« La solitude ça n’existe pas… On peut aller à Woodstock ou ailleurs…La solitude ça n’existe plus ». Certes l’optimisme naturel de Gilbert Bécaud devrait nous redonner le moral face à la déstructuration et la perte des vraies valeurs dans notre société. Woodstock est bien loin. Rares sont ceux qui recherchent la solitude. Les moines, les poètes en mal d’inspiration, ceux qui sont écœurés par la décadence de notre pays cornaqué par des inconscients. Pour le reste, la solitude est bien présente et ressentie comme telle, car l’homme est fait pour vivre en société. La preuve en est les 672.621 personnes qui ont contacté SOS Amitié l’an dernier par téléphone ou messagerie. Chiffres en hausse régulière aboutissant à une véritable médicalisation pratique. Les bénévoles de cette association constatent chez les appelants, de l’angoisse, des dépressions, des pensées suicidaires. Jamais les moyens de communication n’ont été aussi importants et jamais les Français ne se sont sentis aussi seuls.

Qu’en pensent les médecins ? Une étudiante de Copenhague a présenté le 9 juin, les résultats de ses travaux à la société européenne de cardiologie qui s’est tenue à Dublin. Elle a étudié 13.000 cas de personnes âgées de plus de 65 ans, majoritairement des hommes. Impressionnant ! Ceux qui vivent seuls, ont deux fois plus de risques de mourir dans l’année qui suit leur hospitalisation. Apparemment cette situation dramatique concerne plus les hommes vivant seuls que les femmes. La raison en est que celles-ci trouvent plus volontiers des relations que les hommes même si ceux-ci ont encore leur épouse. La pire situation est celle de ceux qui ressentent la solitude. Ce qui paraît logique.

Actuellement une personne sur dix est considérée comme en état de solitude. De fait plusieurs associations de bénévoles peuvent les aider. Il faut les saluer. Elles ménagent des rencontres avec ceux qui sont isolés. On se consolera en pensant que les moyens de communication comme Internet, les réseaux sociaux, ou le téléphone peuvent aider. En pratique il semblerait que ce soit le contraire. Certaines associations vont jusqu’à proposer de venir partager le repas de ceux qui les appellent. D’autres viennent aider ; ou simplement discuter un peu. Certaines agences de voyages proposent même des voyages pour personnes se sentant seules.

En réalité la solitude retranche de la société. Il faut donc aider les personnes qui se sentent seules, à se réinsérer dans la société, de recréer un lien social. Dans tous les cas il apparaît bon avec elles, de dégager des centres d’intérêts. De plus il y a souvent des associations de quartier ou des rencontres organisées par les municipalités. L’idée est de rassembler et de faire retrouver des liens.

Pour tout chrétien, le devoir de charité impose de s’enquérir des personnes qui sont seules dans le quartier surtout après une hospitalisation. C’est peut-être sauver des vies. « J’étais malade et vous m’avez visité » est-il écrit dans l’Évangile.

Jean-Pierre Dickès

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3 commentaires

  1. Jaguar says:

    Que c’est bon la Solitude !! , seul, sans avoir à supporter personne… La paix, le calme…

  2. balaninu20 says:

    Eh oui ! avant les anciens vivaient avec les jeunes, même si ces derniers « subissaient » l’autorité, ou autres problèmes dus à la vieillesse…. les campagnes s’étant désertifiées, les anciens subissent de plein fouet la solitude ! et que parler des villes, où l’on se croise dans l’ascenseur, ou escalier, et même pas un bonjour ! le fait d’aider le petit vieux ou la petite vieille à porter son sac de commissions….jusqu’à son étage ! maintenant tout le monde a peur … de tout le monde !! il y a la maladie qui fait le repli sur soi, et puis …. plus personne ne croit !!! et Monsieur Dickès, effectivement : ce que vous aurez fait au plus petit d’entre les miens……
    mais le « smartphone » l’internet, et tous ces machins modernes ne rapprochent pas les humains… on discute plus sur son smartphone, qu’avec son grand-père ou sa grand-mère… on ne les appelle pas !
    et puis il y a ceux qui préfèrent être seul pour ne pas avoir a « batailler » avec les autres générations.. ils s’enferment parce que leurs idées ne correspondent plus à ce monde en décadence… alors : on s’enferme dans sa bulle et … l’on écrit sur internet et l’on répond à vous Monsieur Dickès !

  3. juste un de vos lecteurs. says:

    Monsieur Dickès,

    Vos constats factuels ne sont que trop vrais, mais vous lisant, il y a une chose qui me chiffonne, c’est cette expression « recréer du lien », cela me gène, cela sonne si peu chrétien, comme si nous étions des éléments dans une machine structuraliste. J’ai en ce moment, le jolie minois de mademoiselle vota sur la droite, dans la colonne des « touïtes », aussi je dirais pour reprendre une idée qu’elle met en avant dans ses vidéos, que c’est là sans doute un mot,une expression de « novlangue »,

    J’ai souvent rencontré de ces gens qui étaient près à « recréer du lien », mais que tout cela était arbitraire, procédurier, et plus que le reste inefficace. la solitude n’est pas en soi une mauvaise chose, et vouloir à tout prix que les gens soient « en lien », possède quelque chose de totalement fasciste, de totalitaire.
    Il est très facile de mettre des étiquettes, de désigner des malades au nom de maladies « psychiatriques » nouvelles, les progrès du DSM en ce sens sont très inquiétants, surtout lorsqu’on voit les collusions de ses rédacteurs avec la « big pharma ».

    Il y a des liens qui ne valent pas la peine d’être contractés, comme ceux qu’une personne ou un groupe sociopathique peuvent imposer, au nom de cette métaphysique de la relation, qui jusque dans l’Eglise veut remplacer les relations subsistantes en Dieu par des relations suprêmes tout court, ce qui est faire bien bon marché de l’analogie et de la transcendance divine. N’est pas saint Thomas d’Aquin qui veut.
    il n’y a pas de prima de la relation sur l’être, pardon de rester à la leçon aristotélicienne, si vous ne voyez pas d’abord la personne, les gens tels qu’ils sont, vous ne pourrez pas établir de relation équilibrée avec elles, parce que vous aurez renoncé au principe de réalité, on aime quelqu’un d’abord, et « les âmes se soignent une à une ».

    ce qui manque aux catholiques conséquents, souvent, mais pas toujours fort heureusement, c’est de retrouver cet esprit d’enfance qui seul permet, non de « retisser des liens », mais d’aimer immédiatement, comme font les vrais petits enfants, et les grands saints. ce n’est qu’en partant de la Charité surnaturelle, que l’on peut refaire société, car l’amitié n’est pas une pulsion ou le produit d’une interaction, comme si nous étions des composés chimiques !, mais le principe même d’une société humaine, dont le modèle est dans la sainte famille, et analogiquement en Dieu, Un et Trine.

    tout cela fait que l’on ne lutte que pied à pied avec l’isolement involontaire et que toute industrialisation, toute standardisation ou taylorisation de ce qui n’est pas un problème psy’, mais un problème de santé de la société humaine dans son ensemble, n’est pas une réelle solution, mais un expédient plus ou moins efficace.

    Vous nous dites avec bon sens, qu’il faut faire œuvre de miséricorde et chercher ceux qui souffrent, oui ! oui ! et trois fois oui ! mais ce serait manquer son but, c’est à dire la surnaturelle et ingénue charité, que de le faire à la manière d’un militant et comme un pensum.

    Les psychismes ne sont pas tant malades que maltraités, et parfois délibérément, aussi pour rétablir la confiance, car c’est de cela qu’il s’agit, l’inimitié est tellement grande, avec sa défiance pour tout et envers tous, qu’il faut chercher en quoi autrui pourrait nous accorder confiance, c’est à dire qu’avec nous que la foi, soit mutuelle.

    En fait il n’y a rien de plus sérieux au monde que l’amitié.

    un mot sur les moyens de communication de masse, en finissant, en effet ils fabrique de l’illusion, si vous n’avez pas d’amis avant d’allumer un de ces appareils, vous risquez d’en avoir encore moins lorsque vous n’arriverez pas à l’éteindre, parce que ce sont au mieux des catalyseurs, et que la quasi instantanéité, avec le manque d’information qu’un écran est à lui tout seul – si c’est un écran ce n’est pas tant un intermédiaire qu’un filtre et un obstacle – ce sont des relations hachées avec des quiproquos qui surgissent.

    une personne de bon sens peut donc très bien ne pas avoir de portable, ne l’utiliser que tous les trente six du mois, et préférer cela aux facilités et aux névroses surmultipliées que ces engins là fabriquent comme fumée de feu sur bois mouillé.

    il n’y a pas de prothèse de société, et aucune machine à amitié, car la seule amitié durable, éternelle ne peut être bâtie que sur l’Homme Eternel, le Christ Jésus, qui lui est le modèle du désintéressement, de la franche bonté, d’absence de calculs mesquins.

    c’est en songeant que l’on rencontre une de ses créatures rachetées, par son sang, par son âme et son corps torturé, que l’on l’on pourra parier sur la bonté de celui qui nous fait face, ou avoir l’intelligence intuitive de ce qui ne lui correspond décidément pas, chez le prochain.

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