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Délire scientifique : faire renaître l’homme de Néandertal ?

neandertal

Qui n’a pas vu au moins un des épisodes de Jurassic Park ? Ils ont en commun de nous faire renaître des dinosaures à partir de l’ADN trouvé sur quelques restes de ces animaux préhistoriques.

L’idée de Pr Church, généticien à l’Université de Harvard, est de faire renaître un homme préhistorique  à partir de la reconstruction de chaînes d’ADN; celui-ci passant bien sûr par le stade d’embryon. Le chercheur a besoin d’une femme acceptant de porter en son sein un tel embryon et a fait un appel dans ce sens. Bien sûr, il avoue que cela ne sera pas facile mais estime la chose faisable.

Selon lui, contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’homme de Néandertal, né il y a 33.000 ans, était certainement aussi intelligent que notre espèce actuelle.

Church est un des pionniers de ce qui se nomme la biologie synthétique ; c’est-à-dire la construction d’espèces biologiques nouvelles à partir des acides aminés basiques de toute forme de vie. Lesquels en l’occurrence seront récupérés sur des fragments d’os ; il pense en avoir collectés suffisamment pour reconstituer l’homme de Néandertal comme il en est des dinosaures de Jurassic Park. Son idée est d’injecter cet ADN dans des cellules souches humaines lesquelles à leur tour seraient implantées dans des embryons humains. Il est persuadé que cet ADN se substituerait à celui des embryons et aboutirait à un être humain de l’époque néandertalienne.

Bien sûr il faudrait implanter cet embryon dans l’utérus d’une femme acceptant de porter en son sein un humain ayant pu vivre il y a 33 millénaires. Il a déclaré au magazine allemand Der Spiegel qu’un tel homme ne penserait pas comme nous et serait beaucoup plus intelligent, car il ne raisonnerait pas avec les mêmes critères que ceux de notre espèce.

Les contradicteurs de Church expliquent qu’au contraire il ne possèderait pas les défenses génétiques crées avec le temps chez l’homme contemporain face aux maladies ; sans compter les possibilités d’erreurs génétiques susceptibles d’intervenir dans la synthèse de cet humanoïde. Est souligné le décalage qu’il y aurait entre cet être primitif et l’homme actuel dominant la nature. Mais aussi la possibilité de transmission de tares génétiques.

Par ailleurs il a été soulevé le problème des manipulations génétiques en matière de reproduction ; lesquelles sont interdites sur le plan international. Ce à quoi Church répond que ces législations concernent l’homme contemporain et non des humanoïdes disparus depuis longtemps. En outre, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la Chine et n’ont jamais souscrit à cette convention internationale. L’an dernier, ce dernier pays avait déjà tenté – avec un succès très limité – de mettre au point des embryons génétiquement modifiés. Le Royaume-Uni a lui donné la permission à l’Institut Francis Crick de se livrer à de telles expériences. Pourtant des centaines de scientifiques ont mis en garde contre ce genre de manipulations génétiques. Mais les Etats-Unis craignent de se faire dépasser par d’autres nations dans ce type de recherches et sont prêts à les subventionner sur le budget fédéral.

Jean-Pierre Dickès

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