Pierre Pellissier est l’auteur de plusieurs biographies, dont celles de Robert Brasillach et du général Salan. Il a également consacré des ouvrages à la Bataille d’Alger et à celle de Diên Biên Phu.

Sa biographie du général Jacques Massu nous fait découvrir l’homme, l’officier, le catholique. On le suit depuis l’enfance jusqu’à ses derniers jours sous l’uniforme. Il s’éteint le 26 octobre 2002, après avoir reçu l’extrême-onction des mains du père Maurice Cordier, ancien comme lui de la 2ème DB.

Le parcours  du général Massu est associé à De Gaulle et à Leclerc. En mars 1941, il fait partie de ceux qui prêtent le serment de Koufra avec Leclerc. On le retrouve ensuite en Indochine et à Suez.

Mais c’est à Alger, en 1957, qu’il acquiert sa notoriété. A la tête de la 10ème division parachutiste, Massu est chargé de maintenir l’ordre. C’est la bataille d’Alger qui commence. C’est à cette période que Massu a Jean-Marie Le Pen sous ses ordres.

C’est à Massu que certains reprocheront l’usage de la torture durant cette bataille d’Alger. Massu répondra : « La torture a continué à être autorisée par une cruelle nécessité, jusqu’à la fin de cette bataille d’Alger, mais tout fut mis en oeuvre pour la limiter au maximum, la faire contrôler et surtout n’admettre son emploi que pour l’indispensable nécessité du renseignement visant à éviter des drames cent fois plus atroces dont seraient victimes des innocents. »

En 1958, Massu menace de déployer les paras sur le territoire français si De Gaulle n’arrive pas au pouvoir. Sans le savoir, il accélère ainsi l’indépendance de l’Algérie qu’il croyait empêcher. Mais il persiste aveuglément à rester fidèle à De Gaulle, malgré les doutes et les déceptions qui l’envahissent.

En 1966, nommé commandant des forces françaises en Allemagne, il s’installe à Baden. C’est là que De Gaulle viendra le retrouver en mai 68, lorsque le vent de révolte d’extrême gauche secoue Paris. C’est Massu qui regonfle un De Gaulle inquiet par cette tempête anarcho-communiste.

Tout cela témoigne d’une autre époque, pourtant pas si lointaine, où l’armée jouait un rôle important dans la vie politique française.

Massu, Pierre Pellissier, éditions Perrin, 480 pages, 24 euros

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2 commentaires

  1. Fortouna says:

    Oui! Il a persisté aveuglément et n’a pas eu le courage d’un Salan ou d’un Hélie de St Marc de s’élever contre l’abandon de l’Algérie.Cela restera une ombre sur une vie pourtant exemplaire.

  2. colonel(h) AMIEL says:

    un patron exemplaire qui couvrait ses subordonnés dans tous les cas ! honnête et sans calcul personnel , il était fidèle (se trompait certes) et cohérent dans son amour de la France _ ses responsabilités étaient énormes et il a gagné la bataille d’Alger !!! un très grand homme.

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