Les hasards d’une réunion familiale m’avaient permis de discuter avec un très lointain parent qui était professeur de gastro-entérologie et chef de service. Il m’expliqua que le Cytotec ou misoprolol était un médicament  qui « avait déçu les praticiens » lesquels ne s’en servaient guère dans les troubles gastriques notamment dans les ulcères d’estomac. Il m’expliqua qu’actuellement son usage commençait à se faire de manière discrète pour les avortements. Bref un détournement d’usage.

Ce médicament a eu son AMM (autorisation de mise sur le marché) en 1987. Le Cytotec devait effectivement être utilisé dans les problèmes ulcéreux. Cependant en lisant le Vidal, dans les Indications générales, il est nullement question de la possibilité d’un usage dans le déclenchement des avortements ou des accouchements. En revanche il est expliqué dans la rubrique Effets Indésirables : « un diarrhée modérée…des contractions utérines anormales, rétentions placentaires, embolie amniotique, avortement incomplet, naissance prématuré, mort fœtale ».

Attention, hic jacet lupus. Voilà ou est le loup « Des cas de ruptures utérines ont été rapportés dans l’interruption de grossesse ou l’induction du travail ». Il y a aussi les hémorragies. En clair le laboratoire Pfizer délibérément écrit dans le Vidal que l’on peut utiliser son produit dans une autre indication que celle qui était donnée par l’AMM. Ce détournement de l’usage prévu va entraîner la mort de centaines d’enfants et de mamans si on en croit ce qui a été dit par diverses radios publiques.

De quoi s’agit-il ? En pratique les comprimés de Cytotec au lieu d’être ingérés pour les ulcères d’estomac sont mis sur le col de l’utérus par voie vaginale pour provoquer des contractions dans le déclenchement des avortements ; puis ultérieurement dans les accouchements avec les conséquences qui sont données ci-dessus par le laboratoire lui-même.

Conclusions :

– La commission de l’AMM avait donné  au Cytotec l’autorisation à la vente  pour une indication précise. Or la moindre chose pour ses responsables aurait été de vérifier ce qui était donné comme indication dans le Vidal. Elle ne l’a pas fait. Incompétence notoire. Elle aurait dû prévenir l’opinion publique et médicale de ce détournement. Elle ne l‘a pas fait. Peut-être parce que d’autres médicaments qui coûtent trente fois plus peuvent permettre de déclencher l’accouchement. Donc par économie.

– La commission de l’AMM aurait dû suspendre immédiatement l’usage de ce produit en raison de son détournement et de ses conséquences. Il en a été ainsi avec le Médiator. Elle ne l’a pas fait et a donc été complice d’une infraction pratique.

-Pourquoi n’a-t-elle rien fait alors qu’il y a quatre ans elle avait fait une mise en garde contre ce médicament ? Tout simplement parce que le Cytotec était l’arme de pointe, l’arme de choc des avorteurs. Manière illégale de favoriser l’avortement légal. Elle a laissé faire.

– Tous les médecins qui ont utilisé illégalement le Cytotec pourraient être traduits en justice pour deux raisons. Son usage illégal et aussi la mise en danger de la santé d’autrui, en l’occurrence les femmes enceintes devant accoucher ; mais de même leurs enfants car dans un certain nombre de cas ils ont souffert d’anoxie (absence d’oxygène) par la violence des contactions. Vraisemblablement certains d’entre eux sont morts ou ont des séquelles. D’autant que les médecins avaient été mis en garde contre ce produit par  la commission donnant l’AMM.

– Il en est de même du laboratoire et des membres de la commission qui ont laissé mettre un produit dangereux sur le marché. Le labo Servier a été poursuivi pour la commercialisation du Médiator. Avec cynisme le labo Pfizer explique qu’il a retiré ce produit du marché en raison de la faiblesse des ventes.

– Les grands « perdants » sont les avorteurs qui vont voir leur lugubre travail de tueries d’embryons et de foetus se compliquer singulièrement. Sauf si le produit est commercialisé avec cette nouvelle indication.

– Reste à savoir si les victimes du Cytotec vont porter plainte. De là tient la suite des évènements

Jean-Pierre Dickès

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Un commentaire

  1. Le cytotec est aussi utilisé de manière quasi systématique pour le traitement des fausses couches. Et là aussi, il est à se demander s’il n’est pas responsable en partie des hémorragies de fausse couche dont on brandit la menace devant les femmes, justement pour qu’elles acceptent de le prendre !.

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