Victor Orban receiving the award from Polish PM Beata Szydło. Photo: PAP/Darek Delmanowicz

Le  chef de la diplomatie luxembourgeoise, Jean Asselborn, appelle à exclure la Hongrie de l’Union Européenne sous prétexte de « violation de ses valeurs démocratiques fondamentales » tandis que le forum de l’Institut polonais sur l’Europe de l’Est vient de le couronné « Homme de l’année 2016« , battant le représentant de Kiev pour l’Ukraine.

Deux conceptions de la liberté inconciliables entre l’Est et l’Ouest

Le prestigieux Institut Polonais sur l’Europe de l’Est qui se réunit chaque année depuis 1990 (à la chute de l’empire soviétique) dans le cadre de son Forum Économique, était présidé par  Beata Szydło, Premier ministre de Pologne. Ce forum est le reflet des aspirations des pays de l’ancien bloc soviétique, dont beaucoup ont rejoint aujourd’hui l’Union européenne. Un forum d’un grand enseignement pour l’Union européenne, sur les aspirations des pays d’Europe centrale, mais qui est largement passé sous silence depuis des années par les médias de l’Europe de l’Ouest, alors qu’il bénéficiait dans les années 90 de leur plus attentive sollicitude.

Le forum qui se tient à Krynica Zdrój dans les Carpates polonaises a vu défiler durant trois jours des conférenciers représentatifs des pays d’Europe centrale à titres divers, gouvernementaux et para-gouvernementaux. De ce concert de voix s’est très vite dégagé un grand thème sous-jacent: celui d’une brisure  entre l’Union européenne de Bruxelles, celle des pays membres de l’Ouest, anciennement ancrés dans l’Alliance atlantique, et l’Union européenne des pays membres de l’Est, anciennement attachés au bloc soviétique, comme si une brèche s’agrandissait dans un mur invisible qui sépare deux conceptions opposées de la liberté:

D’une part les pays de l’Ouest qui promeuvent un monde sans frontières ni identité au profit des étrangers et au détriments des autochtones, et d’autre part, les pays de l’Est de l’UE qui promeuvent la liberté des peuples autochtones dans des nations souveraines qui restent maîtres de leurs frontières.

Le thème de « civilisation chrétienne » ciment de l’identité Européenne, a été martelé tout au long des interventions, et plus encore par les intervenants issus des pays du Groupe de Visegrad: la Pologne, la Hongrie, la Slovaquie, et la République tchèque. Ces pays qui dés le départ des déferlantes migratoires en provenance de l’islam, se sont dressés contre la politique immigrationiste de Bruxelles.

Ce qui unit les pays d’Europe central

Si au cours de ce forum la Pologne, le plus peuplé des pays d’Europe centrale, qui a porté à sa tête les eurosceptiques identitaires du parti « Loi et Justice » (PIS), ne s’est pas privée d’exprimer sa détermination à ne rien céder aux pressions et menaces de Bruxelles sur les quotas d’immigrés ni sur la préservation de ses frontières, c’est le premier ministre hongrois, Viktor Orban qui, une fois encore, a clamé le plus fort ce que de plus en plus d’Européens pensent de moins en moins bas.  Comme en Pologne, la Hongrie a porté à sa tête un Président et un Premier ministre issus d’un même parti eurosceptique, en l’occurrence le Fidesz. Viktor Orban n’emploie pas la langue de bois ce qui n’existe pratiquement plus à l’Ouest dans le monde politique; Le Premier ministre hongrois n’hésite pas à transgresser le politiquement correct, par exemple en fustigeant les Roms, les sanctions contre la Russie, et l’immigration clandestine de masse en provenance des pays musulmans.

Les pays du groupe de Visegrad ne sont pas d’accord sur tout, c’est la lutte sur la souveraineté de leurs pays respectifs qu’ils se rejoignent totalement. Viktor Orban pour la Hongrie a une approche différente de Beata Szydło pour la Pologne en ce qui concerne l’Ukraine.

La Pologne a défendu avec force l’idée de l’entrée de ce pays dans l’Union européenne par opposition à Orban. Ce n’est pas le seul point qui divise les deux pays. Viktor Orban qui a combattu dés sa jeunesse contre l’URSS s’est, au contraire de la Pologne, rapproché de Vladimir Poutine. Il reconnaît en la Russie un allié pour défendre les valeurs chrétiennes de l’Europe et pour rendre sa stabilité au Moyen-Orient dont les guerres sont à l’origine des flux migratoires.  

A l’Ouest de l’UE, l’inflexibilité de Viktor Orban sur la préservation des racines chrétiennes de l’Europe et la fermeture des frontières aux clandestins musulmans, lui vaut à chacune de ses déclarations ou actions des critiques, des menaces et des pressions, tandis que l’Est lui donne la parole et l’ovationne. Un fossé de plus en plus grand semble s’élargir entre les pays de l’ancien bloc soviétique et les pays historiques de l’Alliance atlantique.

Viktor Orban couronné par les représentants des pays d’Europe centrale

La droitisation de la politique de la Pologne depuis la prise de pouvoir par le PIS n’a rien changé à la politique atlantiste de ce pays, parmi les plus inféodés à l’OTAN et aux USA et les plus hostiles à la Russie, continuant de fonctionner comme si la Russie était toujours aux mains d’un pouvoir bolchevique.  Ces différences notables n’ont pas empêché Beata Szydło au nom de l’Institut polonais sur l’Europe de l’Est de couronner « Homme de l’année 2016 », Viktor Orban. Celui-ci ayant mis en minorité le candidat de Kiev.

C’est que le danger immédiat qu’est l’immigration clandestine de masse est à lui seul le ciment qui unit la Pologne et la Hongrie, transcendant leurs différences. 

Une brèche géographique et idéologique de l’UE? Pas si sûr!

Mais ce thème d’une brisure de l’Union européenne entre les pays membres d’Europe de l’Ouest et pays membres de l’Europe de l’Est est-il aussi tranché que les apparences le laissent croire ?

Au niveau des dirigeants de Bruxelles et de ceux des plus anciens pays de l’OTAN,  cela ne fait aucun doute. La souveraineté des nations, l’identité civilisationnelle et le droit à une identité culturelle et historique sont niés pour les dirigeants de l’Ouest, cela ne signifie pas que les peuples, eux, ne les revendiquent pas, bien au contraire. Le vote des Britanniques sur le Brexit, ainsi que les autres consultations dans tous les pays de l’Ouest montre un désaveu de l’abaissement des frontières et de la civilisation islamique que les populations issues de l’immigration musulmane ou des afflux migratoires actuels de même origine, transportent avec eux et implantent dans les pays de l’UE qui les accueillent.

Photo ci-dessus: Le Premier ministre de Pologne, Beata Szydło, remet le prix de « meilleur homme de l’année » au Premier ministre hongrois à Krynica Zdrój , en Pologne, lors du Forum Economique.

En complément du sujet: Viktor Orban instaure un Secrétariat d’État pour la Défense des Chrétiens dans le monde entier

emiliedefresne@medias-presse.info

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Un commentaire

  1. 1. Il ne faut pas prendre ces Luxembourgeois au sérieux. Lützelenburg (d’où Luxembourg en français, d’où Luxemburg en allemand d’aujourd’hui !), Lützelenburg, forme traditionnelle nouveau haut-allemande du nom dialectal Lëtzebuerg) signifie ‘la petite forteresse’, tandis que Meck[e]lenburg signifie ‘la grande forteresse’. Ils ont sécédé de la Belgique en 1839 parce qu’ils voulaient avoir l’allemand comme langue officielle et non pas le français qui en 1830 avait succédé au néerlandais. Après la guerre de ’14 la grande-duchesse a dû abdiquer et se retirer dans un couvent à cause des sympathies allemandes qu’elle avait manifestées, parfois de façon éclatante, pendant la guerre. Elle a été succédée par sa sœur, qui elle s’est enfuie aux États-Unis pendant la guerre de ’40 et qui dès son retour a mis en œuvre une politique de francisation forcée en faisant venir des armées de pauvres Portugais qui évidemment préféraient apprendre le français à apprendre l’allemand. C’est pour cela que les piliers actuels ou passés du Grand-Duché sont toujours ces Jean et autres Jean-Claude aux noms de famille allemands qui parlent le français, l’allemand et l’anglais à l’accent non seulement allemand mais très audiblement moyen francique mosellan, dialecte qu’on parle également à Trêves. (Je ne suis pas du tout contre le polyglottisme ou les accents locaux, seulement contre l’hypocrisie.)
    2. ‹ Le thème de « civilisation chrétienne » ciment de l’identité Européenne, y a été martelé tout au long des interventions, et plus encore par les intervenants issus des pays du Groupe de Visegrad: la Pologne, la Hongrie, la Slovaquie, et la République tchèque. Ces pays qui dés le départ des déferlantes migratoires en provenance de l’islam, se sont dressés contre la politique immigrationiste de Bruxelles. ›
    La Hongrie (y compris la Slovaquie) et ce qui s’appelle aujourd’hui la République tchèque faisaient longtemps partie d’une entité basée sur la Grande-Autriche et qui finit par se nommer l’Empire d’Autriche avec le Royaume de Hongrie. Seule une petite partie de la Pologne appartenait à cette entité, le reste étant divisé entre la Prusse et la Russie. C’est pour cela que la Pologne n’est, disons, qu’un membre correspondant du groupe de Visegrád. En recherchant un peu pour écrire ceci, je suis tombé sur quelque chose que je ne savais pas mais qui, en vue de l’histoire dont je viens de faire une esquisse rapide, ne m’a pas surpris : le président tchèque Miloš Zeman, ancien membre du parti social-démocrate, vient tout juste de se prononcer pour une affiliation de l’Autriche au groupe de Visegrád ! – et de plaider pour une collaboration plus étroite des États membres du groupe « afin de jouer un rôle plus digne en Europe, surtout dans la question des réfugiés ». Voilà dans ce cas la boucle bouclée avec le retour après un siècle à l’idée d’un groupement de pays catholiques centré sur l’Autriche au beau milieu de l’Europe orientale, dont tous d’ailleurs savent ce que c’est que d’être envahi par les musulmans et puis de les chasser ; et en ce qui concerne les Polonais, finalement c’est leur roi Jan Sobieski qui en 1683 évinça les Turcs qui avaient investi Vienne, victoire sur terre comparable à la navale de Lépante en 1571.

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