multi-parentalité

La plus célèbre revue à la fois en biologie et en éthique se nomme le Journal of Medical Ethics. Il est édité en Grande-Bretagne et prétend établir la feuille de route des biologistes, généticiens et chercheurs en tout ce qui concerne l’avenir de l’Humanité. Il fixe lui-même les règles morales et en général est suivi par le législateur (le Parlement) qui la plupart du temps n’y comprend rien. Il redessine les contours de ce que sera la future parentalité.

Dans un très long article (réf. 2014 : 40, 752-758) trois universitaires de Manchester ont créé un nouveau concept qui a de quoi faire frissonner : celui de Multiplex parental. Le point de départ est très technique et concerne les cellules souches. Le tout entrelardé de considérations philosophiques filandreuses. Que faire « par exemple en raison de l’importance accordée à la liberté sexuelle, ainsi que de la liberté de procréation et aux libertés anciennes et établies par rapport aux demandes les plus récentes ? » L’idée est que dans le futur les enfants auront trois parents génétiques, voire quatre ou plus. Est-ce possible ? Une fois de plus la réussite d’expériences chez le rat justifie tout.

On se souvient que le Japonais Yamanakadécouvrait une source inépuisable de cellules souches sous la peau. Ce sont des cellules musculaires permettant l’horripilation (le redressement du poil). Elles sont été modifiées et peuvent remplacer n’importe queltissu du corps. Leur nom est celui de cellules iPS (cellules souches induite). Découverte fantastique de la médecine régénérative.

Il y a deux ans Yamanaka recevait le Prix Nobel pour sa découverte. Or la semaine qui suivait un autre Japonais du nom de Michinori Saito, professeur à l’Université de Kyoto, annonçait qu’il avait réussi à mettre au point des gamètes (c’est-à-dire des ovules et des spermatozoïdes) à partir de ces mêmes cellules iPS. Tout simplement afin de guérir un certain nombre de stérilités ou pour faire des embryons pouvant servir à la reproduction ou à la recherche dans le cadre de la fécondation in vitro.

Le concept de « quatre parents » biologiques découle de cette découverte. Comment ?

Supposons qu’un couple homme A et femme B obtiennent par fécondation in vitro (ou PMA) un embryon appelé AB.

Un autre couple que nous appellerons C et D font un embryon appelé CD.

Dès que possible une celluleiPS de AB sera prélevée et transformée en ovule appelé X.

Dès que possible une cellule iPS de CD sera prélevéeet transformée en spermatozoïde appelé Y.

L’ovule X et le spermatozoïde Y seront croisés dans le cadre d’une PMA.

Il sera obtenu un autre embryon que nous appellerons XY.

Celui-ci possède des caractéristiques génétiques de quatre parents, AB et CD.

Quatre parents penchés sur un berceau, cela fait beaucoup.

Notons cependant que l’Europe interdit toute manipulation du génome…Ce qui ne semble pas inquiéter les trois auteurs de l’article du Journal of Medical Ethics.

                                                                  Dr Jean-Pierre Dickès

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4 commentaires

  1. je vomis une fois de plus

  2. lefevre says:

    a, b, c et d sont les grands parents de XY .
    Il ne connaitra jamais ses parents qui ont été ‘génocidés’.

    Remarque : ce néologisme, comme d’autres mots, vont nécessairement apparaitre avec les nouvelles formes de barbaries.

  3. Autre exemple :
    Ovule de la femme F1
    fécondé par le sperme de l’homme H1
    placé dans l’utérus de la femme F2
    Enfant adopté par :
    – soit, Hommes H2 et H3
    – soit, femmes F3 et F4.
    Cela fait 5 « parents » :
    soit : femmes F1, F2, F3 et F4, Homme H1
    soit : femmes F1 et F2, hommes H1, H2 et H3.

    NM

  4. Dickès Jean-Pierre says:

    Exact. J’ai fait votre calcul depuis cette loi Taubira.
    La différence est que je me place sur le plan de l’hérédité pure ; c’est à dire des fractions de patrimoine génétiquequi se trouvent dilués sur une seule tête.
    Ceci dit, le résultat est le même. Merci de votre intervention.
    JP Dickès

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