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Dimanche 15 mars – Quatrième dimanche de Carême – Sainte Louise de Marillac, Veuve – Saint Clément-Marie Hofbauer, l’apôtre de Vienne, rédemptoriste

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Quatrième dimanche de Carême, dit de Laetare (1) – « La multiplication des pains, figure de la Pâque chrétienne »

En ce jour la Station se fait à Rome à Sainte-Croix-en-Jérusalem (2). Sainte Hélène, en effet, mère de Constantin, qui habitait sur le Mont Coelius un palais connu sous le nom de maison sessorienne, le transforma, pour y déposer d’importantes reliques de la vraie Croix, en un sanctuaire qui représente, en quelque sorte, Jérusalem à Rome. Aussi l’Introït, la Communion et le Trait parlent-ils de Jérusalem que S. Paul compare dans l’Épître au Mont Sinaï. C’est là que le peuple chrétien chantera le mieux sa joie « Lætare » (Intr., Ep.) pour la victoire obtenue par Jésus sur la croix à Jérusalem, et c’est là aussi que sera le mieux évoqué le souvenir de la Jérusalem céleste dont la mort de Jésus nous a rouvert les portes. C’est le motif pour lequel on bénissait autrefois dans cette église en ce jour une rose, la reine des fleurs, car ainsi que le rappellent les formules de la bénédiction — usage consacré par l’iconographie chrétienne — c’est par un jardin fleuri qu’on représente le ciel. On emploie pour cette bénédiction des ornements rosés, aussi tous les prêtres peuvent-ils célébrer aujourd’hui en ornements de cette couleur. Cet usage est passé de là au 3e dimanche de l’Avent, qui est le dimanche Gaudete « Réjouissez-vous » et qui vient au milieu de l’Avent nous exciter par une sainte allégresse à poursuivre courageusement notre laborieuse préparation à la venue de Jésus. A son tour, le dimanche Lœtare « Réjouissez-vous » est une étape au milieu de l’observance quadragésimale. L’Église y fait luire, dans l’église du Calvaire, à Rome, qui est celle de la Croix, notre espérance, un rayon de joie sur nos âmes pour nous engager à persévérer dans la lutte contre le démon, la chair et le monde jusqu’à la grande solennité de Pâques. « Réjouissez-vous, tressaillez de joie », nous dit l’Introït, car morts au péché avec Jésus pendant le Carême, nous allons bientôt ressusciter avec lui par la confession et la communion pascales. C’est pour ce motif que l’Évangile parle à la fois de la multiplication des pains et des poissons, symboles de l’Eucharistie et du Baptême, que l’on recevait autrefois en même temps à Pâques, et que l’Épître fait allusion à notre délivrance par le sacrement de Baptême (reçu autrefois par les catéchumènes à Pâques). Et si nous avons eu le malheur d’offenser Dieu gravement, c’est notre confession pascale, qui nous rendra cette liberté. Aussi l’Épître nous rappelle-t-elle, par l’allégorie de Sara et d’Agar, que le Christ nous a délivrés de la servitude du péché.

(1) Ce Dimanche, appelé Lætare, du premier mot de l’Introït de la Messe, est un des plus célèbres de l’année. L’Église, en ce jour, suspend les saintes tristesses du Carême ; les chants de la Messe ne parlent que de joie et de consolation ; l’orgue, muet aux trois Dimanches précédents, fait entendre sa voix mélodieuse ; le diacre reprend la dalmatique, le sous-diacre la tunique : et il est permis de remplacer sur les ornements sacrés la couleur violette par la couleur rose. Nous avons vu, dans l’Avent, ces mêmes rites pratiques au troisième Dimanche appelé Gaudete. Le motif de l’Église, en exprimant aujourd’hui l’allégresse dans la sainte Liturgie, est de féliciter ses enfants du zèle avec lequel ils ont déjà parcouru la moitié de la sainte carrière, et de stimuler leur ardeur pour en achever le cours. Nous avons parlé, au jeudi précédent, de ce jour central du Carême, jour d’encouragement, mais dont la solennité ecclésiastique devait être transférée au Dimanche suivant, dans la crainte qu’une trop grande liberté ne vint altérer en quelque chose l’esprit du jeune : aujourd’hui rien ne s’oppose a la joie des fidèles, et l’Église elle-même les y convie.

(2) La Station, à Rome, est dans la Basilique de Sainte-Croix-en-Jérusalem, l’une des sept principales de la ville sainte. Élevée au IVe siècle par Constantin, dans la villa de Sessorius, ce qui l’a fait appeler aussi la basilique Sessorienne, elle fut enrichie des plus précieuses reliques par sainte Hélène, qui voulait en faire comme la Jérusalem de Rome. Elle y fit transporter, dans cette pensée, une grande quantité de terre prise sur le mont du Calvaire, et déposa dans ce sanctuaire, entre autres monuments de la Passion du Sauveur, l’inscription qui était placée au-dessus de sa tête pendant qu’il expirait sur la Croix, et qu’on y vénère encore sous le nom du Titre de la Croix. Le nom de Jérusalem attaché à cette Basilique, nom qui réveille toutes les espérances du chrétien, puisqu’il rappelle la patrie céleste qui est la véritable Jérusalem dont nous sommes encore exilés, a porté dès l’antiquité les souverains Pontifes à la choisir pour la Station d’aujourd’hui. Jusqu’à l’époque du séjour des Papes à Avignon, c’était dans son enceinte qu’était inaugurée la Rose d’or, cérémonie qui s’accomplit de nos jours dans le palais où le Pape fait sa résidence.

Le Dimanche de la Rose. La bénédiction de la Rose d’or est donc encore un des rites particuliers du quatrième Dimanche de Carême : et c’est ce qui lui a fait donner aussi le nom de Dimanche de la Rose. Les idées gracieuses que réveille cette fleur sont en harmonie avec les sentiments que l’Église aujourd’hui veut inspirer à ses enfants, auxquels la joyeuse Pâque va bientôt ouvrir un printemps spirituel, dont celui de la nature n’est qu’une faible image : aussi cette institution remonte-t-elle très-haut dans les siècles. Nous la trouvons déjà établie dès le temps de saint Léon IX ; et il nous reste encore un sermon sur la Rose d’or, que le grand Innocent III prononça en ce jour, dans la Basilique de Sainte-Croix-en-Jérusalem. Au moyen âge, quand le Pape résidait encore au palais de Latran, après avoir béni la Rose, il partait en cavalcade, la mitre en tête, avec tout le sacré Collège, pour l’Église de la Station, tenant cette fleur symbolique à la main. Arrivé à la Basilique, il prononçait un discours sur les mystères que représente la Rose par sa beauté, sa couleur et son parfum. On célébrait ensuite la Messe. Quand elle était terminée, le Pontife revenait dans le même cortège au palais de Latran, toujours en cavalcade, et traversait l’immense plaine qui sépare les deux Basiliques, portant toujours dans sa main la fleur mystérieuse dont l’aspect réjouissait le peuple de Rome. A l’arrivée au seuil du palais, s’il y avait dans le cortège quelque prince, c’était à lui de tenir l’étrier et d’aider le Pontife à descendre de cheval ; il recevait en récompense de sa filiale courtoisie cette Rose, objet de tant d’honneurs et de tant d’allégresse. De nos jours, la fonction n’est plus aussi imposante ; mais elle a conservé tous ses rites principaux. Le Pape bénit la Rose d’or dans la Salle des parements, il l’oint du Saint-Chrême, et répand dessus une poudre parfumée, selon le rite usité autrefois ; et quand le moment de la Messe solennelle est arrivé, il entre dans la chapelle du palais, tenant la fleur mystique entre ses mains. Durant le saint Sacrifice, elle est placée sur l’autel et fixée sur un rosier en or disposé pour la recevoir ; enfin, quand la Messe est terminée, on l’apporte au Pontife, qui sort de la chapelle la tenant encore entre ses mains jusqu’à la Salle des parements. Il est d’usage assez ordinaire que cette Rose soit envoyée par le Pape à quelque prince ou à quelque princesse qu’il veut honorer ; d’autres fois, c’est une ville ou une Église qui obtiennent cette distinction.

A Paris, sainte Louise de Marillac, veuve Le Gras, fondatrice, avec saint Vincent de Paul, de la Société des Filles de la Charité.

Sanctoral 

Sainte Louise de Marillac, Veuve

Louise de Marillac perdit sa mère dès sa première enfance et son père à l’âge de treize ans. Son attrait pour la piété et la pénitence la portait vers la vie cloîtrée des Clarisses. Mais la faiblesse de sa santé la retint dans le monde. Son isolement et les instances de sa famille l’engagèrent dans les liens du mariage.

Devenue veuve au bout de quelques années, elle put enfin suivre entièrement les aspirations à la vie d’oraison, d’austérité, et de dévouement qui ne l’avaient jamais quittée. Sous la direction de saint Vincent de Paul, elle fut chargée d’abord de visiter, d’activer et de multiplier les Confréries de Charité qu’il avait établies à Paris et aux alentours. Mais l’action passagère de ces Confréries ne suffisait pas à guérir des misères continuelles. Louise de Marillac, de concert avec son sage et zélé directeur, s’adjoignit donc quelques filles dévouées qui se consacrèrent entièrement au service des pauvres et des malades, ainsi qu’à l’instruction chrétienne de l’enfance. C’était le grain de sénevé qui deviendrait un grand arbre, sous le nom de Compagnie des Filles de la Charité, et qui étendrait ses rameaux sur toutes les misères humaines.

Aussi le saint directeur disait-il un jour à Louise de Marillac et à ses filles: « Courage, mes filles, si vous êtes fidèles à Dieu, Il vous fera la grâce de faire de grandes choses dont on n’a jamais ouï parler. Ne le voyez-vous pas déjà? Avait-on jamais entendu dire que des filles allassent servir de pauvres criminels? Avait-on vu des filles se donner au service des pauvres enfants abandonnés? A-t-on jamais ouï dire que des filles se soient données à Dieu pour servir des fous…? Avez-vous jamais ouï dire, écrivait-il un autre jour à Louise de Marillac, que des filles aient été aux armées pour soigner les blessés? » Toutes ces oeuvres extérieures de charité, inouïes jusqu’alors, ne pouvaient procéder que d’une intense charité intérieure, comme cette charité elle-même ne pouvait naître que d’une foi extraordinairement vive chez Louise de Marillac. C’est là, en effet, ce qui soutenait ses forces corporelles, toujours chancelantes. Aussi le Pape Pie XI déclarait-il, en proclamant les miracles de notre sainte, que les plus grands de tous étaient ceux de sa vie, de ses oeuvres, et de sa postérité, composée de quarante mille religieuses.

A Vienne, en Autriche, saint Clément Marie Hofbauer, prêtre profès de la Congrégation du très saint Rédempteur.

Saint Clément-Marie Hofbauer, l’apôtre de Vienne (1751-1820), rédemptoriste

Clément-Marie Hofbauer est né le 26 décembre 1751 à Tasswitz en Moravie et dut le jour à de très pieux et simples parents. Son père, un boucher était tchèque, sa mère était allemande. Après la mort prématurée de son père, la mère conduisit Clément-Marie devant un crucifix et lui dit: « Le Sauveur est maintenant ton père! Prends soin de marcher sur le chemin qui Lui agrée! » Apprenti boulanger, serviteur de couvent et étudiant, il s’efforçait sans cesse de se rapprocher de son grand but: être prêtre.

Au cours d’un pèlerinage à Rome, il fit la connaissance des Rédemptoristes et entra dans cet Ordre. En 1785, le Saint fut ordonné prêtre, et après deux ans d’études supplémentaires, comme il était impossible sous le régime du joséphisme de fonder un couvent à Vienne, il alla à Varsovie, où il s’occupa très activement de l’Église nationale allemande de Saint-Benno de 1787 à 1808, surtout comme confesseur allemand. Dans cette église, on prêchait une sorte de Mission perpétuelle. Tous les jours on y prêchait deux fois en allemand et deux fois en polonais. Il considérait l’incertitude religieuse, si largement répandue, comme l’obstacle le plus redoutable au renouvellement intérieur. C’est pourquoi il était infatigable quand il s’agissait de prêcher la parole de Dieu. Des collaborateurs s’empressaient de venir à lui, et avec eux, il put fonder de nouveaux établissements de son Ordre et multiplier son activité missionnaire. Hofbauer, le propagateur de l’Ordre du Très Saint Rédempteur de ce côté des Alpes, est vénéré par l’Ordre comme son second fondateur.

De nombreuses guerres avaient amené à Varsovie la pauvreté et la misère de la population. Le Saint déploya une grande activité charitable, fonda un orphelinat, une école populaire pour 350 enfants pauvres, un lycée. Sur l’ordre du gouvernement de Paris, il fut conduit avec ses compagnons à la forteresse de Küstrin, en 1808, et transféré à Vienne après quatre semaines de détention. Là, ce n’étaient pas seulement des gens du peuple qui assiégeaient son confessionnal — car ils le vénéraient comme le père des pauvres — mais des fonctionnaires influents et des hommes d’État du Congrès de Vienne, des savants connus et des artistes. C’est avant tout l’influence de Hofbauer qui fit échouer au Congrès le projet d’une église nationale allemande détachée de Rome, proposée par Wessenberg, et qui fit rapporter la législation du joséphisme. Le Saint mourut à Vienne le 15 mars 1820.

Martyrologe

A Césarée de Cappadoce, la passion de saint Longin, soldat, que l’on croit être celui qui perça de sa lance le côté du Seigneur.

Le même jour, l’anniversaire de saint Aristobule, disciple des apôtres, qui, ayant achevé le cours de sa prédication, consomma son martyre.

Dans l’Hellespont, saint Ménigne foulon, qui souffrit sous l’empereur Dèce.

En Egypte, saint Nicandre martyr. Pendant qu’il recherchait avec soin les restes des saints martyrs, il mérita lui-même d’être martyrisé, sous l’empereur Dioclétien.

A Cordoue, en Espagne, sainte Léocritie, vierge et martyre. Pour la foi du Christ, durant la persécution arabe, elle fut soumise à divers tourments, et décapitée.

A Thessalonique, sainte Matrone. Servante d’une femme juive, elle adorait le Christ en secret, se dérobant pour aller faire chaque jour la prière à l’église. Elle fut surprise par sa maitresse, qui lui infligea de multiples tourments, et finalement lui donna de si rudes coups de bâton qu’elle rendit à Dieu son âme innocente, en confessant le Christ.

A Riéti, saint Probe évêque, que les martyrs Juvénal et Eleuthère assistèrent au moment de sa mort.

A Vienne, en Autriche, saint Clément Marie Hofbauer, prêtre profès de la Congrégation du très saint Rédempteur. Il se rendit célèbre par ses nombreux travaux pour la gloire de Dieu, le salut des âmes et l’expansion de sa congrégation. Illustre par ses vertus et ses miracles, il a été inscrit ou nombre des saints par le Souverain Pontife Pie X.

A Capoue, saint Spécieux moine. Comme l’a écrit le bienheureux pape Grégoire, le frère de Spécieux vit son âme portée au ciel.

A Paris, sainte Louise de Marillac, veuve Le Gras, fondatrice, avec saint Vincent de Paul, de la Société des Filles de la Charité. Animée d’un très grand dévouement pour le soulagement des indigents, elle a été inscrite sur la liste des Saintes par le pape Pie XI.

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