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Cinémathèque : I comme Icare

Résumé du film

Un président d’une République fictive est assassiné d’une balle dans la tête, alors qu’il défile en public. Quelques temps plus tard, le procureur Volney, membre du conseil de l’enquête qui a suivi cet assassinat, refuse de signer le rapport final. Ce dernier réfute les conclusions qui y sont apportées. Il mène alors sa propre enquête qui va très vite remettre tout en cause.

Histoire du film

Il a fallu attendre l’année 1979 pour découvrir sur grand écran l’unique rencontre entre Yves Montand et le réalisateur Henri Verneuil. Ce dernier avait commencé sa carrière par la réalisation de comédies dramatiques, mettant en scène Fernandel entre autres, avant de signer quelques-uns des plus grands polars français (« Mélodie en sous-sol », « Le clan des siciliens », « Peur sur la ville »). Trois ans après « Le corps de mon ennemi », Verneuil récidive encore plus fort en tournant, sous sa propre responsabilité de producteur cette fois, ce chef d’œuvre aujourd’hui injustement oublié du grand public.

Le cinéaste s’inspire de l’assassinat du président américain Kennedy mais n’en fait pas l’objet principal de ce thriller qui s’oriente surtout sur la théorie du complot qui a suivi cet événement mondialement connu. Si la référence aux Etats-Unis n’est pas clairement explicite, on détecte une multitude de similitudes, à commencer par le drapeau du pays fictif. Les ressemblances avec l’affaire en question sont aussi nombreuses. Henri Verneuil s’est par ailleurs intéressé aux expériences de Stanley Milgram sur la soumission à l’autorité, ce qui valut l’une des séquences les plus mémorables du film au cours de laquelle le procureur (Montand) se laisse lui aussi prendre au piège par l’expérimentateur. Tout au long du film, le cinéaste distille la tension avec une maîtrise digne d’un Hitchcock et d’autres grands maîtres du suspens. En point d’orgue, certaines séquences comme celle où le dernier témoin doit téléphoner d’une cabine publique ou celle de l’écoute de la bande magnétique codée à la fin du film génèrent aujourd’hui encore quelques frissons.

Le choix d’Yves Montand pour incarner ce procureur téméraire était une évidence. L’acteur sortait en effet de plusieurs brûlots politiques à succès tournés sous la direction de Costa-Gavras (« Z », » L’aveu »). Pour compléter la distribution, Henri Verneuil a délibérément choisi des acteurs peu habitués au paysage cinématographique français d’alors. On y croise parmi ceux-ci Roland Blanche dans le rôle d’un cambrioleur mis au service de l’enquête.

Rien n’est à jeter de ces deux heures de film fascinantes.

A trop vouloir s’approcher de la vérité, Icare s’est brûlé les ailes. Cette allégorie trouve tout son sens dans le dernier quart d’heure du film où ce scénario passionnant livre son ultime rebondissement et où l’on découvre qui est l’Icare. Pour ceux qui ne connaissent pas encore cet ambitieux long métrage, voici une excellente occasion de plonger dans son univers. Ceux qui le connaissent déjà ne se lasseront pas de le revoir.

Durée : 2h00
Genre : Thriller politique

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