Abel Bonnard (1883 – 1968) est un homme politique maurrassien, mais aussi un écrivain et poète français, membre de l’Académie française.

Entré en littérature avec deux recueils de poèmes, Les Familiers et Les Royautés, ce grand voyageur est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages et connaît le succès grâce à En Chine — qui lui vaut le grand prix de littérature — et aux Modérés. Participant aussi à de nombreux journaux, il est élu à l’Académie française en 1932.

Il a été nommé ministre de l’Éducation nationale en 1942.

L’épuration l’a condamné à la peine de mort par contumace, alors qu’Abel Bonnard s’est exilé en Espagne. Rejugé en 1960, il voit sa peine commuée mais choisit de se fixer à Madrid, où il meurt en 1968.

À sa parution en 1936, Les Modérés est salué par la critique littéraire — notamment par Robert Brasillach dans L’Action française et André Bellessort dans Je suis partout —, et par des hommes de lettres aussi différents que François Mauriac, André Suarès, Henri Bergson, André Maurois, Henry Bernstein et Charles Maurras.

Abel Bonnard y analyse la lâcheté des modérés, paralysés par leurs adversaires parce qu’ils ignorent que « le premier réalisme, en politique, est de connaître les démons qui se sont cachés dans les mots » et dont la faiblesse « vient beaucoup de ce qu’ils n’ont pas la moindre doctrine« . Egoïstes troublés et opportunistes, les modérés sont incapables de défendre la société.

Extrait emblématique de ce livre :

« La France est le seul pays où la nation ait en permanence son gouvernement contre soi, le seul où une guerre sinistre et grotesque ait été déclarée à Dieu, le seul où l’ordre ne subsiste que par survivance, sans être jamais soutenu ni fortifié, le seul où l’enseignement officiel n’ait pas d’autre tâche que de détruire obstinément tout ce qu’il devrait conserver, et dérobe à la nation la connaissance de sa propre grandeur. La République est le seul régime où rien de sublime, ni seulement d’honnête, n’est donné en aliment à un peuple dont l’âme est à jeun ; c’est le seul régime qui, pressé de tous côtés par les choses, ne parle jamais un langage qui leur réponde, le seul où les problèmes les plus importants ne puissent pas être résolus, ni même posés, parce que l’intérêt du parti régnant entretient partout des fictions qui séparent la nation du réel. »

Voilà qui n’a pas pris une ride et qui correspond en tout point à notre temps.

Les Modérés, Abel Bonnard, éditions Kontre Kulture, 237 pages, 15 euros

A commander en ligne sur le site de l’éditeur

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3 commentaires

  1. Tres beau texte…et tellement vrai.
    Abel Bonnard, de toute evidence un grand écrivain.
    A mettre au programme scolaire..Car je doute qu’il y soit.

    • Je trouve aussi sur les trois points. Et malgré la dénazification de l’Allemagne, à l’Ouest surcomplète, à l’Est, malgré les épurations sanguinaires de l’après-guerre, largement échouée comme on voit, je ne peux absolument pas m’imaginer en Allemagne un tel degré de critique sans pitié de soi-même.

      • échouées (je ne sais pas ce qui ne va pas aujourd’hui)

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