Les Bonnets Rouges avaient annoncé une manifestation pour le 14 juin mais ils n’ont dévoilé qu’aujourd’hui son caractère ainsi que les points de rendez-vous. Ils invitent tous les manifestants à venir dès 12h avec pique-nique, drapeaux bretons et bonnets rouges devant les 18 Préfectures et sous-Préfectures de Bretagne : Ancenis, Brest, Chateaubriand, Châteaulin, Dinan, Fougères, Guingamp, Lannion, Lorient, Morlaix, Nantes, Pontivy, Quimper, Redon, Rennes, Saint Brieuc, Saint Malo, Saint Nazaire, Vannes. Le mouvement tente peut-être de donner un côté festif à la manifestation. Est-ce un moyen d’attirer plus de familles et de relancer le mouvement ? Ou bien de donner le change ? Qui sait ce qui se passera après le pique-nique ?

Ils renouvellent leurs revendications: maintenir la gratuité de nos routes, supprimer l’écotaxe, en finir avec les distorsions de concurrence et le dumping social, libérer les énergies, relocaliser les décisions nous concernant et développer une Bretagne forte à 5 départements.

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5 commentaires

  1. Monsieur T says:

    Des piques-niques, lol, ce mouvement est mort, faire la révolution avec des sandwichs jambon-beurre et des canettes de bières, il y en a qui doivent être mort de rire en au lieu.

    • Elieja says:

      Vous avez oublié « un pique nique estival avec un bonnet rouge ! » siouplé. Pour ne pas s’enrhumer 🙂

  2. Pierre says:

    Pour qui roulent les Bonnets Rouges ?
    Ne nous leurrons pas sur cette histoire de Bonnets Rouges.
    Il ne s’agit là que de l’usurpation d’un mouvement historique qui n’avait strictement rien à voir avec le mouvement actuel.
    Ce mouvement n’a rien d’un mouvement populaire. Il est entièrement manipulé par certains leaders économiques bretons. Notamment Alain Glon, leader dans la transformation de poulet d’importation, et l’emploi de personnels non autochtones… Ce mouvement utilise des Idiots Utiles, tels le maire de Carhaix, pour nous faire croire qu’il défend les intérêts des Bretons. Mais il s’agit bien de mettre en oeuvre la politique mondialiste prônée par « L’institut de Locarn « , « think-thank » ultra mondialiste visant à promouvoir L’Europe libérale, la mondialisation économique, le nivellement social par la base, l’importation de travailleurs étrangers, la mise en avant des régions, et la disparition des Nations Européennes. Les Bonnets Rouges ne sont qu’un « coin » de plus dans la démolition de la cohésion nationale de la France.
    Défendre une langue, une culture, un peuple, est une chose. Le mener à sa perte en est une autre.

    Non aux Bonnets Rouges !!

    Breiz, ma bro.

    Breiz, da viken.

  3. Pierre says:

    Ci dessous, copie d’un article très intéressant pour mieux comprendre les vrais dessous « Bonnets Rouges », et « L’institut de Locarn » :Remarquable article que je vous propose de lire

    AGRO INDUSTRIE, Syndicalisme et business
    Fusion – confusion
    Dis papa, c’est quoi un fond d’investissement ? Un fond d’investissement, c’est une plateforme de rencontre, oui un peu comme meetic, qui réunit des banques, on dit des financiers, des entrepreneurs et des gens comme toi et moi qui veulent gagner de l’argent en proposant une partie de leur épargne. Cet argent servira à une entreprise à démarrer ou à investir pour un futur rayonnant. Ils ont souvent des diplômes qu’ils affichent et des compétences, un travail pas assez bien payé pour eux, un goût très prononcé pour l’argent, des valeurs morales très chétives. Ils veulent devenir des partenaires actifs. C’est-à-dire proposer leur argent, leurs services ou leurs conseils à des entreprises. Ou encore, devenir des partenaires passifs. Ce sont des investisseurs individuels, on les appelle comme ça. Alors, pour entrer dans la grande communauté du fond d’investissement, ils en appellent aux anges du business international qui vont diffuser leur offre dans le monde entier, par courriel. Les anges de la finance aiment tout le monde. Ils mettent tout le monde en réseaux. Tout se fait très simplement sur les plateformes virtuelles du meetic de la finance. Les entrepreneurs y trouvent de l’argent et les investisseurs des intérêts, pour mettre du beurre dans leurs épinards. Beaucoup de beurre si possible, allez 15% ce serait bien tant qu’à faire. Et tout ce monde sera intéressé à l’affaire. Qu’ils disent.
    Par exemple, SOFIPROTEOL c’est un énorme fond d’investissement qui décide aujourd’hui de notre agriculture en France et ailleurs.
    A la tête de SOFIPROTEOL il y a Xavier BEULIN qui est le leader de la FNSEA le plus grand syndicat agricole français. Un syndicat tu vois, c’est une organisation qui défend les droits de ses adhérents et des gens de la profession et qui assure leurs protections sociales. Là, entre SOFIPROTEOL Xavier BEULIN et la FNSEA, on peut dire qu’il y a fusion. Mais quand il y a fusion entre le business et le syndicalisme, c’est la confusion. Malheureusement tu vois, ça existe.
    Le grand fond d’investissement a ses lobbyistes. Des représentants de commerce bien intégrés dans les commissions à Bruxelles. Là où se distillent les futures lois du marché. Les représentants participent aux Grenelles. Avec un beau discours plein de valeurs morales qui reposent sur deux mots faciles à retenir, Hygiène et Sécurité. Et ils ont tous une calculatrice réglée sur les cours de la bourse. Là aussi, c’est la grande Confusion. On mélange l’intérêt général avec l’intérêt des entreprises. Mais ça passe. Les lobbyistes sont là pour faire valider les Normes qui ont été calculées dans les beaux laboratoires des filières innombrables de SOFIPROTEOL et des autres grandes industries. Les Normes sont utilisées en vérité pour maintenir les intérêts des entreprises et des investisseurs qui assurent la stabilité des fonds d’investissements. Et avec les Normes validées par Bruxelles, l’industrie organise les crises qu’elle veut par filière … Crise de l’œuf, organisée. Crise du Lait, organisée …
    SOFIPROTEOL, pour en revenir à notre agriculture, c’est une énormité. C’est l’empire des agro carburants tu sais, les grandes plaines de la Beauce qui ondoient pour faire de l’huile pour mettre dans nos moteurs … le Diester, pas d’autre concurrent chez nous, l’Oléo chimie et sa grande dérive verte, c’est lui, Novance, Oléon, anciennes filières du groupe Total Fina Elf … les Huiles Lesieur, mayonnaise, glycérine pour la Pharmacie et l’Armement ! Oh l’armement oui … et puis l’Industrie des OGM, la Sélection Génétique … Hendrix Genetis, France Hybride … porc, bœuf, poule tout y passe. C’est la grande sélection. Sélection Végétale IN VIVO les semences et allé … Glon Sanders racheté par Sofiprotéol leader de la Nutrition Animale en développement, et les croquettes à faire pousser plus vite. En ce moment tu vois, ils assaillent l’Afrique du nord et les agriculteurs passent en intégration. Ça veut dire qu’on leur fait signer, comme à nos agriculteurs français, des contrats pour être certain qu’ils se plieront aux règles et aux prix de Sofiprotéol. Alors ils ne sont pas libres de travailler comme ils veulent ? Non, ça fait longtemps qu’ils ne sont plus libres. Attends, c’est pas fini.
    Sofiprotéol, c’est aussi la moitié des Pesticides fabriqués et consommés en France. Mais. Attends c’est pas fini. Sofiprotéol c’est aussi les plastiques détergents cosmétiques produits industriels d’origine végétale lubrifiants peintures cosmétiques, Pivert, Gamm Vert, bref Biomatériaux pour Emballages et Bâtiment et Agro pharmacie … Ah oui les médocs en partenariat comme ils disent, les vaccins les apports en vitamines minéraux et autres poudres de perlimpinpin pour les animaux d’élevage génétiquement sélectionnés, sans oublier la Presse Agricole bien entendu, très important la presse agricole … Oui, tu as raison, c’est comme à la Foir’fouille tu trouves de tout si t’es malin !
    En ce moment, l’Industrie Laitière et celle des œufs ne veulent plus que des salariés muselés. A ces nouveaux genres de salariés on laisse le titre de chef d’exploitation. Cette super industrie aime les super bosseurs qui sont de super investisseurs … ils deviennent juste des salariés, au regard des contrats de dépendance qu’elle leur fait signer. Sans recours possible. Super industrie ne voudrait pas courir le risque d’investir dans tout le matériel et bâtiment normé qu’elle exige en passant par les Grenelles, pour faire plonger les chefs d’exploitation les plus affaiblis, régulièrement. C’est comme avec la loi naturelle, les plus faibles n’y résistent pas. On élimine. Pas de maillon faible. Les normes constituent un support inestimable pour gagner de l’argent en prétextant le changement et la sécurité. C’est un bon levier. Les normes font la loi. La grande industrie ne pourrait pas non plus payer le nombre d’heures travaillées par les super bosseurs. Les agriculteurs travaillent comme des bêtes. Pour les attacher, la super industrie a inventé les jolis contrats obligatoires type » A moi ton lait tu donneras, rien qu’à moi, jusqu’à la fin « . Sans recours possible. Appelons cela de l’esclavagisme organisé … ou servage ou … Il n’y a pas de mots ! Et les jolis contrats obligatoires très bien pensés par les juristes de l’industrie, coupent les pattes à toute possibilité d’intervention pour le vrai syndicalisme non récupéré par la pensée unique et dominante.
    Mais c’est pas juste ! Non c’est pas juste. Mais c’est très bien ficelé. C’est pas juste de trouver à la tête d’un Syndicat Agricole, le représentant d’un OGRE industriel dont les intérêts sont à l’opposé de la défense d’une agriculture humaine, tant pour les hommes que pour les animaux, l’environnement et le développement durable si bien nommé.
    Il n’est pas normal non plus que de nombreuses décisions politiques se prennent dans l’Institut préféré du Club des Trente, à Locarn au cœur de la bienpensance industrielle relayée par la politique régionaliste de la rigueur. Régionalisme décidé sans nous, les gens. A Locarn, gauche, droite, religieux et laïcs, économistes et scientifiques, se retrouvent amicalement autour d’un verre, d’un repas ou d’une conférence, pour inventer le futur ensemble mes frères ! A Locarn, c’est l’Union. La Réunion sur fond de musique bretonne, des Leaders, des monstres de l’industrie mondialisée et des petites entreprises cooptées, de la finance, des politiques et du crédit fraîchement parfumés à l’air iodé. A Locarn, on est Tous Bretons. On sait pourtant qu’avec le Big Business du genre TOO BIG TO FAIL, on peut s’attendre à tout. Mais à Locarn, le discours est très bien ajusté. Comme à la messe. Et ça passe. Quand la vérité apparait tellement invraisemblable on préfère croire au mensonge.
    Le produit en Bretagne pensé à Locarn, nous est servi sur un plateau Jaune et Bleue avec un phare et un ciré jaune soleil, symbole de la Bretagne résistante et des Bretons qui vont de l’Avant. Allez l’Avant. Le tout servi sur les boîtes de sardines, avec des jolis slogans sur la relocalisation ! La relocalisation servie par l’industrie mondialisée. C’est fort ! Comment ça y a confusion ! Et nous voyons apparaître ici et là ces jours ci, de belles affiches ou les agriculteurs contactés par les coopératives, posent heureux et souriants, reconnus en tant qu’Agriculteurs de Bretagne. C’est bien le moins qu’on puisse faire. Les reconnaître. Sur une affiche. Regardez les gens comme nous sommes des agriculteurs heureux ! On aurait tous envie d’y croire. Qu’importe la casse des protections sociales et la vérité du terrain, pour Locarn l’important, c’est l’Affiche.
    Pendant ce temps, dans la réalité, loin du virtuel, sans faire de bruit, des agriculteurs désespérés se pendent sous leur hangar et personne n’en parle. Pour la FNSEA le suicide des agriculteurs, fait partie de la légende. C’est dire si elle est loin d’eux. Et puis d’autres agriculteurs passent devant le tribunal et sont condamnés parce qu’ils ont tenté de se révolter. C’est pas bien les gars.
    Faut arrêter avec la crise des œufs, crise du lait… la crise, la crise ça suffit, au boulot les gars ! En Bretagne et ailleurs les agriculteurs sont heureux. On les voit. Sur l’affiche !
    Mais alors on fait comment ? On compte sur la résistance, celle de la Confédération Paysanne et des autres Syndicats indépendants et des Associations claires et non récupérées qui réclament plus de vérité, de transparence. On compte sur l’éveil des consciences des agriculteurs eux-mêmes s’il leur reste des forces, s’ils arrivent à se dépatouiller de leurs cotisations et de leurs peurs, et sur l’engagement des consommateurs pour faire pencher la balance … L’heure est plus que jamais à la solidarité. C’est pas gagné, mais faut y aller ! A l’heure où nos frigos se vident, nos cœurs et nos corps ont de plus en plus faim, de vérité.
    Régine Mary

  4. Pierre says:

    Et pour finir, un article ancien, daté de 2001, copié d’une page d’un membre de la Fédération Anarchiste ».

    J’y rajouterai une remarque: Pour préparer notre avenir, il nous faut bien connaître notre histoire.
    Le dernier conflit mondial et préalablement la montée du nazisme, ne furent pas seulement la résultante d’une succession d’événements aléatoires, mais bien d’un programme pré -établit.(Tout comme la révolution bolchevique en Russie) Le financement du Parti Nazi par les grandes banques américaines est aujourd’hui parfaitement connu, tout comme le soutien à l’industrie allemande et l’approvisionnement en pétrole de l’Allemagne par la « Standard Oil » de Rockfeller ( Aujourd’hui ExxonMobil).
    Ce qui l’est beaucoup moins, c’est l’exfiltration des scientifiques nazis par les américains (opération Paperclip), et beaucoup moins encore, l’exfiltration des hauts dignitaires nazis vers l’Amerique du sud, en avril / mai 1945, et notamment d’Adolf Hitler, et de sa retraite dorée à San Carlos de Bariloche, dans une immense villa au sein d’une gigantesque propriété au fin fond des montagnes d’Argentine…
    Tout ceci pour que l’on comprenne bien que ceux qui nous dirigent sont capables de toutes les manipulations et de toutes les turpitudes pour défendre leurs seuls intérêts, peut importe les conséquences et le prix à payer.
    Et, à l’heure ou se met en place en Europe une exacerbation des extrémismes de tous bords, assortie d’une totale déstabilisation du Maghreb et du Moyen-Orient, nous devons en prendre pleinement conscience: Semer une nouvelle fois le chaos en Europe et créer une confrontation générale avec les pays musulmans semble bien cette fois ci le scénario envisagé.

    Et nous devons prendre garde à ne pas être dupes, et à ne pas y rentrer tête baissée…

    L’INSTITUT LOCARN ou …

    LA MONDIALISATION*, C’EST ARRIVE PRES DE CHEZ VOUS
    (* Mondialisation = globalisation capitaliste)

    Depuis Seattle en juin 1999, les sommets internationaux des puissances étatiques et financières (G8, OMC…) sont perturbés par des manifestations de masse. La résignation face aux Puissants semble s’estomper et des milliers de personnes n’acceptent plus leur logique de course aux profits.
    Rusés, ces maîtres du monde jouent plusieurs cartes pour désamorcer les mouvements qui osent les remettre en cause :

    – Fichage et répression policière gigantesques !

    – Coûts des déplacements en temps et en argent pour les opposant-e-s. Les prochains sommets seront excentrés…

    -Tentative d’intégration des forces contestataires les moins radicales pour mieux les absorber et pour éloigner les véritables éléments subversifs.

    Mais les sommets ne sont que la partie “ spectacle ” des échanges entre puissants pour se partager le gâteau “ monde ”. Nous ignorons presque tout de leurs réunions secrètes, des tractations entre groupes de pressions (les fameux lobbies)… A tel point que les représentants des Etats ne représentent guère les intérêts de leurs électeurs et électrices, mais bien ceux du monde capitaliste.
    Et parfois il ne suffit pas d’aller loin pour trouver où s’organisent les requins. Ainsi, cette fois, nous ne nous épuiserons pas pour aller jusqu’au Qatar, prochain sommet de l’OMC. En centre Bretagne, il existe un des éléments clés de cette mondialisation, intitulé “ Institut de Locarn, cultures et stratégies internationales ”. Avançant sous les traits de l’élite des forces vives économiques bretonnes, autoproclamé le “ Davos breton ”, cet organisme de formation idéologique mélange savamment élitisme, ultra-libéralisme, catholicisme intégriste et nationalisme.

    C’est pourquoi, manifester à Locarn contre cette institution ne se limite pas à une lutte symbolique et abstraite : il s’agit de montrer comment les thèses réactionnaires de cet institut se traduisent concrètement pour mieux les combattre.
    Son objectif politique étant la constitution d’une Europe des régions dont le lien serait le catholicisme, avec l’entreprise comme famille et le patron comme chef de famille. Locarn voit en effet dans la guerre économique une guerre des cultures. Il ne faut pas sous-estimer la capacité de nuisance des idées que diffuse cet institut : “ la mondialisation unifie, efface les frontières mais en même temps en crée de nouvelles. C’est pourquoi les élites régionales ne sont pas défavorables à la mondialisation ni à l’Europe. ” (Alain DIECKHOFF : Directeur de recherche au CNRS, intervenant à Locarn le 23/03/2001).

    TOUTES ET TOUS A LOCARN LE SAMEDI 10 NOVEMBRE 2001

    Créé en 94, à Locarn (près de Carhaix), par Joseph Le Bihan, professeur d’économie en HEC et ex-consultant de la DGSE (= services secrets), l’Institut se définit comme un centre de recherche et de prospective pour les patrons bretons. Appelé à “ imaginer la Bretagne du futur ”, “ à bâtir de nouvelles lignes d’horizon pour la Bretagne de demain ”, Alain Glon, J-P Le Roch (Intermarché), J-J Hénaff (les pâtés), Patrick Le Lay (TF1) et une soixantaine d’autres patrons bretons ont lâché chacun 100 000 F pour la création de “ l’Institut ”, les collectivités publiques assurant l’autre partie du financement.
    Inauguré par l’Archiduc Otto de Habsbourg, membre de l’Opus Dei et par Yvon Bourges (ex-président du Conseil régional de Bretagne), l’Institut de Locarn ambitionne de faire de la Bretagne “ un tigre économique dans une Europe fédérale ”.
    L’Institut réunit les représentants du secteur privé industriel, agricole, commercial et médiatique, mais aussi des services publics (EDF, France-Télécom) de sociétés d’économie mixte (Port autonome de Nantes-St-Nazaire) et de coopératives agricoles (Coopagri). Tout ce petit monde se retrouve pour chercher ensemble les moyens de leur expansion.

    *** *** ***

    Le fond de commerce de l’Institut de Locarn : “ Les fondements de notre action, de l’action des décideurs et des entrepreneurs sont :
    L’enracinement dans notre culture bretonne.
    La capacité d’imaginer le futur. A Locarn, on invente le futur ” (Propos d’Alain Glon, Président de l’Institut de Locarn).

    Pourquoi donner tant d’importance au culturel ?

    Le stratagème des tenants du Pouvoir pour rallier le plus grand nombre à leurs objectifs et éventuellement détourner la contestation consiste à les orienter vers d’autres voies, sous couvert de projet de société. La ficelle classique est le nationalisme (ou sa variante régionaliste). Celui-ci consiste à faire croire et adhérer à des projets communs entre tous les habitant-e-s d’un territoire, peu importe leur situation dans l’échelle sociale. Leur but n’est donc pas tant de soutenir une culture riche de diversité et vivante mais bien de s’en servir comme véhicule pour développer leurs affaires. Sous cet aspect, la culture mâtinée de nationalisme n’est pas un rempart contre la mondialisation mais bien un de ses aspects, sans doute parmi les plus difficiles à combattre. L’Institut l’a bien compris…

    Constitué au printemps 2001, le Parti breton semble être la “ branche politique ” de Locarn, tant les sujets abordés à Locarn se retrouvent dans les objectifs de ce parti. Dans un courrier à Ouest-France, messieurs Divard et Moisan (ce dernier intervient régulièrement à Locarn sur les bio-technologies) écrivent ceci : “ de nombreuses analyses s’accordent pour dire que l’enracinement et l’identification d’un peuple à son territoire sont des facteurs incontestables de développement économique. L’Ecosse, l’Irlande, la Catalogne ou la Bavière en sont de brillants exemples ”.

    De son côté, Patrick Mareschal, adjoint au maire PS de Nantes qui fut le premier président du CUAB (Comité pour l’Unité Administrative de la Bretagne), partage l’idée que “ le sentiment identitaire joue un rôle dans l’autodéveloppement ”.

    Evidemment, jamais ces responsables politiques et économiques ne mettent au débat public quoi développer, pourquoi il faut le faire et au bénéfice de qui. Les dés sont dès lors pipés.

    *** *** ***

    Des media au diapason : Le sentiment d’identité, comme l’opinion, ça se travaille. L’hebdomadaire “ le Nouvel Ouest ” et TV Breizh, filiale de TF1, sont ainsi largement parrainés par l’Institut de Locarn.

    Cependant, ces deux media peinent à percer : ainsi, TV Breizh, lancée par Patrick Le Lay, PdG de TF1 et membre du Locarn, atteint à peine 0,1% des parts d’audience.
    Ouest-France est, par ses éditorialistes et en particulier son PDG François-Régis Hutin, une chambre à écho des thèses de Locarn (Europe des Régions, défense du catholicisme, anti-syndicalisme…).
    Dans le même registre, Ouest-France a publié l’Histoire de Bretagne en bande-dessinée de Secher et Le Honzec (ex-dessinateur de Minute). Le travail de Secher est l’objet de controverse car celui-ci tente de présenter l’identité bretonne comme victime d’un perpétuel ethnocide culturel. Secher est membre de Locarn et les mécènes de l’Histoire de Bretagne sont entre autres : Citroën (dont le directeur rennais, Auguste Genovèse, fut président des “ Amis de l’Institut ”), Glon, Hénaff…

    *** *** ***

    Le modèle prôné par Locarn : Au fil des conférences de Locarn se dessine le modèle recherché par ses membres :

    Donner plus de puissance aux régions au détriment de l’Etat… (“ gestion autonome des établissements scolaires, régionalisation de la Sécurité Sociale, création d’un fonds de pension régional… ”),

    Des petites économies compétitives organisées en réseau, “ nouveaux moteurs de la globalisation ”, l’Etat central se consacrant essentiellement à ses fonctions régaliennes (défense, police, justice),

    – Le modèle pour les institutions européennes est “ le Saint Empire Romain Germanique qui rassemblait les Etats et les villes libres confédérées ” (expression de Sylvain Wicklam, intervenant aux rencontres de Locarn du 19/02/1999).

    *** *** ***

    Un changement d’image qui ne vaut pas reniement : En février 2000,
    les dirigeants de l’Institut de Locarn font leur mea-culpa : ils veulent
    rompre avec “ une certaine opacité qui leur a valu une image un peu
    obscure ” et déclarent favoriser “ le développement d’un modèle qui
    n’ait pas seul fondement l’économique mais intègre également les réalités
    culturelles et une tradition humaniste ”.

    Il s’agit surtout de redresser un déficit d’image dont a eu à souffrir
    l’Institut, avec des attaques de la part de divers journaux, Golias,
    l’Humanité, Libération, Lettre à Lulu… En bref, l’Institut de Locarn
    semble mettre un peu d’eau dans son vin (de messe ?). Les références
    religieuses se font plus rares. L’Institut deviendrait-il une simple Chambre
    de Commerce et d’Industrie parallèle ?

    *** *** ***

    Consensus sur la notion de développement des affaires…
    Fondamentalement, le but de l’Institut de Locarn reste le même :
    développer les affaires, d’une part en créant lobbies et réseaux de
    décideurs, d’autre part en s’appuyant sur un sentiment identitaire régional breton et en tentant d’y greffer des corporatismes de “ pays ”.
    Mais délesté en façade de ses caractéristiques les plus réactionnaires, il est plus facile pour l’Institut de Locarn d’obtenir un consensus “ développementiste ” avec les divers courants politiques, de droite ou de gauche.

    Lors du séminaire du 7/11/2000, Glon proposa “ qu’auprès de chaque élu régional il y ait une équipe composée d’un représentant de l’Institut de Locarn, d’un administratif, d’un représentant du Conseil économique et Social ”… Proposition à laquelle répondit favorablement Josselin de Rohan, actuel Président du Conseil Régional de Bretagne. On se demande à quoi bon voter si ce sont les patrons qui prennent les décisions !
    Application pratique : quelques importants projets de déménagement du territoire, comme l’aéroport international de Notre-Dame des Landes (entre Nantes et Rennes) ou le génopole Ouest (réseau de laboratoires de recherche en génétique), projets qui reçoivent les soutiens aussi bien des mairies social-démocrates de Nantes, Rennes, St-Nazaire et des conseils régionaux de droite de Bretagne et des Pays-de-la-Loire.

    En clair (et ce n’est pas particulier à la Bretagne), tout ce petit monde communie à l’autel de l’expansion économique sans fin, qui signifie aussi pérennité de leurs pouvoirs économiques et politiques, mais pour le commun de l’humanité, productivisme, pollution, malbouffe, exploitation, aliénation et soumission à ces soi-disant élites qui seraient seules légitimes à définir et à exprimer nos besoins.

    *** *** ***

    Une approche guerrière de l’économie : L’Institut de Locarn aurait-il vraiment mué vers un modèle d’une économie “ humaniste ”, comme l’indiquait ses dirigeants au début de l’année 2000 ? Où est l’humanisme quand l’Institut démarre début 2001 un cycle de formations en lien avec l’Ecole de Guerre Economique (EGE) ?

    L’EGE est liée à la grande école de Commerce, l’ESSCAE : “ Rapports de force ”, “ affrontement global ”, “ conquêtes de parts de marchés ”, “ lutte contre la concurrence ”, voilà quelques mots-clés dans la littérature de cette école, qui rejoint les préoccupations de Locarn.
    Sont notamment au programme l’étude “ des campagnes médiatiques orchestrées par des concurrents prédateurs, le détournement de certains thèmes protestataires de la société civile ” ou encore “ l’usage subversif de la connaissance …la communication offensive… la détection des manipulations des thèmes éthiques sur l’échiquier sociétal ” (cf site internet de l’EGE).

    Difficile de trouver quoi que ce soit d’humaniste dans ce programme : nous voici dans le cœur de la mondialisation. Il ne s’agit pas de développer des coopérations pour un mieux-être humain, mais bien d’exacerber et de généraliser la concurrence entre entreprises et pays en se dotant de tous les moyens, y compris des manipulations pour vaincre la concurrence ou démolir de soi-disant alliés objectifs de la concurrence (syndicats, associations, écologistes, etc).

    *** *** ***

    Quel rapport avec L’OMC ?

    Créée en 1995, l’Organisation Mondiale du Commerce a pour objectif d’établir les grandes règles du commerce international. A ce titre, de nombreux aspects de notre vie quotidienne sont directement concernés par les négociations de l’OMC : agriculture, services publics, culture, alimentation…

    Le caractère nocif de l’OMC n’est plus à démontrer : disparition des cultures vivrières rendant les peuples dépendant de la production des pays exportateurs, remise en cause des services publics, prépondérance des économies les plus fortes au détriment des pays en développement…
    L’OMC est une des structures dont le capitalisme transnational s’est doté avec le FMI et la Banque Mondiale. Ses structures seraient sans objet sans les relais que constituent les Etats ou leurs unions (Union Européenne, ALENA en Amérique), et sans les entrepreneurs plus ou moins grands qui s’inscrivent dans ces logiques. Voilà que l’on pense à l’Institut de Locarn ! L’OMC tient son sommet au Qatar du 8 au 12 novembre. Nous manifestons contre le tentacule “ Institut de Locarn ” le samedi 10 novembre.

    Pour un autre modèle économique et social !

    Le “ capitalisme de proximité ” prôné par Locarn est un détournement du “ vivre et travailler au pays ”, revendication légitime de populations souvent amenées à émigrer vers la Région parisienne. Mais pour beaucoup, ce système signifie “ trimer et mal vivre au pays ”.
    Des gens luttent contre “ l’avenir radieux ” que nous prépare cette bourgeoisie bretonne alliée aux potentats locaux de droite et de gauche. Luttes des populations des alentours de Notre Dame des Landes, luttes de paysans contre les technologies OGM, lutte de salarié-e-s dans les entreprises, lutte d’habitant-e-s pour la qualité de l’eau.
    La réussite de ces mouvements est une étape : l’objectif est pour nous l’égalité économique et sociale et le droit pour les individus de s’associer librement, pour en finir avec toutes les formes d’exploitation et de domination, qu’elles soient étatiques, patronales, religieuses ou patriarcales.

    Nous tirons nos informations du site internet de l’Institut de Locarn même, de la revue Golias (n°59), du Réseau Voltaire,
    de Ouest-France, de l’Humanité, de La Lettre à Lulu, de Marianne, d’un forum de discussion de Breizh Info…

    MANIFESTONS DEVANT L’INSTITUT DE LOCARN « LE DAVOS BRETON ! » LE 10 NOVEMBRE (15h00) PENDANT LE SOMMET DE L’OMC. LOCARN EST A 8 KM AU NORD DE CARHAIX, EN BRETAGNE

    Pour celles et ceux qui veulent plus d’arguments :

    A l’origine de l’Institut, de fortes références catholiques…

    Si le patronat breton est traditionnellement proche de la démocratie chrétienne, on note une radicalisation de ce catholicisme sous l’impulsion d’un certain nombre de participants actifs de l’Institut de Locarn.
    – Joseph le Bihan, son fondateur, est connu pour ses prises de position ouvertement racistes sur l’Occident chrétien, le déclin démographique, la rechristianisation, etc.
    – Guy Plunier (un dirigeant d’Yves ROCHER) qui fut secrétaire général de l’Institut est le cofondateur du Cercle des Nations à Bruxelles, de Catholiques pour les Libertés Economiques (CLE). Le président de CLE est le conseiller économique de Le Pen. CLE organise des conférences mensuelles pour les conseillers économiques des gouvernements catholiques d’Amérique du Sud et d’Europe centrale. Guy Plunier est membre de l’Opus Dei…
    – Parmi les financeurs de la venue du Pape en France en 1996, figurent Jean-Pierre Le Roch (président du groupe Intermarché) et ex-président de l’Institut, Yves Rocher, etc… C’est d’ailleurs, depuis l’Institut, qu’a circulé une pétition réclamant un discours du Pape en breton lors de son étape à Sainte Anne d’Auray…
    – L’Institut a été béni par le moine bénédictin (et intégriste) “ Dom Le Gall ”.
    – Une Europe des régions catholiques offre un cadre éthique et rassurant pour le patronat en mal d’identité et lassé des contraintes sociales. C’est dans cet esprit qu’il faut comprendre la genèse de cet Institut. Et, précise Glon (actuel Président de l’institut), si l’Institut s’ouvre désormais sur l’extérieur, c’est en conservant sa vocation.
    – L’Opus Dei est une société secrète au sein de l’Eglise catholique. Née en 1928 en Espagne, elle a pour objet de restaurer les valeurs morales. Soutien de Franco jusqu’à sa mort, elle recrute à travers le monde parmi tous ceux et toutes celles qui peuvent être influents (du monde religieux au monde politique, économique, etc…). Son rôle de lobby au sein des institutions européennes est notoire…

    L’Institut de Locarn et l’agro-alimentaire

    L’actuel président de l’Institut de Locarn, Alain Glon, dirige le groupe Glon-Sanders, basé près de Pontivy (56). Depuis l’été, des publicités dans le Télégramme et Ouest-France vantent ce fabricant d’aliment pour l’élevage…
    En créant un véritable système destiné à importer des farines britanniques en France jusqu’en 1996, les industriels comme Glon, leurs filiales et intermédiaires, ont profité des carences de l’Administration pour accumuler d’énormes profits. On sait aujourd’hui que ce sont ces farines animales qui ont véhiculé l’ESB, responsable de la vache folle.
    Glon est devenu un des hommes les plus puissants de la région. Il est désormais N° 1 du secteur. Bien sûr, chez cet ambitieux entrepreneur, les syndicats n’ont guère le droit de citer.
    Le 16 février 2001, le séminaire mensuel de Locarn visait la défense du modèle agricole breton “ associé à l’industrie et aujourd’hui mis en cause ”. Et, pour ne pas être en reste, l’Amiral Guy Labourie, insiste “ nous devons réussir avec la mer ce que nous avons réussi avec l’agriculture ”.
    Ca promet !

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