C’est un scandale de plus qui touche le monde politique. Nicolas Jeanneté vient d’être condamné à dix-huit mois de prison avec sursis pour détention d’images pédopornographiques et trafic de stupéfiants. L’ancien directeur du parti Le Nouveau Centre – Les Centristes et conseiller municipal du XVe arrondissement avait en charge les questions de tranquillité publique, de prévention et de la police municipale.
Drogues et soirées chemsex
Les images qu’il détenait sont « monstrueuses, effroyables, à vomir », selon les mots des deux associations des droits de l’enfance parties civiles qui les qualifient de « recel de viols d’enfants ». L’élu centriste parisien avait sur son ordinateur et son téléphone des images d’enfants très jeunes, des bébés parfois, subissant des actes innommables.
Nicolas Jeanneté admet qu’il participait régulièrement à des soirées chemsex (orgies homosexuelles avec consommation de drogues). Il achetait de la drogue 3-MMC (un dérivé de la cocaïne) au Pays-Bas pour se rendre à ces soirées perverses. Il reconnaît qu’il était dans des états seconds et qu’il regardait toutes sortes de vidéos, notamment des « vidéos crades avec des animaux ».
Il rêvait de violer un enfant migrant
Au procès, il avait été fait état d’un message qu’il avait envoyé, alors qu’il était sous l’influence de drogue. Il écrivait son désir de « violer un migrant de douze ans avec un chien ».
Le comble, c’est que cet élu parisien menait à ce moment-là une mission sur les dérives des soirées chemsex. Sur son compte Twitter, il écrivait : « Depuis deux ans, j’alerte les pouvoirs publics et Paris sur la [hausse] inquiétante de prise de drogues lors de rapports sexuels festifs. Je regrette la frilosité d’Anne Hidalgo […] en matière de politique de prévention [et de] lutte contre toutes les addictions, notamment le crack et les drogues récréatives ».
Un avocat de l’une des parties civiles avait déclaré lors de sa plaidoirie que Nicolas Jeanneté est « une sorte de Dr. Jekyll et M. Hyde », « un homme qui portait d’un côté la veste de l’élu, le discours du sachant, les tweets républicains » et qui, de l’autre, commandait de la drogue sur Internet par cargaison et participait à ce qu’il dénonçait.
La condamnation s’accompagne d’une obligation de soins et d’une interdiction d’exercer toute activité impliquant un contact habituel avec des mineurs pendant trois ans, indique le parquet de Paris.
Ses ordinateurs et téléphones ont par ailleurs été confisqués, et son nom sera inscrit au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles.
L’affaire avait débuté en août 2022 par un signalement de Tracfin, la cellule anti-blanchiment de Bercy, concernant des mouvements financiers suspects entre achats de drogue de synthèse, importants dépôts d’espèces sur le compte bancaire de l’élu et virements vers les Philippines.
Léo Kersauzie
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