C’est avec regret que nous apprenons la disparition de L’Action Française 2000, journal de l’Action Française. C’est la fin d’une longue tradition militante, celle des vendeurs à la criée de l’AF.

En voici l’annonce officielle :

À bientôt

Être politique, c’est refuser de se laisser submerger par l’émotion. Nul cynisme, en cela, encore moins de l’indifférence, mais la claire conscience que le devoir demeure, par-delà les aléas. Il ne s’agit pas seulement de mon dernier éditorial, ce qui, en soi, n’aurait aucune importance, même si plus de sept années passées à analyser l’actualité politique à la lumière de l’empirisme organisateur, «  selon le principe du Rempart  », aura été une tâche aussi lourde qu’exaltante  ; mais, surtout, ce numéro est le dernier de L’Action Française 2000, puisque nous sommes contraints de cesser notre parution en raison de problèmes financiers que nous ne pouvons plus éluder. Cela peut paraître, en un sens, une victoire de l’oligarchie et de ceux pour qui la parole et l’action patriotes doivent absolument disparaître du paysage national. Avec la nation elle-même. Ils ont même remporté une autre victoire, cette semaine, avec le retrait de Maurras du Livre des commémorations nationales de 2018, à la suite d’une polémique qui en dit long sur l’état moral et intellectuel de nos élites autoproclamées, lesquelles font régner leur dictature sur le pays. La mutilation de la mémoire nationale, c’est évidemment celle de notre héritage, et donc de notre compréhension de nous-mêmes et, pour finir, de notre identité. Or, que cela plaise ou non, Maurras en fait pleinement partie.

L’heure du renouveau

Pourtant, que l’oligarchie et ses idiots utiles ne se réjouissent pas trop vite de ce qui peut apparaître au premier abord comme un recul de leurs adversaires à la fois les plus résolus et les plus conséquents. Si des raisons financières ne nous permettent plus de continuer de paraître, celles-ci ne disent rien ni de notre développement ininterrompu depuis cinq années, où nous avons vu le nombre des adhérents croître de manière exponentielle, comme en témoigne le succès sans cesse grandissant de notre université d’été et de nos actions militantes sur tout le territoire, ni, surtout, du progrès de nos idées en France, devant la déliquescence d’un régime dont le replâtrage macronien dissimule de plus en plus mal la décomposition – les dernières révélations sur l’affaire Fillon donnent la nausée en confirmant la nature de ce régime. Il nous faut tout simplement repenser notre présence politique pour accompagner notre renouveau. Comment n’entamerions-nous pas cette nouvelle étape avec exaltation l’année du cent cinquantième anniversaire de la naissance de Maurras, alors même que, une fois nettoyée de ses scories historiques – la tradition est critique –, sa doctrine demeure toujours aussi pertinente, voire d’une urgence tragique ? Chaque jour qui passe confirme, malheureusement, la nécessité d’en finir avec un régime auquel le pays doit, depuis deux siècles, ses principaux malheurs et son érosion lente mais continue.

Depuis sa naissance, en dépit des accidents de l’histoire, l’Action française a toujours été à la fois un journal et un mouvement politique. Les Camelots du Roi ont toujours été au centre de son action et ceux d’aujourd’hui n’ont en rien démérité de leurs aînés. Que ce soit l’occasion pour toute l’équipe de L’Action Française 2000 de saluer leur courage et leur abnégation. Ils sont le fer de lance de cette royalisation du pays sans laquelle rien ne sera jamais possible. Oui, l’année 2018 sera bien une année maurrassienne, n’en déplaise à tous les censeurs et diffamateurs de la pensée de notre maître. Notre site prend le relais – je vous y retrouverai chaque semaine. Les rédacteurs de La Nation Française, dans leur manifeste publié à la une du premier numéro, le 12 octobre 1955, déclaraient qu’ils s’efforceraient « de résoudre chaque problème réel en fonction de l’intérêt bien entendu des Français honnêtes gens et efficaces, présents ou à venir, intérêt qui porte finalement le nom d’Intérêt national », car « le peuple français, qui travaille et subit le désordre établi, demeure sain dans ses profondeurs » ; « sa décadence est surtout le fait de fausses élites qui l’aveuglent d’un écran de grossiers mensonges et l’étourdissent de modes et de mots ». Avant d’ajouter  : «  Pour la plupart, les rédacteurs de ce libre journal pensent qu’une monarchie moderne, dessinée par l’expérience, sévère à toute vieillerie, serait la moins coûteuse condition de notre survie. Mais c’est le présent, la nécessité de rendre ce présent raisonnable et de créer enfin un esprit public, qui les a réunis. » Telle sera toujours notre ambition : parler au nom de l’intérêt commun, en vue de créer cet esprit public nécessaire à la résurrection de la patrie, tout en travaillant à la royalisation du pays, qui seule pourra donner un sens pérenne à la renaissance d’un esprit public. Comme Maurras en 1899, il nous faut toujours tenter de convaincre les Français, en premier lieu les plus sincèrement patriotes d’entre eux, de la nécessité d’incarner l’esprit public dans la personne du Roi.

Des devoirs et des tâches

Car aujourd’hui, assurément, fleurissent, et sont appelées encore à fleurir, ici ou là, des initiatives éditoriales qui vont dans le sens d’une telle renaissance. Nous ne pouvons que nous en réjouir, puisque ces initiatives témoignent, au milieu de la victoire apparente de tous les nihilismes, de cette contre-révolution spontanée en train d’accoucher que Maurras appelait de ses vœux. Toutefois, ces initiatives, pour si sympathiques qu’elles soient, ne vont jamais jusqu’à s’attaquer à la racine même de nos maux : elles en sont toujours encore, malgré cent cinquante ans de décomposition continue, à chercher les conditions d’une bonne république. Comme si une bonne république n’était pas chose encore plus improbable que la réinstauration du régime qui a fait la France ! C’est dire combien la présence de l’Action française est nécessaire, sous une forme ou sous une autre.

« Il n’y a que des devoirs et des tâches » : nous avons fait nôtre ce mot de Boutang au lendemain de la mort de Maurras. Parce que « qui veut bien quelque chose en veut la condition » et que « cette condition préalable, c’est le Roi  » ; «  pas de Roi, pas de puissance nationale, pas de garantie pour l’indépendance de la nation » ; « pas de Roi, […] pas de résistance à l’étranger de l’intérieur, pas de réformes bien conduites ni sérieusement appliquées  ». Parce que « c’est en cela précisément que réside le nationalisme intégral » ; « il met en ordre les problèmes français, il permet de les comprendre, et ce qu’ils peuvent offrir de contradictoire sans lui s’accorde en lui parfaitement » ; alors, oui, « la Monarchie est la condition de la paix publique » ; « la Monarchie est la condition de toute renaissance de la tradition et de l’unité dans notre pays ». Alors oui, « c’est pour l’amour de cette unité, de cet ordre, que commence aujourd’hui notre guerre quotidienne au principe de la division et du mal, au principe du trouble et du déchirement, au principe républicain ». Parce que cette déclaration, parue dans le premier numéro de L’Action Française quotidienne, le 21 mars 1908, n’a pas pris une ride, alors oui, nous pouvons conclure comme ses auteurs : «  À bas la République ! et, pour que vive la France, vive le Roi ! » À bientôt !

François Marcilhac

Paru dans l’Action Française 2000 n° 2971 du 01 Février 2018 cliquez ici

13 commentaires

  1. Daniel PIGNARD says:

    Pourquoi CIVITAS ne s’y intéresserait-il pas ?

    • Cadoudal says:

      la presse papier est condamnée, car déficitaire.

      seule survit la grande presse , agréée par la Licra , celle qui fait les élections républicaines;

      grâce à d’ énormes subventions venant de nos impôts.

      Dieu et le Roi !

  2. balaninu says:

    Cela est triste un journal qui meure dans ces conditions …
    Mais peut-on faire taire tout le monde ?

    Merci pour ces années de lecture. Bon courage. Oui DIEU et le Roi !!

  3. Quand le pays, le peuple, le territoire, notre France est en danger, comme jamais de son histoire, on ne peut pas se demander si c’est un problème politique, si le sauveur sera un roi, ou un président. Le traître qui nous livre, n’est jamais d’un parti, il n’est pas d’une nation, il n’est qu’un traître qui agite des drapeaux, comme des fanions.
    Pour sauver la France, tous les partis, tous les croyants, doivent s’unir. On ne peut se demander si on doit exclure un patriote pour sa religion, son appartenance politique. Les patriotes, c’est à dire ceux qui font passer la patrie avant tout, et même avant leur famille, avant eux mêmes, avant l’idée politique, sont dans tous les courants de la société française, et souvent là où on les attend le moins ! Non à ce clanisme crétin quand notre pays est menacé de l’intérieur par un étranger qui s’est emparé de notre nationalité, et veut notre destruction ! Athée, croyant, policisé, non engagé, la nation n’a que faire des religions et des partis, elle n’en veut qu’un seul, celui du français, qui reconnaît la France à ses valeurs et à son peuple créateur, le peuple français avec tous ses courants, mais son unicité historique, par le peuple qui l’a bâtie. Les minorités qui reconnaissent cette réalité, et ne la menacent pas, sont parties de la France ! Tous unis pour la France, sauvons la de l’agression étrangère qui la menace, cette extension musulmane, maghrébine insidieuse qui la gangrène. Taisons tout autre appartenance, que celle à la nation ! La France aux Français, sera sauvée par les Français unis ! Tout régime est susceptible d’être dévoyé en dictature ! Seule la vigilance et la capacité de mobilisation du peuple évite cette dérive mortelle. Plus le régime de base est libre, plus il permet au peuple de réagir. Personne ne peut contrer un tyran dans une dictature ! La république a permis à tous d’être, et votre présence le prouve. Défendons ce droit à tous avoir le droit d’être, ce qui aujourd’hui nous est contesté par une dérive vers la dictature islamique et des traîtres souhaitant la destruction de notre nation ! Vrais Français tendons nous la main et aidons nous, mobilisons nous, pour sauvert notre bien, notre mère la France.

    • La monarchie garantit une certaine stabilité, ce qui n’est pas négligeable…

  4. Je souscris entièrement aux idées exprimées dans cet article. Mes félicitations!
    Déjà, je trouve la formule “Les Républicains” très restrictive, idéologique et partisane… Je n’aime pas cette appellation, je préfèrerais que l’appellation soit axée sur “la France et les français” exclusivement. Il faut cesser d’imiter les américains pollueurs des esprits et reprendre notre indépendance, cesser de subventionner les associations gauchistes, ces cinquièmes colonnes qui trahissent et détruisent le pays…
    Bismarck ne s’est pas trompé quand, pour affaiblir la France, il nous a imposé la funeste “Ripoublique Médiocratique”, car la “Ripoublique”, c’est le pouvoir de l’étranger et le pays est en voie de déliquescence chronique…
    L’avenir du pays est bien dans le rétablissement du système monarchique, il n’y a pas d’autre issue.

    • « Il faut cesser d’imiter les américains pollueurs des esprits […]. »
      Tout à fait d’accord, et une forte minorité de non-Français, y compris des Américains, le serait aussi, mais la pollution ne s’est pas répandue qu’en France ; il faut arrêter la dégringolade suicidaire de la culture européenne, qui bien sûr n’a pas été inventée à Bruxelles.

  5. Daniel Daflon says:

    Je ne suis pas certain qu’une monarchie est un système forcement meilleur qu’une république. Quelques exemples ? La Grande Bretagne, la Suède, la Belgique, l’Espagne et les Pays Bas, pour ne citer que ceux là, sont des monarchies, et pourtant tous ces pays sont sensiblement tombés aussi bas que la France en ce qui concerne l’immigration massive. Par conséquent, il est évident qu’un simple changement de système ne résoudrait rien à lui seul. D’autre part qui serait le roi ? Probablement un rombier issue de l’aristocratie actuelle.
    Mais le sujet, pour être traité, requiert plus que quelques lignes, et je reviendrais plus longuement sur le sujet.

    • Merci, je serai au rendez-vous, si Dieu le veut.

    • Cadoudal says:

      la République est la forme politique de la Révolution maçonnique , nihiliste, anti chrétienne.

      le Roi de France portait sur ses épaules la charge de défendre la civilisation catholique.

      il faisait serment à Reims de s’ acquitter de ce noble devoir.

      rejeter la République , ses pompes, ses œuvres, c’est le devoir politique et religieux des catholiques de France

      c’est suivre Jeanne d’ Arc et fuir les Cauchons actuels.

      Dieu et le Roi !

  6. Rèveil français la république française est en danger et nos valeurs et nos entreprises et notre civilisation…

  7. de brugiere jean francois says:

    je regrette, nous tregrettons, que l’AF arrête sa parution. Après la NRH de venner Conrad … c’est encore une atteinte ànos idées. Mais je vois mal comment faire face au nouvelles technologies de l’information. Nous avons R Courtoisie, TV Libertés sur le net. Chacun de nous ( à part qq « anciens » qui n’ont pas internet) passent des heures / jour sur internet … et ne lisent plus ou bcp moins. .. mais ont un meilleur accès à l’info.
    Le principal est de rester au contact du  » combat » et de ne pas abandonner.
    Nous sommes seuls contre tous les lobbys. C’est une gloire.

    jf de saumur

Social Media Auto Publish Powered By : XYZScripts.com