pape_francois_kirillLe pape l’a promis en décembre 2015 : un vendredi par mois, il fera un geste de miséricorde pendant l’année du jubilé extraordinaire, « l’année du pardon et de la réconciliation. » Serait-ce ce soir pour le mois de février ?

En effet, en fin d’après-midi aura lieu, ce vendredi 12 février 2016, la fameuse rencontre décrétée comme historique entre le pape François et le patriarche orthodoxe Cyrille de Moscou. Rencontre historique car c’est la première fois dans l’histoire que ces deux « Saintetés », la Romaine et la Russe, à la tête de deux mondes chrétiens divisés depuis 1000 ans, vont se retrouver face à face.

Rencontre historique car le pape François, celui qui est définit le représentant du Christ sur terre, la plus haute autorité spirituelle de la planète, n’a posé aucune pré-condition ainsi qu’il l’a révélé lui-même en 2014 : « Je lui ai dit (à Cyrille, ndr), je viens où tu veux. Tu m’appelles et je viens. »

La rencontre ainsi que la déclaration finale qui devra être signée par les deux chefs religieux ont donc été préparées par Moscou et le Vatican a tout accepté : le lieu et les modalités, les thèmes de la déclaration : danger de la sécularisation et la dérive éthique de la modernité, défense de la vie, de la famille et du mariage hétérosexuel, dénonciation des persécutions des Chrétiens au Moyen-Orient.

Pour l’Église orthodoxe de Moscou, l’alliance avec l’Église catholique devra se faire sur les batailles éthiques et de protection des chrétiens. Batailles qu’il faut reconnaître la Russie post-soviétique d’aujourd’hui, réconciliées avec ses patriarches, sa religion, son histoire impériale, son rôle de protectrice des Chrétiens du Moyen-Orient, défend courageusement, plus courageusement que l’Europe occidentale de sensibilité catholique.

Rencontre historique aussi puisque le pape François l’a dit plusieurs fois : « l’Église catholique n’entend imposer aucune exigence, si ce n’est celle de la profession de foi commune. » car selon le Pontife romain, « il n’y a plus aucun obstacle à la communion eucharistique qui ne peut être dépassé à travers la prière, la purification des cœurs, le dialogue et l’affirmation de la vérité. » Pour François, il semble bien que la doctrine catholique peut être sacrifiée, mise au second plan,  au profit d’une unité « de la diversité réconciliée », d’un œcuménisme qui occulte les appartenances réciproques. Une indication de son état d’esprit dans cette recherche d’unité avec les orthodoxes nous est donnée à travers son jugement sur le Métropolite grec orthodoxe Ioannis Zizioulas qu’il considère comme « le plus grand théologien chrétien vivant ».

Rencontre, en vérité, dans la droite ligne de la fameuse Conférence de Balamand (Liban) du 23 juin 1993, tenue sous le pontificat et avec le soutien de Jean-Paul II, qui stipula comme règles de conduite envers les Églises orthodoxes :

« Les évêques et les prêtres ont devant Dieu le devoir de respecter l’autorité que l’Esprit Saint a donnée aux évêques et aux prêtres de l’autre Église et pour cela d’éviter de s’ingérer dans la vie spirituelle des fidèles de cette Église. (…)

Pour préparer l’avenir des relations entre les deux Églises, en dépassant l’ecclésiologie périmée du retour à l’Église catholique…(…)

En excluant pour l’avenir tout prosélytisme et toute volonté d’expansion des catholiques aux dépens de l’Église orthodoxe, la commission espère qu’elle a supprimé l’obstacle qui a poussé certaines Églises autocéphales à suspendre leur participation au dialogue théologique et que l’Église orthodoxe pourra se retrouver au complet pour continuer le travail théologique si heureusement commencé . »

Rien de nouveau donc à attendre d’une rencontre qui épouse magistralement les changements historiques conciliaires : l’œcuménisme post-Vatican II, terreau du syncrétisme religieux et cheval de Troie d’une religion mondiale, « spiritualité mondiale, régie par des valeurs communes et des convictions partagées, sans frontières ni dogmes » (selon l’excellente définition du journaliste Hannibal), est toujours le fer de lance, l’idée dynamique et progressiste, qui patronne cette rencontre, sous le soleil cubain et sur l’asphalte de l’aéroport de La Havane, entre deux « Saintetés », pas si éloignées spirituellement parlant l’une de l’autre, Rome ayant déjà accompli, en 50 ans, la majeure partie de la voie du renoncement doctrinal pour arriver au tant désiré rapprochement, atteindre la nécessaire réconciliation et culminer béatement dans  « la pleine communion », mixture irénique orthodo-catholique. 

Avec François, ce renoncement inexcusable sera peut-être total, ce soir, sous le décorum solennel et mondial d’un geste de miséricorde pontificale…

A suivre.

Francesca de Villasmundo

Vous pouvez retrouver tous les articles d'actualité religieuse de MPI, augmentés d'une revue de presse au jour le jour sur le site medias-catholique.info

Achetez vos livres sur MPI
Vous faites travailler ainsi des libraires français et soutenez MPI
PORT à 1 cts A PARTIR DE 64 € D'ACHAT !

Retrouvez votre librairie sur livres-et-idees.com
avec plus de 10.000 références !

La compagnie des ombres par Michel De Jaeghere

14,90 €
Ajouter au panier
Le passé ne meurt pas par Jean de Viguerie

19,00 €
Ajouter au panier
Une élite sataniste dirige le monde par Laurent Glauzy

23,00 €
Ajouter au panier

Cliquez ici pour voir votre panier et passer votre commande

16 commentaires

  1. Ce n’est donc pas encore demain qu’on aura le magnifique geste de miséricorde demandé au pape par la Sainte Vierge, je veux dire, la consécration de la Russie à son Coeur Immaculé.
    Seigneur, ayez pitié !

    • Une fois de plus il faut donc rappeler que la consécration n’a pas eu lieu et qu' »il est tard ». Si tard que la consécration de la Russie qui était destinée à abattre le communisme n’est plus au pouvoir en Russie.

      A présent les erreurs de la Russie bolchévique se sont répandues en Occident, tandis qu’elles n’existent plus chez elle. La Russie est même actuellement le dernier rempart du christianisme. En connaissez-vous un autre ? Même pas le pape!

      Si cette déclaration pouvait un peu lui remettre les idées en place au pape… Mais ne rêvons pas trop.

  2. Alain Rioux says:

    Avec une commune Bible, un même symbole de Foi et sept conciles « œcuméniques », un épiscopat « valide », deux sacrements communs et cinq « rites » sacramentels, on est loin du relativisme syncrétiste…

  3. champar says:

    La réconciliation avec les orthodoxes est indispensable, ils nous sont particulièrement proches au point de vue théologique (arrêtez de faire un point de fixation avec le filioque). Avec les orthodoxes il ne s’agit pas de « syncrétisme » mais de l’unité de l’Église.

    Les catholiques ont à se faire pardonner la IV° « croisade » qui aboutit à l’attaque et au pillage de Constantinople au lieu de libérer les lieux saints aux mains de l’islam. Certes le pape Innocent III (qui n’a pas fait que des mauvaises choses) a désavoué cette action mais il était celui qui avait lancé cette « croisade ». ce distinguo subtil est probablement difficile à comprendre par les victimes, même celles maniant les querelles byzantines…

    Il est donc fort compréhensible que les orthodoxes puissent nourrir une méfiance à l’égard des catholiques et c’est l’honneur des papes actuels de savoir tendre la main aux orthodoxes, avec humilité.

    • Volodymyr Bellovak says:

      Vos byzantins n’ont pas hésité à s’allier à l’occasion aux mahométans et ce n’est pas la faute des « latins » si Constantinople est finalement tombée…; faire ce genre de reproche aux catholiques actuels plusieurs siècle après relève d’une mauvaise foi évidente et c’est particulièrement risible et pitoyable. Que vos « orthodoxes » reconnaissent Rome comme la Chaire de Pierre et « tout » (?) s’arrangera…

      • François 1er lui aussi s est allié aux Mahomegans, la flotte ottomane a même hiverné à Toulon, la cathédrale transformée en mosquée…

    • @ champar : « Les catholiques ont à se faire pardonner la IV° « croisade » »

      Depuis quand le crime du fils doit-il retombé sur le père ?

      L’Eglise est sainte. Point barre.

    • En l’état actuel des choses ce serait plutôt à l’Eglise conciliaire de se rapprocher des orthodoxes russes. Ils sont incomparablement plus traditionnels qu’elle.

      Je suis d’accord avec vous, le filioque ne tient pas debout.
      Ce sont les latins qui ont rajouté au IXe siècle, le filioque au Credo qui n’en a pas besoin. Un concile auquel les orientaux n’étaient pas.

      Qui connait le Fils connaît le père et vice-versa. Donc « le Saint-Esprit procède du Père » est suffisant.

      Mais le filioque n’était qu’un prétexte. Le schisme était avant tout politique.

      Sans même parler de religion, nous, chrétiens, avons un urgent besoin de la protection de la Russie pour ne serait-ce que survivre.

      De toute façon les orthodoxes sont heureusement peu susceptibles de rejoindre l’Eglise conciliaire.

  4. Nicodème says:

    Les ultra-tridentins sont toujours aussi cons .Et ignares .

    • vos insultes dévoilent à l’évidence votre orgueil . Le chemin de l’unité et de l’humilité a déjà été emprunté par une bonne partie du clergé ukrainien il y a quelques siècles: reconnaissance de la primauté du siège romain mais conservation du rite et des traditions d’orient. Cette rencontre a été initiée pour réduire au silence les gréco-catholiques, pour le reste on se doute bien qu’il y a convergence de vue sur la morale et le sort des chrétiens d’orient.

      • Volodymyr Bellovak says:

        @greg
        Tout-à-fait exact « Greg », dommage que cet article oublie les « uniates » sacrifiés sur l’autel de l’oecuménisme…C’est pourtant l' »uniatisme », la ré-union des « orthodoxes » à la seule Eglise, une sainte, catholique ( universelle ), apostolique, et …romaine, qui est la solution aux divisions des chrétiens; c’est ce qu’ont toujours proné les papes ante-conciliaires…
        https://www.facebook.com/lavoixdelukraine/posts/438686549668275:0

    • Volodymyr Bellovak says:

      Wahou! Développez un peu cher ami avant d’insulter; je vous signale que vous etes sur un site « toujours aussi con »…Mais merci de vos amabilités, ça ne nous étonne pas vraiment.

  5. mouillac says:

    à qui profite cette séparation?
    qui cherche l’unité?
    Qui cherche la division?
    Philippe Mouillac

    • Excellentes questions!
      Réponse: Cette séparation profite aux mondialistes et aux musulmans qui cherchent la division.

Laisser un commentaire

Social Media Auto Publish Powered By : XYZScripts.com