Jusqu’au 26 juillet 2026, le musée de la Légion d’honneur et des ordres de chevalerie vous invite à découvrir sa nouvelle exposition : « Du courage à l’honneur – Trésors de la symbolique du Service historique de la Défense ». Réalisée en partenariat avec le Service historique de la Défense (SHD), cette programmation met en lumière certains des plus importants épisodes de l’histoire militaire française. À travers un parcours chronologique allant de l’Ancien Régime aux conflits contemporains, les visiteurs pourront admirer des pièces exceptionnelles, présentées en grande majorité pour la première fois au public.

Actions glorieuses et éclatantes

Cette exposition est une invitation à comprendre comment, derrière chaque insigne, se cachent des destinées humaines remarquables.

Le musée s’est associé au Service historique de la Défense pour réaliser l’exposition « Du courage à l’honneur » et son catalogue, car tous deux conservent des fonds historiques et iconographiques symboliques, des médailles et des objets d’art et d’histoire. Héritier des dépôts de la Guerre et de la Marine créés sous Louis XIV, le Service historique de la Défense résulte de la fusion en 2005 des Services historiques de l’armée de Terre, de l’armée de l’Air, de la Marine nationale et de la Gendarmerie nationale.

Objets rarissimes

L’exposition montre pour la première fois de beaux objets rarissimes et qui racontent un morceau de la grande Histoire. Ainsi, l’insigne et la plaque métallique de grand-croix de l’ordre autrichien de Léopold, créé en 1808, a récompensé onze personnalités civiles et militaires selon des critères similaires à ceux de la Légion d’honneur. Quoique l’Autriche des Habsbourg fut l’une des principales adversaires de Napoléon, celui-ci en devint le premier récipiendaire et épousera deux ans plus tard Marie-Louise, petite-nièce de la reine Marie-Antoinette guillotinée en 1793. L’unique ensemble identique de ces décorations se trouve…au Kremlin !

Par ailleurs, une présentation chronologique des objets et documents symboliques permet de mettre en avant les ruptures et les continuités dans la création d’une structure de récompenses de la bravoure.

Cela commence sous l’Ancien Régime et se poursuit jusqu’à aujourd’hui, avec des adaptations.

Statuts de l’ordre du Saint-Esprit

L’exposition présente un des deux exemplaires (1788) restants des statuts de l’ordre du Saint-Esprit, créé en 1578 par Henri III. Le second se trouve à la bibliothèque de l’Assemblée nationale. Il avait été envisagé, vers 1775-1780, de créer des décorations pour récompenser des « actions glorieuses et éclatantes du service de mer ».

Un « tableau » inédit présente ce projet de six décorations sous forme de médaillons portés sur la poitrine et réservés aux officiers de la Marine royale : une épée et un pistolet enlacés de laurier pour un « capitaine qui prendra un vaisseau à l’abordage plus fort que le sien » ; un pistolet et une épée entrecroisés pour un « capitaine qui prendra un vaisseau à l’abordage égal au sien » ; deux canons en croix pour un « capitaine qui prendra au canon un vaisseau plus fort que le sien » ; deux pistolets pour une « capitaine en second qui prendra à l’abordage une vaisseau plus fort que le sien » ; un canon seulement pour un « capitaine, qui prendra au canon un vaisseau égal au sien » ; une grenade enflammée pour un « capitaine commandant un brûlot (navire chargé d’explosifs) qui brûlera l’ennemi ».

Ce projet restera sans suite malgré la victoire de la baie de Chesapeake (1781) de l’amiral de Grasse sur la flotte anglaise, bataille décisive pour l’indépendance américaine.

Alors que seuls les officiers catholiques étaient récompensés, Louis XV institue le « Mérite militaire » pour les non-catholiques au service de la France.

En outre, les soldats ayant servi 24 ans sous les drapeaux ou sur les bateaux sont récompensés par le « Médaillon des deux épées », qui perdurera jusqu’en 1830. L’insigne de la petite grenade, contemporaine, est encore porté dans la Gendarmerie et l’armée de Terre… 250 ans après sa création.

Une aquarelle représente la cérémonie du 16 août 1804, quand Napoléon remet la Légion d’honneur à certains des 80.000 soldats rassemblés au camp de Boulogne, en vue d’un hypothétique débarquement en Angleterre, et qui deviendront la Grande Armée.

Un trône du roi Dagobert a symbolisé le lien entre les Bonaparte et les Mérovingiens et, pour souligner la continuité de la bravoure militaire, les insignes étaient déposés dans les armures de Bayard et de Du Guesclin.

L’exposition présente aussi le premier insigne de la croix la Légion d’honneur que Napoléon a porté à cette occasion et celui de grand-aigle (grand-croix aujourd’hui), porté à Sainte-Hélène et qu’il a légué à son frère Lucien. Au-dessus, se trouve son exemplaire personnel de l’almanach, document administratif des fonctionnaires des 130 départements de 1811, volé puis retrouvé en 1915, cent ans après Waterloo.

Informations pratiques :

Du 22 avril au 26 juillet 2026
Musée de la Légion d’honneur, 2 rue de la Légion d’honneur, 75007 Paris
Du mercredi au dimanche, de 13h à 18h (nocturne le jeudi jusqu’à 20h)
Entrée gratuite

Léo Kersauzie

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