La rage du conflit israélo-palestinien ne fait pas que des victimes à Gaza. Il pousse à l’exode un certain nombre de familles chrétiennes. Un exode amplifié par des mesures vexatoires prises par le gouvernement hébreux.
À Jérusalem, les enfants et les jeunes fréquentant les écoles chrétiennes n’ont pas pu y retourner pour entamer le second semestre de l’année scolaire en cours
« À Jérusalem, les enfants et les jeunes fréquentant les écoles chrétiennes n’ont pas pu y retourner pour entamer le second semestre de l’année scolaire en cours. La raison de ces fermetures d’écoles est le renouvellement limité des autorisations des enseignants de Cisjordanie travaillant dans les écoles de Jérusalem. »
Ainsi parle le directeur des écoles Terre Sainte, le père Ibrahim Faltas. Il a signalé cette situation, expliquant que certains enseignants n’ont pas d’autorisation, d’autres seulement pour quelques jours :
« C’est la première fois que cela se produit, et cette situation prive des milliers d’élèves d’accès à l’éducation et des centaines d’enseignants et d’employés scolaires de leur emploi. »
Le renouvellement limité des autorisations des enseignants de Cisjordanie travaillant dans les écoles de Jérusalem explique cette situation
L’entrée à Jérusalem et la possibilité de travailler dans les écoles chrétiennes « sont pratiquement impossibles pour les personnes possédant des diplômes palestiniens et celles qui ne disposent pas de papiers d’identité de Jérusalem », a encore déclaré le père Faltas.
Cette situation ne va donc pas arrêter l’exode des familles chrétiennes d’Israël dont se plaint le président de l’État hébreux Isaac Herzog. Le Jerusalem Post relate « l’inquiétude » exprimé lundi dernier par Herzog lors de la réception annuelle de Noël et du Nouvel An qu’il organise pour les membres éminents des diverses communautés chrétiennes : « C’est leur maison, comme c’est ma maison, comme c’est notre maison », a-t-il déclaré aux chefs religieux chrétiens présents. Le président israélien a insisté sur « l’importance de faire en sorte que les personnes appartenant aux communautés chrétiennes se sentent accueillies et en sécurité » lit-on dans le Jerusalem Post, avant de conclure qu’il faut contribuer « à bâtir un avenir meilleur ».
Le président de l’État hébreux Isaac Herzog se plaint de l’exode des familles chrétiennes d’Israël
Cependant, lui a répondu le patriarche orthodoxe grec Théophile III, à la tête du Conseil des Églises de Terre Sainte, qui regroupe toutes les confessions chrétiennes, des « difficultés réelles et croissantes » persistent :
« La montée en puissance et l’hostilité croissante des groupes radicaux en Cisjordanie et à Jérusalem constituent un véritable défi, et il est impératif de trouver des solutions efficaces pour garantir le bien-être des communautés qui doivent vivre côte à côte dans le respect et la sécurité. Nous ne devons pas baisser les bras tant que nous n’aurons pas combattu une menace tout aussi grave qui pèse sur nous tous : la criminalité et la violence dont sont victimes les communautés du nord d’Israël. »
Limiter les autorisations des enseignants de Cisjordanie travaillant dans les écoles chrétiennes de Jérusalem fait partie des « difficultés réelles et croissantes » que subissent les Palestiniens chrétiens ou musulmans de Cisjordanie et de Jérusalem. Il faudra donc plus que des vœux pieux et des paroles pour réellement « bâtir un avenir meilleur ».
En attendant les familles chrétiennes, et d’autant plus si elles ne peuvent plus scolariser leurs enfants convenablement, continueront de fuir Israël, la Terre Sainte, cette terre de Palestine si catholique…
Francesca de Villasmundo
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