En fait le pb du rouble c’est d’être une monnaie isolée (Sapir a montré la violence des attaques spéculative, courbes des flux financiers å l’appui), et c’est pourquoi une sortie de l’€ doit se faire de façon coordonnée en mettant en place une monnaie commune (€Sud par ex.) beaucoup plus difficile à attaquer.
          Sinon il faut rétablir le contrôle des capitaux, qui n’a rien à voir avec Cuba et l’Albanie, puisque je me permets de vous rappeler que la France a très longtemps vécu sous ce régime, depuis l’entre-deux guerre jusqu’au milieu des années 80, si je ne me trompe pas. Mais peut-être êtes vous trop jeune pour avoir connu cette période…
          Enfin, je trouve exagéré votre votre référence à une « national-soviétisation ». Je ne sache pas que le FN, dont j’ai lu moi aussi le programme, veuille nationaliser à tour de bras. Certes les banques en difficulté ou pas, vont y avoir droit pour mettre à l’abri les clients ordinaires de la spéculation et ces mêmes banque seront scindées en deux, une moitié rendue au privé ( banque de dépôt et de banque d’investissement). A cela s’ajoute la nécessité de financer l’économie réelle, par intervention de l’Etat si nécessaire… J’ai en mémoire par exemple l’excellent travail du CEPME, dont le nom décrit la fonction.

          • Connaitriez-vous mon âge?

            Je précise que je suis loin d’être opposé à toutes les mesures économiques que pourrait promouvoir le FN.

            Je pense simplement que si les théories économiques sont certes utiles et nécessaires, la politique économique est avant tout un art, tout particulier, qui demande outre la vision d’ensemble (presque esthétique), une excellente maîtrise du rapport de force pour obtenir l’effet désiré.

            Et venir avec de gros sabots, et trop de certitudes sur les conséquences des actions qu’on voudrait programmer, c’est s’exposer à des déconvenues, surtout quand on n’est pas rôdé à leur application.

            Pour les comparaisons employées, vous vous doutez que j’ai un peu forcé le trait pour indiquer la direction. Inutile donc de me détromper là dessus!

          • Pour l’anecdote, c’est une personne à qui j’ai fait lire ce texte qui m’a répondu que c’était digne d’un discours de Castro (en plus court quand même) qui m’a donné l’idée 😉

            Mais je note avec intérêt que pour vous aussi, on ne passe pas n’importe comment au franc, mais qu’il faut mettre de l’intelligence. C’est ce que vous abordez en suggérant une monnaie d’Europe du Sud (pourquoi pas. Une réminiscence d’Union Latine? Non, je ne suggère pas que vous êtes aussi vieux que cela 😉 ), donc
            – Pas le franc pour tout de suite, et ça pourra addendre « un certain temps »…
            – Il reste que cela ne peut pas se faire tout seul, par la seule force du peuple français. Et qu’il ne sera pas facile de trouver des alliés si on va chanter que le but c’est de les laisser plantés dans un 2e temps pour restaurer le franc.
            – Et je doute malgré tout que cela suffise à se protéger de la spéculation. Soyons clairs, le rapport de forces ne sera pas en notre faveur aussi facilement ni aussi rapidement que dans les projections du FN.

            Je reste de ceux qui croient que Sarkozy a loupé le coche, car en partant, la France aurait également fait partir conjointement l’Allemagne, qui n’aurait pas gardé le bébé sur les bras… Maintenant une volonté isolée de la France, après avoir craché aux bassinets de la stabilisation de la zone, pas si simple qu’un claquement de doigt.

          • Pour les nationalisations, allons, allons, vous savez bien que les politiques fonctionnent au réactif… Et que l’interventionnisme FN ne se limite pas d’avance à protéger l’épargnant, mais se trouve justifications au fil des circonstances.

            C’est devenu un confort intellectuel: dès que ça va de travers, il suffira d’arguer de l’intérêt de l’Etat ou de la nation et le tour est joué.

            C’est d’ailleurs déjà le cas, je persiste et signe:

            Briois sur la mort de Mauroy:
            « Homme des 39 heures, de la retraite à 60 ans, des nationalisations dans des secteurs stratégiques tels que l’énergie et le secteur bancaire, Pierre Mauroy n’était pas soumis à l’ultralibéralisme et à la financiarisation à outrance. »

            Philippot sur les sociétés d’autoroutes, le 17/12 dernier:
            « De très longue date le Front National appelle à une renationalisation des sociétés d’autoroute. Il en va de l’intérêt général et de l’idée même que nous nous faisons du service public. »

            MLP sur Florange, le 26/12/2012
            « Notre vision des intérêts stratégiques de la France et du rôle de l’Etat nous amène depuis des mois à proposer la nationalisation temporaire du site sidérurgique de Florange, jugé viable par le rapport Faure de juillet 2012. »

            Prenez la phrase de FP ou celle de MLP et transposez là où vous voudrez en fonction de l’actualité…

            « De très longue date le Front National appelle à une renationalisation des sociétés d’autoroute. Il en va de l’intérêt général et de l’idée même que nous nous faisons du service public.

            • brandenburg says:

              La nationalisation de tout n’est pas une solution,certes,mais la vente à l’encan de tout à des étrangers non plus!Alors,que fait-on?Vous n’avez pas de réponse!Ce n’est pas en répétant marché,marché,marché que l’on répond à un problème dramatique!Il faut agir « du faible au fort » comme en matière militaire et donc ne rien s’interdire a priori puisque le « marché » ne s’interdit rien!Par pitié,ne soyez pas un libéral aussi aveugle que les socialistes!De la part d’un gaulliste,disciple de Jacques Rueff qui a redressé la France en trois mois en 1958!Lisez-le ou relisez-le:tout est dit!

          • Outre la nationalisation des capitaux, on pourra aussi citer la nationalisation-hold-up des profits:

            « les 50 plus fortes capitalisations boursières, fleurons des entreprises françaises, devront affecter 15 % de leur résultat net en réserve spéciale de réindustrialisation. »

            L’état fera joujou avec et leur rendra, s’il n’a pas fait trop de bêtises avec, au bout de 5 ans et si le magot existe et est liquide à ce moment là… Vous avez déjà vu l’Etat restituer le grisbi, vous?

            L’exemple type de la mesure « gros sabots » pour faire peur qui fait que si la spéculation vous tombait sur la figure, bous l’auriez bien mérité!

            Les particuliers ne seront pas mieux lotis: on punira ceux qui s’efforcent d’orienter leurs investissement vers l’économie productive en soviétisant leur épargne plus encore que ce n’est le cas qu’aujourd’hui (on croit rêver):

            « L’allocation privilégiée de l’épargne des Français à la dette publique sera encouragée par des mesures fiscales et réglementaires et la Banque de France prendra des mesures similaires en direction des banques et des assurances. »

            Idéal pour rendre l’état irresponsable (vous objecterez que c’est déjà le cas alors un peu plus ou moins…)
            Et aussi pour priver les entreprises françaises de ce qui leur reste de capitaux propres français, les livrant davantage aux trusts internationaux, ou plutôt désormais à la nationalisation quand elles se se casseront la figure, nationalisation qui sera financée par l’épargne confisquée aux français…

            « Vous avez deux vaches. Le gouvernement vous les prend et les met dans une étable avec les vaches d’autres éleveurs. Ensemble, vous devez entretenir toutes les vaches, et le gouvernement vous fournit le lait. »

          • Je reviens sur la proposition de MLP, juste pour montrer qu’elle ne peut provenir d’un économiste ayant pratiqué sérieusement les marchés financiers:

            « les 50 plus fortes capitalisations boursières, fleurons des entreprises françaises, devront affecter 15 % de leur résultat net en réserve spéciale de réindustrialisation. »

            – Déjà, cela revient pour MLP, l’ennemie de la spéculation financière, à confier aux marchés financiers le soin de dresser la liste des sociétés imposables. C’est plutôt cocasse!

            – Ensuite, utiliser le critère de la capitalisation boursière, pour une taxe sur le profit, est une ineptie.

            En pratique, la capitalisation d’une entreprise n’est rien d’autre que le résultat de la confrontation de l’offre et de la demande sur le titre. On dresserait donc une taxe en fonction du sentiment de Mr Market! Même Hollande n’a jamais proposé pareille bêtise.

            Pour les amateurs de belles théories, c’est l’actualisation de flux financiers futurs, pas d’un résultat immédiat (DCF, Dis Combien il Faut). Punissons donc les entreprises porteuses des plus beaux projets pour l’avenir de la France.

            On trouve de nombreuses sociétés non cotées en bourse, publiques comme privées, sans parler des branches de sociétés étrangères, incorporées à la capitalisation d’une société géante étrangère.

            – Pour évaluer la taille d’une entreprise, il faudrait s’intéresser à la Valeur d’entreprise, qui corrige la capitalisation des dettes et de la trésorerie.

            Ou s’intéresser à l’actif au bilan, qui est une donnée comptable et plus le jouet des marchés (enfin, disons un peu moins).

            Mais dans tous les cas, VE ou taille du bilan et rentabilité des capitaux sont des choses différentes.

            Donc une telle mesure sera toujours bancale entre la liste des imposables et l’assiette taxable. C’est comme taxer un contribuable sur le revenu en définissant son pour critère d’imposition le niveau de son patrimoine.

            – Un économiste de cabinet peut éventuellement avoir pondu une telle mesure, mais si elle vient d’un économiste ayant pratiqué les marchés, je ne le félicite pas, car l’étude d’impact est à la portée d’un élève de terminale ES. Ou alors, il prend du plaisir à enfumer les dirigeants du FN, ce qui n’est pas mieux.

            La responsabilité du conseil d’administration étant de décider de l’avenir de l’entreprise au mieux de l’intérêt des investisseurs, il pourra donc:

            Soit programmer la sortie pure et simple de la bourse. Rachat par les majoritaires ou en se vendant à plus gros que lui (donc un étranger…) Ainsi, cette mesure revient à priver les entreprise d’une source de financement par les marchés boursiers.

            Soit décider d’un « spin off » en donnant ainsi l’indépendance à chacune de ses branches d’activités, pour passer en dessous du radar. Au lieu de « 50 fleurons des entreprises françaises », il vous resterait 50 nains. Proies faciles pour les sociétés étrangères, qui les sortiront de la bourse…

            Soit encore décider d’un dividende exceptionnel destiné à vider l’entreprise de sa trésorerie, et à déséquilibrer le bilan de l’entreprise au profit de l’endettement. Vous aurez remarqué que le critère d’imposition proposé pénalise les entreprises prudentes qui disposent d’une bonne trésorerie…

            – Du côté de la spéculation, je fais confiance (enfin, façon de parler…) aux spéculateurs pour faire sortir une entreprise du bas de liste, si leurs intérêts financiers sont en jeux. Ils feront remonter à la place les rossignols…

            – Pour les 50 malheureux taxés à l’issue du jeu de massacre, le but sera de faire du cash flow mais le moins de résultat possible. Rassurez-vous, ils y parviendront!

            Et surtout la mesure aura une force de dissuasion terrible sur toute velléité de croissance. Pourquoi prendre le risque de développer de nouvelles activités? La France perdra ainsi de beaux projets qui resteront dans les cartons ou partiront à l’étranger.

            – Je pense qu’il est inutile d’insister sur les désavantages compétitifs que feront courir cette mesure pour les entreprises françaises, dissuadées de lever des capitaux en bourse, dissuadées d’étendre leur activité (plutôt renoncer à un nouveau projet porteur de richesses et d’emploi que de porter le risque), réduites à la taille de nains face à leurs concurrents, victimes d’une préemption de leurs résultats que leurs concurrents étrangers n’auront pas à subir.

            – Au contraire, bonne affaire pour les rapaces qui voudront saisir les lambeaux de nos fleurons… Donc une mesure qui va contre l’intérêt national.

            – Il ne restera pour l’Etat qu’à se gaver de nationalisations pour éviter la catastrophe qu’il aura lui-même provoquée. Le tout au nom de l’intérêt national.

            Bref, la mesure emblématique de « beaux parleurs, mais le plus souvent sans connaissance sérieuse et pratique de l’économie de marché. »

            • brandenburg says:

              Vous faites trop confiance aux « marchés » qui ne sont pas plus rationnels que les hommes qui les dominent mais au contraire moutonniers:chercher à maximiser ses profits à n’importe quelle condition-meme la délinquance en bande organisée- est du délire qui finit toujours mal.Cette façon d’agir obéit au slogan de Mandeville: »les vices privés font la fortune publique ».Or,c’est faux car ils font in fine la ruine publique

          • Une dernière pour la route, au cas où on douterait qu’il s’agit bien de nationaliser à tour de bras:

            Aymeric Chauprade, 28/04/2014
            « Il faut que l’Etat intervienne pour nationaliser temporairement Alstom. »

            C’est devenu la réponse pavlovienne et au-to-ma-tique!

  6. On peut ajouter que ceux qui ont spéculé contre le rouble ces derniers jours ont subi de lourdes pertes !

  7. brandenburg says:

    1 un pays a intéret à avoir une monnaie forte appuyée sur un stock d’or important et une balance des paiements légèrement excédentaire quelle que soit sa puissance économique;2 l’euro est une monnaie fictive car appuyée sur rien de mesurable et manipulable à souhait;la question est de savoir si la bce a un stock d’or important ce que je ne crois pas et de savoir à quoi peut servir le stock d’or des banques nationales de la zone euro dont une grande partie est stockée aux état désunis(!)-conséquence de la guerre froide- comme pour l’Allemagne qui réclame en vain le retour chez elle de son or,peut-etre pour etre prete en cas d’implosion de l’euro alors que sarkozy a vendu 500 tonnes d’or pour renflouer les caisses de l’état!D’autre pays de la zone euro font de meme ,les états désunis répondant selon leurs propres intérets.3 une dévaluation est utile si le balance des paiements est excédentaire,égale ou légèrement déficitaire:or celle de le France est lourdement déficitaire:les français devront donc payer plus chers les produits importés et cela rendra l’avantage des exportations minime Tout Etat doit avoir la main sur sa monnaie comme seule la Chine le fait:ce n’est pas de la soviétisation mais de le bonne gestion!5 La bce créée artificiellement de la monnaie pour « relancer la croissance » et éviter la déflation mais beaucoup moins que les états désunis,la Grande Bretagne et le Japon:cette création monétaire excessive s’appelle l’inflation qui n’est pas du tout la hausse des prix comme on le dit,mais n’est que la conséquence habituelle de l’inflation mais comme nous sommes dans une situation abracadabtesque,aujourd’hui malgré l’inflation massive ,les prix augmentent peu,voire baissent:pourquoi?Parce qu’à une très longue période d’inflation généralisée ,une déflation est inévitable un jour ou l’autre-lire Jacques Rueff et se rappeler l’après première guerre mondiale où après une période assez courte d’inflation massive a succédé une déflation encore plus massive avec baisse formidable des prix notamment de celui des actions ce qui a entrainé le krache de 1929 et une crise économique généralisée à laquelle seule la guerre a mis fin en relancant l’inflation par des dépenses d’armement colossales qui ne produisent aucune richesse mais au contraire en en détruisent des montagnes:ainsi est mort le Gold Standard qui avait entre autres permis au franc germinal de garder sa valeur intacte pendant plus d’un siècle!En 1946,un nouveau système monétaire bancal a été élaboré par les accords de Bretton Woods,le Gold Exchange Standard qui établissait une équivalence entre or et dollar.De Gaulle l’avait compris et acheté des tonnes d’or contre des dollars demandant le rétablissement de l’étalon-or mais Nixon en 1971 met fin unilatéralement au système de 1945:la guerre des monnaies commence alors et un système des changes flottants s’installe peu à peu,en d’autres termes le chaos!Le seul moyen que les américains ont trouvé pour le pallier est de refaire de l’inflation massive augmentant encore ce chaos:!La déflation est donc inévitable et le vrai problème est de faire en sorte que cette déflation soit controlée;or aucun gouvernement n’y est prét et ne veut le faire.Alors tous veulent encore faire de la création monétaire!La catastrophe à venir sera épouvantable et telle que le monde n’en a pas jamais connue:seuls les régimes autoritaires-la Chine en premier mais aussi la Russie à un beaucoup moindre degré-ne perdront pas trop de plumes dans ce cataclysme.Quant aux régimes « démocratiques » ,ils sombreront.Saint Thomas d’Aquin: »la monnaie est l’unique mesure de toute chose en économie ».Quand la monnaie est faussée par l’inflation ou émise par n’importe qui-banques officielles,banques de l’ombre,maffias diverses,bitcoins-l’économie s’effondre:voila ce qui vous attend!Gare à vous et une fois de plus les coupables sont les états désunis!

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