Emmanuel Macron l’avait annoncé durant sa campagne électorale : s’il était élu président de la République, il aurait recours aux ordonnances pour lancer un certain nombre de chantiers. En avril dernier, au Journal du Dimanche, il déclarait :

«Je souhaite introduire dès l’été un projet de loi d’habilitation pour simplifier le droit du travail et décentraliser la négociation. […] Le tout par ordonnances, pour procéder de manière rapide et efficace.»

Sur Public Sénat, il confirmait cette idée :

«Il y a une partie de mon programme [que] je ferai dans des lois classiques, une autre, la réforme du droit du travail […], je la ferai par ordonnance.»

Gouverner par ordonnances signifie tout simplement se passer de l’accord de l’Assemblée Nationale et du Sénat pour faire passer des lois.

La Constitution de 1958 donne au gouvernement, dans son article 38 (1), la possibilité, dans certains domaines particuliers comme le droit du travail par exemple ou la sécurité, d’éluder le processus législatif régulier, qui peut être un obstacle au passage d’une loi. En effet l’Assemblée nationale comme le Sénat peuvent amender les projets ou propositions de loi avant de les voter. Quand un gouvernement décide de gouverner par ordonnances, c’est donc avant tout pour se soustraire à l’avis du Parlement pour légiférer. Mais il doit cependant obtenir de ce même Parlement un accord pour prendre ses ordonnances en précisant le domaine concerné : «Elles entrent en vigueur dès leur publication mais deviennent caduques si le projet de loi de ratification n’est pas déposé devant le Parlement avant la date fixée par la loi d’habilitation», énonce l’article 38.

Avec une probable majorité écrasante à l’Assemblée nationale, Emmanuel Macron va donc disposer de députés qui seront aux ordres, certains étant néophytes dans cette charge et d’autres, transfuges de leur parti d’origine sans probable possibilité de retour, totalement inféodés au nouveau gouvernement. Le jeune Macron, l’homme-objet par excellence du système médiatico-financier,  pourra ainsi gouverner par ordonnances en droit du travail et certainement en ce qui concerne la sécurité. L’état d’urgence pourrait ainsi être prolongé, ce qui ne changera pas grand-chose à l’insécurité croissante due au terrorisme islamique mais immanquablement va restreindre encore plus les libertés fondamentales des Français.

Le réveil de nos compatriotes, subjugués aujourd’hui par une République en marche… vers une dictature unique et européiste, risque d’être très, très douloureux !

Francesca de Villasmundo

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9 commentaires

  1. Perlimpinpin says:

    Son mouvement s’appelle « En marche », seulement les Français d’aujourd’hui (sans l’esprit critique qui a pu caractérisé l’Europe jusqu’au 30 glorieuses) n’ont pas compris que c’était à coup de fouets…

    • LANKOUDU says:

      La FRANCE en marche était le slogan de la France collabo avec les nazis ! l’histoire se répète aujourd’hui ( voir HALLSTEIN/HITLER )

      • Perlimpinpin says:

        Merci de l’info. Pour ma part, j’ai entendu « En marche », j’ai tout de suite entendu le bruit des bottes. Il va falloir courir vite.

      • pamino says:

        « Die Straßen frei den braunen Bataillonen », oui, génial, merci à vous deux !

  2. Gabrielle says:

    Je ne sais si les votants ont bien réfléchi à ce qu’ils faisaient pour Macron et les abstentionnistes aussi porteront le poids d’une dictature à laquelle les français n’ont pas été habitués.
    Était-ce pour ce temps là que Notre Dame avait dit  » attendez vous à être gouvernés par une main de fer dans un gant de velours. J’espère que l’on nous laissera notre religion, en tout cas, nous allons peut-être dans l’avenir vers la guerre civile, et ceux qui n’ont pas été voter, mais ont été se bronzer au chaud soleil, ne pourront s’en prendre qu’à eux-même.

  3. Paul-Emic says:

    C’est pour contrer cette dictature bancaire qu’il va falloir se réveiller très vite et ne pas hésiter à manifester même avec nos adversaires politiques d’hier

  4. von von says:

    Le Sénat peut-il s’opposer aux ordonnances puisqu’il est à droite ?
    ou est-il devenu « en marche » ?

  5. Cyrano says:

    Il peut être fier de sa manœuvre le petit Macron avec ses nouveaux députés la plupart sans expérience auxquels il sera facile de dire quoi voter (ne serait-ce qu’en remerciement…) et ce ne sont pas les transfuges qu’il a conforté à des postes qui risquent de lui mettre des bâtons dans les roues.
    La dictature est en marche sous l’œil bienveillant du Grand Orient.
    Avec ce régime, il y a fort à croire que le troisième tour se fera dans la rue….ce qui ne présage rien de bon mais qui semble inéluctable.

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