Jean-Marie Le Pen publie le premier tome de ses Mémoires intitulé Fils de la nation, à quelques mois de ses 90 ans.

Dans ce premier volume, qui sortira le 1er mars prochain, il évoque son enfance jusqu’à la création du FN en 1972. Il parle de Pétain, de la guerre d’Algérie, de sa fille Marine… dans le langage politiquement incorrect qu’on lui connaît. De nombreux extraits sont sortis dans la presse mainstream, qui sait bien que parler de Le Pen fait le buzz…

Il réhabilite la figure du Maréchal Pétain et s’en prend au mythe gaullien :

« Celui-ci était légal et légitime, il avait passé avec le Reich un acte régulier et contraignant »,

écrit-il à propos du gouvernement de Vichy et de « la draconienne convention d’armistice » à laquelle était liée la France.

« Le Maréchal avait l’écrasante responsabilité de s’en accommoder pour permettre à quarante millions de compatriotes de survivre. (…) Que l’on puisse discuter ensuite de la politique de collaboration, de ses fautes, de ses excès, à condition qu’on examine les fautes et les excès de tous, je le veux bien, mais cela ne remet pas en cause ce que je viens de décrire. En somme, l’histoire a avalisé le jugement militaire du général de Gaulle mais cela ne délégitime pas pour autant l’action politique du maréchal Pétain ni la position morale des Français qui l’ont suivi. Si de Gaulle a eu de la vista, Pétain n’a pas manqué à l’honneur en signant l’armistice. L’opinion majoritaire était d’ailleurs que la France avait besoin d’une épée et d’un bouclier contre les Allemands et je l’ai partagée longtemps, jusqu’au jour où l’écoute de la radio de Londres m’en détrompa. Il m’apparut vite que pour les gaullistes de micro, l’ennemi était à Vichy plus qu’à Berlin. Les Français parlaient aux Français pour leur enseigner plus la haine du Maréchal que celle d’Hitler. J’en fus atterré. Je ne comprenais pas pourquoi. La raison était pourtant simple : il fallait que de Gaulle abaissât Pétain pour monter lui-même. »

« De Gaulle reste pour moi une horrible source de souffrance pour la France. »

En évoquant la Guerre d’Algérie qu’il a vécue en tant que parachutiste, il n’hésite pas à revenir sur la torture :

« On a parlé de torture. On a flétri ceux qui l’avaient pratiquée. Il serait bon de définir le mot. Qu’est-ce que la torture ? Où commence, où finit-elle ? Tordre un bras, est-ce torturer ? Et mettre la tête dans un seau d’eau ? L’armée française revenait d’Indochine. Là-bas, elle avait vu des violences horribles qui passent l’imagination et font paraître l’arrachage d’un ongle pour presque humain. (…) Cette horreur, notre mission était d’y mettre fin. Alors, oui, l’armée française a bien pratiqué la question pour obtenir des informations durant la bataille d’Alger, mais les moyens qu’elle y employa furent les moins violents possible. Y figuraient les coups, la gégène et la baignoire, mais nulle mutilation, rien qui touche à l’intégrité physique. (…) Il est plus que ridicule, il est pervers, il est profondément immoral, de jeter l’opprobre sur des hommes qui ont le courage d’utiliser sur ordre, pour obtenir le renseignement qui sauvera des civils, des méthodes brutales qui leur pèsent, qui leur coûtent », écrit-il tout en dénonçant ceux qui l’accusent de l’avoir pratiquée : «« Ni moi, ni mes camarades n’étions nullement chargés des interrogatoires spéciaux. (…) C’est du bidon, évidemment du bidon, qui ne résiste pas à la plus rapide des analyses »  

« J’ai ainsi été accusé de la même scène de torture le même jour, à la même heure, à plus de 100 km de distance. C’est horrible, l’ubiquité de la bête immonde ! »

Il évoque également, dans ce premier tome, ses relations conflictuelles avec sa fille Marine dont il écrit qu’il a « pitié d’elle » :

« Il est trop tôt pour parler de mes filles. Je pourrais en dire du mal, je le fais parfois quand on m’y provoque. Je ne comprends pas tous leurs actes, ni tous les reproches qu’elles me font. Elles peuvent changer, et moi aussi (…) Marine vient de subir une présidentielle et des législatives décevantes. Philippot et les siens l’ont quittée, elle peine à faire sa rentrée. Le prochain congrès du FN s’annonce houleux. Elle est assez punie comme cela pour qu’on ne l’accable pas. Un sentiment me domine quand j’y pense : j’ai pitié d’elle. Je crois à la justice immanente (…) Sa stratégie et son stratège se sont plantés (…). En s’appliquant à me rendre ringard, elle s’est éclaboussée dans la manœuvre par son échec, et sans doute le Front national aussi, ce qui est plus grave. »

Les Mémoires de J-M Le Pen sont un peu la mémoire de ce XXe siècle de l’Histoire de France sans le prisme gauchiste imposé par la pensée unique.

Francesca de Villasmundo

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