Les chiffres officiels du PIB des Etats-Unis d’Amérique continuent d’augmenter, malgré la « crise » de 2007–2008 et les turbulences des années 2000. Ainsi, on peut comparer les PIB nominaux des pays suivants :

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En apparence, les USA dominent outrageusement, culminant presque au double du suivant, qui est la Chine, et encore plus loin devant les grands pays européens : Allemagne, France, Royaume-Uni, etc., dont la population est certes nettement plus faible numériquement.

La corrélation en France entre le PIB et le chômage

Il est très étrange d’observer que la courbe de croissance du PIB soit totalement décorrélée du niveau de l’emploi et de la population active aux USA. Par exemple, si on prend le cas de la France, depuis quelques années, le chômage ne cesse d’augmenter.

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Sans surprise, le PIB par habitant en France est en baisse, ce qui ne fait que refléter l’effondrement progressif de l’économie française actuellement en cours. Ainsi, on peut observer la courbe suivante :

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En clair, le PIB par habitant en France baisse depuis 2007, ce qui est logique puisque de moins en moins d’habitants ont un travail. Naturellement, on peut objecter qu’il y a des effets de lissage des chocs économiques et que la productivité et la contribution de chaque travailleur au PIB sont variables. Mais une corrélation globale demeure et c’est là que les chiffres des USA sont suspects.

Le cas américain

Si l’on regarde la population active aux USA, depuis la crise de 2007–2008, le nombre d’emplois à temps plein aux USA a considérablement chuté. Rapporté à la population totale âgée de 16 à 54 ans (en âge de travailler), le pourcentage d’emplois à temps plein (full-time workers) a chuté de 52% à 47%. Il se situe maintenant à un niveau historiquement bas. Depuis les années 1980, ce taux oscillait entre 50 et 54%. En pratique, ce niveau est proche de celui des années 1960-70. En fait, tout porte à croire que les USA retournent vers une situation similaire à celle des années 1960-70, en terme d’emploi et de niveau de vie, avec des problèmes d’endettement et d’hyper-pauvreté en plus.

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Emplois à temps plein aux USA (en rouge et en pourcentage de la population totale)

Actuellement, il y a aux USA : 92 millions d’inactifs et de chômeurs, et 148 millions d’actifs, dont 118 millions de travailleurs à temps plein, et 30 millions de travailleurs à temps partiel ou auto-entrepreneurs.

Après un sommet dans les années 1990, l’emploi total aux USA est sur une pente baissière. La crise de 2007-2008 est un peu l’arbre qui cache la forêt. La situation était en réalité déjà en voie de dégradation dès le début des années 2000.

Entre 2000 et 2013, le taux d’emploi est passé de 67% à 63%, soit une baisse de 4% en 13 ans ou une baisse de 0,3% par an. Chaque pourcent représente 1% de 92+148= 240 millions en âge de travailler, soit 2,4 millions de personnes. Cela signifie que, depuis le début des années 2000, les USA ont perdu environ 10 millions d’emplois en 14 ans, au rythme moyen de 800 000 par an.

A ce rythme, si rien ne change, les USA devraient retomber au taux d’emploi des années 1960 et 1970, dans une dizaine d’années, entre 2020 et 2030. La ligne de tendance en rouge sur le graphique ci-dessous est un peu sévère, mais la tendance à la baisse est correcte.

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Evolution de l’emploi total aux USA (à temps plein ou partiel)

Actuellement, l’économie des USA est donc structurellement destructrice d’emplois, qu’ils soient à temps plein ou partiel.

Analyse des chiffres américains

L’année 2000 est un point charnière. De 1960 à 2000, l’emploi aux USA s’est continument amélioré, passant de 59% à 67%. En parallèle, le PIB montait continûment.

En 2000, le PIB de l’Allemagne est aux alentours de 2 000 milliards de dollars, et celui des USA autour de 10 000, cinq fois plus, ce qui reflète concrètement le ratio des populations en âge de travailler entre l’Allemagne et les USA. La situation paraît donc assez normale à cette date.

D’après les statistiques officielles, le PIB des USA serait passé de 10 300 milliards en 2000 à 16 800 en 2013, alors que ce pays a perdu environ 10 millions d’emplois en 14 ans, au rythme moyen de 800 000 par an. C’est tout simplement incompréhensible. Notre analyse est que la courbe du PIB des USA est réaliste jusqu’en 2000, mais depuis cette période, on observe une discordance sévère entre le PIB annoncé et la réalité probable.

Logiquement, en rapport au taux d’emploi qui a baissé de 4% en absolu et de 6% en relatif (4% rapporté à 67%), le PIB devrait avoir baissé de 6% entre 2000 et 2013 et devrait se situer aux alentours de 9 700 milliards. La courbe reconstituée d’après le taux d’emploi est la suivante :

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Prétendre que le PIB des USA serait réellement de 16 800 milliards suppose donc que l’économie des USA (dont le nombre d’actifs baisse !) aurait amélioré sa capacité à générer du PIB de 73% en 13 ans (16800/9700 = 1,73). Si on admet que cette capacité à générer du PIB serait stable, hors effets liés à la durée du temps de travail annuel ou de la productivité, cela signifie que sur les 16 800 milliards annoncés officiellement, 7 100 sont de la pure daube inventée de toutes pièces. Il est étonnant que personne ne s’interroge (publiquement ?) sur le niveau du PIB américain en total décalage par rapport à une situation de l’emploi en dégradation permanente.

Allocataires de bons alimentaires aux USA

Conséquence de la destruction massive d’emplois : le nombre d’allocataires de bons d’alimentation augmente, pratiquement dans les mêmes proportions, passant de 45 millions à 57 millions entre 2000 et 2013.

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Les hyper-pauvres (en rouge) augmentent plus vite que le nombre d’actifs

Le ratio entre allocataires de bons d’alimentation et travailleurs à temps plein est passé de 1 pour 3 dans les années 1960–70 à 1 pour 2 aujourd’hui, ce qui pose la question de savoir combien de temps un nombre de travailleurs en baisse pourra subvenir aux besoins d’un nombre croissant d’allocataires.

Depuis l’année 2000, le nombre de pauvres augmente deux fois plus vite que durant la période 1960-2000, alors que le taux d’emploi se dégrade. L’équation n’est évidemment pas tenable dans le long terme. Si les courbes actuelles continuent leur tendance, dans 20-25 ans, elles se croiseront aux alentours de 80-85 millions, et il y aura alors autant d’allocataires de bons alimentaires que de travailleurs à temps plein aux USA.

On comprend mieux pourquoi la police aux USA s’équipe maintenant avec les armes et les véhicules du Pentagone…

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4 commentaires

  1. Peut-on connaître vos références ?

  2. Merci du lien vers cet article, encore plus distrayant que les autres. Car il y a bien de quoi se « bidonner »!

    RS87 a posé une bonne question.

    – Pourriez-vous en particulier étayer l’affirmation suivant laquelle: « ce pays a perdu environ 10 millions d’emplois en 14 ans, au rythme moyen de 800 000 par an », qui sert de clé de voûte à votre démonstration?

    Votre calcul est faux, car vous négligez un accroissement démographique de 39 millions d’habitants au cours de la période.

    Vos 240 millions, c’est en gros la « civilian noninstutional population », qui correspond à la population âgée de 16 ans et plus. Suivant les chiffres officiels à ma disposition (census.gov pour 2000, BLS pour 2014), le chiffre est de 249 millions à décembre 2014, pour une population active (civilian labour force) de 156 millions.
    En 2000, ces chiffres étaient respectivement de 217 millions pour 137,6 millions.

    Donc pendant que le taux d’activité diminuait de 6%, la population totale et la population de plus de 16 ans augmentaient d’environ 14%, et la population active un peu moins (13.4%).

    Reprenons le calcul
    En 2000: 67% x 217 millions = 145 millions
    63% x 249 millions = 156 millions

    Au final, on retrouve à peu près les chiffres officiels suivant lesquels le nombre d’emplois total a bien augmenté entre 2000 et 2014, mais moins vite que la population. On peut bien entendu reprendre ces calculs de façon plus précise, mais cela ne changera pas la tendance.

    Alors, où sont-ils, ces 10 millions d’emplois détruits?

    – Votre graphique du PIB n’est pas corrigé de l’inflation. 100 USD de 2000 équivalent à 137 USD de 2014 (sur base CPI)

    – « le nombre d’allocataires de bons d’alimentation augmente, pratiquement dans les mêmes proportions, passant de 45 millions à 57 millions entre 2000 et 2013 »

    Votre graphique représente les bénéficiaires de la « social security » américaine. Environ 70% de ces bénéficiaires sont des retraités qui touchent les « Retirements Insurance Benefits » (OASI/OASDI). Tout ce que ce graphique vous apprend, c’est le vieillissement de la population américaine et l’arrivée à la retraite des « baby boomers ». Aucun rapport entre les données brutes et votre analyse, une fois de plus.

    – Vous vous obstinez à analysées des séries économiques de long terme en ignorant les questions démographiques, les changements législatifs et règlementaires qui perturbent vos séries temporelles, et ainsi que l’inflation. Espérez-vous convaincre quelqu’un de cette façon?

    • Très bonne analyse JPA.
      Ce n’est pas la première fois de toute façon que MPI commente des chiffres sans les avoir analyser … mais bon MPI est à l’information ce que l’astrologie et à l’astronomie : à quelques lettres près c’est la même chose et pourtant seul le dernier étaie son raisonnement par des preuves et des faits analysés correctement.

  3. « à analysées » –> à l’infinitif, oeuf corse…

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