Après le « bien-vivre » voici venu le temps du « bien mourir » !

En janvier 2016, la France adoptait la loi Claeys-Leonetti sur « la fin de vie ». Cette loi invoquait un « droit à mourir dans la dignité », manipulation du langage pour exprimer un « droit à choisir sa mort ». A été ainsi légiféré un « droit à la « sédation profonde et continue » jusqu’au décès pour les malades atteint d’une « affection grave et incurable », dont le « pronostic vital est engagé à court terme » et qui présente une « souffrance réfractaire aux traitements ». Ou lorsque la « décision d’arrêter un traitement engage son pronostic vital à court terme et est susceptible d’entraîner une souffrance insupportable » car « toute personne a le droit d’avoir une fin de vie digne et accompagnée du meilleur apaisement possible de la souffrance », affirme la loi. Cette sédation doit être accompagnée d’un arrêt de tous les traitements et soins.

Pour les défenseurs de la vie, cette sédation profonde et irréversible jusqu’à la mort puisqu’elle demande l’arrêt des simples soins que sont l’alimentation et de l’hydratation artificielles n’est « qu’une forme d’euthanasie lente et déguisée », s’apparente à un suicide assisté, et ouvre la voie à l’euthanasie active et à l’élimination des vies inutiles, -comme c’est d’ailleurs le cas dernièrement en Grande-Bretagne avec les enfants Charlie Gard et Alfie Evans envers qui les juges ont prescrit, à la demande des médecins, l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation artificielles, accompagné d’une sédation profonde, parce que leur vie ne « valait pas la peine d’être vécue. »

En France le lobby pro-Euthanasie s’est engouffré dans la voie ouverte par la loi Claeys-Leonetti et travaille sans relâche à obtenir toujours plus de « droits » pour mourir quand et comme on veut  : le 28 février dernier, un collectif de 156 députés français essentiellement issus de la majorité LREM ont demandé une loi sur une « aide active à mourir », dans une tribune publiée par Le Monde. Selon eux « il manque – et c’est crucial ! – une liberté, un droit au choix » et « il en va aujourd’hui de cette question comme il en allait de l’IVG au début des années 1970 ». Ils en appellent donc au législateur, au nom du « progrès humaniste », à « sortir de l’hypocrisie qui privent certains d’une aide souhaitée et qui impose à tous une agonie pénible. Il convient de donner aux malades en fin de vie la libre disposition de leur corps et, c’est essentiel, de leur destin ».

Cette tribune paraît après un dîner organisé à l’Élysée le 13 février dernier, par Emmanuel Macron afin d‘y rencontrer des militants pro-euthanasie et des leaders religieux dans le cadre des états généraux de la bioéthique, l’objectif étant de faire « avancer le débat sur la fin de vie ».

En réponse à cette tribune, réclamant la légalisation de l’euthanasie, la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (Sfap) a publié un texte jeudi dernier s’opposant à une telle évolution : « Soulager et accompagner, oui. Donner la mort, non. » « Comment la transgression, même exceptionnelle, de l’interdit de tuer, pourrait-elle être sans effet sur ceux dont la mort approche et ceux qui les soignent ? » écrit la Sfap qui souligne les « valeurs d’humanité, d’attention et de sollicitude envers les personnes qui souffrent et ceux qui les entourent, de respect du déroulement de la vie en préservant sa qualité jusqu’à la fin » qui accompagnent les soins palliatifs. « Ces valeurs du soin et du non-abandon fondent le mouvement des soins palliatifs qui considère la mort comme un processus naturel et non comme le résultat d’un geste volontaire. »  

Du côté de l’Église de France, pour l’instant seul le porte-parole de la Conférence des évêques de France (CEF), Mgr Olivier Ribadeau-Dumas, a commenté le texte des parlementaires, dans un tweet :

« Plutôt que de vouloir légaliser l’euthanasie, ne vaudrait-il pas mieux renforcer les moyens pour développer les soins palliatifs et encourager une vraie solidarité au cœur de notre société ? Toute vie mérite d’être vécue jusqu’à son terme naturel. »

L’euthanasie active se retrouve donc à nouveau au cœur de la politique française.  Qu’on l’on connait la puissance du lobby pro-euthanasie et de la culture de mort en général, cet appel à « un droit à choisir sa mort » a bien des chances d’être entendu…

Francesca de Villasmundo

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