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Il est un élément qui caractérise les victimes du modernisme, maladie de l’esprit dénoncée par Saint Pie X dans l’encyclique Pascendi : celui d’être étranger au principe de non-contradiction. C’est ainsi qu’un moderniste pourra se dire catholique, et dire croire en Jésus unique Sauveur du monde. Mais il pourra tout autant affirmer que l’on peut se sauver aussi par les autres religions.

C’est l’une des gravissimes erreurs qui minent l’Église aujourd’hui depuis notamment les décrets du concile Vatican II Unitatis Redintegratio sur l’œcuménisme et Nostra Aetate sur le dialogue interreligieux.

Une telle contradiction est appelée à ne pas durer, car poussée au bout de sa logique, elle détruit la structure qui la soutient. En effet, ce qui est blanc n’est pas noir, et ce qui est noir n’est pas blanc. C’est le principe de non-contradiction. Affirmer que le blanc est également noir est absurde, et maintenir une telle affirmation c’est de facto retirer toute réalité aux termes noir et blanc.

L’Église catholique est aujourd’hui à la croisée des chemins : il lui faut choisir entre son rôle d’épouse du Christ qui enseigne les nations et le projet humaniste soumis au monde initié par le concile Vatican II. Et la première réalité qui s’impose de façon incontournable est le péché avec pour conséquence inéluctable ce qu’on appelle « la culture de mort ».

On ne peut pas concilier la vie et la mort : c’est peut-être ici que s’impose avec le plus de réalité le principe de non-contradiction. Et c’est peut-être le dernier point d’achoppement entre deux sociétés, celle de Satan, prince des ténèbres, et de Dieu, créateur et maître de toute chose.

Il est réjouissant de constater que le pape François se fait l’écho de principes naturels qui devraient être évidents, mais qu’il est obligé de rappeler. Il utilise même un langage et des termes qui ne sont plus usités depuis le concile Vatican II : c’est ainsi que le mot péché ressurgit, et que le pape rappelle bien souvent l’existence du démon.

Mais il devient troublant et incompréhensible de trouver ailleurs, la négation du péché dans les cheminements de la pensée du pape. On se souvient de cette phrase d’un relativisme extrême confiée à Eugenio Scalfari le 24 septembre 2013 : « Chacun a sa vision du bien et du mal et doit faire le choix de suivre le bien et de combattre le mal tels qu’il les conçoit. Cela suffirait à embellir le monde ». Si le bien et le mal dépendent uniquement de la conscience de chacun, alors la notion de « péché » est relative ; la confession — par ailleurs encouragée par le pape — perd de sa nécessité car est-il nécessaire de se faire pardonner quelque chose par Dieu si Dieu n’est plus le critère objectif ?

Par cet amalgame du vrai et du faux, du bien et du mal, du blanc et du noir, la vérité de l’enseignement de l’Église se voit remis en cause : toutes choses deviennent relatives. L’Islam peut-être bien ainsi que le Coran ! Et c’est effectivement ce qu’avait affirmé le pape François ! Pourquoi être catholique ?

On retrouve le même dilemme à propos de l’accès à la communion des divorcés remariés : l’Église rappelle que ces personnes sont dans un état qui les détourne de l’amitié de Dieu. Elles sont donc, par le fait même de leur état, en situation de faute grave ou de péché mortel. Ce qui signifie qu’elles ne peuvent accéder au sacrement de l’eucharistie car comme le rappelle le Christ lui-même : « C’est pourquoi quiconque mange le pain ou boit le calice du Seigneur indignement, se rend coupable envers le corps et le sang du Seigneur. Que chacun s’examine donc soi-même et mange ensuite de ce pain et boive de ce calice ; car celui qui mange et boit sans reconnaître le corps du Seigneur, mange et boit sa propre condamnation » (1 Cor 11, 27-29). Une telle doctrine s’appuie sur une notion objective du péché, indépendante de l’arbitraire d’une conscience déformée.

Or de simples phrases incidentes du pape François ruinent cette doctrine de l’Église — qui n’est autre que celle du Christ transmise fidèlement. C’est ainsi qu’une nouvelle théologie fait jour affirmant en effet que si les divorcés remariés vivent de façon stable et heureuse une nouvelle union alors leur conscience peut s’apaiser et ils pourront ainsi sortir de cet état de « péché ».

Outre les mensonges historiques du cardinal Kasper, affirmant ni plus ni moins dans son discours du 20 février 2014 ouvrant le consistoire sur la famille qu’il existait dans l’Eglise « primitive » la possibilité de contracter une seconde union, le plus grave concerne le changement radical de théologie : « il existait un droit coutumier en vertu duquel les chrétiens qui vivaient une seconde union alors même que leur premier partenaire était encore en vie avaient à leur disposition, après un temps de pénitence, non pas un second mariage, mais plutôt, à travers la participation à la communion, une planche de salut ».

Le pape François qualifia ce discours du cardinal Kasper, dont il n’en n’est pas au premier éloge, de théologie sereine !!!

C’est ce que disait le cardinal Ouellet réputé conservateur et ratzingerien dans son livre Actualité et avenir du Concile œcuménique Vatican II : « Les personnes peuvent retrouver l’état de grâce devant Dieu, même dans le cas d’une limite objective d’un mariage qui fut un échec, lorsque se noue une nouvelle union qui est peut-être la bonne mais pour laquelle il n’est pas possible d’établir que le premier mariage est nul ».

On comprend pourquoi, sur de telles bases et avec cette nouvelle théologie héritée du flou et des appels répétés à la conscience psychologique dans le concile Vatican II, l’accès à la communion des divorcés remariés devient alors une ouverture à conquérir. Pourtant une telle mesure semble rencontrer une opposition frontale et de principe d’un certain nombre de cardinaux — Gerhard Ludwig Müller, Walter Brandmüller, Angelo Bagnasco, Robert Sarah, Giovanni Battista Re, Mauro Piacenza, Angelo Scola, Camillo Ruini… — dont certains connus pour être très progressistes.

L’Église de François basculera-t-elle dans le camp de la culture de mort ?

La théologie de Vatican II nous y emmène.

Xavier Celtillos

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6 commentaires

  1. Struyven says:

    Je regrette sincèrement le flou dans pas mal de discours de notre bon Pape François. Bon parce que « humaniste » mais mauvais quant à la fidélité à l’Evangile. Sous prétexte de charité, tout situation deviendra admise même si elle contredit le catéchisme de l’Eglise Catholique et les Paroles très claires de la Bible. Il est merveilleux qu’il plaide pour les pauvres et contre les injustices, etc….mais cela reste un contexte que beaucoup d’humanistes trouvent à leur portée. Parler de péché et les absoudre à l’avance me semble une contradiction. Parler du Coran comme étant bon, si une partie l’est, l’autre partie est mauvaise. J’aimerais un langage de Pape et non un langage où tout est tellement flou qu’on ne s’y retrouve même plus. C’est avec grande tristesse que j’écris tout cela. J’avais espéré……!

  2. Pingback: Xavier Celtillos : Pape François et les divorcés remariés : culture de vie ou culture de mort ? | Austremoine.org

  3. champoiseau says:

    Article remarquable. Le language du Pape est un language de destruction de l’Eglise. Ce langage est un langage de ruse. Arrêtons de nous « tortiller » en disant « il dit… mais il dit le contraire de ce qu’il vient de dire…etc. » Ce langage est un langage de mensonge pour attirer le maximum de « moutons » dans l’antre du loup. Et qui est le père du mensonge?

  4. de la Croix says:

    Plus François 1er multiplie ses déclarations provoquantes sur les pâroles infallibles du Christ lui même sur les sacrements plus on trouve confirmation de son esprit jésuite tordu… alors que plus que jamais la Sainte Eglise a, un urgent besoin de clarté sur la vérité de l’évangile…

  5. Séraphin de Marie says:

    Pour parler clairement mathématiques, il faut être mathématicien. Pour parler physique, il faut être physicien, et il en est de même pour la mécanique automobile avec les mécaniciens auto. Quelqu’un qui traite d’un sujet ou d’un problème qu’il ignore, va nécessairement vers l’erreur. c’est pourquoi, je souris en sachant que ce sont des ecclésiastiques (célibataires), qui traitent d’un sujet relatif au couple alors qu’ils n’en ont pas (normalement) l’expèrience. Certes, le sujet du remariage est douloureux. Personne ne contestera cependant que toute union est sacrée et indissoluble et SURTOUT pour que les enfants ne souffrent pas de la folie de leurs parents. c’est un sujet d’actualité sur laquelle la vraie Eglise doit se pencher. A propos de la vraie Eglise, quelqu’un peut-il avoir la bonté de me dire où elle se trouve ? Car au vu des déclarations des papes successifs je ne la reconnais plus.

  6. Dominique says:

    Sans la charité,nous ne sommes rien.

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