Pierre Brana et Joëlle Dusseau, fins connaisseurs de la vie politique, ont déjà coécrit les biographies d’Adrien Marquet, maire de Bordeaux et ministre du Maréchal Pétain, et de Robert Lacoste, ministre résidant en Algérie de 1956 à 1958.

Qui était donc Philippe Henriot ? Un militant catholique. Le catholicisme est le fil conducteur de sa vie, et les ennemis de la religion catholique sont ses ennemis. L’ennemi qu’il combat le plus rudement, c’est la franc-maçonnerie.

C’est le discours d’investiture du radical Edouard Herriot annonçant sa décision d’étendre la séparation des Eglises et de l’Etat à l’Alsace-Moselle qui déclenche l’engagement politique de Philippe Henriot dans la Fédération Nationale Catholique du général de Castelnau. Très vite, il se montre très actif et aime porter la contradiction dans les réunions publiques. Son talent oratoire fait sa réputation. Il se fait élire député dans ces années 30 tumultueuses, devient un proche de Xavier Vallat, autre orateur de talent et polémiste ardent. L’affaire Stavisky et le 6 février 1934 lui ajoutent des arguments.

Ce livre décrit toute l’énergie et la diversité des initiatives des nationaux et des catholiques durant cette période. Le lecteur suit par exemple la fondation de l’Union antimaçonnique de France, présidée par le député Cousin, président du groupe interparlementaire antimaçonnique !

En 1940, Philippe Henriot considère comme une divine surprise que le pouvoir soit confié au Maréchal Pétain. Retour à la terre, interdiction de la franc-maçonnerie, des centrales syndicales, fin des assemblées parlementaires, dénonciation de l’école sans Dieu, religion remise à l’honneur, tout cela correspond profondément à ce qu’il souhaite politiquement. Il est nommé ministre de l’Information et de la Propagande.

Philippe Henriot devient une voix régulière à la radio. Ses allocutions radiophoniques hebdomadaires sont suivies par 40 % de la population. Ses messages sont écoutés jusqu’à Londres. Amis comme ennemis reconnaissent ses qualités redoutables de polémiste.

Ordre est donné de l’éliminer. Le 28 juin 1944, de faux miliciens se présentent au ministère de l’Information et de la Propagande, situé rue de Solferino à Paris (aujourd’hui siège du parti socialiste !), grimpent à toute allure jusqu’au bureau d’Henriot et l’abattent d’une rafale de mitraillette.

Jusqu’à son dernier jour, Philippe Henriot est allé au bout de ses convictions, de sa logique.

Philippe Henriot, Pierre Brana et Joëlle Dusseau, éditions Perrin, 400 pages, 24 euros

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Un commentaire

  1. Les socialos vont devoir dégager de la rue de Solferino, Philipe si tu nous vois comme dirait Drucker !

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