lingots_de_nickelToutes les personnes suivant les cours du nickel ont le regard braqué sur l’Indonésie., mais aussi la Russie. La politique de Djakarta sur le métal gris va empêcher le pays de remonter à la première place dans la production mondiale, et ce malgré que les nouvelles normes environnementales aient plombées la production des Philippines, dans un marché où la Chine absorbe 53 % de la production mondiale. Avec 5 milliards de $ d’investissement, l’Indonésie s’estime maintenant assez compétente pour produire elle-même du nickel métallique et non plus se contenter de vendre son minerai. L’énergique président philippin Rodrigo Duarte, dont le pays est le premier exportateur mondial, a fait fermer pour non respect de l’environnement dix des quarante mines du pays, dont huit mines de nickel.  La demande mondiale étant stable, la conjoncture le permettait. La Russie va d’ailleurs fermer sa mine historique de Norilsk, l’un des pires camps de concentration du régime communiste, suite à la catastrophe de septembre 2016 avec le déversement de boues rouges dans la rivière Doldykane, et ce au même moment où les calanques des Bouches-du-Rhône étaient frappée par une pollution au bauxite. La Nouvelle-Calédonie avait en 2007 vu les écologistes locaux lancer une grande campagne contre l’exploitation des mines qui mettait en péril un écosystème unique au monde, notamment l’Amborella, une plante unique vieille de 130 millions d’années

Sur le plan des cotations, le nickel est un bon père tranquille. Côté 10.190 $ la tonne au mois de septembre, il est revenu aux basses eaux de 2008 après la flambée spéculative de mai 2007 où il est monté à 51.780 $ la tonne, dans une montée haussière irrationnelle qui l’avait fait partir de 12.240 $ en novembre 2005 puis redégringoler à 9.790 $ en mai 2009. Le nickel a connu ainsi quelques poussées de fièvres, entre mai et février 1989, avec un cours multiplié de presque 6 (3.500 à  18.600 $) puis une lente dégringolade lors de la période de la chute de l’URSS et de la traversée du désert russe, avec un cours-plancher de 3.8700 $ en décembre 1998. Suite à la flambée mentionnée précédemment, le nickel est stabilisé aux alentours des 13.000 $, avec une augmentation de 34,7 % cette année, à comparer avec les 7,2 % d’augmentation du cuivre, les 8,9 % de l’aluminium et les 17,9 % du plomb. Seul le zinc avec un cours en hausse de 35,2 % fait mieux. L’amélioration de la demande chinoise en métaux joue un rôle de locomotive, surtout dans les métaux que la Chine ne domine que partiellement : si la Chine est 1re productrice mondiale d’aluminium, de plomb et de zinc, elle n’est que 3e en cuivre (le Chili et le Pérou pèsent 45 % du cuivre mondial à eux deux) et 8e en nickel (son gros point faible), ce qui l’oblige a des importations massives en provenance d’Indonésie et des Philippines. La reprise n’est encore qu’au début, car la hausse du nickel est prévue jusqu’en 2020 vers un prix de 19.000 $ la tonne, soit un retour à son niveau de juillet 2014.

Pour le commun des mortels, le nickel est le métal des pièces de monnaies, ce qui est normal au vue de ses propriétés inoxydables.  Il a pourtant d’autres utilisations, notamment dans téléviseurs cathodiques, les aciers spéciaux et les alliages avec le fer (invar), le cuivre (cupronickel), le chrome (nichrome) qui ont des débouchés important dans l’industrie d’armement : sous-marins, obusiers, fusils, bombes atomiques… Dans un monde qui est tout sauf en paix, le nickel qui avait été le parant pauvre de la flambée des cours des matières premières au début des années 2000, suscite à nouveau un grand intérêt.  Un autre trait caractéristique est que le nickel est ses gisement sont répartis en deux zones géographiques majeures qui concentrent les plus gros producteurs : la zone sud-est asiatique (Indonésie, Nouvelle-Calédonie, Philippines, Australie, Chine orientale, soit 51 % de la production mondiale) et la zone Québec-Caraïbes (Canada, Colombie, Cuba, Dominicaine, soit 19,5 % de la production mondiale). La Russie et son bassin de l’Oural est en quelque sorte la 3e zone avec 14 %.

Principale ressource de la Nouvelle-Calédonie, le nickel a subi de plein fouet son recul depuis 2014, menaçant la survie de l’usine Eramet, notamment à cause de la politique du géant minier brésilien Vale dont nous avions déjà parlé lors de l’article sur le phosphate. Comprenant 20 % des réserves mondiales de nickel, l’île peut compter le soutien gouvernemental. La réunion de Matignon de février 2016, à un moment où les cours étaient baissiers, a permis à l’Etat – propriétaire d’Eramet à 25 % – de débloquer les fonds pour des travaux de modernisation urgents à Doniambo pour une somme d’un milliard d’euros.

Hristo XIEP

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