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Aux déçus de Donald Trump, par Jacques Frantz

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« Que se passe-t-il ? L’homme honni par l’« establishment » et les médias serait-il rentré dans le rang ? »

Déjà à l’issue de sa première campagne présidentielle de 2016, et encore plus à l’issue de son premier mandat, Donald Trump avait suscité beaucoup d’espoir chez les anti-mondialistes.

Le président des États-Unis en exercice avait fait naître une immense espérance à la hauteur de la haine exprimée contre lui dans des médias partisans d’une mondialisation ultra-libérale, où les intérêts financiers de quelques-uns règnent en maîtres sur la planète.

Tous ceux pour qui les pays ne sont que des hôtels et les êtres humains une vulgaire marchandise n’ont pas ménagé leurs efforts pour mettre en échec celui qu’ils faisaient passer tantôt pour un monstre, tantôt pour un aliéné, tantôt pour un escroc. Nous aurons l’occasion d’y revenir.

Pourtant, un an à peine après sa prise de fonction, le moins qu’on puisse dire est que Trump a déçu son camp.

Bien entendu, il reste les irréductibles qui, quoi que fasse leur idole, n’admettront jamais qu’ils ont fait fausse route, et encore moins qu’ils se sont faits berner.

Il faut en convenir, il y a de quoi être déçu : une paix en Ukraine qui met beaucoup plus de temps à venir que prévu, l’interventionnisme des États-Unis à l’étranger que le candidat Trump avait promis de mettre au pas prend des tournures hystériques, à quoi il faut ajouter des résultats économiques eux aussi décevants.

Certains objecteront que voir un président en fonction faire l’exact contraire de ce qu’il avait promis est aussi vieux que la politique. D’autres, comme on l’a vu, gardent obstinément les yeux grand-fermés tant est insupportable l’idée d’avoir été dupés

À y regarder de plus près, aucune de ces analyses n’est satisfaisante.

Donald Trump n’a pas été un candidat ordinaire, il n’y a donc pas de raison qu’il se conduise comme un président ordinaire.

Pour bon nombre d’Américains voire au-delà, Trump n’a pas subi ce qu’il a subi, surmonté ce qu’il a surmonté, pour en finalité faire une politique néo-conservatrice banale. Aussi démesuré soit-il, le simple orgueil ne saurait à lui seul expliquer la force et l’énergie avec laquelle Trump s’est remis en selle après avoir « perdu » une élection.

Habituellement, un président non réélu disparaît à jamais de la vie politique et prend la poussière dans un musée. Jimmy Carter et George Bush père ne sortaient de la naphtaline que pour les cérémonies solennelles pour lesquelles le protocole exigeait la présence des anciens présidents.

La réélection de Trump a été un tour de force extraordinaire pour, comme on l’a dit, une politique extraordinaire.

Or cette politique se fait toujours attendre.

Avec un mouvement MAGA qui se fissure, et des républicains dissidents (ceux qui rêvaient plus ou moins fort d’une victoire de Kamala Harris) qui reprennent du poil de la bête, les élections législatives de mi-mandat semblent bien compromises.

Que se passe-t-il ? L’homme honni par l’« establishment » et les médias serait-il rentré dans le rang ? Trop facile.

Tout laisse à penser que Trump a été pris en main par les forces qui, n’étant pas parvenues à lui barrer la route, sont bien décidées à l’empêcher coûte que coûte de conduire la politique pour laquelle il a été élu.

Parce que si tel n’avait pas été le cas, si Trump n’avait été qu’un vulgaire catalyseur de votes protestataires, jamais il n’aurait été combattu comme il l’a été.

Rappelons que des doutes sérieux subsistent sur l’élection perdue en 2020, qu’il a été odieusement diffamé par tous les médias ou presque, ou encore qu’il a échappé à au moins deux attentat.

C’est sûr que lors des meetings de Joe Biden le sang ne risquait pas de couler, vu qu’il n’y avait personne.

Justement, à propos des attentats, on oublie un peu vite le cadeau de Benjamin Netanyahou au nouveau président réélu lors de sa première visite à la Maison Blanche. Le Premier ministre israélien dont on connaît la finesse avait (certains s’en souviennent) offert deux beepers en or massif du type de ceux qui avaient été piégés par les services de renseignement israéliens (et probablement américains) pour exploser dans les mains des responsables politiques arabes qui déplaisaient à l’État hébreu.

Ces méthodes s’apparentent davantage au terrorisme et au crime qu’à la diplomatie. Si un tel présent m’avait été adressé, je pense que j’aurais reçu le message 5 sur 5.

Il y a donc fort à parier que Trump dirige les États-Unis avec le canon d’une arme à feu sur la nuque, et que c’est pour cela que sa politique n’a rien à voir avec ses promesses de campagne.

Durant sa campagne, sa communication était limpide. Elle est devenue chaotique et erratique.

Du temps d’Yitzhak Shamir ou d’Ariel Sharon, il se disait que ce n’est pas les États-Unis qui décident de la politique étrangère d’Israël, mais que c’est Israël qui décide de la politique étrangère des États-Unis.

Or on constate que le soutien des États-Unis aux massacres de Gaza ne se dément pas, et que les obsessions américaines en matière de politique étrangères reflètent peu ou prou les leitmotivs de l’extrême-droite israélienne. Chacun sait aujourd’hui que sans l’aide des États-Unis, les frappes sur Gaza sont impossibles.

Certains observateurs se demandent même si les revendications des États-Unis sur le Groenland aussi incongrues qu’inattendues ne relèveraient pas davantage de l’intérêt israélien que de l’intérêt américain.

En novembre de cette année, les Américains seront appelés aux urnes.

Il reste donc très peu de temps à Donald Trump pour infléchir sa politique et pour la rendre plus conforme à ce pourquoi il a été élu.

Il reste en gros dix mois. C’est peu.

Cependant beaucoup de choses peuvent arriver en dix mois.

Après, il sera trop tard.

Jacques Frantz

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