En France solennité de l’Épiphanie de Notre Seigneur
Le mot Épiphanie veut dire manifestation. C’est qu’en effet, le 6 janvier, l’Église célèbre une triple manifestation de Jésus-Christ, qui, d’après certaines traditions, aurait eu lieu le même jour, quoique à différentes années. La fête de l’Épiphanie a donc trois objets : 1° la manifestation de la divinité du Sauveur aux Mages par l’étoile miraculeuse qui les conduisit à l’étable de Bethléem ; 2o la manifestation de la divinité du Christ aux Juifs pendant Son baptême, sur les bords du Jourdain ; 3ola manifestation de cette même divinité aux noces de Cana, où Jésus changea l’eau en vin. Toutefois, l’objet principal de cette fête, c’est bien la manifestation de la divinité de Jésus aux Mages et la vocation des peuples à la foi chrétienne.
L’Évangile nous apprend comment les Mages, guidés par une étoile merveilleuse et plus encore poussés par l’Esprit de Dieu, entreprirent un long et pénible voyage à la recherche d’un roi nouveau-né; il nous apprend aussi le trouble de la ville de Jérusalem à cette nouvelle, les craintes et les projets perfides d’Hérode; il nous montre enfin les heureux voyageurs prosternés dans l’étable de Bethléem, aux pieds d’un Enfant qu’ils regardent comme un Être extraordinaire, qu’ils saluent comme un Roi, qu’ils adorent comme un Dieu, et auquel ils offrent des présents symboliques: l’or, l’encens et la myrrhe. Élevons nos âmes au-dessus du fait historique et perçons les voiles du mystère.
C’est aujourd’hui l’appel de tous les peuples à la foi chrétienne. L’Église a bien lieu de chanter : « Lève-toi, Jérusalem, brille dans toute ta splendeur. Voici la Lumière du monde qui paraît ; la gloire du Seigneur s’est levée sur ton enceinte ; lève les yeux, regarde, dilate ton sein, tout l’univers vient à toi! » Allons avec les Mages au berceau du Sauveur, et offrons-Lui l’or de l’amour, l’encens de la prière et la myrrhe du sacrifice !
Fête de la Sainte Famille – « Jésus vint à Nazareth et il leur était soumis. »
C’est un religieux canadien, François de Laval, qui est à l’origine du culte de la Sainte Famille. En 1660, le monastère Saint-Joseph du Bessillon avait signalé des miracles sur Saint Joseph et Sainte Marie et la paroisse de Sainte-Famille sur l’île d’Orléans fut fondée en 1684. En 1665, François de Laval fonda la confrérie de la Sainte Famille, une confrérie qui existe encore dans quelques paroisses du Canada.
L’institution de la fête de la Sainte Famille dans l’Eglise universelle est plus récente puisqu’elle remonte à 1893, sous le pontificat de Léon XIII. Elle revêt une importance toute particulière alors que les attaques contre la famille, des lois en faveur du divorce jusqu’aux attentats contre le mariage naturel, ne cessent de se multiplier.
Signification de cette fête
La sainte maison de Nazareth s’offre à nous comme le modèle parfait du foyer chrétien. Là, Joseph commande avec calme et sérénité, car il a conscience, en agissant ainsi, de faire la volonté de Dieu et de parler en son nom… Comme un bon supérieur, il ne songe à faire usage de son autorité qu’afin de remplir plus complètement l’office de serviteur, de sujet, d’instrument. Marie, ainsi qu’il convient à la femme, demeure modestement soumise à Joseph ; et à son tour, adorant celui à qui elle commande, elle donne sans hésiter ses ordres à Jésus dans les mille occasions que présente la vie de famille, l’appelant, réclamant son aide, lui imposant telle ou telle occupation, comme une mère le fait à son enfant.
Et Jésus accepte humblement cette sujétion : il se montre attentif aux moindres désirs de ses parents, docile à leurs moindres ordres. Dans tous les détails de la vie ordinaire, lui, plus habile, plus sage, plus saint que Marie et Joseph, et bien que tout honneur lui soit dû, il leur est soumis, et il le sera jusqu’aux jours de sa vie publique, car telles sont les conditions de l’humanité qu’il a revêtue et tel est le bon plaisir de son Père. Telle nous apparaît la Sainte Famille sous l’humble toit de Nazareth, véritable modèle de cette vie domestique avec ses relations mutuelles de charité et ses beautés ineffables, qui est la sphère d’action de millions de fidèles dans tout l’univers ; où le mari gouverne comme le faisait Joseph, tandis que la femme obéit comme le faisait Marie ; où les parents sont attentifs à l’éducation des enfants, et où ceux-ci tiennent la place de Jésus par leur obéissance, leur progrès, la joie et la lumière qu’ils répandent autour d’eux. (…) Par les grâces qui chaque jour et à chaque instant sont versées du ciel sur lui, par la multitude des vertus qu’il met en action, enfin par le bonheur dont il est l’écrin, le foyer chrétien est « comme le vestibule du Paradis ».
Aussi ne faut-il pas s’étonner aujourd’hui si la famille est l’objet des continuelles attaques des ennemis du genre humain ; et si ceux-ci remportent parfois des triomphes plus signalés sur le royaume fondé ici-bas par Notre-Seigneur, c’est parce qu’ils réussissent à souiller le mariage, à détruire l’autorité des parents, à refroidir les affections et les devoirs qui lient l’enfant à son père et à sa mère. Aucune invasion de hordes barbares, s’avançant à travers une contrée florissante et la ravageant par le fer et le feu, n’est aussi odieuse aux regards du ciel qu’une loi qui sanctionne la dissolution du lien matrimonial, ou qui arrache les enfants à la garde et à la direction de leurs parents. Dans tout l’univers, par la miséricorde de Dieu, la famille chrétienne a été établie et défendue par l’Eglise, comme sa plus belle création et son plus grand bienfait envers la société. Or la lumière, la paix, la pureté et le bonheur du foyer chrétien, tout cela est dérivé de la vie menée par Jésus, Marie et Joseph, dans la sainte maison de Nazareth. [Extrait de L’Année Liturgique de Dom Guéranger, T. II, Le temps après Noël.]
Prière à la Sainte Famille de Léon XIII
« Ô Jésus plein d’amour qui par vos ineffables vertus et les exemples de votre vie domestique avez sanctifié la famille de votre choix sur cette terre, daignez arrêter vos regards sur la nôtre, prosternée devant vous pour implorer votre miséricorde.
Souvenez-vous que cette famille vous appartient car nous vous l’avons offerte et consacrée. Assistez-la de vos bontés, défendez-la de tout péril, secourez-la dans ses besoins et donnez-lui la grâce de persévérer dans l’imitation de votre Sainte Famille, afin que, fidèle à vous servir, et à vous aimer ici-bas, elle puisse vous bénir éternellement dans le Ciel.
Marie, ô très douce Mère, nous recourons à votre intercession, assurés que le divin Fils exaucera vos prières. Et vous aussi, glorieux patriarche saint Joseph, aidez-nous de votre puissante médiation, et offrez nos vœux à Jésus en les faisant passer par les mains de Marie. »
La fête de la Sainte Famille est la fête patronale du séminaire de Québec. Elle est tout particulièrement vénérée à Cotignac (sud de la France), lieu d’apparition de la Vierge Marie et de Saint Joseph, dans le Sanctuaire Notre Dame de Grâces.
Sanctoral
Saint Thomas de Cori, Confesseur, Ordre des Frères Mineurs
Thomas, né Francesco Antonio Placidi, naquit à Cori dans la Province de Latina en Italie.
Il fut très jeune orphelin de mère et de père, et dut s’occuper de ses frères et sœurs. Une fois ces dernières mariées, il put enfin réaliser ce qu’il souhaitait, embrasser la vie religieuse.
Il entra alors chez les Frères mineurs de Cori et effectua son noviciat à Orvieto où il fut ordonné prêtre en 1683.
Il fut alors rapidement nommé vice-maître des novices. En 1684, il demanda à intégrer le couvent de Civitella (actuellement Bellegra), où il entrait en disant : « Je suis frère Tomaso da Cori et je viens pour devenir saint ».
Il vécut toute sa vie à Civitella, sauf durant une interruption de 6 ans durant laquelle il fut frère tourier au couvent de Palombara Sabina.
Il écrivit une Règle qu’il suivit scrupuleusement, sa vie était partagée entre la prière, l’évangélisation, et la charité.
Thomas de Cori a été béatifié en 1785 à Rome par le Pape Pie VI.
Saint Hygin, pape et martyr
Hygin est le 9ème pape. Sept jours après le martyre du pape saint Télesphore en l’an 139, saint Hygin, dont le père faisait profession d’enseigner la philosophie dans la ville d’Athènes, et qui l’avait cultivée lui-même, fut mis sur la chaire de saint Pierre au temps de l’empereur Antonin.
On lui doit l’instauration des parrains et marraines lors du baptême afin d’assister le nouveau-né dans sa vie future. Il a également décidé que toutes les églises devraient être consacrées. Il est mort en martyr sous Marc Aurèle. La commémoration de saint Hygin n’est entrée dans le Missel romain que durant le bas moyen âge, car à Rome, à l’exception des deux Princes des Apôtres, presque tous les martyrs des deux premiers siècles n’avaient laissé anciennement aucune trace de culte liturgique.
En effet, les depositiones Episcoporum et Martyrum contenues dans le Laterculus Philocalien ne nous offrent que les noms des pontifes et des martyrs romains du IIIe et du IVe siècles ; comme on ignorait généralement la tombe de ceux qui étaient morts pendant les deux siècles précédents, la station annuelle (natalis) qui aurait dû être célébrée près de leur sépulcre n’est pas même indiquée dans l’antique Férial. Cette lacune, parfaitement justifiable, alors que le culte des martyrs avait un caractère éminemment local et sépulcral, et quand le sens matérialiste de la société païenne aurait pu méconnaître encore la signification véritable de la dévotion catholique envers les saints, la calomniant comme une forme nouvelle de religiosité polythéiste, cette lacune, disons-nous, fut comblée au contraire par l’Église, dès que tout danger d’équivoque put être écarté et que la foi rayonna sur tout l’univers. Il a scellé sa Foi en souffrant le dernier supplice l’an 142, sous Antonin, empereur. Aujourd’hui, en raison de l’octave de l’Épiphanie, le natale de saint Hygin est célébré à la messe par une simple commémoraison.
Saint Théodose, Abbé (423-529)
Théodose naquit, l’an 423, dans une petite ville de la Cappadoce. Jeune encore, il se sentit inspiré de visiter les Lieux Saints. En route, il voulut voir saint Siméon Stylite et le consulter sur le genre de vie qu’il devait choisir. Siméon le distingua dans la foule des pèlerins, et, l’appelant par son nom: « Théodose, homme de Dieu, lui dit-il, soyez le bienvenu. » Il le fit monter sur la haute colonne qui lui servait de demeure, le bénit et lui annonça qu’il serait le père d’un grand peuple de moines.
Théodose, après son pèlerinage, se fixa dans la Terre Sainte et chercha la solitude sur une haute montagne, où il vécut dans les jeûnes et la prière. L’éclat de sa vertu lui attira des disciples; il en reçut d’abord un tout petit nombre, mais bientôt sa charité lui fit accepter tous les sujets de bonne volonté. Il les exerçait à la vertu par la parole et par l’exemple. Pour leur rendre toujours présente la pensée de la mort, il leur fit creuser une tombe; puis, se tenant au milieu d’eux, il leur dit en souriant: « Voici tout prêt le lieu du repos, qui de nous en fera la dédicace? » Un prêtre, nommé Basile, fléchit le genou: « Veuillez me bénir, mon Père, ce sera moi! » On lut pendant quarante jours l’office des funérailles, et au quarantième jour, sans fièvre, sans douleur, sans agonie, Basile s’endormit du dernier sommeil. Théodose, sur un avis céleste, fit bâtir un monastère si vaste, qu’il avait l’aspect d’une cité. Outre les bâtiments réservés aux moines, il y avait de grands établissements pour tous les métiers, et plusieurs hôpitaux pour les foules d’infirmes et de malades; l’enceinte de ce monastère ne renfermait pas moins de quatre églises.
Dieu récompensa l’immense charité de son serviteur. Certain jour, il y eut cent tables dressées dans le monastère pour les étrangers; la Providence pourvoyait à tous les besoins. Une fois, les provisions étant épuisées, les frères se mirent à murmurer, Théodose leur dit: « Confiance, Dieu ne nous oubliera pas. » Bientôt arrivèrent des mulets chargés de vivres. Le Saint vit venir avec joie la mort, dans la pensée de laquelle il avait puisé le principe d’une vie si parfaite; il était arrivé à l’âge de cent six ans.
Martyrologe
A Rome, saint Hygin, pape et martyr, qui durant la persécution d’Antonin, accomplit glorieusement son martyre.
A Rome encore, l’anniversaire de saint Melchiade, pape et martyr. Il eut beaucoup à souffrir pendant la persécution de Maximien, et la paix ayant été rendue à l’église, il s’endormit dans le Seigneur. Sa fête se célèbre le 4 des ides de décembre (10 décembre).
A Fermo, en Picenum (auj. les Marches), saint Alexandre, évêque et martyr.
A Amiens, en France, saint Sauve, évêque et martyr.
En Afrique, le bienheureux Salve martyr. Saint Augustin fit un sermon au peuple de Carthage le jour anniversaire de son entrée au ciel.
A Alexandrie, les saints martyrs Pierre, Sévère et Leuce.
A Brindisi, saint Leuce, évêque et confesseur.
En Judée, saint Théodose le Cénobiarque, né en Cappadoce au bourg de Magarisse. Il souffrit beaucoup pour la foi catholique, et finalement mourut en paix dans le monastère qu’il avait construit sur une montagne déserte du diocèse de Jérusalem.
En Thébaïde, l’abbé saint Palémon, qui fut le maître de saint Pacôme.
A Suppetonia (auj. Castel-Sant-Elia), près du Mont Soracte, le moine saint Anastase et ses compagnons. Appelés par une voix divine ils s’envolèrent tout heureux vers le Seigneur.
A Pavie, sainte Honorate vierge.
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