Dirigée par le vieillissant tyranneau marxiste Robert Mugabe, une main de fer dans un gant d’acier, le Zimbabwe, perle économique de l’Afrique quand elle était encore la Rhodésie blanche, vient de recréer une monnaie, la précédente ayant vu ses cours suspendus le 12 avril 2009 mais n’a été démonétisée qu’en 2015 de jure et le 30 avril 2016 de facto. Comme les précédentes, elle s’appelle le dollar zimbabwéen, et se décline en billets de 1, 5, 10, 20, 50, 100 et 500 Z$, ce qui est petit joueur face à celle qui l’a précédée. Les cours du jour (22 janvier) montrent déjà toute la vigueur de cette monnaie : il faut 361,9 dollars zimbabwéens (Z$) pour un dollar américain, 376,67 pour un euro et même 5,3 pour une roupie !

« Une nouvelle monnaie qui fâche tout le monde… Les sceptiques ont le sentiment que c’est un retour au dollar délesté » selon un article du site économique américain Bloomberg News du 5 mai 2016. Le site d’opposition au régime Zimnews est bien moins diplomate : « Ces nouveaux billets sont une grosse arnaque », déclare Ken Yamamoto dans un article paru le 28 novembre 2016. Et de rajouter : « Cette fois, comme la dernière fois, les gens qui vous détroussent ne sont pas Robin des Bois qui vole les riches pour donner aux pauvres. Ce sont des gloutons vivaces et âpres aux gains qui se remplissent les poches sachant que, terrorisés, vous ne ferez rien. Ils sont pires que Pablo Escobar ou El Chapo Guzman qui se languit en prison au Mexique ».

Et de rappeler l’escroquerie commise par le gouvernement qui, de 2000 à 2008, pilla la totalité des réserves de changes, y compris les comptes privés en devises étrangères, dont 8 millions de US$ volés à la compagnie minière Mwana Africa. Le butin se monterait à 1,35 milliard de US$ si on en croit un article du même Yamamoto paru dans New Zimbabwe du 28 juin 2015.

Le père de l’escroquerie du Z$ 4e version est John Panonetsa Mangudya, 53 ans, gouverneur de la fameuse Reserve Bank of Zimbabwe, impliquée dans les arnaques susnommées et titulaire d’un doctorat de la « prestigieuse » Washington International University (tout comme Joseph Kabila Jr, la député canadienne Linda West et plusieurs dignitaires du Kenya et de l’Ouganda), université considérée comme « bidon » et n’ayant aucun campus, juste un site internet aux Iles Vierges britanniques. Malgré les avertissements de l’économiste Steve H. Hanke, le Zimbabwe s’est lancé dans un montage financier qui relève de l’escroquerie, révélé comme tel lors de la réunion annuelle de l’African Development Bank qui s’est tenue à Lusaka du 23 au 27 mai 2016. Pour résumer (les arcanes de l’économie sont complexes), il va « garantir » un minium de 6 milliards de US$ en billets (soit un peu moins de 2.200 milliards Z$) sur un prêt de 200 millions… C’est comme le principe de l’effet de levier qui mena notamment à la crise des subprimes au Etats-Unis, sauf que là, il est de 1 pour 30, ce qui revient à jouer à la roulette russe avec un Uzi… Le gouvernement a le culot d’affirmer que billet d’obligation équivaut à un dollar américain. Mais comme le déclare Yamamoto : « il n’y a pas d’organisme de régulation, rien qui empêche les autorités d’en réimprimer. Et en vous donnant cette monnaie, ils prennent aussi vos vrais dollars ». Des magasins rejetteraient cette nouvelle monnaie et des personnes ont été arrêtées après avoir émis des critiques sur ce sujet.

L’économie du Zimbabwe est au-delà de la banqueroute. Avec un taux de chômage estimé à… 94 % et un PIB qui s’écroule (passé de 66 % de la moyenne mondiale en 1960 à 44 % en 1983 et à 8 % en 2012, alors que le Botswana voisin avait comme taux respectif 15 %, 41 % et 72 % et que la Zambie après avoir accepté les réfugiés blancs du Zimbabwe est passée en 10 ans de 7 % à 17 %), il n’est pas étonnant de voir l’inflation atteindre 80 milliards de % par mois aux belles heures de 2008, à tel point que le 12 avril 2009, le rand sud-africain, le dollar américain, l’euro, la livre sterling et le pula botswanais (rejoints le 29 janvier 2014 par la roupie indienne, le dollar australien, le yuan chinois, le yen japonais) devinrent la monnaie du pays. Les Chinois ont proposé de racheter les fermes des 2.000 blancs expulsés par le régime raciste zimbabwéen pour 5 milliards d’US$, notamment les plantations de tabac du Mashonaland, dont la production a chuté depuis leur vol par les marxistes. Quant au fisc, la collecte d’impôts a rapportée 150 millions d’US$ de moins que prévu, ce qui ne peut qu’accroître un déficit budgétaire qui se creuse depuis 2009 d’en moyenne 2 % du PIB l’an.

La grande réussite de Mugabe est d’avoir fait du dollar zimbabwéen la monnaie la plus faible de toute l’histoire bancaire. Quand le dollar zimbabwéen fut créé à la place du dollar rhodésien de l’époque blanche, le taux de change était le suivant : 1 Z$ = 1,47 US$. De 1980 à 2001, la situation économique du pays se dégrada lentement. La parité était atteinte en 1983 entre les deux dollars. En 1997, il fallait 10 Z$ pour 1 US$. Il en faudra 100 en 2000, 1.000 en juin 2002, 10.000 en mars 2005, 100.000 en janvier 2006 et plus de 500.000 en juillet. Au 1er août, le nouveau dollar remplaçait l’ancien et l’US$ passait magiquement de 650.000 Z$ à 650. Il dégringola encore plus vite : 1.000 Z$ pour 1 US$ en septembre, 3.000 en décembre, 7.500 en février 2007, 50.000 en mai, 400.000 en juin, 600.000 en septembre, 1.000.000 en octobre, 4.000.000 en décembre, 16 millions en février 2008, 100 millions en avril, 777,5 millions en mai, 41 milliards en juin et pour finir en beauté, 758,53 milliards à son dernier cours du 30 juillet 2008. Le 15 août, le dollar III arrive tout fringant avec un cours de 244,83 Z$ pour un US$. Un mois plus tard, il en fallait déjà 29.283…  En octobre : 90.000, en novembre, 1.200.000, 60 millions mi-décembre, 2 milliards fin décembre, 1.000 milliards mi-janvier pour atteindre le jour de la suspension des cotations 300 billions (300.000 milliards)…

Ceci dit, les billets du 3e dollar zimbabwéen valent quand même quelque chose auprès des collectionneurs. Etant moi-même philatéliste, je suis heureux de posséder la série complète des timbres de Weimar de la grande inflation, dont le timbre à 50 milliards de marks. Les billettophilistes  se sont procurés sur Ebay 10 billets de 500 millions de Z$ pour 18,99 US$, 10 billets de 10 trillions de Z$ pour 22,99 US$. Une liasse de 100 billets de 100 trillions de Z$, le billet le plus connu, se vend même 8,799.99 US$ ! Au fond, la RBZ pourrait presque gagner honnêtement de l’argent en changeant ses billets de Monopoly non pas à une quelconque banque étrangère mais tout simplement sur Ebay. En vendant un peu plus de 500.000 liasses de 100 billets de 100 trillions, ils bouclent le budget annuel ! Ce n’est plus stupide que les planches de timbres des émirats d’Ajman ou de Fujaïrah qui n’ont jamais vu une enveloppe…

Hristo XIEP

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10 commentaires

  1. « le Zimbabwe, perle économique de l’Afrique quand elle était encore la Rhodésie blanche »
    La Rhodésie blanche du Sud. Prenez votre temps, vous en avez souvent besoin.

    • La Rhodésie tout court, puisque la Rhodésie du Nord avait déjà pris le nom de Zambie en 1964, la Rhodésie du Sud devant alors la Rhodésie tout court puisque le Nyassaland était devenu le Malawi à la même époque. En 1965, quand elle quitte le Commonwealth, elle prend le nom de Rhodésie et non de Rhodésie du Sud.

  2. Boutté says:

    Entre le Zimbaboué et la Zambie , il se passe la même chose qu’autrefois entre les deux Etats issus de Hispagnola .
    L’un chercha à faire venir des Européens et des Juifs au moment de son indépendance(St.Domingue) et l’autre tua systématiquement tous les blancs et les métis.Cette autre moitié est devenue Haïti qui malgré une aide mondiale massive et toujours renouvelée ne parvient plus à nourrir son peuple.

    • Elégant says:

      Je voudrais vous rappeler que ces métis « systématiquement tués » sont, toujours, bien vivants. Ce sont les mulâtres, ils ont, encore, beaucoup de pouvoir et d’argent,
      L’aide mondiale destinée à Haïti, est phagocytée par la Croix Rouge Etasunienne et ces riches mulâtres.
      Quant à Saint Domingue, la présence d’européens, à Punta Cana, et, surtout, Las terrenas, elle est, relativement, récente (une trentaine d’années)

  3. Benoît says:

    S’il vous plaît arrêtez de dire n’importe quoi, le Zimbabwe n’a pas réintroduit sa monnaie, il a juste introduit des billets liés au dollar américain afin de faciliter la fluidité de son économie locale. Cela peut être un pas vers le retour de sa monnaie mais ce n’est pas encore le cas. Ensuite quand bien même ce serait le cas c’est stupide de le critiquer, quelle nation ne voudrait pas retrouver sa propre monnaie après l’avoir perdue? Vous devriez vous réjouir pour le Zimbabwe si c’était le cas au lieu de faire de la dialectique dépassée. Qui êtes vous pour juger une nation souveraine qui se bat pour retrouver l’honneur de son peuple? Ne vous plaignez pas après d’avoir l’Afrique à Paris si vous n’êtes pas capable de comprendre et d’avoir du respect pour l’Afrique chez elle. Toujours les mêmes, à contester quand vous êtes patriotes accusés de racisme, et d’accuser les autres de racisme quand d’autres pays sont eux-mêmes patriotes. Revoyez votre compréhension de l’Afrique.

    • gabriel zallas says:

      C’est ni plus plus ni moins qu’une ignorance crasse de votre part de l’économie cher Monsieur. Il ne suffit pas de définir la valeur d’un bout de papier toilette sur lequel vous aurez imprimé « ceci vaut 1 $ », non pas du tout , ce serait trop facile ; voir la valeur des assignats sous la révolution assise sur des biens qui n’appartenaient pas au gouvernements. La valeur des choses consistent en sa rareté, ce qui est rare est cher c’est bien connu ; en seconde considération c’est la potentialité du pays, sa puissance économique (agricole ou industrielle) ; je vous rappelle que le le Zimbawee avec ses fermiers blancs fournissait la plus grande partie du Programme Alimentaire Mondial (le PAM) et qu’après la réquisition des fermes et l’expulsions des blancs le pays n’arrive même plus à se nourrir lui même et encore moins ses propres voisins les plus proches. Révisez vos connaissance vous en avez besoin, sortez de vos doctrines à l’emporte pièces.

  4. Benoît says:

    à Monsieur Gabriel Zallas : à ce que je vois le ton monte et il n’est pas plus correct que dans l’article. Ne vous en déplaise je vis au Zimbabwe et connaît donc bien mieux la situation que les mensonges rapportés plus haut, les caricatures de média-info sont tout juste ridicules et jettent le discrédit sur tout leur média. C’est toujours systématique sur le Zimbabwe et c’est lassant. Le Zimbabwe a connu une crise effroyable, c’est vrai, mais laissez les tranquille à essayer de remonter la pente. C’est aussi un pays qui est à bien des niveaux au dessus de la France, elle qui est déjà sous la ligne de flottaison, par exemple savez-vous qu’au Zimbabwe l’avortement est illégal? Pourriez-vous en dire autant de la France les donneurs de leçons? À quand un article qui loue ces pays africains qui n’ont pas abandonné le sens commun et aiment leurs enfants alors que la France est engloutie dans le contre nature et tue ses propres enfants?

    • Benoît says:

      Post scriptum :
      Et concernant les nouveaux billets en circulation, (de deux dollars seulement) encore une fois il ne s’agit pas de dollars Zimbabwéens, ce n’est PAS LEUR MONNAIE! Non le Zimbabwe n’a pas recréé leur propre monnaie! Allez bon vent à ceux qui ont « l’ignorance crasse »

  5. Un article manifestement à charge contre un petit pays qui lutte vaillamment contre l’impérialisme.

    « le Zimbabwe, perle économique de l’Afrique quand elle était encore la Rhodésie blanche »

    Ha ha ha, il n’aura pas fallut deux lignes pour que le loup sorte du bois.

    Les africanistes essaient toujours de justifier que l’Afrique serait bien mieux gérer par des européens, c’est déplorable.

    • Elégant says:

      Pour avoir « vécu » en Afrique noire, je dirai que nombreux sont les africains qui souhaitent un retour des blancs aux affaires.
      La vie n’était pas si mauvaise, les luttes tribales, la pauvreté, n’existaient pas.
      Notamment, en Cote d’Ivoire, sous le règne d’Ouphouet, le vieux, il n’y avait aucun quartier interdit, et, les coupeurs de route ne sévissaient pas.
      Ce n’est que dans les années 68 que l’on a entendu parler de retour des sacrifices humains.
      Vous tenez un discours de bobo qui a voyagé dans ces pays (ou sur wikipedia)

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