souvenirs d'une ambassade à berlin

André François-Poncet fut ambassadeur de France à Berlin de 1931 à 1938, puis à Rome de 1938 à 1940. Ce livre de mémoires, grand classique de la littérature des diplomates français, est réédité chez Perrin, agrémenté d’une préface et de notes de Jean-Paul Bled, historien spécialiste de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie.

Selon les mots d’André François-Poncet, il s’agit là de « sept années pleines d’intérêt, mais aussi pleines de troubles, d’alertes, d’orages et de drames« . Avec précision, il nous décrit les hommes qu’il a croisés et les événements auxquels il a été associé. Il ne sélectionne pas ses fréquentations au gré de ses préférences, ce qui fait de lui le mieux informé de tous les ambassadeurs en poste à Berlin à cette époque, dira l’historien William L. Shirer.

Lorsqu’il arrive à Berlin en 1931, la république de Weimar est entrée en agonie. Il observe l’effondrement des derniers vestiges de la démocratie parlementaire et l’accession d’Hitler au pouvoir. François-Poncet consacre un chapitre entier à l’idéologie hitlérienne, analyse les circonstances qui l’ont aidé à capter l’adhésion de la majorité de la population allemande, dépeint son talent oratoire hors du commun et sa capacité à fasciner les foules. Un autre chapitre de ce livre est consacré à la nuit des Longs Couteaux, lorsqu’Hitler règle dans le sang le différend qui l’oppose à la SA.

En 1935 et 1936, Hitler libère l’Allemagne des dernières chaînes du traité de Versailles, rétablit la conscription, puis réoccupe la rive gauche du Rhin. André François-Poncet ne cesse d’alerter son ministre contre les menaces de guerre qui s’accumulent. Il note avec amertume que sa mission se résume le plus souvent à n’être qu’un « facteur » n’ayant que peu d’influence, voire aucune, sur les prises de décision de son gouvernement.

Cet ouvrage est d’autant plus intéressant que François-Poncet excelle dans l’art du portrait et dispose d’un authentique talent d’écrivain.

Souvenirs d’une ambassade à Berlin, André François-Poncet, préface et notes de Jean-Paul Bled, éditions Perrin, 507 pages, 24 euros

A commander en ligne sur le site de l’éditeur

Cet article vous a plu ? MPI est une association à but non lucratif qui offre un service de réinformation gratuit et qui ne subsiste que par la générosité de ses lecteurs. Merci de votre soutien !

Achetez vos livres sur MPI
Vous faites travailler ainsi des libraires français et soutenez MPI
PORT à 1 cts A PARTIR DE 64 € D'ACHAT !

Retrouvez votre librairie sur livres-et-idees.com
avec plus de 10.000 références !

La compagnie des ombres par Michel De Jaeghere

14,90 €
Ajouter au panier
Le passé ne meurt pas par Jean de Viguerie

19,00 €
Ajouter au panier
Une élite sataniste dirige le monde par Laurent Glauzy

23,00 €
Ajouter au panier

Cliquez ici pour voir votre panier et passer votre commande

3 commentaires

  1. « sa mission se résume le plus souvent à n’être qu’un « facteur » n’ayant que peu d’influence, voire aucune, sur les prises de décision de son gouvernement. »

    C’est cela qui est scandaleux pour le gouvernement de l’époque. Si on l’avait écouté, la France aurait pu se prémunir contre Hitler. Mais qui était au pouvoir à l’époque ?… Bizarrement, des profils juifs se profilent.

  2. La personnalité de l’auteur donne à cet ouvrage, le poids d’un témoignage exceptionnel sur Hitler et le III° Reich et ces événements, vus, vécus de l’intérieur par l’ambassadeur de France à Berlin.
    La présentation de Bled et ses notes sont un arsenal tout à fait « pédagogique » et je dirai indispensable, pour suivre les événements, les influences, les trahisons… dans ce dédale politique et militaire.

    En diffusion sur LIVRES EN FAMILLE : http://www.livresenfamille.fr/p11709-andre_francois_poncet_de_academie_francaise_souvenirs_une_ambassade_berlin.html

  3. Jean Irrubea says:

    Les causes de 39/45 ?
    Il ne faut pas oublier le traité de Versailles . « Vae Victis » semble avoir été le mot d’ordre .
    Ne pas oublier non plus l’attitude « pseudo-passive » de nos amis américains, et la non ratification du sus-dit traité .
    Le Congrès US jugeant certainement que le Pdt Wilson avait été trop tendre …

Laisser un commentaire

Social Media Auto Publish Powered By : XYZScripts.com