2018 voit à la fois le centenaire de la naissance d’Alexandre Soljenitsyne (1918) et le dixième anniversaire de sa mort (2008). Occasion unique d’honorer l’auteur de L’Archipel du goulag !

Soljenitsyne : grand témoin du 20e siècle

Le numéro 104 de la revue Le Sel de la terre a su saisir l’occasion ratée par la plupart des gros médias. Il présente la vie et l’œuvre du grand écrivain russe, mais aussi sa mission, qui dépasse largement son pays.

Soljenitsyne est d’abord le grand témoin de l’abomination communiste. Toutes les étapes de sa vie semblent avoir été ménagées par la Providence divine pour le préparer à cette mission. On suit avec intérêt l’itinéraire de ce jeune homme doué qui a commencé à gravir avec succès les échelons de l’armée soviétique, quand, tout à coup, sa vie bascule dans l’horreur, parce qu’il a osé douter du génie militaire de Staline, dans une correspondance privée ! Le voilà bon pour le goulag ! Épreuve bénéfique, qui le force à creuser des questions qu’il n’aurait jamais osé regarder en face s’il avait tranquillement poursuivi sa carrière.

Soljenitsyne excelle à évoquer les faits : des milliers de petits faits vécus, qui font comprendre, de façon très concrète, la nature satanique du régime communiste. Mais il n’en reste pas là. Il sait aussi remonter aux principes et dénoncer, au grand effarement de l’intelligentsia française, la généalogie révolutionnaire du communisme. Le goulag est le fruit de la Révolution française et de l’idéologie des « Lumières ». Il le redira en 1993, dans son discours aux Lucs-sur-Boulogne, de même qu’il rappellera leurs responsabilités aux autorités américaines  dans son discours à Harvard (1978). Que l’Occident, face à l’URSS, ne se prenne pas pour le « camp du bien » ! Il est gravement compromis lui aussi, par sa lâcheté, son matérialisme et son libéralisme !…

A la fin de sa vie, Soljenitsyne étudiera le rôle des communautés juives en Russie, notamment dans la Révolution de 1917. Cet ouvrage (Deux siècles ensemble) lui vaudra encore de solides inimitiés. Il n’a jamais été traduit en anglais.

Et Marx ?

Si Soljenitsyne est volontairement oublié, Marx n’aura jamais été autant célébré. Le bicentenaire de sa naissance (5 mai 1818) est l’occasion de le vanter comme un économiste de génie, voire l’inventeur de la « justice sociale » ! On lui refuse toute part de responsabilité dans les crimes (on dira plutôt, pudiquement : les « excès ») du communisme. La maladresse de ses disciples est seule en cause.

Michel Defaye remet les pendules à l’heure dans le même numéro 104 du « Sel de la terre » : Marx, qui a inventé les concepts d’ « ennemi de classe » et de « dictature du prolétariat », souhaitait bel et bien une révolution sanglante. Lui-même, comme Lénine, se réfère sans cesse à la Révolution française, à la Terreur, à la Révolution de 1848 et à la Commune de Paris. Il a étudié de très près ces périodes de crise pour en tirer des leçons révolutionnaires que Lénine a méthodiquement appliquées. Defaye le montre de façon très détaillée, et l’on trouve plusieurs « perles » dans les citations qu’il a dénichées. Reproduisons seulement cette appréciation de l’économiste André Piettre, quant aux prétendus « bienfaits » du marxisme :

« Il n’est pas d’erreur plus répandue que d’attribuer à la montée du socialisme les lois et les diverses réalisations sociales qui ont jalonné les dernières décennies du 19e siècle et les premières du 20e. En fait, la plupart d’entre elles ont été dues à des catholiques sociaux, contre l’opposition de la plupart des socialistes qui voyaient d’abord, dans les réformes tentées, un moyen de retarder la Révolution attendue […]. »

Ce n’est pas par miséricorde et parce qu’ils étaient faibles que Marx s’est soucié des ouvriers. Mais au contraire parce qu’il y voyait une force qui pouvait servir de chair à canon pour établir sa religion : le matérialisme révolutionnaire.

Le fond du problème est religieux, car l’homme, quoi qu’il fasse, ne peut échapper à la religion. C’est ce que montre, dans le même numéro, un article intitulé : « Dieu prouvé au cœur de l’homme ». L’être humain est religieux par nature. Il ne peut se passer d’adorer. Il ne peut s’empêcher de chercher un bonheur surhumain. Il ne peut renoncer à une justice définitive. S’il n’adore pas le vrai Dieu – seul Bonheur parfait, et seul Justicier définitif – il se donnera à des idoles ou des idéologies trompeuses et destructrices.

(Pour les autres articles de ce numéro, voir le sommaire).

Le Sel de la terre (revue des dominicains d’Avrillé) Couvent de la Haye-aux-Bonhommes, 49240 Avrillé — Ce numéro : 15 €. — Abonnement annuel (4 numéros) : 48 €. — http://www.dominicainsavrille.fr/le-sel-de-la-terre-n104/

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2 commentaires

  1. cadoudal says:

    on juge un arbre à ses fruits;

    les fruits du bolchevisme : 100 millions de morts

    beaucoup plus selon Soljenitsyne

    mais 100 millions de morts , pour les média des démocraties maçonniques , ce n’est même pas un détail;

    c’est rien du tout.

  2. « Le Juif était ce Yankel que nous connaissons déjà. Il était maintenant aubergiste et fermier dans cette ville ; déjà, ayant mis peu à peu le grappin sur tous les gentilhommes des environs, grands et petits, il avait soutiré presque tout l’argent du pays, et y faisait vivement sentir sa présence de Juif. À trois lieues à la ronde, il ne restait plus une seule izba en bon état, tout s’effondrait et se délabrait, tout ce que l’on avait de bien était bu, et l’on ne trouvait plus nulle part que misère et décrépitude ; tout le pays était saigné à blanc, comme après un incendie ou une épidémie. Et si Yankel avait vécu dix ans de plus au même endroit, il aurait sans doute saigné à blanc toute la province. Taras entra dans la chambre. Le Juif priait, la tête couverte d’un châle passablement taché, et il venait de tourner la tête pour cracher une dernière fois selon les rites de sa religion, lorsque son regard tomba soudain sur Boulba qui se tenait derrière lui. Il ne vit d’abord que les deux mille ducats qui étaient promis pour sa tête ; puis il rougit de sa cupidité et s’efforça d’étouffer en son cœur l’éternelle hantise de l’argent qui, comme un ver, ronge l’âme du Juif. »

    Nicolas Gogol, « Taras Boulba » (1843).

    L’action de « Taras Boulba » se déroule au XVIIe siècle.

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