Edina Bozoky est maître de conférences émérite en histoire médiévale à l’université de Poitiers et membre du Centre d’Etudes supérieures de Civilisation médiévale. Son principal domaine de recherche concerne le culte des saints et des reliques au Moyen Âge.

Dans ce livre, elle rassemble les contributions de plusieurs médiévistes. Marianne Saghy présente Séverin de Norique, un saint de l’époque des grandes invasions, mort en l’an 482 et qui fut témoin et acteur historique des événements qui marquèrent la fin de l’Empire d’Occident.

Charles Mériaux et Klaus Krönert proposent une synthèse sur les saints des temps barbares en Gaule du Nord de la fin de l’Antiquité jusqu’aux raids vikings et hongrois. Dans leur conclusion, ils mettent en relief le grand prestige des martyrs antiques dans les lieux où le passage des barbares a été réellement attesté, notamment à Reims, Metz, Mayence et Cologne.

Marie-Céline Isaïa aborde le dossier de saint Nicaise de Reims à travers ses deux Passions. Contrairement aux évêques défenseurs de leur ville, tels saint Aignan à Orléans ou saint Loup à Troyes, Nicaise ne réussit pas à protéger son Eglise. Il sacrifie sa vie pour ses fidèles, en expiation de leurs péchés.

La Vie de saint Germain, évêque de Paris, racontée par Venance Fortunat, est analysée par Anne Wagner et Bruno Dumézil.

La contribution de Bruno Judic porte sur les saints confrontés aux barbares dans les Dialogues de Grégoire le Grand et consacre une attention particulière aux épisodes de la rencontre des saints et des rois barbares.

Quant aux victimes chrétiennes des Angles et des Saxons, envahisseurs de la Bretagne insulaire dans les années 450, elles n’ont pas suscité de culte, observe Alban Gautier qui cherche à donner une explication à ce phénomène.

Thomas Granier analyse la formation du culte de saint Géminien, premier évêque de Modène, atteste à la fin du IVe siècle. Geneviève Bühere-Thierry analyse la mort d’Adalbert, deuxième évêque de Prague en 997, infligée par les païens baltes. Il est l’un des premiers martyrs sanglants de l’Europe centrale et orientale.

François de Vriendt traite du martyre du prêtre Véron à Lembeek et celui de la vierge Renelde à Saintes, victimes des Huns. Stéphane Coviaux examine la mort du roi Olaf de Norvège, qui avait entrepris l’unification du royaume de Norvège et la conversion des païens.

Les Saints face aux barbares au haut Moyen Âge, ouvrage collectif sous la direction d’Edina Bozoky, Presses Universitaires de Rennes, 206 pages, 20 euros

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3 commentaires

  1. Geneviève says:

    Je suis surprise de vous voir proposer un livre dont l’objectif est de réhabiliter l’image du barbare dans le contexte actuel des nouvelles invasions en Europe et en aucun cas de réhabiliter les Saints Martyrs !

    Voici un extrait de la préface :

     » La reconsidération de l’image des barbares n’est pas sans rapport avec les bouleversements
    politiques actuels qui font affluer vers l’Europe des populations entières dont l’altérité culturelle et religieuse suscite la méfiance voire la crainte chez certains.
    Jusqu’à nos jours, l’image des barbares souffre des clichés négatifs transmis par les auteurs anciens qui eux-mêmes puisaient leurs descriptions souvent chez Hérodote, au v ème siècle av. J.-C.! Les barbares sont dépeints comme sauvages, violents, indisciplinés, irrationnels ; ils incarnent l’Autre, l’Étranger menaçant. »
    « Si les auteurs des œuvres historiographiques ont véhiculé une représentation défavorable des barbares, les légendes hagiographiques, les vies et les miracles des saints ont contribué encore davantage à leur mauvaise réputation. Ces récits, pénétrés d’un christianisme militant, ont dramatisé la confrontation entre le saint défenseur de la communauté chrétienne et l’agresseur barbare ou encore la mise à martyre du saint missionnaire par les païens cruels. »

    Bref l’objectif est de CULPABILISER LES CHRÉTIENS qui pendant 2000 ans n’ont pas su aborder l’autre, l’étranger de manière correcte, non fanatisée !

  2. «  »……ont dramatisé la confrontation entre le saint défenseur de la communauté chrétienne et l’agresseur barbare ou encore la mise à martyre du saint missionnaire par les païens cruels «  » .
    On aurait dramatisé l’ action des Barbares …….. Mais de qui se moque t on ?? l ‘ auteur de la préface doit descendre des Barbares .
    Quand à parler de « confrontation  » , le vocabulaire est vraiment choisi ! ! Il s ‘agit en réalité de mise à mort des martyres !

  3. Il ne faut pas croire à tout ce qu’on lit dans des préfaces.
    « […] Jusqu’à nos jours, l’image des barbares souffre des clichés négatifs transmis par les auteurs anciens qui eux-mêmes puisaient leurs descriptions souvent chez Hérodote, au v ème siècle av. J.-C.! Les barbares sont dépeints comme sauvages, violents, indisciplinés, irrationnels ; ils incarnent l’Autre, l’Étranger menaçant. »
    C’est le mot ‹souvent› qui a attiré mon attention, et j’ai cherché les mots de la famille βάρβαρος dans le LSJ (le grand dictionnaire mondialement standard du grec classique). βάρβαρος n’est attesté chez Hérodote qu’une seule fois, et ce dans la signification fondamentale du mot, ‘étranger’ (littéralement ‘celui dont la langue sonne aux oreilles grecques comme βὰρ βάρ’ (c’est à dire comme du non-sens). Chez les Grecs le mot était neutre, pas péjoratif, mais les Romains l’ont emprunté en élargissant son sens à ‘quelqu’un qui ne parle ni le grec ni le latin’ et en y ajoutant l’idée de « inculte », idée qui, je répète, n’est pas présente dans le mot original.

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