Une illusoire consultation

Le ministre de l’Education Nationale a lancé le 13 novembre 2017, une soi-disant consultation nationale en vue d’une réforme du baccalauréat.

Nous connaissons déjà trop bien la formule consistant à prétendre procéder à une consultation de la « communauté éducative »enseignants, parents, représentants des lycéens et toutes institutions intervenant dans le système éducatif français – quand se profile une réforme qui constitue une étape majeure dans la destruction du système éducatif dans le but de prétendre à une onction populaire alors que les réponses sont connues avant même que les questions n’aient été posées et correspondent. sans coup férir à ce qui avait été envisagé au départ.

C’est ainsi que Claude Allègre – maître ès désinformation – nous avait déjà joué « la grande scène du 2 » lorsqu’il a adopté la « charte pour bâtir l’école du XXIème siècle » qui a révolutionné le système scolaire en lieu de vie* et sur laquelle s’appuient tous les ministres depuis, Vincent Peillon ne s’en est pas privé non plus lorsqu’il a mis la dernière main à la mise en œuvre de cette charte par la « loi de refondation de l’Ecole » du 7 juillet 2013.

Le système a tellement bien marché, que JM.BLANQUER n’hésite pas à l’utiliser.

Un résultat connu d’avance

Il est donc possible et même certain de savoir dès maintenant ce que sera le « bac nouveau »… pas encore arrivé, mais qui ne saurait tarder : le résultat de la consultation est déjà annoncé pour février, pour un bac nouveau en 2021 « avec des « répercussions » – est-il dit – sur la classe de 2nde dès la rentrée 2018, sur la 1ère en 2019, et sur la terminale en 2020 » et la disparition des filières L,S, et ES.

Une réforme anticipée

En réalité, le « bac nouveau » n’est pas une soucoupe volante qui vient se poser fortuitement sur le système scolaire tel qu’il existe aujourd’hui mais résulte d’une totale et préalable refonte des « programmes » des lycées dont la mise en œuvre doit se faire en 2nde dès la rentrée 2018 et qui s’inscrit dans le prolongement de celle des collèges, « programmes » désormais appelés « parcours » basés sur l’ « interdisciplinarité », c’est-à-dire sur la disparition de la transmission des savoirs remplacée par des activités choisies par l’élève, en conséquence de quoi, il n’est plus possible de soumettre les candidats à des épreuves du bac par matière telles qu’elles existent aujourd’hui. Cette refonte des programmes avec la disparition de la transmission des savoirs est la cause de la réforme du bac et non l’inverse.

Le bac nouveau n’est donc pas destiné à redonner un second souffle au bac, mais à le dénaturer pour couronner l’anéantissement du lycée-lieu d’instruction métamorphosé en lycée-lieu de vie où les programmes disparaissent faisant place à des « parcours » propres à chaque élève.

Les objectifs affichés ?

Mais  le ministre se garde bien de nous exposer les tenants et aboutissants de cette réforme, claironnant qu’« il faut retrouver l’utilité profonde du baccalauréat en en faisant un tremplin pour la suite du parcours de l’élève ». Objectif fourre-tout et passe-partout !

Le contenu du bac ?

Le contenu du bac corrobore cet anéantissement du lycée-lieu d’instruction. En juin dernier, il a été prétendu par Macron, que le bac comporterait ( mais ne comportera pas) quatre épreuves finales pour quatre matières que le candidat choisirait (mais ne choisira pas). Les autres matières seraient (et seront) évaluées par le contrôle continu.

Le contrôle continu ? c’est l’auberge espagnole !

Pour ce qui est des prétendues quatre matières finales, est posée la question de savoir comment les lycéens « choisiraient » ces quatre matières ?

Les candidats choisiraient leurs matières ?

Si le candidat choisit ses quatre matières, il ne s’agit donc pas de matières pré-établies et fondamentales comme le français ou les mathématiques, pour ne parler que de celles-ci. Mais pire encore, la question suivante qui est posée apporte la preuve de la disparition de tout enseignement y compris de celui des disciplines fondamentales.

Ainsi est posée la question de savoir :

. si les candidats continueraient à être orientés fin de première vers des « séries » telles que celles qui existent aujourd’hui,

. ou s’ils auraient une autonomie de choix leur permettant de « panacher » leurs matières de bac en fonction de leur projet d’avenir.

C’est forcément la 2nde proposition qui s’appliquera.

En effet, pour ce qui est de l’orientation fin de première vers des « séries » , il n’en est pas question : la disparition envisagée des filières L, S et ES sera , JM. BLANQUER a beau prétendre que ce n’est qu’une option, dans le cadre de cette destruction de l’institution scolaire, la disparition des filières est inéluctable.

Une épreuve pour quatre matières

Pour ce qui est de l’autonomie de choix permettant aux candidats de « panacher » leurs matières de bac en fonction de leur projet d’avenir, cette solution s’imposera forcément car que signifie  « panacher » ses matières ?

Tout simplement, que les activités réalisées en remplacement des cours sont censés permettre d’instruire les élèves dans différentes disciplines à la fois – ce que le système appelle « interdisciplinarité » . La présentation des activités réalisées constituera une seule épreuve du bac censée « panacher les quatre matières » et sans qu’il y ait obligation de résultat : l’élève exposera ce qui est appelé son « parcours » qui sera personnel.

Voilà le bac nouvelle formule !

En rupture ou en continuité, Monsieur BLANQUER ?

Faut-il rappeler que, le 13 octobre 2009, lors d’un discours à l’Elysée sur la réforme des lycées sur laquelle repose la réforme du bac aujourd’hui, Nicolas Sarkozy avait annoncé froidement : « …nous allons casser, mais casser(sic) une fois pour toutes, cette hiérarchie implicite des voies et des séries qui mine (?) le lycée républicain …», discours correspondant aux nouveaux programmes concoctés par le ministre de l’Education Luc Chatel qui, le 19 novembre 2009, avait annoncé lui aussi, sans ambages  : « Un enseignement transversal d’histoire des arts, porté par toutes les disciplines, est introduit à tous les niveaux du lycée à l’occasion de la réécriture des programmes des disciplines fondamentales (histoire, français, sciences… )…cet enseignement fera l’objet d’une évaluation au bac… », ce qui, en clair, signifie « suppression des heures d’histoire, de français, de sciences », disciplines censées être infusées au cours d’un enseignement transversal d’histoire des arts  qui ne sera en réalité, qu’une activité au cours de laquelle l’élève sera censé s’instruire dans ces différentes disciplines à la fois et évaluée dans le cadre du « bac ».

Alors, Monsieur BLANQUER, cette réforme du bac est-elle la marque d’une rupture avec vos prédécesseurs ou celle d’une continuité ?

Conclusion

Jusqu’à quand allez-vous continuer à berner les Français, persistant à vouloir faire croire que vous vous démarquez des précédents ministres de l’Education et que vous voulez restaurer une Ecole de qualité pour nos enfants ? 

La preuve est faite que cette réforme était « dans les cartons » et que vous nous les déballez !

En réalité, vous faîtes partie de la lignée indigne des fossoyeurs de l’Ecole de la République puisque votre bac n’est et ne peut être qu’une coquille vide.

Et s’impose à l’esprit ce que proclamait en « bon » révolutionnaire, votre maître à penser sans doute, Lénine : « le mensonge est sacré, la tromperie doit être notre arme principale », et aussi « gardez la coquille, videz-là de sa substance ».

cf. « le trompe-l’œil de l’éducation » – Editions des Trianons (2000)

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4 commentaires

  1. mia vossen says:

    Enseignante depuis plus de 50 ans – en classes terminales système belge – j’observe chaque année une chute plus complète: les élèves que j’aide actuellement ne savent ni lire ni écrire ni calculer ni raisonner… n’ont aucune culture générale, étudient des « machins » de très haut niveau inutiles et dont il ne reste RIEN (j’aide des étudiants aussi). Chaque semaine, j’écris mes observations à la ministre, aux associations de parents, à la presse. UN journal publie, pas d’autre réaction, et les parents contactés me disent avec un gros soupir: « Il n’y a rien à faire ». Quand cessera cette inertie des citoyens???

  2. Même les contributions qui paraissent ici sont très souvent truffées de fautes graves d’orthographe accusant une ignorance des principes de base de la grammaire. Quand cessera le je-m’en-foutisme des contributeurs concernés ? Ma grand-mère maternelle, d’ailleurs une personne peu scolarisée, m’a appris à lire quand j’avais trois ans. J’étalais alors le journal grand format sur la grande table de la cuisine, me mettais dessus à genoux et lisais, sans trop comprendre le sens de ce que je voyais, mais en m’accoutumant à l’orthographe. Des visiteurs disaient choqués « mais il est trop petit pour lire le journal ! ». Je souriais intérieurement.

  3. L’opposition de ce ministre mondialiste comme ses prédécesseurs à l’écriture inclusive n’est qu’un moyen de façade pour s’attribuer la confiance de ceux qui s’illusionnent encore et ne demandent qu’à être trompés, sur ce diabolique système républicain par son ministère de « déséducation nationale » « Julesferrien ».

  4. Boutté says:

    L’instruction est un gros mot . Les deux matières qu’il faut avant tout supprimer sont la Langue et l’Histoire , les deux enseignements qui permettent de fonder une nation, toutes les autres étant par nature universelles C’est ce à quoi nos Ministres depuis Lang se sont attelés avec un certain succès

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