Bien qu’attaché traditionnellement au patrimoine culturel  de la Bretagne, et tirant leur nom du bas-breton dolmin tel qu’il leur fut attribué par Pierre Jean-Baptiste Legrand d’Aussy dans sa lecture devant l’Académie des Sciences du 25 février 1799, ce n’est pas dans les départements bretons que l’on trouve le plus de ces mégalithes.

En effet, le gros de l’implantation des 4.000 dolmens français couvre l’intérieur d’une zone à l’ouest d’une ligne Saint-Malo/Montélimar mais excluant la rive sud de la Garonne, et ensuite, à l’intérieur d’un triangle Montélimar/Souillac/Perpignan. Plus de la moitié des dolmens français (2.600) sont concentrés dans trois départements : l’Aveyron (1000 dolmens), le Lot (800) et l’Ardèche (800). Les départements de Bretagne ne comptent pas plus de 100 dolmens chacun en ce qui concerne le Finistère, le Morbihan et la Loire-Atlantique, soit dans la même grandeur numérique que les Pyrénées-Atlantiques, la Lozère, l’Hérault et le Gard.

La Corse compte exactement 51 dolmens, les autres départements au-dessus des 50 dolmens  sont pour la plupart dans la zone précédemment mentionnée : Côte d’Armor, Maine-et-Loire, Deux-Sèvres, Vienne, Charente, Haute-Vienne, Creuse, Gironde, Pyrénées-Orientales, Corrèze, Dordogne et Tarn-et-Garonne ; mais également hors de celle-ci : Var, Eure-et-Loir et Loir-et-Cher.

9 départements français sont sans aucuns dolmens : Paris, les trois départements de la petite couronne et l’Essonne, mais aussi les 3 départements alsaciens (« ce qui prouve bien que ne sommes pas des Gaulois Français mais des Germains Allemands ! » me susurre  un de mes correspondant alsacien nostalgique du Saint-Empire…). Plus curieusement, le département de l’Ain est lui-aussi  totalement dépourvu de dolmens. La totalité des anciennes régions Nord-Pas-de-Calais, Lorraine, Rhône-Alpes (sauf l’Ardèche) et Haute-Normandie comptent moins de 10 dolmens par départements, ainsi que la Touraine, le Berry, la Bourgogne (sauf le Côte d’Or), la Picardie (sauf l’Oise), la Franche-Comté (sauf la Haute-Saône), les Alpes de Hautes-Provence, les Landes, le Gers, la Haute-Garonne et le Calvados.

Le plus grand dolmen de France n’est d’ailleurs pas non plus en Bretagne, mais en Anjou, très précisément à Bagneux, sur la commune de Saumur, long de 17,30 mètres. Il possédait un tumulus dont l’existence fut attestée jusqu’à 1847. Un squelette poignardé au flanc avec un couteau de pierre y fut découvert peu avant 1839.

Hristo XIEP

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3 commentaires

  1. Paul-Emic says:

    La remarque de l’Alsacien n’a naturellement aucun sens puisque les dolmens sont bien antérieurs à la domination celtique . On retrouve aussi des Mégalithes en Espagne, au Maroc en Sardaigne, Sicile et naturellement en Grande-Bretagne,

    • pamino says:

      C’est vrai avec les dolmens, mais …
      (« ce qui prouve bien que ne sommes pas des Gaulois Français mais des Germains Allemands ! » me susurre un de mes correspondant[ sic] alsacien nostalgique du Saint-Empire…) :
      « Gallia est omnis divisa in partes tres, quarum
      « unam incolunt Belgæ,
      « aliam Aquitani,
      « tertiam, qui eorum linguâ Celti, nostrâ autem Galli appellantur. »
      (Jules-César, général commandant l’invasion romaine de la Gaule, s. i av. J.-C.)
      Heureusement, l’Alsacien nostalgique du Saint-Empire Romain – je le comprends parfaitement – n’a pas besoin desdits dolmens, car il y a les mots ‹France› et ‹Français›, qui sont des mots germaniques, en l’occurrence d’un grand-dialecte, le francique, de ce germanique de l’ouest qui est parent de l’«allemand» moderne. Ce dialecte existe encore et caractérise (en tout cas la prononciation de) l’«allemand» du centre-ouest et nord-ouest de la République Fédérale moderne. Au nord-ouest il y a le bas francique (les Pays-Bas germanophones, où c’est encore la langue officielle, avec une frange de l’État fédéral de la Rhénanie du Nord – « avec la Westphalie », mais seulement politiquement, pas linguistiquement parlant – ; au moyen-ouest le moyen francique (ripuaire, mosellan, rhénan) et au nord de la Bavière le haut-francique (en Franconie supérieure, moyenne et inférieure, territoires pour la plupart ecclésiastiques rattachés à la Bavière seulement en 1815). La mutation consonantique qui a divisé l’« allemand » en « haut », « moyen » et « bas » a commencé dans la haute « Allemagne » (dont le sud-ouest constitue l’Allemagne proprement dit, l’Alsace, la Bade, la Suisse), et s’est étendue vers le nord en s’éliminant petit à petit (voir en haut), d’où les seuls Allemands qui parlent le « haut-allemand » (sens social) comme il faut sont ceux qui l’ont appris comme langue étrangère ou dont les ancêtres l’ont ainsi appris. Le plus haut allemand, au sens propre linguistique (et pas social) du mot, se parle en Haute-Allemagne, p. ex. dans les montagnes suisses, où la mutation consonantique a pris ses origines, mais c’est linguistiquement trop haut pour que les Francfortois (moyen francique rhénan) ou les Colons (moyen francique ripuaire) le comprennent, pour ne pas parler des Courtraisiens ou des Haguenois (bas francique).
      (La division en haut, moyen et bas n’est donc pas une sociale mais une purement géographique.) Les Français, en appellant tous les Théodisques (allemand commun), Diutisques (vieux haut-allemand), tiutschen/diutschen (moyen haut-allemand), ou Teutschen/Deutschen (nouveau haut-allemand) des « Allemands », ne font pas autre chose que les Romains, qui ont utilisé le nom du premier tribu d’Hellènes qu’ils ont rencontré en Italie méridionale, les Γραῖοι, Græci, les « Grecs », pour toute la nation ; c’est pour cela qu’on parle aujourd’hui non seulement de Greci et de Grecs, mais de Greeks, Griechen, qu’on mange à Saint-Pétersbourg au греческий ресторан du coin, etc. Il faut donc bien savourer « Graecia capta ferum victorem cepit et artes Intulit agresti Latio », comme d’ailleurs toujours avec Horace ; c’est peut-être un peu ironique (mot grec).

  2. MissMarple says:

    Et j’ ajouté aussi , dolmen et autres mégalithes importants dans les Hautes Pyrénées Voir le petit village de Bartres ( ou sainte Bernadette gardait les moutons) à quelques km de Lourdes ….les grottes des Espelugues …ect….voir le site interressant et très complet :
    http://www.patrimoine-lourdes-gavarnie.fr

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