Pour ceux qui ne connaîtrait pas encore la société Panini, il s’agit d’une firme italienne basée à Monza et spécialisée dans les vignettes à coller, notamment dans le sport, les dessins-animés et les animaux (notamment par le biais d’un partenariat avec le WWF). Depuis 1970, elle publie un album pour chaque Coupe du Monde. Celle de 2018 ne fait pas exception. Quand on feuillette la composition prévue des équipes (avec toujours des erreurs car l’album est mis en vente bien avant le dépôt des listes des 23 sélectionnés), on voit que la France est une bien peu recommandable exception.

Bref panorama des équipes des pays européens et assimilés (Australie, Argentine, Uruguay), plus à titre d’indication le Brésil, première communauté mélanoderme mondiale. L’album Panini Russia 2018 compte 18 joueurs par sélections nationales. Voici le nombre de joueurs extra-européens par sélection (ou non-blancs pour les sélections sud-américaines et océanienne) :

  • Aucun extra-européens : Argentine, Australie, Croatie, Espagne, Islande, Pologne, Russie, Serbie.
  • Deux : Suède, Uruguay
  • Trois : Danemark
  • Cinq : Allemagne, Belgique, Suisse
  • Six : Brésil, Portugal
  • Sept : Angleterre
  • Douze : France

Notons évidemment que les sélections du Sénégal, du Nigeria, du Japon, de la Tunisie, du Mexique, de la Corée du Sud et de l’Iran sont mono-ethniques et que le Maroc compte 17 Maghrébins sur 18 joueurs.

Certains peuvent arguer que de par son histoire, la France serait plus à même d’avoir des joueurs extra-européens. Soit, comparons alors avec les précédents albums Panini couvrant coupe du monde et Euros afin de vérifier la tendance (W = coupe du monde ; E = championnat d’Europe) :

  W78 W82 E84 W86 E92 E96 W98 E00 W02 E04
Métro 13 12 16 14 16 12 10 15 9 7
DOM 2 3 1 0 3 3 3 3 3 4
Autre 0 1 2 2 2 3 3 3 4 5
  W06 E08 W10 E12 W14 E16 W18  
Métro 5 5 4 8 7 8 6  
DOM 6 7 8 3 3 3 4  
Autre 6 8 5 9 8 9 8  

L’analyse parle d’elle-même, et l’on voit bien l’évolution du grand remplacement à partir de l’an 2004 et que les Antilles ont fourni un gros contingent de joueurs, cela ne fut vrai que lors de la période 2006-2010. La France de 1984 ne comptait comme « non-européens » que les Maliens Jean-Amadou Tigana et José Touré (ce dernier d’ailleurs n’ira pas à l’Euro, remplacé en réalité par Jean-Marc Ferreri) et l’Antillais Marius Trésor. Cela ne l’a pas empêchée de gagner l’Euro. Notons aussi par ailleurs que le championnat de France est encore plus marqué par ce grand remplacement, même si on est plus dans une optique de « recrutement de mercenaires ».

Hristo XIEP

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2 commentaires

  1. Boutté says:

    Voila qu’il retombe dans l’ornière facile !

  2. Isnard says:

    Bonjour

    Dans votre statistique, vous avez oublié 2 pays d’Amérique du sud (Colombie et Pérou) et 2 d’Amérique centrale (Costa Rica et Panama).

    Cela serait bien que vous la complétiez pour 2018 et qu’on puisse avoir une comparaison avec 1970.

    L. Isnard

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