Jacques Heers (1924-2013), agrégé d’histoire, fut professeur aux facultés des lettres et aux universités d’Aix-en-Provence, d’Alger, de Caen, de Rouen, de Paris X-Nanterre et de la Sorbonne. Il fut aussi directeur du Département d’études médiévales de Paris-Sorbonne. Il est l’auteur d’une impressionnante liste de livres qui sont autant de références en matière d’histoire du Moyen Âge.

Avec L’histoire assassinée, Jacques Heers nous laisse une critique acerbe de l’enseignement de l’histoire, cette arme de propagande des hussards de la république, qui a évolué en  » histoire citoyenne  » au service du vivre ensemble.

Jacques Heers nous rappelle que ce que nous appelons la Mémoire n’a que peu de commun avec l’Histoire. Ce sont deux démarches différentes, parfois contradictoires, en tout cas incompatibles. Faire mémoire conduit à évoquer des événements du passé de façon émotionnelle, engagée, pour justifier telle ou telle entreprise, pour maintenir le souvenir des heures sombres et des martyrs. Le mémorialiste est toujours un homme engagé, soumis ou à un maître ou à la mode, presque toujours au désir de bien parler de lui.

Aujourd’hui, l’Histoire est à la botte d’un Etat devenu totalitaire. Les chercheurs sont sous tutelle, libres d’enseigner là où on leur dit. Dans de nombreux cas, il faut tricher avec la vérité, intoxiquer. Le médiéviste Jacques Heers nous illustre le propos avec quelques mythes concernant l’illettrisme des anciens temps, la femme soi-disant méprisée, le prétendu obscurantisme ou encore l’Inquisition. Il souligne aussi la réécriture de l’Histoire qui consiste à nous présenter un Orient bienfaisant et à tenter de nous faire croire que nous devons tout aux Arabes. Jacques Heers dissèque l’arsenal des impostures : mots, phrases, clichés et slogans, ainsi que la comédie des repentances et l’influence des pseudo films historiques.

Un véritable antidote aux manipulations de l’Histoire !

L’histoire assassinée, Jacques Heers, éditions de Paris, 269 pages, 28 euros

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2 commentaires

  1. « Les laïcs eux, les historiens modernes surtout, n’envisagent pas volontiers l’examen de cet appel religieux ; ils y voient, s’ils en parlent, soit un élément trop négligeable pour l’évoquer d’une façon attentive, soit un simple prétexte. Beaucoup se laissent convaincre que le Génois [Christophe Colomb] ne parlait de devoir religieux, de service du Christ et de perspectives d’évangélisation que pour mieux se concilier les bonnes grâces de la reine par une manœuvre très intéressée. Plusieurs écrivains, bien lus pourtant, ont abondé dans ce sens, pas fâchés de rapetisser l’homme. Chacun n’est pas Claudel. Pourtant, ce personnage si discuté, le découvreur du Nouveau Monde, se présente à nous comme un homme de grande foi, profondément attaché à ses convictions, pénétré de religiosité, acharné à défendre et à exalter le christianisme partout, à promouvoir une reconquête ou conquête contre les ennemis de Dieu, les infidèles ou les païens. C’est même le seul trait de de sa personnalité qui ne souffre aucune discussion, qui nous apparaisse clairement alors que d’autres sur lesquels on a tant brodé gratuitement, nous échappent presque totalement. Comme beaucoup de ses contemporains, Colomb a passé une part de sa vie à l’ombre des couvents et des pères religieux. A Gênes, dans ce quartier autour de la Porte dell’Olivella et du tout-puissant monastère de Santo Stefano ; à Savone où son père vit très proche des chanoines de l’église cathédrale. A Lisbonne, c’est au couvent Dos Santos qu’il rencontre sa future épouse, Felippe et surtout, c’est en Andalousie à La Rabida, chez les franciscains, qu’il trouve refuge, réconfort et encouragement pour sa grande œuvre. Sans aucun doute Colomb se croit, se sait, le messager de Dieu. La Relation aux rois, « lorsqu’il alla pour la troisième fois aux Indes et découvrit la terre ferme », place délibérément l’entreprise sous le signe et la protection de la Sainte Trinité qui, depuis 1492, inspire toute l’oeuvre des Indes aux souverains ; « et sa bonté infinie se servit de moi comme messager ».

    Jacque Heers, Christophe Colomb, (1981, Hachette, pp. 570-571).

  2. Un jour, il y aura des places Jacques-Heers, des boulevards et des avenues Jacques-Heers. Et des impasses du politiquement correct. Vienne bien vite ce jour béni…

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