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Felix Coeli porta – Homélie pour la bénédiction de la chapelle privée dédiée à la TSV Marie « Janua Coeli », par Mgr Carlo Maria Viganò, archevêque.

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C’est une grande joie pour moi de pouvoir être ici (1) avec vous, lors de cette occasion spéciale et très intime, presque clandestine.

Comme les Catholiques anglais à l’époque du puritain Cromwell ou les Vendéens à l’époque de la Révolution française, nous sommes nous-aussi contraints d’organiser des chapelles et des oratoires improvisés, tandis que nos magnifiques églises — les splendides églises de la Vénétie ! — nous sont interdites. Et comme les Catholiques anglais ou les Vendéens, nous-aussi n’avons rien changé de notre Foi, de notre manière de prier, de notre fidélité à l’Église Catholique Apostolique Romaine et à la Papauté. Ce sont plutôt ceux qui nous accusent de schisme et nous excommunient qui ont introduit des erreurs – que les Papes ont toujours condamnées – et des déviations, qu’ils ont réussi à imposer en soixante ans d’endoctrinement martelant.

Mais comme l’a dit Saint Athanase des Ariens : Ils ont les églises, nous avons la Foi.

Et voilà, chers amis, la réalité qui s’offre à nous. Une réalité eschatologique, d’« apocalypse », c’est-à-dire de révélation, de voilement. Nous assistons impuissants à la grande apostasie, au déchaînement du Mal et à l’imposition d’une pseudo-religion maçonnique syncrétiste. Nos villes sont méconnaissables, défigurées par des criminels et des barbares, envahies par cet Islam contre lequel la Sérénissime a combattu et gagné à Lépante. Nos familles deviennent de plus en plus pauvres, l’avenir de nos enfants devient de plus en plus incertain. Pourtant, les médias nous parlent de liberté tout en censurant les voix critiques ; ils nous parlent de démocratie alors que la tyrannie se consolide, d’accueil tout en ostracisant la dissidence. Mais nous savons que ce qui se passe ne peut s’expliquer qu’en lisant les événements et en les comprenant avec les yeux de la Foi, avec un regard surnaturel ; avec la crainte de ceux qui sentent que les temps de l’épreuve et de la persécution approchent, mais qui découvrent en même temps de nouvelles amitiés, de nouveaux camarades d’armes, des gens jusqu’à hier anonymes dont nous découvrons la détermination, le courage généreux, l’esprit surnaturel, le désir de partager avec d’autres frères et sœurs les petites et grandes consolations que le Seigneur nous accorde.

S’il est possible d’accueillir en ce lieu des Catholiques traditionnels autour de l’autel, c’est parce que la Foi qui vous anime a un besoin naturel d’être concrètement traduite en bonnes œuvres. Et quelle œuvre plus méritoire que de mettre à disposition un oratoire domestique, où un prêtre vient célébrer le Saint Sacrifice et nourrir vos âmes à la Table eucharistique ? Quel grand cadeau c’est de collaborer à la préservation fidèle de la Sainte Messe et de la saine doctrine, comme vous le faites avec tant de zèle !

Vos sacrifices, votre engagement, la vertu de Charité qui se traduit par des actions concrètes et la Grâce qui les mène à leur accomplissement, ont rendu tout cela possible.

Et pour sceller la nature éminemment spirituelle de notre rencontre, il y a la protection spéciale sur ce lieu, dédiée à la Bienheureuse Vierge Janua Cœli, une invocation ancienne et profondément enracinée dans la Tradition de l’Église qui exprime le rôle de la Très Sainte Vierge Marie comme voie d’accès au Ciel, en tant que Mère de Dieu, Co-rédemptrice et Médiatrice de toutes les Grâces. Par Elle, Notre Seigneur Jésus-Christ, la seule Porte du salut, est entré dans le monde avec l’Incarnation et nous pouvons entrer dans la gloire éternelle en Le reconnaissant comme notre Sauveur et en obéissant à Sa Sainte Loi. Ego sum ostium. Per me si quis introierit, salvabitur (Jn 10, 9) ; Je suis la porte. Quiconque entre par Moi sera sauvé.

Terribilis est locus iste : hic domus Dei est, et porta cæli (Ge 28,17) ; cet endroit est terrible : c’est la maison de Dieu et la porte du Ciel. Ce sont les mots avec lesquels Jacob reconnaît la présence de Dieu après la vision de l’échelle du Paradis[1] et la promesse d’une nombreuse descendance. Cette domus Dei ne brille pas de marbres et de précieuses décorations mais du Sang de l’Agneau, car même sur cet autel, comme sur le Golgotha, le Sacrifice de la Croix est mystiquement renouvelé. La Très Sainte Vierge Marie est Elle aussi Domus Dei, car Elle a accueilli le Fils éternel du Père dans son sein ; Elle aussi est Janua Cœli parce que, par son Fiat, le Verbe est entré dans le monde, nous ouvrant l’accès au salut. Cette chapelle devient ainsi le lieu où Dieu habite parmi les hommes, tout comme Marie est le sanctuaire vivant — Fœderis Arca — et la porte que Notre Seigneur a choisie comme seule voie pour L’atteindre, et par Lui, le Père. Ad Jesum per Mariam. Elle est la Domus aurea, c’est-à-dire le Palais de l’Empereur : Voici, la demeure de Dieu avec les hommes, Il habitera parmi eux (Ap 21, 3).

Tout comme la Vierge Mère est le seul moyen d’atteindre le divin Fils, en raison de Sa Médiation universelle ; de même, la Sainte Église est la seule arche du salut pour traverser la mer tumultueuse de la vie terrestre et atteindre le but de la béatitude éternelle. Car personne ne peut être sauvé que par l’Église et par Celle qui en est la Mère et la Reine.

Une seule, dit la divine Sagesse dans le Cantique des Cantiques, est mon immaculée (Ct 6, 8). Une seule, comme une est la Sainte Église. Et c’est cette Église que nous continuons à regarder comme notre Mère, même lorsqu’elle est défigurée, méprisée et trahie par ceux qui devraient la défendre, la protéger, lui être fidèles, l’aimer. Ils ont les églises, nous avons la Foi. Et malheur à nous si, après avoir reçu tant de grâces de la Providence, nous nous montrons indignes de cette offre et gaspillons les occasions de nous sanctifier et de faire le bien qu’elle nous offre.

Enfin, permettez-moi de rappeler la fête de Saint Marc l’Évangéliste, qui tombe aujourd’hui en même temps que les Rogations.

Lors du voyage de retour d’Alexandrie en Égypte, après le vol des Reliques par les marchands vénitiens Buono da Malamocco et Rustico da Torcello, Saint Marc apparut en rêve à un frère à bord du navire, l’avertissant de l’imminente explosion d’une violente tempête et lui ordonnant d’abaisser les voiles. Cette intervention a permis de sauver le bateau d’un naufrage. Aujourd’hui encore, nous nous retrouvons sur un navire menacé par de terribles tempêtes, sans capitaine, abandonné par les officiers.

Prions Saint Marc l’Évangéliste d’intercéder devant le trône de Dieu, afin que la Barque de Pierre résiste à la mutinerie et au fracas des vagues, pour atteindre enfin le port sûr du Ciel, où la Vierge Janua Cœli nous accueillera dans la gloire éternelle. Ainsi soit-il.

+ Carlo Maria Viganò, Archevêque

Bassano del Grappa, 25 Avril MMXXVI, S.cti Marci Evangelistæ

© Traduction de F. de Villasmundo pour MPI relue et corrigée par Mgr Viganò

[1] Une échelle reposait sur la terre, tandis que son sommet s’élevait vers le ciel ; et voici, les anges de Dieu montèrent et descendirent sur elle (Genèse 28:12).

(1) Tweet de Mgr Carlo Maria Viganò, archevêque – 29 avril 2026 

Au cours de ma visite à Bassano del Grappa — où j’ai béni une chapelle privée et administré cinq Confirmations et une Première Communion — je me suis arrêté à Schiavon, pays natal du Secrétaire d’État de Pietro Parolin. J’aurais voulu visiter l’église paroissiale et les fonds baptismaux où le Cardinal a été baptisé, pour prier pour sa conversion. Mais le printemps conciliaire a vidé aussi le diocèse de Vicenza, un temps appelé « la sacristie d’Italie » : l’église est ouverte uniquement quand il y a la messe, et on ne voit pratiquement plus de fidèles. Je me suis donc rendu au Cimetière et j’ai fait une halte dans la chapelle de la famille de Parolin, où reposent le grand-père, le père, décédé lorsque Pietro avait seulement dix ans, et maman Ada, décédée en 2024.

Un monsieur âgé, qui vient quotidiennement se promener dans le cimetière, m’a raconté certains souvenirs liés à Parolin qui est du même village, s’arrêtant sur ce fait particulier : lors de sa première visite à Schiavon comme Cardinal, au terme des rejouissances, la maman, invitée à exprimer ses félicitations et ses souhaits au fils nouvellement élu, s’exclama : « Je demande seulement qu’il reste prêtre ! »

Je crois que Son Éminence ferait bien de suivre l’avertissement de sa mère, en démissionnant et en retournant à Schiavon comme curé et à faire refleurir la Vénétie, afin de réparer tout le mal qu’il a infligé à la Sainte Église, en commençant par le désastreux Accord Secret entre le Saint Siège et la République Populaire Chinoise qui a rendu plus féroce la persécution des Catholiques fidèles, sans oublier la signature apposé au Rescriptum publié dans les Acta Apostolicæ Sedis, avec lequel les hérésies doctrinales d’Amoris Lætitia ont été enregistrées comme « magistère authentique ».

Dum tempus est.

+ Carlo Maria Viganò, Archevêque

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