A chaque Tour de France, les mêmes questions de suspicion de dopage reviennent. C’est le problème numéro 1 du cyclisme. D’ailleurs quand vous parlez avec des gens du cyclisme, c’est une des premières choses qu’ils évoquent. Mais ce que beaucoup ignorent, c’est que le dopage est présent aussi dans le football. Avoir une meilleure condition physique et une résistance plus forte, c’est un moyen de prendre le dessus sur son adversaire parfois en fin de match.

fifa-51388d8b271c1Les contrôles anti-dopage ne sont pas fréquents dans le foot au contraire du cyclisme où c’est une vraie contrainte pour les coureurs qui doivent sans cesse rendre compte de leurs déplacements. Ces contrôles sont donc assez rares pour être soulignés. En septembre, un contrôle inopiné a eu lieu à la Commanderie, siège de l’OM. Le 25 septembre, à l’issue de la rencontre Rennes-Ajaccio, tous les joueurs ont dû se soumettre à des contrôles urinaires et sanguins. En 2006 pendant le Mondial allemand, la FiFA n’a pratiqué aucun contrôle sanguin pour détecter d’éventuelles transfusions. En 2009, 32 526 tests de dopage ont été effectués dans le football à l’échelle internationale. D’après la base de données de contrôle du dopage de la FIFA, 68 échantillons (0,21 %) se sont révélés positifs, dont 5 (0,02 %) pour les stéroïdes anabolisants. En général, le cannabis et la cocaïne représentent entre 70 et 80 % des résultats positifs de tests. Lors de la coupe du monde 2010, sur 512 tests effectués entre le 10 avril et le 11 juillet, jour de la finale, pas la moindre molécule prohibée n’a été détectée. Cela peut paraître surprenant et cela est peut-être une preuve que le football a du retard dans la lutte contre le dopage.

La FIFA n’a adopté qu’en juin 2006 le code mondial antidopage imposé par l’AMA (ndlr Agence mondiale antidopage). Le Dr Jean-Pierre de Mondenard, auteur du livre Dopage dans le football, explique ce retard qui n’enlève rien à la réalité du dopage : « «Le premier contrôle des footballeurs a eu lieu en 1978 en France, treize ans après le cyclisme. Il faut 10% de sportifs contrôlés pour dissuader les tricheurs. Or, dans le football et avec des résultats qui sont en plus sous-évalués, on constate en France que l’on a 548 contrôles sur 2 225 000 licenciés, soit 0,002 %. En cyclisme, c’est déjà 1812 contrôles pour 110.000 licenciés, soit 1,6%.» Il ne s’arrête pas là, donnant un autre exemple : « Une étude datant de 1958 effectuée par Gerardo Ottani, ancien footballeur de Bologne, devenu médecin et même président de la société de médecine du sport italienne est exemplaire à plus d’un titre. Déjà, son enquête révélait des pratiques dopantes en Série A (ndlr : 1ère division italienne). Il en a conclu que 27% des joueurs prenaient des amphétamines, 62% prenaient des stimulants du cœur et de la respiration et 68% prenaient des stéroïdes anabolisants. C’était en 1958 avec 1 seul match et 2 entraînements par semaine. L’argent était beaucoup moins important et pourtant on voit que tous prenaient quasiment des trucs. Après on essaye de nous faire croire qu’aujourd’hui ils sont tous à la Vittel-Cassis… »

Récemment, des suspicions de dopage sont apparues sur la coupe du monde 98. Un médecin de la Fifa Michel d’Hooghe a prononcé cette phrase avant de se rétracter : « La Coupe du monde 1998 a été celle de l’EPO. » Le médecin des Bleus de 2004 à 2008, Jean-Pierre Paclet écrit dans son bouquin L’Implosion : « Certains cadres de l’équipe de France qui évoluaient en Italie présentaient un taux d’hématocrite anormal ». De même que Zidane a échappé à un contrôle. En 1997, lors du stage des Bleus à Tignes, un contrôleur antidopage du ministère des Sports se présente. Aimé Jacquet, furax, choisit six joueurs et fait patienter de longues heures le pauvre contrôleur dans une chambre d’hôtel. L’opinion public va défendre les Bleus et ces derniers ne subiront plus jamais de contrôle inopiné jusqu’au 12 juillet 1998. Bref la lutte contre le dopage est rendue caduque. Pourtant aujourd’hui personne ne remet en cause la victoire des Bleus.

logojuventus En février 2002, deux cadres dirigeant du club de la Juventus de Turin se retrouvent devant les tribunaux, accusés d’avoir administré des médicaments dangereux pour la santé. Le procureur veut faire défiler à la barre près de 150 témoins, dont de très nombreuses gloires du football international. Convoqué à la barre, le Dr Jean-Marcel Ferret, médecin de l’équipe de France, confirme que les joueurs évoluant en Italie prenaient régulièrement de la créatine entre 1995 et 1998. Autre révélation, la pharmacie du club italien abritait 281 types de médicaments, une quantité jugée « incompatible avec une structure non sanitaire mais plutôt la quantité dont devrait être doté un hôpital petit ou moyen ».  La même année, Zinedine Zidane reconnaît avoir pris de la créatine à la Juventus, ce produit n’était pas interdit en Italie. En 2013, deux scientifiques italiens affirment que les Turinois, vainqueurs à Rome de la finale de la Ligue (ex-Coupe) des champions face à l’Ajax Amsterdam en 1996 aux tirs au but, s’étaient dopés à l’EPO pour disputer ce match. Didier Deschamps fait partie des joueurs visés par ces accusations.

Les grandes instances du football reconnaissent à demi-mot la réalité du dopage mais cherchent à minimiser. En 2006, le grand patron de la FIFA, Sepp Blatter, a nié dans une interview à France Télévisions l’existence du dopage dans le foot, en soutenant que la pratique du dopage dans les sports collectifs en général « n’existe pratiquement pas puisqu’elle ne serait d’aucune utilité ». En novembre 2012, Michel Platini, président de l’UEFA, avait dit lors d’une interview à Ouest-France : «J’ai déclaré que je ne pensais pas qu’il y avait du dopage organisé dans le foot. Il y a peut-être quelques cas isolés. Mais je ne vois plus les clubs de football organiser leur dopage. Tout se sait, les joueurs bougent beaucoup. En revanche, que quelqu’un prenne quelque chose à l’insu des autres, ça c’est possible. Mais ce n’est pas facile à faire et les médecins sont responsables. » On apprend bien aux joueurs à tricher sur le terrain en avançant le ballon lors d’un coup-franc ou en mettant la pression sur l’arbitre du match alors…

Le problème dans la lutte antidopage c’est que les sportifs prennent des substances que les laboratoires ne trouvent pas, et les laboratoires cherchent des substances que les sportifs ne prennent plus. C’est donc une véritable course-à-la montre. Personne n’a remis en question les performances du football espagnol de ces dernières années qui domine le monde du football, pas plus que pour nos Bleus en 1998. La moindre affaire de dopage dans le cyclisme est surmédiatisée alors que dans le foot, on se tait… Aucun scandale n’a encore brisé cette omerta du silence mais le dopage dans le foot est bien réel !

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