Moulin Ménard

Des professeurs d’histoire de Béziers ont envoyé un manifeste à Robert Ménard pour lui contester le droit d’honorer Jean Moulin, notamment. A la lecture du brûlot, les parents d’élèves ont pu être édifiés concernant le lavage de cerveau idéologique auquel ces enseignants soumettent leurs progénitures à longueur d’année. D’autant plus que la plupart des parents sont des électeurs de Robert Ménard!  Vont-ils porter plainte contre ces enseignants qui confondent Histoire et propagande politicienne ? Ou bien, le risque de contre-attaque des profs sur leurs enfants va-t-il les faire taire comme à chaque fois ? On comprend en tout état de cause, pourquoi les écoles privées libres (réellement libres) sont prises d’assaut …

La réponse de Robert Ménard à la lettre de professeurs d’histoire:

Ainsi donc, ces enseignants du lycée Jean-Moulin m’accusent « d’instrumentaliser » et de « retricoter » l’Histoire dans un but « polémique ». Sans qu’ils s’en rendent compte sans doute, ils révèlent ainsi la nature profonde de leur structure intellectuelle : le refus du débat, le refus de la confrontation des idées. Ils y ajoutent le procès en légitimité, propre à la pensée de gauche, qui exclut l’Autre à partir du moment où celui-ci ose penser l’Histoire différemment, ose envisager son enseignement autrement qu’il est pratiqué depuis mai 68. Quand ces enseignants écrivent, « nous sommes attachés à la rigueur de la démarche historique », on a envie de rire tant leur courrier témoigne presque à chaque ligne du contraire. Un courrier que l’on peut résumer en quelques points.

Premier point : la guerre d’Algérie. Ces enseignants me reprochent d’avoir débaptisé la rue du 19 mars 1962. Pour eux, c’est « rouvrir les plaies » et « réhabiliter l’OAS ». On croirait lire un tract du Parti communiste ! Or, d’un point de vue historique, de quoi s’agit-il ? Peut-on dire que la guerre d’Algérie a pris fin avec la signature des accords d’Évian du 19 mars 1962 ? Oui, affirment ces enseignants. Oui, affirment les anciens porteurs de valises. Non, disait François Mitterrand. Non, pensent les milliers de familles dont les membres ont péri après le 19 mars. Il peut donc y avoir débat. Ce n’est pas une question de querelles de « mémoire ». Ce débat, ces enseignants l’esquivent. Ils ne sont pas « attachés à la rigueur de la démarche historique », ils font de la politique.

Deuxième point : il m’est reproché un tweet dans lequel j’invitais à lire un numéro du Figaro Histoire « Quand les barbares envahissaient l’Empire romain ». Selon ces enseignants, il s’agirait d’une allusion implicite aux migrants. En quelque sorte, on m’accuse d’une arrière-pensée. Procédé stalinien s’il en est ! Or, il s’agissait simplement d’attirer l’attention sur un numéro du Figaro Histoire. Mais peut-être est-il interdit de citer Le Figaro ? On est loin de « la rigueur de la démarche historique ». Et plus près de la politique.

Troisième point : si j’en crois ces professeurs, je ne devrais plus évoquer les combattants de 14-18 dans mes discours. Il m’est reproché de m’être interrogé ainsi à leur sujet : que diraient-ils « en voyant certaines rues de nos communes où le Français doit baisser la tête ? » Au nom de quelle « démarche historique » ces enseignants prétendent m’interdire de faire un rapprochement entre 1914 et 2016 ? Oui, les Poilus biterrois de 14-18 qui sont morts pour la France, pour qu’elle ne soit pas allemande, que penseraient-ils de notre Béziers de 2016 ? Poser cette question n’est ni ridicule ni déplacé car elle s’adresse, au fond, non pas aux Poilus, mais à nous, à nos consciences. À quoi bon se gargariser de la gloire de nos ancêtres, si nous acceptons ce qu’ils ont refusé au prix de leur vie ? Ces enseignants de Jean Moulin peuvent ne pas être d’accord. Mais la querelle qu’ils me font n’est pas historique ou scientifique, elle est politique.

Quatrième point : il m’est reproché implicitement d’avoir installé une crèche en mairie. Pour ces professeurs, c’est mal car cela « ne s’inscrit pas dans la tradition laïque garante de cohésion sociale et protectrice des libertés ». Quel laïus pour dire : nous ne sommes pas d’accord. Soit ! Mais la justice a tranché. La crèche dans la mairie ne viole pas la laïcité. Le christianisme est un élément culturel constituant de l’identité française. Il est possible que cela chagrine ces professeurs, il est possible qu’ils préfèrent n’en souffler mot dans leur enseignement sinon pour le minorer. Cependant, quand ils écrivent qu’ils sont attachés à leurs obligations de « réserve et de neutralité », ils se moquent du monde. Envoyer à la presse une lettre ouverte au maire de la ville et la signer explicitement en tant qu’enseignants du lycée Jean-Moulin, qu’est-ce sinon entrer dans le débat public, sinon faire de la politique, et donc violer le devoir de « réserve et de neutralité » dont ils se réclament ?

Cinquième point : Jean Moulin. Deux choses à ce sujet. D’abord, Jean Moulin, comme le général de Gaulle, a combattu avec des hommes venant de tous les horizons. Le secrétaire de Jean Moulin venait de l’Action française. Autour de De Gaulle, on retrouvait des gens venus de la droite la plus dure, qui feraient passer Marine Le Pen pour une centriste. Pour eux, seules comptaient la libération de la France, sa souveraineté. Jean Moulin n’était pas le « visage de la France républicaine », comme l’écrivent les enseignants, il était le visage de la France. Il n’est pas mort pour un concept politique, il est mort pour une réalité charnelle, pour un peuple. En 1940, les nationalistes français ont répondu présents en masse à Londres alors qu’une partie de la gauche a voté les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain. Alors à qui appartient Jean Moulin ? D’abord et avant tout à l’histoire de France. Il est le symbole d’un Français qui meurt pour que son pays ne soit pas occupé par une armée étrangère. À qui ne peut pas appartenir Jean Moulin ? À ceux qui vendent notre pays, à ceux qui le pillent. Comme à ceux qui trouvent des excuses aux pillards et aux vendus. L’autre point important sur Jean Moulin est plus factuel. La Ville va créer un musée historique qui lui sera entièrement consacré. Alors que son appartement natal était dans un état déplorable, il va être restauré. Et quel est le premier mouvement de ces enseignants de Jean Moulin ? Se réjouir ? Non ! C’est de faire un procès moral, un procès historique, un procès politique à la mairie ! Pour conclure, je crois que ces enseignants de Jean-Moulin auraient mieux fait de ne pas signer ce texte, rédigé par un ou deux d’entre eux. Je pense qu’ils n’ont pas mesuré son caractère politique. Pour ma part, je forme le vœu qu’ils transmettent à leurs élèves l’amour de la France, une France qui n’a commencé ni en 1968, ni en 1789. Qu’ils forment des citoyens, des citoyens fiers de leur pays, fiers de leur identité.

A noter la signature jacobine, voire montagnarde des professeurs qui font précéder leur nom de « citoyen-professeur » selon l’obligation révolutionnaire. comme si l’Histoire avait débuté en 1789 au moment de la sanglante Révolution… Un point qui n’est pas de détail, mais au contraire très éloquent, comme le reste de ce ce manifeste aux accents marxistes.

L’ histoire enseignée dans les écoles publiques mérite-t-elle le « H » majuscule dont elle est habituellement parée pour la distinguer ? La « lettre des professeurs d’histoire » de Béziers au premier magistrat de la ville, nous donne définitivement l’orthographe à adopter pour qualifier ces idéologues: un tout petit « h »!

Emilie Defresne

emiliedefresne@medias-presse.info

Cet article vous a plu ? MPI est une association à but non lucratif qui offre un service de réinformation gratuit et qui ne subsiste que par la générosité de ses lecteurs. Merci de votre soutien !

Achetez vos livres sur MPI
Vous faites travailler ainsi des libraires français et soutenez MPI
PORT à 1 cts A PARTIR DE 64 € D'ACHAT !

Retrouvez votre librairie sur livres-et-idees.com
avec plus de 10.000 références !

La compagnie des ombres par Michel De Jaeghere

14,90 €
Ajouter au panier
Le passé ne meurt pas par Jean de Viguerie

19,00 €
Ajouter au panier
Une élite sataniste dirige le monde par Laurent Glauzy

23,00 €
Ajouter au panier

Cliquez ici pour voir votre panier et passer votre commande

14 commentaires

  1. Etienne says:

    M. Ménard mérite toute notre sympathie.
    Quant à son 5e point, là, on boit du petit lait à lire ça : explicitement et de manière motivée, il conteste à « la gôche » sa confiscation (si ordinaire) de la résistance.

    • Je pense que Mr Le maire a raison de vouloir honorer Jean Moulin , depuis ma jeunesse j’ai toujours entendue dire du bien de jean Moulin , et voilà que maintenant l’on va dire qu’il travaillait pour la Russie Moi je retiens qu’il travaillait pour le Général De Gaule ALORS OU EST LA Vérité

  2. Volodymyr Bellovak says:

    Jean Moulin demeure un personnage controversé; certains l’ont accusé d’etre un agent double au service de l’URSS…, Thierry Wolton en particulier qui a pu consulter les archives des services secrets soviétiques quand celle-ci étaient encore accessibles aux chercheurs après la chute de l’URSS. C’est Jean Moulin qui était chargé officiellement de faire le lien entre tous les résistants, communistes compris ( qui eux portant se battaient sur ordre du Kremlin et à son service )…

    • François says:

      Il est toujours intéressant de connaître le fond des choses, à condition de ne pas s’y noyer. Robert Ménard ne prétend pas être historien et reconnaît que l’histoire peut être en débat… En dehors de ça il est notoire que Jean Moulin a payé de sa vie son engagement pour la libération de la France.

      Jean Moulin n’a rien gagné dans cette histoire, il aurait pu rester chez lui tranquillement. On peut tout contester. Moulin avait l’ordre de mobiliser la résistance pour préparer le débarquement. Il a obéi comme aurait fait n’importe quel général. Il s’est servi des hommes qu’il avait sous la main. On ne peut pas lui mettre sur le dos les calculs politiciens que d’autres faisaient à Londres,à Washington ou à Moscou.
      Pourquoi dénigrer systématiquement tous les Français, surtout ceux qui ont mis leur vie au bout de leur engagement.

      A l’époque la France était occupée par une armée étrangère et qui plus est, par l’armée qui avait été vaincue en 1918… Alors, ceux qui sont morts pour la libérer méritent notre respect. Même si les libérateurs étaient d’autres occupants… Mais cela dépasse les exécutants.

      • Je pense comme vous François Toujours entendu dire du bien Jean Moulin oui il a fait de la résistance mais j’ai appris que c’était avec la France , et je retiens aussi qu’il était écrivain , chose qui m’ toujours marqué il dit a un enfant dessine moi un dessin si je me souviens bien , par l’histoire de mon enfance il a toujours été un héros Alors que croire , moi qui croit cette histoire depuis au 60 ans on veut me faire éffacer mes illusions DOMMAGE

  3. legrandjeu says:

    MAGNIFIQUE remise en place de la vérole marxisante !

  4. Von Von says:

    Bravo. Si tous les maires de France avaient le courage de dire la vérité comme M. Ménard, la France serait vraiment la France.
    Merci M. Ménard de dire tout haut ce que les Français ne peuvent plus dire …

  5. Françoise Clergeau says:

    Il a raison totalement raison
    Ces profs sont des tracts ambulants du marxisme

  6. Boutté says:

    Il suffit de lire l’ Huma clandestin de 40 pour savoir ce
    qu’est la collaboration rouge . Qui rééditera ces textes ?

  7. On mesure le lavage de cerveaux d’esprits faibles aujourd’hui.
    penser qu’ils peuvent enseigner fait froid dans le dos.

  8. ganf gnaf says:

    Vous l »avez lue la lettre des profs ? Ils ont bien raison! La milice bioterroriste de Rob a été suspendue par le tribunal. Pourquoi vous ne le dites pas ?

  9. « une crèche en mairie (…) ne s’inscrit pas dans la tradition laïque garante de cohésion sociale et protectrice des libertés »

    Difficile de comprendre en quoi une crèche ne protège pas leur liberté. Et la kippa, ça les protège davantage ? Pourquoi manifestent-ils contre une crèche en mairie et pas contre une kippa à la télé ? R.Ménard le dit : ils font de la politique, et la liberté dont ils parlent n’est qu’un prétexte à imposer leur conception personnelle d’une liberté dictatoriale.

  10. charles martel says:

    Robert Ménard, seul contre tous !

    J’admire le courage de ce Maire qui depuis son élection, ne cesse d’être attaqué par les bobos bien pensants et les médias aux ordres, c’est à dire les seuls vrais « fascistes » (au sens bolchevik du terme) qui en l’occurence ne tolèrent aucune remise en question de leurs système de pensée libérale/libertaire dont découle la dictature du « vivre ensemble ».

    Système de pensée libérale/libértaire qui depuis son apparition n’a jamais cessé de briser les derniers freins moraux s’opposant à l’expansion d’un capitalisme d’essence cosmopolite, usurier et apatride.

Laisser un commentaire

Social Media Auto Publish Powered By : XYZScripts.com